Author: Don Kayembe

  • Sénégal : les imams approuvent la peine de mort

    Sénégal : les imams approuvent la peine de mort

    Iman-Au moment où on parle de la ratification de la peine de mort au Sénégal, un groupe de députés membres de la coalition « Benno Book Yaakaar » (mouvance présidentielle) et la ligue des imams approuvent son instauration pour lutter contre le grand banditisme à Dakar, la capitale sénégalaise.
     (De notre correspondant)

    Le député Seydina Fall, de la coalition Benno Book Yaakaar, avait soutenu l’instauration de la peine de mort la semaine dernière dans la banlieue de Dakar, la capitale sénégalaise, où on note de plus en plus des cas de meurtre. Le député-imam Mbaye Niang, de la même coalition, précise qu’il y a la volonté de plusieurs députés de revenir sur beaucoup de lois, notamment celle abrogeant la peine de mort. Selon lui, cette volonté sera bientôt concrétisée par le dépôt d’une proposition de loi pour revenir sur la peine de mort, quand l’élaboration de l’exposé de motifs sera terminée avant le mois de juillet.

    Les imams entrent dans la danse

    Le président de la Ligue des imams Youssoupha Sarr s’est prononcé sur le débat pour le retour de la loi sur la peine de mort au Sénégal, que le député de la majorité Seydina Fall entend soumettre à l’Assemblée nationale. Sans surprise, la Ligue des imams par la voix de l’imam Youssoupha Sarr approuve une telle initiative. Mieux, ce dernier estime sur les ondes de Sud FM que la peine de mort doit être appliquée dans un pays qui se dit musulman. Se basant sur le Saint Coran en ses versets 178 et 179 de la Sourate 2 (Al Baqara, la Vache) et les écrits de l’imam Malick, l’école dont les musulmans Sénégalais se réfèrent, Youssoufa Sarr opte ainsi pour une loi sur la peine de mort surtout dans un pays en majorité musulman.

    L’indignation de la société civile

    Le représentant de la section Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama est monté au créneau pour dénoncer la proposition de certains députés membres de la coalition Benno Book Yaakaar qui veulent rétablir la peine de mort. « L’abolition de la peine de mort contribue à promouvoir la dignité humaine et le développement progressif des droits de l’homme. Il s’agit plutôt de renforcer l’architecture mise en place depuis la déclaration universelle des droits qui proclamait, haut et fort, l’universalité, l’égalité et l’indivisibilité de tous les droits », a-t-il rappelé.

    En effet, pour le représentant d’Amnesty international, il est d’une politique démagogique que d’aller voir des gens endeuillés, pour leur promettre que quand quelqu’un tue, on le tue aussi. « Il faut lutter contre le chômage des jeunes, la baisse des denrées de premières nécessités et les inondations qui endeuillent chaque année cette partie de la capitale sénégalaise », a-t-il proposé.

    Le Sénégal a aboli la peine de mort en 2004, même si la ratification tarde à se faire. Une rencontre de sensibilisation de deux jours, destinée aux parlementaires, autorités gouvernementales et à la société civile, s’est tenue à Dakar mais sans pouvoir dissuader les partisans de la peine mort.

    Par AFRIK

  • Afrique du Sud: Un film sur la vie de Mandela dans les salles en novembre

    Afrique du Sud: Un film sur la vie de Mandela dans les salles en novembre

    Mandela film– Un film inspiré du récit autobiographique de l’icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, “Un long chemin vers la liberté”, va sortir dans les salles en novembre, ont annoncé ses producteurs lundi en Afrique du Sud.

    Le biopic retrace les mémoires du grand leader sud-africain dans lesquelles il raconte son enfance, sa carrière, ses luttes, ses années de prison, et sa libération qui l’ont conduit à son élection à la présidence, la première d’un Noir dans l’Afrique du Sud post-apartheid.

    Mandela a commencé à rédiger ses mémoires en 1974 au pénitencier de Robben Island, et a fini de les écrire après sa libération, en 1990, après vingt-sept années de détention. Son destin était étroitement lié avec le sort d’une nation entière et le combat d’un peuple.

    C’est l’acteur britannique, Idris Elba, qui incarne à l’écran Nelson Mandela, une des personnalités les plus respectées au monde.

    “Nous sommes honorés d’avoir obtenu l’autorisation de Madiba pour porter à l’écran la fascinante histoire de sa vie”, a déclaré le producteur du biopic Anant Singh dans un communiqué.

    Ce producteur a ajouté avoir été ravi lorsque Mandela a regardé certaines images d’Elba, en demandant “c’est moi, là?”.

    “Cette reconnaissance et cette affirmation de Madiba est extrêmement valorisante et on se dit que cette expérience a valu le coup”, a ajouté le producteur.

    “Un long chemin vers la liberté” a été publié en 1994 et a été traduit dans de nombreuses langues. Singh a obtenu les droits pour faire le film en 1996.

    Le livre dont s’inspire le biopioc raconte comment à travers ses années de clandestinité, de lutte armée et d’emprisonnement, la vie de Mandela s’est confondue avec son combat pour la liberté en Afrique du Sud verrouillé par quarante ans d’apartheid.

    Le film, dans lequel plusieurs acteurs sud-africains ont décroché des rôles, a été tourné dans différents points au Cap oriental, la province où est né Mandela, à Johannesburg et au Cap.

    Les producteurs ont indiqué qu’il s’agissait de l’unique film qui avait obtenu l’accord de Mandela et de la Fondation Nelson Mandela, le centre qui oeuvre pour faire perdurer sa vision.

    Le parcours historique de Mandela a déjà inspiré de nombreux films et documentaires.

    Nelson Mandela, qui n’est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football –organisée en Afrique du Sud– en 2010, vit complètement retiré de la vie politique.

    Les dernières images diffusées de lui remontent à août 2012, quand la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton était allée lui rendre visite dans son village de Qunu (sud).

    Il se remet actuellement dans sa maison de Johannesburg après plusieurs hospitalisations pour des infections des voies respiratoires.

  • La Dot chez les Luba du Kasaï

    La Dot chez les Luba du Kasaï

    1. 1.      La signification de la Dot

    Mpuila-1La Dot comporte la signification suivante :

    1)      L’officialisation, la légalisation, l’acceptation, la reconnaissance, la légitimation et l’intégration du lien du mariage

    Un lien, une cohabitation entre un jeune homme et une jeune fille est considéré comme une prostitution, un lien « libre », individuel, anarchique, mauvais, non intégré, non accepté dans les deux familles ni dans la société et non reconnu par les deux familles, le clan et la société ni par la loi coutumière s’il n’est pas précédé par la Dot.

    La fille est considérée comme une étrangère, une intruse, une prostituée et traitée avec mépris par la famille du jeune homme. Et le jeune homme est considéré comme un voleur, un usurpateur par la famille et le clan de la jeune fille et son clan tout entier.

    Les enfants nés d’un tel lien sont considérés comme le fruit de la prostitution et appartiennent à la famille de la jeune fille. Le jeune homme et sa famille n’ont aucun droit sur ces enfants. 

    C’est par la Dot que s’effectuent l’officialisation, la légalisation, la reconnaissance, la légitimation et l’intégration du lien du mariage au sein de deux familles concernées, du clan et de la société.

    Les enfants deviennent alors les membres de la famille de la lignée paternelle.

    2)      La solidité et la stabilité du foyer : la Dot solidifie et stabilise le mariage et elle est une source de solidarité au sein d’une famille et d’un clan :

     

    –          Celui à qui la Dot est destinée habite souvent au village ou loin : il n’est donc pas facile de rembourser la dot en cas de rupture du mariage.

     

    –          La Dot est une source de solidarité dans une famille : elle aide souvent l’un des membres de la famille de la fille à se marier : une fille qui se marie part de sa famille pour appartenir désormais à la famille de son mari. Mais elle fait entrer une autre fille dans sa famille d’origine et la fait ainsi grandir. Dans ce cas aussi, il n’est pas facile de rembourser la Dot en cas de rupture du mariage d’où la première Dot était issue.

    Dans les deux cas donc, la fille doit beaucoup réfléchir avant de s’engager dans un mariage.

    3)      La Dot scelle les liens de famille entre les mariés et entre les deux familles et les deux clans et inaugure les liens de respect mutuel.

    Une fille qui cohabite avec un homme sans que cet homme ne soit venu verser la Dot pour elle dans sa famille est une source de honte pour ses parents et elle fait l’objet de mépris et de moquerie dans toute la famille et tout le clan.

    Les enfants nés d’un lien sont méprisés et déconsidérés sont souvent l’objet de moquerie et d’injure : ils sont considérés comme le fruit de la prostitution.

    Dans ce cas aussi, une fille luba ne peut pas rompre facilement son mariage ni accepter d’affronter quotidiennement l’opprobre et vivre en concubinage avec un homme qui n’est pas venu se présenter dans sa famille et verser la Dot pour elle. Elle se place elle-même, place ses parents, sa famille et ses enfants dans une situation très inconfortable et jamais traditionnellement ni coutumièrement souhaitée.

    4)      La Dot relie les Vivants et les Ancêtres

    La Dot permet aux Ancêtres à reconnaître ce lien de mariage, à venir y habiter au milieu des époux, à en être fier, à le bénir, à en être les boucliers, à le préserver, à le sauvegarder, à le protéger, à l’accompagner de tous leurs meilleurs souhaits de bonne santé et de bonheur et à y intervenir pour faire obstacle aux mauvais esprits et aux esprits malveillants désireux de jeter un mauvais sort sur le mariage et sur les époux.

    Le mariage n’est pas dans la rubrique des contrats. Il est un don de soi, un engagement qui implique les mariés, les familles et les clans ainsi que les Ancêtres et assure la continuité, la survie et le progrès de la famille, du clan et de la tribu.

    1. 2.      La procédure :

     

    1)      Présentation :

    a)      Rencontres discrètes entre les deux intéressés

    Le jeune homme et la jeune fille se rencontrent d’abord en toute discrétion et se parlent de leur intention de se marier. L’initiative de cette intention et des rencontres viennent du jeune homme et non l’inverse.

    b)      Informations portées au niveau des parents

     Si l’acceptation mutuelle est conclue entre eux deux, les deux en parlent à leurs familles respectives.

    c)      Prospections discrètes

    Chaque famille procède par une prospection discrète sur l’éducation et l’état civil du prétendant et de la prétendante.

    Cette prospection peut aller jusqu’à des invitations discrètes adressées par le jeune homme, en accord avec ses parents, à la jeune fille à participer à certains événements organisés dans la famille du jeune homme (fêtes d’anniversaire…). La jeune fille tient ses parents informés de ces invitations et de ces déplacements. Après ces événements, la jeune fille ne passe jamais la nuit dans la famille du jeune homme et tout le monde veille à la ramener immédiatement, pendant qu’il fait encore jour, chez ses parents ou ses tuteurs.

    Le jeune homme est aussi invité de la même façon dans la famille de la jeune fille.

    d)      Annonce officielle

    La fille annonce à ses parents ou à ses tuteurs qu’un tel jeune homme l’a abordée et lui a fait part de son intention de l’épouser ; qu’elle est d’accord et qu’elle lui a demandé de venir se présenter officiellement dans sa famille.

    Les parents annoncent à la jeune fille la date qui leur convient. Et la jeune fille transmet le message à son futur époux.

    e)      Présentation officielle du prétendant

    Le jeune homme vient, accompagné de deux ou trois de ses amis et d’un des membres de sa famille. Ils sont accueillis par le père ou le tuteur de la jeune fille. On leur sert à boire. Le beau-père leur demande alors qui ils sont et pourquoi ils sont venus.

    Le jeune homme entouré de ceux qui l’accompagnent prend la parole se présente (sa famille, ses études, son lieu de résidence) ; présente les personnes qui l’accompagnent et annonce officiellement au beau futur beau-père son intention de venir naître dans sa famille en épousant sa fille telle. La fille est dans sa chambre et ne participe ni à l’accueil ni aux premiers moments de l’entretien.

    Le beau – père demande à l’intéressé si sa famille est au courant de sa démarche ou si cette démarche individuelle.

    Si le prétendant répond oui, le beau-père appelle alors sa fille et lui demande si elle connaît les personnes venues et si elle sait pourquoi ces personnes sont venues. Il demande à sa fille si elle est d’accord. Si la fille dit oui, alors elle prend part à la suite de l’entretien ; le père appelle la belle-mère et lui parle de l’entretien ; la belle-mère entend le oui de deux intéressés ; puis elle s’efface pour aller à apprêter les mets à la cuisine.

    Le beau-père est en train d’approfondir avec les concernés le sujet, les autres sujets… Et on sert à manger.

    Le prétendant et tous ceux qui l’accompagnent restent quelque moment après le repas, puis ils annoncent leur intention de partir. C’est alors qu’ils se conviennent avec le beau-père sur le jour de la présentation officielle pour les deux familles.

    Le beau-père annonce aux intéressés qu’il leur fera part du contenu de la dot après avoir contacté les autres membres de la famille, et surtout celui à qui la dot est destinée.

    f)       Communication du contenu de la Dot

    Et dans un avenir très proche, le beau-père appelle l’intéressé, ses parents ou ses tuteurs pour une rencontre discrète afin de leur faire part du contenu de la Dot.

    Et ensemble ils se conviennent sur le jour de la Cérémonie.

    La Cérémonie de la remise de la Dot se déroule dans la famille de la belle-famille. (Au Domicile du beau-père).

    Le jour de la Cérémonie, les deux familles réunies ont leurs porte-paroles. Les présentations usuelles de deux familles sont faites et les questions habituelles d’amour et d’engagement sont posées aux deux prétendants.

    Tout ce qui vient de la belle-famille passe par le père du prétendant. Celui-ci en signe d’engagement le donne au porte-parole de la sa famille. Le porte-parole de sa famille le donne à son tour au porte-parole de la famille de la fille. Cette dernière s’avance vers son père, le lui tend et le prie humblement d’accepter. Le père avant de l’accepter s’adresse publiquement et solennellement à sa fille en lui demandant si elle est pleinement consciente de ce qui est en train de se dérouler et lui rappelle qu’à ce moment précis elle est en train de s’engager elle-même définitivement et d’engager la responsabilité et l’honneur de toute la famille, de tout le clan et tous les Ancêtres. Si la fille répond qu’elle en est consciente et qu’elle tiendra définitivement à cet engagement, alors le père accepte ce qu’elle lui tend.

     Toute l’assistance applaudit.

    1. 3.      Le contenu de la dot :

     

    1)      Une somme d’argent déterminée par le destinataire de la Dot.

     

    2)      La chèvre des Ancêtres appelée « Mbuji Wa Bakishi » : Elle est offerte aux Ancêtres de la Lignée paternelle de la fille pour que ceux-ci daignent reconnaître ce mariage, venir s’y installer le bénir, le protéger et l’accompagner de leur bienveillance et sollicitude. Cette Chèvre est mangée par le beau-père avec les autres membres de la lignée paternelle.

     

    3)      La chèvre pour la belle-mère appelée « La chèvre du sein » : c’est une chèvre offerte par le jeune marié à sa belle-mère pour avoir nourri de son sein sa fille et l’avoir fait grandir et l’avoir bien éduquée. Dans un mariage, la belle-mère est non seulement honorée, elle est même considérée comme la personne centrale et le ciment d’un mariage : elle ne peut en aucun cas être insultée par le beau-fils : « Muntu yonso kena ne Mfumuende, kadi Mfumuende M-Muku wende » (Vous pouvez vous considérer comme étant au-dessus de tout le monde et même manquer de respect envers tout le monde, mais jamais envers votre belle-mère). Un écart de langage, des propos irrespectueux, une insulte faite par le beau-fils contre la belle- mère lors de leurs disputes internes entre époux est la caractéristique extrême d’une mauvaise éducation qu’il a eue et est très souvent la signature immédiate du divorce. La belle-mère mange cette chèvre avec les autres femmes de sa famille et avec ses amies.

     

    4)      La chèvre de la virginité est exigée dans certains clans des Luba : si la fille est vierge jusqu’au mariage. C’est une chèvre destinée à honorer la fille et la belle-mère pour la bonne éducation. C’est la belle-mère qui la mange avec les femmes de sa famille et avec ses amies.

     

    5)      L’habillement de la belle-mère : de la tête jusqu’aux pieds (mouchoir de tête, pagne, souliers, bijoux, sac à main…). Souvent le beau-fils offre au-delà de ce qui est demandé pour montrer son amour et sa reconnaissance envers la belle-mère.

     

    6)      L’habillement du beau-père : chapeau, costume, chemise, cravate, souliers, montre… Souvent aussi, le beau-fils peut ajouter plus.

     

    7)      Les autres exigences venant de la personne à qui la Dot est destinée : habillements…

     

    8)      La belle-famille peut accessoirement amener les boissons, les mets…

     

    9)      Le porte-parole de la belle-famille rappelle au prétendant et à sa famille que la Dot dure toute la vie : « Ku Buku nku Diala »… La belle-famille est comparée à un champ qui entoure le foyer. Quand on a quelque chose et on mange, on y envoie ce qui reste. Chaque fois quand on a un surplus, on songe à la belle-belle, on partage avec elle, on y envoie un colis, un paquet…

     

    1. 4.      Les conséquences de la Dot

    Le mariage coutumier est scellé. Les deux mariés s’embrassent devant l’Assistance de leurs deux Familles. La fille quitte sa chaise qui était jusque-là du côté de sa famille et va s’asseoir sur une chaise aux côtés de son mari dans le camp de la belle-famille.

    La famille du jeune marié a le droit de réclamer, séance tenante, par la bouche de son porte-parole, le départ de la fille avec eux à la fin de la Cérémonie. La famille de la fille se met à négocier : elle demande à la famille du jeune marié la grâce d’accepter l’organisation de la Cérémonie religieuse – si les deux familles sont des croyants – et de rassembler les approvisionnements nécessaires (« Kupaya Muana Wa Bakaji ne Kuya kumushindikija kua Bayenda ») et de désigner les personnes qui devront accompagner la fille chez son mari.

    1. 5.      Les cas où la Dot n’est pas remboursable s’il y a le divorce :

     

    –          Si la décision du divorce vient du mari alors que sa femme n’a pas commis une faute qui exige le divorce ;

     

    –          Si le mari a commis une faute qui exige le divorce alors que sa femme a été correcte et irréprochable ;

     

    –          Si la femme a donné naissance aux enfants, sa famille ne rembourse pas la Dot en cas de divorce.

    Fait le 26 Mai 2013.

    Dr François Tshipamba Mpuila

    E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr

  • Tournoi de Toulon: la RDC débute face à la France

    Tournoi de Toulon: la RDC débute face à la France

    Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard
    Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard

    -Le tournoi de Toulon (France), réservé aux joueurs de moins de 21 ans, débute mardi 28 mai et se clôturera le 8 juin. La RDC évoluera dans le groupe A aux côtés de la France, de la Colombie, de la Corée du Sud et des Etats-Unis d’Amérique. Les Congolais entrent en lice le jeudi 30 mai contre les Français. Seuls deux joueurs sur les six évoluant au pays retenus pour cette compétition vont voyager lundi 27 mai pour rejoindre Sébastien Migne, sélectionneur des Léopards U-21, et le reste du groupe à Toulon. Il s’agit de Herve Ndonga et Merveille Bope du TP. Mazembe qui ont obtenu leurs visas.

    La maison Shengen à Kinshasa a refusé d’octroyer les visas aux quatre joueurs de V.club de Kinshasa (Lema Mabidi, Luvumbu Nzinga, Kasereka Thierry et Mubele Ndombe) et à quelques membres du staff technique, Pamphile Mihayo, un des entraîneurs adjoints  de Mazembe, Joseph Mukeba, manager entraîneur, ainsi que de Theobald Binamungu, vice-président de la Fecofa.

    Le groupe B de ce tournoi international est composé du Mexique, du Nigeria, de la Belgique et du Portugal.

    Seules les deux meilleures équipes de chaque groupe seront qualifiées pour les demi-finales.

    La Côte d’Ivoire est le seul pays africain à avoir remporté ce trophée en 2010.

    Le calendrier de matches de la RDC:

    • 30 mai: France – RDC au stade des Costières à Nîmes
    • 1er juin: RDC – Etats Unis au stade du Ray à Nice
    • 3 juin : RDC – Corée au Parc des Sports d’Avignon
    • 5 juin : Colombie – RDC au stade Louis Hon de Saint Raphaël

    Radio Okapi

  • Accusé d’ingérence et de génocide en RDC, Kagame affirme “dormir très bien”!

    Accusé d’ingérence et de génocide en RDC, Kagame affirme “dormir très bien”!

    Paul Kagame du Rwanda
    Paul Kagame du Rwanda

    -Accusations d’ingérence dans l’est du Congo et de soutien du mouvement rebelle M23, suspension de l’aide internationale, critiques d’un régime politiquement verrouillé et accusations d’autoritarisme de la part d’opposants en exil… Le président rwandais Paul Kagame a livré au magazine Jeune Afrique une interview sans tabous où tous ces sujets ont été abordés. En voici les extraits les plus marquants.

    La question la plus brûlante du moment concernant le Rwanda, et plus précisément Paul Kagame, chef de l’Etat rwandais depuis plus 13 ans, est évidemment celle de l’ingérence dans l’Est du Congo.

    Si la question empoisonne les relations entre les deux pays depuis longtemps, et singulièrement depuis le milieu des années 90, les critiques se sont multipliées ces derniers temps suite aux actions de la rébellion du M23, soupçonnée d’être soutenue par Kigali.

    Brigade d’intervention ONU dans l’Est du Congo: “C’est tout simplement ridicule

    Ladite question est posée sans ambages au président Kagame dans une interview publiée par Jeune Afrique: “Comment expliquez-vous que très peu de gens vous croient lorsque vous démentez toute interférence en RD Congo?“.

    La réponse du leader du FPR (Front Patriotique rwandais) renvoie une rafale de questions à l’envoyeur: “Pourquoi a-t-on décidé de ne pas nous croire, alors que tout le monde s’accorde à reconnaître que les problèmes du Congo sont des problèmes fondamentalement congolais? Qu’ils touchent à la gouvernance, à la citoyenneté, à l’identité de ce pays? Pourquoi aussi peu de gens nous croient, alors que chacun se rend compte que la mission des Nations unies (…) ne sert manifestement à rien ? Pourquoi, depuis des années, la perception du Rwanda se base-t-elle non sur des faits vérifiés mais sur des communiqués de presse mensongers qui émanent d’ONG ou d’associations manipulées et qui sont complaisamment repris par les médias occidentaux ?“, interroge notamment Paul Kagame.

    Reconnaissez pourtant qu’il est difficile de croire que les rebelles du M23 ne sont pas proches de vous…“, relance un peu plus tard le journaliste François Soudan.

    Difficile pour qui ?“, réplique Paul Kagame. “Pour ceux qui ont décidé d’ignorer les faits, de publier des rapports biaisés et de ne pas nous écouter. Le M23 n’est pas mon affaire, c’est l’affaire du gouvernement congolais. Et puis, pourquoi cette obsession du M23? Il y a beaucoup d’autres groupes rebelles au Congo qui, apparemment, n’intéressent personne“.

    D’ailleurs, selon cet ancien chef militaire, l’envoi d’une force panafricaine forte de 3000 hommes, sous un mandat renforcé et sous l’égide de l’ONU pour mettre fin aux rébellions dans l’Est du Congo, est tout simplement “ridicule”. “(…) je sais à l’avance que cela ne résoudra rien. La solution doit être politique, parce que le problème est politique. En quoi une brigade d’intervention équipée de drones de surveillance est-elle un remède au déficit de gouvernance, d’infrastructures, d’institutions et d’administration dont sont victimes les populations? Ce n’est ni le bon diagnostic ni le bon médicament. C’est tout simplement ridicule“, juge-t-il.

    Liens entre politique et business: “En Europe, les candidats mendient auprès des contributeurs. Est-ce raisonnable?”

    Autre sujet qui fâche du côté de Kigali, la dénonciation de la mainmise du parti au pouvoir, le FPR, sur l’économie du pays.

    Les fonds d’investissement (du FPR) pèsent plusieurs centaines de millions de dollars. Est-il sain qu’un mouvement politique soit à ce point impliqué dans les affaires?“, questionne le journaliste de Jeune Afrique.

    La dernière élection américaine a coûté 2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros), récoltés auprès de donateurs privés, au point que les cyniques affirment que le vainqueur a été celui qui a réuni le plus d’argent. Est-ce sain?“, rétorque son interlocuteur. “En Europe, partis et candidats doivent souvent mendier auprès des contributeurs pour survivre. Est-ce raisonnable? Êtes-vous sûr que ce système ne suscite ni obligation ni dépendance, contraires à la transparence et à la démocratie? Le problème des rapports entre l’argent et la politique n’est pas soluble dans les idées simples, et notre histoire, au FPR, est singulière. Dès le premier jour de notre lutte de libération, nous avons considéré comme cruciale notre indépendance financière“, explique-t-il.

    Si vous voulez tout savoir, je dors très bien la nuit

    Vous avez déclaré que tous vos opposants en exil pouvaient rentrer au Rwanda. Pensez-vous réellement que Faustin Twagiramungu, Paul Rusesabagina, Emmanuel Habyarimana et d’autres, qui vous qualifient de dictateur, ne risquent pas d’être poursuivis en justice à leur arrivée à Kigali?“, a encore interrogé le magazine Jeune Afrique.

    J’ai effectivement dit qu’ils pouvaient revenir et que les conditions étaient réunies pour cela. La suite les concerne, eux et la justice rwandaise”. Autrement dit, ces exilés n’ont aucune garantie sur leur sécurité juridique en cas de retour au pays (…) Je ne vois pas sur quelles bases juridiques fonder leur immunité, encore moins leur impunité“. Autrement dit, ces exilés sont libres de revenir mais seraient alors probablement inculpés et traduits devant les tribunaux, à l’instar de Victoire Ingabire.

    Est-il à tout le moins prêt à “négocier avec eux“, lui demande alors le journaliste. “Négocier quoi?“, balaie l’interviewé. “Ce qu’ils veulent tient en un mot : le pouvoir. Je ne le leur donnerai pas, en tout cas pas en dehors des voies légales prévues pour y parvenir. Il n’y a rien à négocier“.

    Après avoir passé en revue la plupart des dossiers chauds liés au régime rwandais et à son président en particulier, ce dernier conclut sereinement: “Cela ne m’empêche pas de vivre et ne changera rien à l’heure de ma mort. Si vous voulez tout savoir, je dors très bien la nuit“.

  • Rwanda: L’appel de Ban Ki-moon à Kagame

    Rwanda: L’appel de Ban Ki-moon à Kagame

    Ban-Paul- Jim-Le Rwanda a un rôle “essentiel” à jouer pour garantir la paix dans l’Est de la RDC, a estimé vendredi à Kigali le secrétaire-général de l’ONU.

    Ban Ki-moon a demandé au président rwandais Paul Kagame, “d’user de son charisme politique pour la paix, sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs”.

    Ban Ki-moon, qui effectue une tournée dans la région des Grands-Lacs, a ensuite pris le chemin de l’Ouganda, où il a demandé aux dirigeants africains, dont le président ougandais Yoweri Museveni, d’appliquer l’Accord-cadre pour la paix dans l’Est de la RDC, signé en février dernier à Addis-Abeba, en Ethiopie.

    Le Rwanda est depuis plusieurs années accusé de déstabiliser cette région riche en ressources minières.

    Des experts de l’ONU ont affirmé ces derniers mois que Kigali, malgré ses démentis, soutenait directement la rébellion du M23.

    Ban Ki-moon, qui a visité Goma jeudi, s’est dit touché par les récits de Congolais ordinaires qu’il a rencontré.

    “Ils sont fatigués de la guerre, fatigués des abus, et fatigués de l’impunité, et fatigués de la pauvreté”, a déclaré le secrétaire-général de l’ONU.

    M. Ban devait quitter l’Ouganda vendredi vers Addis Abeba, siège de l’Union africaine où il assistera samedi aux festivités du cinquantenaire de l’OUA.

    Par BBC

  • France: Hollande invite l’Afrique à Paris

    France: Hollande invite l’Afrique à Paris

    Francois Hollande President de la France-Unique dirigeant européen invité à Addis Abeba pour le 50e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine, le président a annoncé samedi qu’il convierait les présidents africains à Paris “à la fin de l’année” pour un sommet dédié “à la paix et à la sécurité” en Afrique.

    Le président françaisFrançois Hollandequi a fait un aller retour Paris-Addis et qui s’est exprimé au Millénium Hall, le grand auditorium du siège de l’institution panafricaine, a annoncé samedi à Addis Abeba qu’il inviterait les dirigeants africains à Paris “à la fin de l’année” pour un sommet consacré “à la paix et à la sécurité” en Afrique. “A la fin de l’année, j’inviterai l’ensemble des chefs d’Etat africains à Paris pour une réunion qui sera consacrée à la paix et à la sécurité et donc, d’une certaine façon aussi, à la lutte contre le terrorisme”, a-t-il déclaré à la presse, en marge des festivités du 50e anniversaire de l’unité africaine.

    Seul chef d’Etat européen invité à Addis Abeba pour les festivités marquant le 50e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), devenue l’Union africaine en 2002, François Hollande encourage l’Afrique à se procurer plus de moyens militaires pour faire face à une succession de crises et à la menace terroriste. “La sécurité de l’Afrique c’est l’affaire des Africains ce qui n’empêche pas qu’un pays comme la France vienne en appui”, a déclaré le chef de l’Etat français.

    Par BBC

  • Réunion sur l’Est de la R.D.C à l’U.A.

    Réunion sur l’Est de la R.D.C à l’U.A.

    Joseph Kabila UA-Les dirigeants des pays de la région des Grands Lacs se sont réunis dimanche à Addis Abeba pour mettre en oeuvre un accord de paix pour l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) déstabilisé par des milices.

    C’est la première fois qu’ils se revoyaient tous depuis la signature de cet accord en février dernier.

    En marge du sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, au lendemain des célébrations du 50e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine, participaient à la réunion 11 dirigeants régionaux, dont le président de RDC, Joseph Kabila, et ses homologues du Rwanda et d’Ouganda, Paul Kagame et Yoweri Museveni, qu’il accuse d’alimenter les troubles en soutenant la plus puissante de ces milices, le Mouvement du 23 mars(M23).

    Kigali et Kampala rejettent ces accusations, également portées par des experts de l’ONU dans un rapport.

    Les dirigeants de la région des Grands Lacs s’étaient engagés en février dernier à Addis Abeba à s’interdire toute ingérence dans l’est de la RDC, un territoire convoité pour ses importantes ressources minières.

    “Nous aurons besoin (de passer) le test de la mise en oeuvre” de l’accord de février, a déclaré avant la réunion le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, qui s’est personnellement engagé dans ce processus de paix.

    Une paix durable dans la région n’est possible que “si tous les pays signataires travaillent ensemble pour sortir de l’impasse politique et créer une nouvelle dynamique en faveur de la sécurité de la population et du développement économique”, a souligné M. Ban.

    Aucune annonce concrète n’a été faite après la réunion qui s’est déroulée à huis clos.

    Le secrétaire général de l’ONU revient d’une tournée dans la région des Grands Lacs, qui l’a mené au cours de la semaine écoulée à Kinshasa, Goma, principale ville de l’Est de la RDC, Kigali et Entebbe (Ouganda).

    Lundi, après plusieurs mois de trêve, des combats avaient repris entre l’armée de RDC et le M23, à une dizaine de km de Goma, capitale du Nord-Kivu, faisant craindre une reprise des affrontements à grande échelle à l’issue desquels le M23 avait pris le contrôle en novembre dernier de Goma, avant d’accepter de s’en retirer sous la pression internationale.

    Déploiement d’une brigade d’intervention

    Avec l’accord des pays de la région, l’ONU a commencé pour sa part à déployer en RDC une brigade d’intervention, dotée d’un mandat “offensif”, créée fin mars par le Conseil de sécurité pour combattre les groupes armés dans l’est du pays, notamment le M23 en tête, d’anciens rebelles qui avaient été intégrés aux FADRC et qui ont ensuite déserté.

    Cette brigade, qui devrait être opérationnelle dans les prochaines semaines, doit renforcer les 17.000 personnels de la Mission locale de l’ONU (Monusco), la plus importante force onusienne dans le monde numériquement, mais dont le mandat se limite à la protection des civils, et qui est accusée de passivité face aux nombreux groupes armés qui sévissent dans la région.

    Les chefs d’Etat et Premiers ministres au sommet de l’Union africaine, devaient aussi se pencher sur la situation au Mali, où une force onusienne de 12.600 soldats et autres personnels, doit prendre le relais de la force d’intervention française (4.000 soldats), qui ont chassé du Nord du pays, les groupes islamistes, avec l’appui de contingents de membres de la Cédao.

    Par BBC

  • Soudan du Sud:De DSK aux ex-mercenaires de BlackWater, pourquoi misent-ils tous sur le Soudan du Sud ?

    Soudan du Sud:De DSK aux ex-mercenaires de BlackWater, pourquoi misent-ils tous sur le Soudan du Sud ?

    DSK SOUDAN-Il existe un point commun entre l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, et l’ex-fondateur de la sulfureuse société militaire privée BlackWater, Erik Prince : leur intérêt pour le pays le plus jeune du monde, le Soudan du Sud.

    Le 14 mai dernier, un petit comité de financiers de haut vol inaugurait en grande pompe une nouvelle banque à Juba, la capitale du Soudan du Sud. Sous les applaudissements de quelques investisseurs étrangers et nationaux, Dominique Strauss-Kahn illustrait son retour aux affaires par un discours de bienvenue à la toute jeune National Credit Bank. « Ce n’est pas une banque venue de l’étranger, ce sera l’une de vos banques et c’est important pour votre pays », assurait alors l’ancien patron du FMI.

    Invité comme « consultant financier indépendant », DSK a été mis en avant afin d’attirer le regard des Occidentaux. Il faut convaincre du potentiel économique du Soudan du Sud. Parmi les actionnaires de cette nouvelle banque, on trouve des natifs du pays, mais aussi des étrangers, parmi lesquels la société de gestion d’actifs Assya Asset Management (AAM), gros actionnaire minoritaire de cette nouvelle banque, dont on ne connaît pas le détail de la capitalisation.

    Pour cette occasion, le principal actionnaire d’Anatevka, maison mère d’AAM basée au Luxembourg, décrypte les enjeux de cette présence à Juba. Thierry Leyne explique ainsi « l’occasion rêvée » qu’est la création d’un nouvel Etat. Dans le Soudan du Sud, né le 9 juillet 2011, tout est à faire : infrastructures, développement d’une économie locale, nationale, régionale, mais surtout d’un système bancaire et financier. « On en revient aux fondamentaux d’il y a cent ans », se félicite Thierry Leyne, enthousiaste.

    « Ce sont des gens qui achètent des tickets de loterie », estime de son côté l’historien Gérard Prunier, spécialiste de la Corne de l’Afrique. « Ils viennent pour faire un coup et récupérer l’argent qui circule. » Pour lui, la situation sécuritaire au Soudan du Sud est si catastrophique que les investissements restent suicidaires. Il évalue les pertes du gouvernement en place à quelque sept milliards de dollars, détournés ou gaspillés.

    Petites affaires entre bons amis

    Si le groupe d’investissement luxembourgeois s’intéresse au Soudan du Sud, ce serait avant tout une histoire d’hommes. Voilà des années de cela, son fondateur a rencontré à Londres des expatriés sud-soudanais travaillant dans la finance, Abdelkarim Isai et Dawd Abate. Lorsque ceux-ci sont revenus dans leur pays pour participer à sa construction, ils se sont très naturellement tournés vers leur ancien ami pour obtenir de bons conseils.

    Ces discussions ont amené les connaissances à devenir partenaires d’affaires, le cercle s’élargissant rapidement à DSK : un ancien patron du FMI, ce doit être rassurant pour les investisseurs. Le pays présente un fort potentiel de croissance économique qui attire déjà d’importants groupes asiatiques, notamment dans le secteur pétrolier.

    La National Credit Bank espère capter des marchés auprès des investisseurs, mais aussi sur le territoire : « Il s’agit de convaincre à l’étranger. Mais nous voulons aussi inviter les Sud-Soudanais à venir déposer leurs salaires à la banque », admet Thierry Leyne.

    Juba peut en effet miser sur d’importantes potentialités. Son économie, très exposée, repose pour l’instant sur le pétrole, dont le pays tire 98 % de ses recettes. Il espère pouvoir profiter des investissements dans les infrastructures menés par les exploitants de l’or noir pour développer d’autres activités.

    Le Soudan du Sud est particulièrement riche en matières premières : du pétrole, certes, mais aussi des forêts, des minerais et des zones à fort potentiel hydroélectrique. L’agriculture à elle seule représente une ressource inestimable : 90 % du sol est cultivable, dont la moitié composée de terres de première qualité, presque inexploitées à l’heure actuelle.

    Reconversion de mercenaires

    Ce potentiel, nos financiers européens ne sont pas les seuls à l’avoir remarqué. Une autre personnalité cultive depuis de nombreuses années des relations ambigües avec le Soudan : Erik Prince. Le fondateur de la société militaire privée Blackwater, controversée pour ses méthodes musclées, notamment en Irak, s’est reconverti dans le conseil après avoir revendu sa compagnie. Basé depuis 2010 à Abu Dhabi, il lance une nouvelle entreprise, Frontier Ressource Group, pour faire commerce de ses bonnes idées sur la gestion du risque dans certains pays : Somalie, République démocratique du Congo et Soudan du Sud.

    Gardant ses bonnes habitudes, cet ancien Navy Seal (une unité de commandos d’élite de l’armée américaine) puise chez d’anciens marines le gros de sa troupe. Il s’entoure d’un spécialiste des matières premières, Gregg Smith, passé par la 2nd Marine Divison, et le géant de l’audit financier Deloitte. Il récupère aussi Paul Habenicht, un ancien chef d’unité sniper en Afghanistan et en Irak. Enfin, il débauche chez la société militaire privée Saladin un jeune prodige sorti de la prestigieuse université de Georgetown (US), Rachel Braun, spécialiste du lobbying pétrolier et du Sud-Soudan.

    Miser sur le pétrole pour planter du maïs

    Ce commando de choc du consulting semble idéal pour conseiller un investisseur sur un marché risqué comme le Soudan du Sud. Client de choix pour Frontier Ressource Group : Pékin. La Chine, mais aussi la Malaisie et l’Inde, est en première ligne des investissements au Soudan du Sud. Leurs compagnies pétrolières nationales (CNPC, Sinopec, Petronas et ONGC) s’attèlent à l’extraction quotidienne de 200 à 350 000 barils – lorsque les relations avec Khartoum le permettent – qui assurent la survie de Juba. Des investisseurs qui sécurisent leurs ressources énergétiques, mais aussi alimentaires : tous trois figurent parmi les principaux locataires et acheteurs de terres arables en Afrique.

    Les compagnies asiatiques ont une approche du risque différente des sociétés occidentales. Malgré la situation explosive du Soudan du Sud, elles n’hésitent pas à investir ce marché à fort potentiel. Car si Juba ne fait pas office de grande puissance pétrolière mondiale, elle pourrait s’imposer comme un exportateur conséquent sur le long terme. L’insécurité du pays a en effet limité son exploration géologique : certains s’attendent à découvrir d’importantes ressources pétrolières non encore dévoilées.

    Francis Perrin, consultant sur l’énergie et les matières premières, remarque que les investissements dans le secteur pétrolier peuvent avoir des retombées positives pour le pays. « La question des infrastructures est importante : il faut des routes et des aéroports pour acheminer du personnel, du matériel », explique-t-il. C’est d’ailleurs ce qui pourrait expliquer l’intérêt d’Occidentaux pour une banque sud-soudanaise : « Il n’y a pas d’économie qui fonctionne sans un système bancaire et financier qui fonctionne. »

    Dans cette course au pétrole, les Occidentaux ont pourtant déserté le territoire soudanais dans les années quatre-vingt. Trop risqué, trop instable. Ou presque : Total reste à la tête d’un consortium qui est détenteur des autorisations pour explorer un bloc de 120 000 km². Si le niveau d’insécurité diminuait, le pétrolier français pourrait de nouveau envisager d’investir au Soudan du Sud. Reste à savoir si l’enthousiasme de Dominique Strauss-Kahn sera contagieux.

    Par RFI