Author: Don Kayembe

  • Guinée-Alpha Condé sur RFI: «C’est une honte pour nous que 50 ans après, on soit obligés d’applaudir la France»

    Guinée-Alpha Condé sur RFI: «C’est une honte pour nous que 50 ans après, on soit obligés d’applaudir la France»

    Alpha Conde, Président de la Guinée
    Alpha Conde, Président de la Guinée

    -Le président de la Guinée participe, avec de nombreux dirigeants africains, au sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert dimanche 26 mai à Addis-Abeba, en Ethiopie, faisant suite aux festivités marquant le cinquantenaire de cette organisation. Au micro de RFI, Alpha Condé revient sur les réalisations de ce continent. Parmi elles, l’indépendance. Il évoque aussi ses insuffisances, comme assurer la paix et la sécurité.

    RFI : Quelle est la part des rêves du jeune Alpha Condé d’il y a cinquante ans qui est réalisée aujourd’hui ?

    Alpha Condé : L’indépendance, parce qu’au moins il y a deux choses : la fin de la colonisation et la fin de l’Apartheid. Malheureusement, l’autre rêve, c’était l’unité africaine, mais elle n’est pas encore réalisée. Mais je ne désespère pas.

    L’une des grandes insuffisances est au niveau de la paix et de la sécurité. L’Afrique a toujours besoin d’anciennes puissances coloniales comme la France pour se protéger, comme au Mali et au Niger. Quand cela va-t-il finir ?

    C’est un peu trop fort de dire que l’Afrique a besoin de grandes puissances pour se protéger. C’est vrai que c’est une honte pour nous que cinquante ans après, on soit obligés d’applaudir la France. Mais il est évident que si le président Hollande n’était pas intervenu, c’était la catastrophe pour l’Afrique de l’Ouest, parce que ce n’est pas seulement le Mali qui a été déstabilisé.

    Nous sommes très reconnaissants au président Hollande. Mais je pense que nous avons tous été un peu humiliés que l’Afrique n’ait pas pu résoudre ce problème. Et je pense que ça va peut-être amener un sursaut des chefs d’Etat africains, pour qu’on trouve le moyen de résoudre les problèmes africains nous-mêmes, surtout sur le plan militaire.

    Au Niger, il a eu de graves attentats jeudi dernier. Est-ce que vous ne craignez pas une extension de la guerre à l’ensemble du Sahel ?

    J’espère que non ! Mais c’est évident que des attentats sont possibles, des attentats ou bien des gestes désespérés. Mais je ne pense pas que la guerre puisse s’étendre. Parce que j’avais prévenu qu’il faut s’attendre à la deuxième guerre, que la première guerre, celle pour délivrer le Mali, ne serait pas difficile. Mais la deuxième guerre, celle du Sahara, évidemment, sera beaucoup plus longue.

    En Guinée, les législatives sont prévues le 30 Juin, mais l’opposition n’ira pas, puisqu’elle ne s’est pas inscrite sur les listes de candidats. Comment sortir de ce blocage ?

    Je me suis battu pendant quarante ans pour la démocratie. Pendant ce temps, c’est les opposants aujourd’hui, qui gouvernent le pays, et on sait dans quel état (il) se trouve. Mon ambition, c’est que l’élection soit libre, transparente, et qu’elle se passe dans les meilleures conditions. Maintenant, chacun est libre d’aller aux élections ou de ne pas aller !

    Le porte-parole du gouvernement a dit que tout était négociable, y compris la date des élections.

    Je ne crois pas qu’il ait dit ça. Moi je n’ai pas entendu ça. Mais nous, nous sommes ouverts à la discussion. Nous sommes pour le dialogue. Pas pour la violence.

    Est-ce que vous souhaitez que l’opposition aille à ces législatives ou pas ?

    Mais si on crée un parti, c’est pour participer à des élections ! Le président Alassane Ouattara a dit qu’ils (ses partisans) ont boycotté les élections en 95 et qu’il regrette. Donc pour moi, il est préférable que tout le monde aille aux élections. Mais maintenant, on ne peut pas obliger quelqu’un à y aller.

    Mais comme vous le dites, vous êtes ouvert au dialogue. Ce dialogue est-il possible aussi sur l’opérateur de ces élections ?

    Je pense que le problème de l’opérateur est dépassé depuis très longtemps, parce que tous les experts reconnaissent qu’il a fait son travail.

    Selon plusieurs observateurs, il n’est pas sûr que la Céni, la Commission électorale, soit prête pour le 30 juin. Est-ce qu’il ne faut pas envisager un report de quelques semaines ?

    Cela regarde la Céni. C’est la Céni qui a organisé les élections, ce n’est pas moi. C’est à la Céni à décider si elle peut ou pas.

    C’est-à-dire que la date du 30 juin n’est pas ferme et définitive ?

    Je vous dis : cela relève de la Céni. Moi je n’ai pas à faire de commentaires sur la date. J’ai pris un décret. C’est la Céni qui a organisé les élections, c’est elle qui doit dire si elle peut le faire le 30 ou pas. Ce n’est pas mon rôle.

    Par RFI

  • Internet: l’UE se félicite de voir l’Egypte vouloir garder un réseau “ouvert”

    Internet: l’UE se félicite de voir l’Egypte vouloir garder un réseau “ouvert”

    ue– La commissaire européenne chargée des nouvelles technologies, Neelie Kroes, a salué lundi au Caire l’engagement de l’Egypte en faveur d’un réseau internet “ouvert” qui ne puisse être bloqué pour des raisons politiques, comme ce fut le cas lors de la révolte contre le régime de Hosni Moubarak début 2011.

    Mme Kroes, qui a recontré le ministre égyptien des Télécommunications, Atef Helmy, a déclaré que “nous sommes sur la même ligne pour préserver un internet ouvert, unifié” et “libre”.

    “Nos positions sont les mêmes pour dire qu’internet ne doit en aucune façon être bloqué par un gouvernement pour des raisons politiques”, a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse.

    Dans une déclaration commune, Mme Kroes et M. Helmy déclarent avoir eu une “discussion constructive sur l’avenir d’internet et de sa gouvernance”.

    “Nous sommes d’accord sur le fait qu’il est de la plus haute importance de s’assurer qu’internet reste une plateforme ouverte et de résister à toutes les tentations de le fragmenter en +intranets+ nationaux”, ajoute la déclaration.

    Le texte souligne la nécessité d’avoir une approche associant les divers partenaires du réseau pour assurer “l’ouverture, l’accessibilité, la responsabilité, l’efficacité, la cohérence et le respect des lois applicables”.

    Le pouvoir égyptien avait ordonné fin janvier 2011 une coupure générale d’internet dans le pays pendant cinq jours, afin de tenter d’enrayer un mouvement de contestation qui s’appuyait largement sur les réseaux sociaux. Cette mesure avait été considérée par des spécialistes comme d’une ampleur inédite dans l’histoire d’internet par sa durée et son étendue.

    Mme Kroes a également rencontré plusieurs mouvements pro-démocratie venus de la société civile et de blogueurs inquiets face aux pressions du pouvoir, notamment par le biais d’une multiplication de procédures en justice pour diffamation envers le président islamiste Mohamed Morsi ou pour des insultes présumées à la religion.

    “Il y a toujours beaucoup d’inquiétude au sujet des perspectives pour les organisations non-gouvernementales”, a-t-elle déclaré.

    Mme Kroes a insisté sur la “liberté de pouvoir s’exprimer”.

    Par AFP

  • Les dirigeants africains vont demander le transfert au Kenya des procès Kenyatta-Ruto

    Les dirigeants africains vont demander le transfert au Kenya des procès Kenyatta-Ruto

    UA– Les dirigeants africains, réunis pour un sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis Abeba, vont demander lundi le transfert à la justice kényane de la procédure engagée par la Cour pénale internationale contre le président kényan Uhuru Kenyatta et de son vice-président William Ruto.

    “Nous allons approuver ce matin ce que les ministres ont proposé, c’est certain,” a déclaré le commissaire à la Paix et la Sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, en référence à une résolution en ce sens adoptée jeudi par les ministres des Affaires étrangères de l’UA.

    Le Sommet va appeler “à ce que soit mis fin au processus devant la CPI (…) les juridictions kényanes vont devoir s’occuper de la situation”, a-t-il précisé.

    Cette résolution n’aura aucune force contraignante sur la CPI, indépendante. Seul le Conseil de sécurité de l’ONU, auquel elle est liée par un accord de coopération, peut réclamer une “suspension” des procédures.

    Mais elle aura un fort impact symbolique et politique, le continent faisant bloc derrière MM. Kenyatta et Ruto, dont la victoire électorale a mis les capitales occidentales dans l’embarras.

    Les deux hommes, élus en mars à la tête de leur pays, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l’organisation des violences qui ont suivi le scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya.

    Ces violences s’étaient rapidement muées en affrontements communautaires et avaient fait plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines.

    Le procès d’Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet à La Haye, siège de la CPI. Celui de William Ruto aurait dû débuter ce mardi, mais a été reporté sine die début mai.

    Plusieurs dirigeants africains ont publiquement accusé la CPI de ne concentrer ses enquêtes que sur l’Afrique.

    “La justice internationale doit être exempte de toute interférence politique et respecter la principe de l’égale souveraineté des Etats”, a déclaré dimanche le président rwandais Paul Kagame, devant l’Assemblée des chefs d’Etat de l’UA.

    “Les faits parlent par eux-mêmes: toutes les inculpations (…) prononcées par la CPI depuis qu’elle est entrée en fonctions il y a onze ans ont visé des Africains”, a souligné M. Kagame, dont le pays n’est pas partie au Statut de Rome, fondateur de la CPI, qu’il a accusé de “parti pris politique”.

    Jeudi, le président sud-soudanais Salva Kiir, qui recevait M. Kenyatta à Juba, avait estimé que la CPI avait “été inventée pour les dirigeants africains, pour les humilier”, tandis que son homologue ougandais Yoweri Museveni avait accusé en avril la CPI d’user de “chantage” pour influencer le résultat de la dernière présidentielle au Kenya.

    Depuis sa création, la CPI a inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d’Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d’Ivoire, Mali).

    Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l’ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome. Les affaires concernant le Darfour et la Libye – non signataires – l’ont été à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU, tandis que le procureur de la CPI s’est auto-saisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

    La CPI avait autorisé en 2010 le procureur à engager des poursuites en raison de “l’inaction des autorités kényanes” en vue de déterminer les principales responsabilités dans les violences post-électorales de fin 2007.

    Les dirigeants africains devraient également s’exprimer lundi sur la situation de la sécurité sur le continent, notamment dans l’est de la RDC, chroniquement instable et où des combats ont repris ces derniers jours entre la rébellion du M23 et l’armée gouvernementale, après près de six mois de trêve précaire, et au Sahel, sous la menace islamiste malgré la déroute des djihadistes au Mali.

    Le président français François Hollande, convié samedi à Addis Abeba aux festivités du cinquantenaire de l’OUA, ancêtre de l’UA, a invité ses homologues africains à un Sommet sur la Sécurité en Afrique à Paris les 6 et 7 décembre.

    M. Lamamra, a salué une initiative “positive”, mais estimé que la “ligne directrice fondamentale” devait être que “l’Afrique a la responsabilité principale” de la sécurité sur le continent.

    L’impuissance africaine a été critiquée face aux récentes crises libyenne, ivoirienne et malienne, notamment, où l’Afrique n’a pu qu’assister sur la touche à des interventions militaires internationales.

    L’UA a aussi déploré en avril sa mise à l’écart dans l’élaboration de la résolution de l’ONU autorisant le déploiement de Casques Bleus au Mali.

    Par AFP

  • «Baby-sitting» de l’Afrique du Sud en RDC: l’opposition parle d’injure, le gouvernement relativise

    «Baby-sitting» de l’Afrique du Sud en RDC: l’opposition parle d’injure, le gouvernement relativise


    Me-Mukendi-wa-Mulumba

    « C’est une injure pour le peuple congolais », crie l’opposition. « Cela nous importe peu », dit de son côté le gouvernement de la RDC. Ces réactions font suite aux propos tenus vendredi 24 mai par la ministre de la Défense sud-africaine Nosoviwe Mapisa-Nqakula. Celle-ci avait déclaré que les soldats sud-africains allaient « baby-sitter » les Congolais dans le cadre de la brigade onusienne qui doit être déployée dans le pays.

    C’est le gouvernement et sa gestion de l’armée congolaise qui sont critiqués, mais c’est l’opposition qui monte au créneau. Les propos de la ministre de la Défense sud-africaine passent mal auprès d’une partie de la classe politique. Il en va de la fierté du pays, estime Jean-Joseph Mukendi, ancien conseiller politique d’Etienne Tshisekedi.

    « C’est une injure pour le peuple congolais, tonne ce dernier, parce que ce sont les Sud-Africains qui sont à la base de cette désorganisation puisque au dialogue inter-congolais, il était question de réformer cette armée. Il y avait lieu de faire une armée réellement nationale. Et au contraire, ce sont eux qui ont encouragé ce clientélisme dans l’armée. Ce qui fait que maintenant, notre armée est un peu la risée du monde. »

    « Des problèmes très sérieux »

    Du côté du gouvernement, pas question de s’offusquer. L’Afrique du Sud doit contribuer largement à la nouvelle brigade d’intervention de l’ONU chargée de lutter contre les groupes armés au Nord-Kivu. Un allié précieux qu’il faut ménager.

    « Si on considère cela comme du baby-sitting, de l’accompagnement ou de l’encadrement, ça nous importe peu », déclare Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement. Et d’ajouter : « Si nous nous suffisions à nous-mêmes, soyez rassuré, nous n’aurions pas appelé nos amis à la rescousse. Nous reconnaissons nous-mêmes qu’il y a des problèmes très sérieux. Ce ne sont pas des commentaires désabusés come ça qui vont nous décourager ».

    Dans les rangs de la société civile de Goma, on est moins nuancé. Selon certains de ces responsables, la ministre sud-africaine aurait finalement dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

    Par RFI

  • RDC: pas de paix durable en RDC sans négociation globale, selon le président tanzanien

    RDC: pas de paix durable en RDC sans négociation globale, selon le président tanzanien

    Jakaya-Le 21e sommet de l’Union africaine s’est ouvert ce dimanche 26 mai, à Addis-Abeba en Ethiopie, au lendemain des célébrations des 50 ans de la création de l’OUA. Le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a profité de l’occasion pour livrer sa vision de la feuille de route à tenir en vue d’une résolution durable de la crise dans l’est de la RDC. Pour lui, la brigade d’intervention des Nations unies n’aura aucun impact si le dialogue ne s’ouvre pas entre les différents protagonistes, y compris entre le Rwanda et les FDLR et entre l’Ouganda et l’ADF-NALU.

    Avec notre envoyé spécial à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier

    Depuis que l’ONU a commencé à déployer une brigade de casques bleus dans le Nord-Kivu, et très concrètement, depuis que des soldats de Tanzanie ont débarqué à Goma, le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a une nouvelle légitimité pour parler du conflit entre l’armée congolaise et les rebelles du M23.

    Les trois axes de la feuille de route de Jakaya Kikwete

    Ce matin, devant Ban Ki-moon et une demi-douzaine de chefs d’Etat réunis à huis clos, il a dit trois choses. D’abord, la brigade spéciale de l’ONU est une bonne chose, mais cela ne règlera pas le problème de fonds, qui est politique. Ensuite, le président tanzanien a insisté sur la nécessité d’une reprise du dialogue entre le gouvernement congolais et le M23.

    Enfin, et surtout, pour lui, un tel dialogue ne suffira pas. Si Kinshasa négocie avec ses ennemis du M23, il faut aussi que Kigali accepte de parler avec ses ennemis des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et Kampala avec les rebelles ougandais de l’ADF-NALU. Pas de paix durable, sans négociation globale.

    Le silence de Kagame

    A ces mots, le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, n’a pas bronché. Aucune réaction de sa part. « S’il n’a rien dit, c’est déjà ça », souffle un participant à cette réunion. « Jusqu’à présent, pour lui, les FDLR c’était le diable. »

    Paul Kagame n’a rien dit, mais Yoweri Museveni, lui, a réagi d’une seule phrase : « On discute avec ceux qui veulent discuter et on isole les autres. »

    Par RFI

  • l’Afrique du Sud -Amnesty: l’Afrique du Sud mène toujours la vie dure aux immigrants

    l’Afrique du Sud -Amnesty: l’Afrique du Sud mène toujours la vie dure aux immigrants

    LES HABITANTS D'UN TOWNSHIP DISPERSÉS PAR LES FORCES DE L'ORDRE SUD-AFRICAINES– Cinq ans après un déchainement de violence xénophobe qui avait fait 62 morts, les discriminations et les violences visant demandeurs d’asile et réfugiés continuent en Afrique du Sud, selon le rapport d’Amnesty International paru mercredi.

    Eldorado pour d’innombrables immigrants africains, la première économie du continent n’a rien d’une parfaite terre d’accueil. Au contraire.

    Selon Amnesty, “les pratiques discriminatoires et les violences ciblées à l’égard des demandeurs d’asile et des réfugiés se sont multipliées” en 2012, et la réforme du système d’asile se traduit par des “difficultés accrues”.

    Les autorités voudraient, sur le modèle européen, déplacer les services d’asile au plus près des frontières terrestres pour créer des sortes de camps aux points de passage des arrivants étrangers.

    Plusieurs services d’accueil des réfugiés ont ainsi été fermés dans des grandes villes du pays, avant que ces décisions ne soient battues en brèche par des associations qui ont saisi la justice, rappelle Amnesty.

    Le rapport répertorie aussi un nouvel épisode de pillages et destructions de magasins fin juin 2012 dans la province de l’Etat libre (centre), qui a entraîné le déplacement de 700 personnes, pour la plupart Ethiopiens.

    “Dans ce cas comme dans de nombreux autres, la police a tardé à réagir, se rendant parfois même complice des violences, selon de nombreux témoignages”, accuse Amnesty.

    “Dans la province du Limpopo (nord, ndlr), dans le cadre de l’opération Hard Stick (“Matraque dure”, ndlr), la police a fermé d’office au moins 600 petits commerces appartenant à des demandeurs d’asile ou des réfugiés”, remarque aussi Amnesty, critiquant des descentes menées “sans discernement” avec, à la clef, des marchandises confisquées, des insultes xénophobes et pour certains la perte de tout moyen de subsistance, une amende et de la détention.

    Et selon Amnesty, le destin de certains migrants est de croupir en prison en dehors de toute légalité. “En novembre, à la suite d’une requête déposée devant la justice (…) les autorités ont relâché 37 migrants qui étaient détenus en l’absence de tout mandat de dépôt depuis en moyenne 233 jours”, signale l’ONG.

    L’Afrique du Sud est le pays qui enregistre le plus grand nombre de demandes individuelles d’asile au monde (quelque 3.500 à 4.000 chaque mois), devant les Etats-Unis, en partie parce que l’obtention d’un permis de travail au titre de l’immigration tient du parcours du combattant.

    Au quotidien, la vie des immigrants africains est souvent synonyme de vexations, de harcèlement policier pour les nombreux Bangladeshis, Somaliens ou Ethiopiens, dont le dynamisme économique fait des jaloux auprès des Sud-Africains pauvres.

    Par afp

  • RDC: la brigade de l’ONU sera prête d’ici “un à deux mois”

    RDC: la brigade de l’ONU sera prête d’ici “un à deux mois”

    Monusco Bri.– La brigade d’intervention de l’ONU censée combattre les groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sera prête d’ici “un à deux mois”, a annoncé jeudi à Goma, ville stratégique de l’est congolais, le secrétaire général de l’ONU, qui s’est rendu ensuite au Rwanda voisin.

    Ban Ki-moon est arrivé dans l’après-midi à Kigali, où il a rencontré le président rwandais Paul Kagame, dont le pays a été à plusieurs reprises accusé – malgré ses démentis répétés- de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) active depuis mai 2012 dans la province congolaise voisine et instable du Nord-Kivu, riche en ressources naturelles.

    Les deux hommes n’ont fait aucune déclaration à la presse à l’issue de ces entretiens, d’abord restreints puis élargis, tenus à huis-clos.

    Lundi, et après plusieurs mois de trêve, les combats ont repris entre l’armée de RDC et le M23 dans la zone de Mutaho, à une dizaine de kilomètres de Goma, capitale du Nord-Kivu. Des tirs d’armes lourdes ont atteint la localité de Mugunga, déplaçant environ 30.000 personnes.

    Mercredi, Ban Ki-moon s’était dit préoccupé par la reprise des combats et avait invité “toutes les parties à régler leur différend de façon pacifique”.

    Jeudi matin, un calme relatif régnait aux abords de Goma, l’armée et le M23 ayant tacitement décidé d’une trêve pour la visite de Ban Ki-moon qui a annoncé le déploiement “d’ici un ou deux mois” de la brigade d’intervention, dont la création a été votée fin mars par le Conseil de sécurité de l’ONU.

    “Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement (des soldats de la brigade) pour qu’ils soient pleinement à pied d’oeuvre le plus tôt possible”, avait déclaré mardi Ban Ki-moon depuis le Mozambique.

    Cette brigade doit renforcer la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), la plus importante au monde, forte de 17.000 hommes et chargée de la protection des civils. Dotée d’un mandat offensif, elle doit combattre et désarmer les groupes armés dans l’est de la RDC – M23 en tête.

    La reprise des combats entre l’armée et le M23, qui s’accusent mutuellement d’avoir relancé les hostilités, intervient alors que les premiers éléments de la brigade – composée de 3.000 soldats tanzaniens, malawites et sud-africains – ont commencé à arriver à Goma le 13 mai.

    Fin novembre, le M23 avait occupé Goma une dizaine de jours avant de s’en retirer contre la promesse de négociations avec Kinshasa. Début mai, il a suspendu sa participation à ces laborieux pourparlers, exigeant du gouvernement un cessez-le-feu.

    Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, qui accompagne M. Ban dans sa tournée, a estimé de son côté auprès de l’AFP que “cette visite allait aider au processus qui va lier la paix, la sécurité et le développement” dans la région.

    “La brigade d’intervention pourra apporter une certaine sécurité, mais elle seule ne va pas résoudre les causes réelles de la violence en RDC”, a averti pour sa part jeudi Joanna Trevor, directrice associée en RDC de la confédération d’organisations Oxfam.

    Selon elle, il faut aussi investir dans des forces de sécurité “fortes et fiables”, un pouvoir “au service du peuple” et un système judiciaire obligeant ceux qui violent les droits de l’Homme à en rendre compte.

    A Goma, M. Ban a visité l’hôpital Heal Africa, qui prend notamment en charge les victimes de violences sexuelles. D’après William Bonane, médecin à Heal Africa, l’hôpital a recensé 6.500 cas de viols en 2012 et 2.500 au premier trimestre 2013.

     La veille, à Kinshasa, M. Ban avait notamment rencontré le président de RDC Joseph Kabila.

    A Kigali, il a visité un village accueillant une trentaine d’anciens combattants, blessés de guerre, et leurs familles, issus de divers camps s’étant affrontés au Rwanda: ex-Forces armées rwandaise (FAR) du régime hutu d’avant 1994, Front patriotique rwandais (FPR), l’ex-rébellion de Paul Kagame l’ayant renversé, et Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé hostile au régime Kagame toujours actif dans l’est de la RDC.

    Dans le cadre de cette tournée dans les Grands-Lacs, le secrétaire général de l’ONU se rendra vendredi à Entebbe (Ouganda), puis à Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine, où se tiendront samedi les festivités du cinquantenaire de la création de son ancêtre, l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

    Outre Mary Robinson, il est accompagné d’Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l’ONU, et du président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim.

    Mercredi, Jim Yong Kim a annoncé une aide d’un milliard de dollars pour les pays des Grands-Lacs, dont la RDC, destinée à des projets liés à l’énergie, l’agriculture, le commerce transfrontalier, la santé et l’emploi.

    Par AFP

  • Togo: les opposants interdits de manifestation par la police à Lomé

    Togo: les opposants interdits de manifestation par la police à Lomé

    Togo-Ces deux derniers jours, les manifestations prévues par le collectif Sauvons le Togo et la coalition Arc-en-ciel ont été interdites. L’opposition a tout de même tenté de les organiser, se retrouvant confrontée aux forces de l’ordre. Des heurts ont fait trois blessés chez les policiers et entraîné vingt-quatre interpellations côté manifestants, hier jeudi 23 mai.

    La marche à laquelle le collectif Sauvons le Togo et la coalition Arc-en-ciel ont appelé, hier jeudi 23 mai, n’a pas eu lieu. Elle a été interdite et, avant l’heure du rassemblement, tout le site était bouclé.

    Les forces de l’ordre ont été déployées en nombre et veillaient à éviter tout attroupement. Ils ont rapidement dispersé les tentatives de rassemblement à l’aide de gaz lacrymogènes.

    Puis ce sont des poches de jeunes qui se sont éparpillées dans la ville pour affronter la police et la gendarmerie. « Je suis prêt à mourir pour mon pays ! », scandait l’un de ces jeunes. « Qu’on libère nos époux, réclamait une autre manifestante, sinon il y aura d’autres marches ! » Les affrontements ont duré toute la journée de jeudi, à l’ouest de Lomé. Hommes et femmes, tous les manifestants étaient déterminés.

    « Les gens ne voient pas de sortie de crise »

    Pour Patrick Lawson, premier vice-président de l’Alliance nationale pour le changement, tous les ingrédients sont réunis pour ces affrontements depuis que ces jeunes ont le sentiment qu’il n’y aura pas de dialogue politique pour sortir de cette crise. « Nous sommes dans une situation, explique-t-il, où les gens ne voient pas de sortie de crise, sinon que (l’option) de résister. » Seule solution pour lui : revenir à la raison et au dialogue.

    Un brigadier de police a été grièvement blessé, d’autres agents en service de régulation agressés à la manchette et plus d’une vingtaine de manifestants ont été interpellés. Le ministre de la Sécurité rappelle que l’interdiction de mouvement de rue reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

    Par rfi