Author: Don Kayembe
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L’ordre mondial issu de 1945 est mort…
-L’ordonnancement actuel du monde, imposé par les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale, et particulièrement par les Anglo-saxons, s’éteint. Des signes précurseurs, bien qu’encore imperceptibles », sous le regard énigmatique de quelques aveugles soumis, et qui ne cessent de nous vanter des bienfaits d’un ordre décadent, surgissent sur les feux de la lumière. Mais ce qui semble certain, véridique, est que les Anglo-saxons, qui en furent ses initiateurs, ne paraissent plus être en mesure, et suivez bien ma formulation, pour éviter d’être traité de « radical », comme souvent c’est malheureusement le cas, d’ « administrer » et seuls, comme par le passé, toutes ces institutions, instruments de leur puissance, notamment celles de Bretton Woods et l’ONU, ce « machin » tel que De Gaulle aimait bien la qualifier. Hier encore, Ils venaient de lâcher la direction de l’OMC. . Et du coup, comme dans l’accoutumée, les «médias mensonges » se prennent à déclarer l’OMC d’institution caduque.Les rapports de force ont changé d’abord au sein de l’Europe, entre les États européens et ensuite dans le monde. L’Europe actuelle présente une similarité avec celle d’antan, de 1945, où la force de l’Allemagne seule régentait le reste de l’Europe. Mon propos, ici, n’est pas de faire de comparaison chiffrée mais je constate, comme beaucoup d’ailleurs, que la France, bien que restant ’un peu « décomplexée » face à l’Allemagne, pèse aujourd’hui moins dans la balance avec l’Allemagne. Sa situation actuelle face à l’Allemagne ressemble fort bien, peut-être que j’exagère, à celle datant de l’époque de son occupation par Hitler et ses Allemands. Pour ce qui est, elle est instrumentalisée et demeure sous les bottes des USA. Et l’Allemagne qui fut le grand vaincu d’hier, divisée, humiliée et régentée à son tour par les Anglo-saxons, se régale, cinquante ans après, d’une suprématie bien chèrement reconquise. Même si elle reste, elle-aussi, mais pour combien de temps encore, sous la gestion de l’Amérique. L’Allemagne a recouvré son unité, sa dignité, sa place et a de nouveau forgé son « histoire » dans le concert des nations. Ce peuple serait-il grand face aux Anglo-saxons ? Les Européens ainsi que les Américains savent du moins ce que leur technologie doit et aux Allemands et au savoir allemand après la deuxième guerre mondiale. Néanmoins, il reste aux peuples allemands, qui en possèdent certes les moyens,- mais le voudrait-il, et à quel prix, pour quelles raisons stratégiques- de s’émanciper totalement de l’emprise anglo-saxonne ?
L’ordre du monde infligé par les vainqueurs en 1945 est mort. Poutine, le lion, en portant secours à Assad, le renard « arabe », démontre à travers ce geste ce qui en reste de ce rêve. Le soutien de Poutine à Assad rejoint un modèle de l’expression de la théorie de l’alliance du lion et du renard pour éviter d’être victimes des Loups. Dans ses nouveaux habits, qui lui siéent à merveille, le tsar Poutine, qui reste aux aguets, séduit et apparait comme l’irréductible l’héritier de Staline, l’un des créateurs de l’ONU, l’Organisation des Nations Unies..
La structure actuelle de l’ONU, qui non seulement a placé le Congo-RDC sous sa tutelle mais également le dirige, ne concorde à la réalité des rapports de force dans le monde aujourd’hui. L’absence de l’Allemagne ou encore de l’Inde au sein de son Conseil de Sécurité la rend et ses jugements d’aucune utilité. Je ne saurais me leurrer longtemps, car les relations entre les hommes et les nations entre-elles demeurent à jamais une relation de pouvoir de domination. L’ONU restera à jamais un instrument de puissance au service des plus forts ou de la force. Qu’à cela ne tienne, sa refonte totale est plus qu’une exigence à l’instant même. Et la même règle s’impose également sur le contrôle et la gestion des institutions de Bretton Woods. Cette option est la même que celle défend l’’ambassadeur singapourien, Kishore Mahbubani, auteur du livre “The Irresistible Shift of Global Power to the East ». Lehmann le cite dans son article paru sur le site de Réseau Voltaire en date du 02.09.2008 et qui est intitulé « Déclin de l’Occident et montée de l’Orient ». Kishore Mahbubani affirme, haut et fort, que: « Le monde […] a perdu pour l’essentiel sa confiance dans les cinq États nucléaires. C’est cette incapacité à exercer convenablement un leadership qui fait que l’Occident est aujourd’hui davantage le problème que la solution. [Ensuite, il admet que] les pays d’Asie ne sont pas encore prêts à intervenir. Il en va de même des institutions financières internationales. [Il émet un doute, en se basant sur des raisons évidentes] qu’aucune des trois plus importantes – la Banque mondiale, le FMI et l’OMC – ne subsistera jusqu’à la prochaine décennie, [D’où] il est d’une importance capitale de les conserver. Mais, bien entendu, il faut les transformer et les désoccidentaliser. Il ne faut plus que les postes de directeur de la Banque mondiale et du FMI soient attribués automatiquement à des États-uniens ou à des Européens, comme si c’était écrit dans l’Évangile ; ils doivent être globalement ouverts à des talents du monde entier. Il est également important que la Banque mondiale n’ait plus son siège à Washington DC et dissémine ses employés dans les pays où elle opère. L’esprit internationaliste tel qu’il s’incarne dans la Charte des Nations unies doit donc être maintenu, voire revivifié ».
La fin de l’empire est inévitable. Le pape Polonais Jean Paul II l’aurait prophétisé également si on en croit à l’auteur du livre « Sa Sainteté. Jean Paul II et l’Histoire de notre époque », qui rapporte que, le jour de vendredi saint, Jean Paul II, « transportant sa croix sur ses épaules,[…] [et] s’arrêtant devant « le Colisée- symbole de l’impérialisme criminel de la Rome antique- et, désignant l’horrible édifice, a déclaré, [ en rapport avec le début de l’attaque contre l’Irak et qui coïncidait avec le Pâque chrétien] : « Même l’Empire romain a fini par s’effondrer », cité par Luciano Canfora, in « La Nature du Pouvoir » paru aux éditions, Les Belles Lettres, en 2010, p.86.
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L’Afrique semble être absente du débat et de la lutte du positionnement qui est en gestation alors que ce trouble d’accouchement pose le jalon d’un énième « désordre mondial » en construction. Et comme toujours, les supposés faibles ou les « absents » resteront sur le pavé faute d’avoir tout simplement osé. Et pourtant, l’Afrique possède les moyens de son devenir, de sa prise de parole pour la faire entendre et respecter. Son seul handicap, d’après moi, et j’ose cette option, réside dans le fait qu’elle se laisse distraire à prendre part à une course effrénée que l’Occident et l’élite africaine qui épouse cette vision unilatérale de la notion de développement infligent à l’Afrique. Un modèle de « développement –mensonge-appât » dont seul l’Occident et aujourd’hui la Chine détiendraient le secret et les manèges. En longueur des journées, j’entends toujours ces « savants » africains et « nègres » crier à tue-tête, et comme des condamnés à morts : « développement, développement ». Le terme développement tel qu’entendu et compris par ceux qui le défendent exprime l’occidentalisation du monde. L’existence d’un seul paradigme dans le monde alors que ce que le concept « paradigme » admet « la possibilité de différentes explications également vraies pour une même réalité. ».
La guerre qui est menée, affirme Colette Braeckman dans son livre « Les Nouveaux prédateurs, Politique des puissances en Afrique centrale », , est « d’abord avec les idées. Les concepts précèdent les hostilités, et les préparent. Étiquettes collées à la hâte sur la réalité mouvante, ils permettent souvent d’aller au combat le cœur léger. Les Américains excellent à ce jeu ! ». Voilà comment ces « intellos » s’engouffrent dans le piège mains et pieds liés en train de répéter comme des perroquets, et ce après leurs maitres à penser, des expressions qui font plaisir à leurs créateurs comme « démocratie », « gouvernance », « guerres de basses intensités », « Zéro morts », le « terrorisme », la « non-violence », la « faillite de l’État », un « État faible ». ect..
Faut-il entreprendre une guerre juste pour rattraper celui qui vous l’impose, qui en a fixé les modalités, sa ligne d’arrivée alors qu’il s’est envolé depuis de lustre ? En plus, en quoi consiste ce modèle qui, pour survivre, confinerait uniquement l’Afrique comme pourvoyeur des matières premières et énergétiques et grenier d’une main-d’œuvre moins chère et exploitable. En se soumettant à ce jeu de dupes, l’Afrique limite ses potentialités en ramenant ses besoins au niveau des conditions animales : la bouche, le ventre et le sommeil, alors que son besoin le plus pressant aujourd’hui, de l’Afrique, reste plus que jamais de nature identitaire, « to be or not to be », avant d’être économique.
Loin de moi l’idée de lancer un appel à l’union de l’Afrique, par crainte de la soumettre sous d’autres secousses, sous d’autres formes de domination du genre de grands peuples comme les Zoulou, les Ashanti et autres, ou encore dans le débat imposé des Nilotiques et des Bantu, un danger « divisionniste » qui fait le lit des loups se trouvant déjà dans la bergerie. Ce qui aura comme conséquences immédiates d’amoindrir ses atouts face aux grands ensembles demain, géostratégiques et démographiques comme la Chine, l’Inde, l’Europe politique en construction, la Russie et les USA. C’est dans ce jeu qu’il faut inscrire la RDC-Congo. Et non nous ressasser tout le temps de Paul Kagamé ou de la « Kabilie », parce qu’ils existent à peine sous les manettes de ceux qui les pilotent.
L’Afrique a un peuple. Et ce peuple a une histoire, un passé et un présent. Son peuple est créateur. Au lieu de laisser notre jeunesse s’envoler vers des recoins où elle sert plus d’esclaves et de main-d’œuvre « bon marché », l’Afrique ferait mieux d’offrir des possibilités de rêve notamment dans le domaine d’Art comme la pensée et la force de la parole de l’Occident s’éteignent. « L’état d’exception dans lequel nous vivons est la règle, reconnait (Homi Bhabha dans son livre Les Lieux de la Culture / une théorie postcoloniale), il nous faut en venir à une conception de l’histoire qui corresponde à cet état ». La seule force de la France dans le monde reposait hier sur artistes et autres grands écrivains et non sur son économie. Les Congolais en sont capables. .
Je comprends pourquoi « ceux-d’ ici », des Congolais, ont livré Lumumba à la mort. L’erreur des gens comme Lumumba est de vivre un siècle avant leur peuple.
Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila
Mufoncol Tshiyoyo
Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC
RAP-en sigle, mouvement politico-militaire
004745007236 mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com
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RDC : dans le Nord-Kivu, trois jours de “ville morte” à Beni et combats à Kibumba
-Au Nord-Kivu, dans la partie est de la RDC, la société civile de Beni a décrété trois jours de “ville morte” , à partir de ce 25 mai, pour protester contre l’insécurité “très préoccupante” et l’”impuissance” des autorités congolaises à protéger les civiles. Une annonce qui intervient au moment où à Kibumba, localité à la frontière rwando-congolaise, la rébellion du M23 accuse les FARDC d’avoir attaqué ses positions.“Après un aperçu général, la situation est caractérisée par des tueries, viols, vols en main armés, des enlèvements sous l’œil impuissant des autorités tant politico-admnistratives que militaires”, a estiméTeddy Kataliko, président de la société civile de Beni, cité dans le document. En conséquence, selon le communiqué, la société civile de Beni a “[décidé] de décréter trois jours de journées ville morte à partir de ce samedi 25 mai”.
D’autre part, la société civile locale prévoit à partir de 27 mai la “suspension du paiement des taxes et impôts de caractère local, provincial et national jusqu’au rétablissement de la paix”.
Combats
Au même moment, à Kibumba, localité congolaise frontalière avec le Rwanda, dans le Nord-Kivu, les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) a affirmé, le 25 mai, que les éléments de l’armée régulière l’avait attaquée à l’aube en coalition avec la rébellion hutu rwandaise des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda).
“Les FARDC (armée congolaise) ensemble avec les FDLR ont attaqué la position du M23 dans la localité de Kibumba et Kanyamahoro. Nos forces ont repoussé l’ennemi”, a déclaré le porte-parole militaire du Mouvement du 23 mars (M23), le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, dans un communiqué. Selon lui, une partie des soldats congolais et des FDLR a été repoussée dans le parc des Virunga. Une autre partie de “ces assaillants a traversé la frontière pour aller au Rwanda”, a-t-il assuré, ajoutant qu’ils s’étaient retrouvés dans la localité de Ruhengeri.
Interrogée par l’AFP, l’armée congolaise a démenti les affirmations de la rébellion. “Les FARDC ne sont pas à Kibumba, c’est une zone entièrement sous contrôle du M23. Nous, nous sommes de notre côté”, a déclaré le colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée dans la province du Nord-Kivu. “Ils se sont peut-être battus entre eux ou avec d’autres groupes armés. (…) Depuis l’arrivée de Ban Ki-Moon, on n’a jamais combattu (avec le M23). Le front est calme”, a-t-il ajouté.
(Avec AFP)
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Sénégal : les imams approuvent la peine de mort
-Au moment où on parle de la ratification de la peine de mort au Sénégal, un groupe de députés membres de la coalition « Benno Book Yaakaar » (mouvance présidentielle) et la ligue des imams approuvent son instauration pour lutter contre le grand banditisme à Dakar, la capitale sénégalaise.(De notre correspondant)Le député Seydina Fall, de la coalition Benno Book Yaakaar, avait soutenu l’instauration de la peine de mort la semaine dernière dans la banlieue de Dakar, la capitale sénégalaise, où on note de plus en plus des cas de meurtre. Le député-imam Mbaye Niang, de la même coalition, précise qu’il y a la volonté de plusieurs députés de revenir sur beaucoup de lois, notamment celle abrogeant la peine de mort. Selon lui, cette volonté sera bientôt concrétisée par le dépôt d’une proposition de loi pour revenir sur la peine de mort, quand l’élaboration de l’exposé de motifs sera terminée avant le mois de juillet.
Les imams entrent dans la danse
Le président de la Ligue des imams Youssoupha Sarr s’est prononcé sur le débat pour le retour de la loi sur la peine de mort au Sénégal, que le député de la majorité Seydina Fall entend soumettre à l’Assemblée nationale. Sans surprise, la Ligue des imams par la voix de l’imam Youssoupha Sarr approuve une telle initiative. Mieux, ce dernier estime sur les ondes de Sud FM que la peine de mort doit être appliquée dans un pays qui se dit musulman. Se basant sur le Saint Coran en ses versets 178 et 179 de la Sourate 2 (Al Baqara, la Vache) et les écrits de l’imam Malick, l’école dont les musulmans Sénégalais se réfèrent, Youssoufa Sarr opte ainsi pour une loi sur la peine de mort surtout dans un pays en majorité musulman.
L’indignation de la société civile
Le représentant de la section Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama est monté au créneau pour dénoncer la proposition de certains députés membres de la coalition Benno Book Yaakaar qui veulent rétablir la peine de mort. « L’abolition de la peine de mort contribue à promouvoir la dignité humaine et le développement progressif des droits de l’homme. Il s’agit plutôt de renforcer l’architecture mise en place depuis la déclaration universelle des droits qui proclamait, haut et fort, l’universalité, l’égalité et l’indivisibilité de tous les droits », a-t-il rappelé.
En effet, pour le représentant d’Amnesty international, il est d’une politique démagogique que d’aller voir des gens endeuillés, pour leur promettre que quand quelqu’un tue, on le tue aussi. « Il faut lutter contre le chômage des jeunes, la baisse des denrées de premières nécessités et les inondations qui endeuillent chaque année cette partie de la capitale sénégalaise », a-t-il proposé.
Le Sénégal a aboli la peine de mort en 2004, même si la ratification tarde à se faire. Une rencontre de sensibilisation de deux jours, destinée aux parlementaires, autorités gouvernementales et à la société civile, s’est tenue à Dakar mais sans pouvoir dissuader les partisans de la peine mort.
Par AFRIK
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Afrique du Sud: Un film sur la vie de Mandela dans les salles en novembre
– Un film inspiré du récit autobiographique de l’icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, “Un long chemin vers la liberté”, va sortir dans les salles en novembre, ont annoncé ses producteurs lundi en Afrique du Sud.Le biopic retrace les mémoires du grand leader sud-africain dans lesquelles il raconte son enfance, sa carrière, ses luttes, ses années de prison, et sa libération qui l’ont conduit à son élection à la présidence, la première d’un Noir dans l’Afrique du Sud post-apartheid.
Mandela a commencé à rédiger ses mémoires en 1974 au pénitencier de Robben Island, et a fini de les écrire après sa libération, en 1990, après vingt-sept années de détention. Son destin était étroitement lié avec le sort d’une nation entière et le combat d’un peuple.
C’est l’acteur britannique, Idris Elba, qui incarne à l’écran Nelson Mandela, une des personnalités les plus respectées au monde.
“Nous sommes honorés d’avoir obtenu l’autorisation de Madiba pour porter à l’écran la fascinante histoire de sa vie”, a déclaré le producteur du biopic Anant Singh dans un communiqué.
Ce producteur a ajouté avoir été ravi lorsque Mandela a regardé certaines images d’Elba, en demandant “c’est moi, là?”.
“Cette reconnaissance et cette affirmation de Madiba est extrêmement valorisante et on se dit que cette expérience a valu le coup”, a ajouté le producteur.
“Un long chemin vers la liberté” a été publié en 1994 et a été traduit dans de nombreuses langues. Singh a obtenu les droits pour faire le film en 1996.
Le livre dont s’inspire le biopioc raconte comment à travers ses années de clandestinité, de lutte armée et d’emprisonnement, la vie de Mandela s’est confondue avec son combat pour la liberté en Afrique du Sud verrouillé par quarante ans d’apartheid.
Le film, dans lequel plusieurs acteurs sud-africains ont décroché des rôles, a été tourné dans différents points au Cap oriental, la province où est né Mandela, à Johannesburg et au Cap.
Les producteurs ont indiqué qu’il s’agissait de l’unique film qui avait obtenu l’accord de Mandela et de la Fondation Nelson Mandela, le centre qui oeuvre pour faire perdurer sa vision.
Le parcours historique de Mandela a déjà inspiré de nombreux films et documentaires.
Nelson Mandela, qui n’est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football –organisée en Afrique du Sud– en 2010, vit complètement retiré de la vie politique.
Les dernières images diffusées de lui remontent à août 2012, quand la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton était allée lui rendre visite dans son village de Qunu (sud).
Il se remet actuellement dans sa maison de Johannesburg après plusieurs hospitalisations pour des infections des voies respiratoires.
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La Dot chez les Luba du Kasaï
- 1. La signification de la Dot
La Dot comporte la signification suivante :
1) L’officialisation, la légalisation, l’acceptation, la reconnaissance, la légitimation et l’intégration du lien du mariage
Un lien, une cohabitation entre un jeune homme et une jeune fille est considéré comme une prostitution, un lien « libre », individuel, anarchique, mauvais, non intégré, non accepté dans les deux familles ni dans la société et non reconnu par les deux familles, le clan et la société ni par la loi coutumière s’il n’est pas précédé par la Dot.
La fille est considérée comme une étrangère, une intruse, une prostituée et traitée avec mépris par la famille du jeune homme. Et le jeune homme est considéré comme un voleur, un usurpateur par la famille et le clan de la jeune fille et son clan tout entier.
Les enfants nés d’un tel lien sont considérés comme le fruit de la prostitution et appartiennent à la famille de la jeune fille. Le jeune homme et sa famille n’ont aucun droit sur ces enfants.
C’est par la Dot que s’effectuent l’officialisation, la légalisation, la reconnaissance, la légitimation et l’intégration du lien du mariage au sein de deux familles concernées, du clan et de la société.
Les enfants deviennent alors les membres de la famille de la lignée paternelle.
2) La solidité et la stabilité du foyer : la Dot solidifie et stabilise le mariage et elle est une source de solidarité au sein d’une famille et d’un clan :
– Celui à qui la Dot est destinée habite souvent au village ou loin : il n’est donc pas facile de rembourser la dot en cas de rupture du mariage.
– La Dot est une source de solidarité dans une famille : elle aide souvent l’un des membres de la famille de la fille à se marier : une fille qui se marie part de sa famille pour appartenir désormais à la famille de son mari. Mais elle fait entrer une autre fille dans sa famille d’origine et la fait ainsi grandir. Dans ce cas aussi, il n’est pas facile de rembourser la Dot en cas de rupture du mariage d’où la première Dot était issue.
Dans les deux cas donc, la fille doit beaucoup réfléchir avant de s’engager dans un mariage.
3) La Dot scelle les liens de famille entre les mariés et entre les deux familles et les deux clans et inaugure les liens de respect mutuel.
Une fille qui cohabite avec un homme sans que cet homme ne soit venu verser la Dot pour elle dans sa famille est une source de honte pour ses parents et elle fait l’objet de mépris et de moquerie dans toute la famille et tout le clan.
Les enfants nés d’un lien sont méprisés et déconsidérés sont souvent l’objet de moquerie et d’injure : ils sont considérés comme le fruit de la prostitution.
Dans ce cas aussi, une fille luba ne peut pas rompre facilement son mariage ni accepter d’affronter quotidiennement l’opprobre et vivre en concubinage avec un homme qui n’est pas venu se présenter dans sa famille et verser la Dot pour elle. Elle se place elle-même, place ses parents, sa famille et ses enfants dans une situation très inconfortable et jamais traditionnellement ni coutumièrement souhaitée.
4) La Dot relie les Vivants et les Ancêtres
La Dot permet aux Ancêtres à reconnaître ce lien de mariage, à venir y habiter au milieu des époux, à en être fier, à le bénir, à en être les boucliers, à le préserver, à le sauvegarder, à le protéger, à l’accompagner de tous leurs meilleurs souhaits de bonne santé et de bonheur et à y intervenir pour faire obstacle aux mauvais esprits et aux esprits malveillants désireux de jeter un mauvais sort sur le mariage et sur les époux.
Le mariage n’est pas dans la rubrique des contrats. Il est un don de soi, un engagement qui implique les mariés, les familles et les clans ainsi que les Ancêtres et assure la continuité, la survie et le progrès de la famille, du clan et de la tribu.
- 2. La procédure :
1) Présentation :
a) Rencontres discrètes entre les deux intéressés
Le jeune homme et la jeune fille se rencontrent d’abord en toute discrétion et se parlent de leur intention de se marier. L’initiative de cette intention et des rencontres viennent du jeune homme et non l’inverse.
b) Informations portées au niveau des parents
Si l’acceptation mutuelle est conclue entre eux deux, les deux en parlent à leurs familles respectives.
c) Prospections discrètes
Chaque famille procède par une prospection discrète sur l’éducation et l’état civil du prétendant et de la prétendante.
Cette prospection peut aller jusqu’à des invitations discrètes adressées par le jeune homme, en accord avec ses parents, à la jeune fille à participer à certains événements organisés dans la famille du jeune homme (fêtes d’anniversaire…). La jeune fille tient ses parents informés de ces invitations et de ces déplacements. Après ces événements, la jeune fille ne passe jamais la nuit dans la famille du jeune homme et tout le monde veille à la ramener immédiatement, pendant qu’il fait encore jour, chez ses parents ou ses tuteurs.
Le jeune homme est aussi invité de la même façon dans la famille de la jeune fille.
d) Annonce officielle
La fille annonce à ses parents ou à ses tuteurs qu’un tel jeune homme l’a abordée et lui a fait part de son intention de l’épouser ; qu’elle est d’accord et qu’elle lui a demandé de venir se présenter officiellement dans sa famille.
Les parents annoncent à la jeune fille la date qui leur convient. Et la jeune fille transmet le message à son futur époux.
e) Présentation officielle du prétendant
Le jeune homme vient, accompagné de deux ou trois de ses amis et d’un des membres de sa famille. Ils sont accueillis par le père ou le tuteur de la jeune fille. On leur sert à boire. Le beau-père leur demande alors qui ils sont et pourquoi ils sont venus.
Le jeune homme entouré de ceux qui l’accompagnent prend la parole se présente (sa famille, ses études, son lieu de résidence) ; présente les personnes qui l’accompagnent et annonce officiellement au beau futur beau-père son intention de venir naître dans sa famille en épousant sa fille telle. La fille est dans sa chambre et ne participe ni à l’accueil ni aux premiers moments de l’entretien.
Le beau – père demande à l’intéressé si sa famille est au courant de sa démarche ou si cette démarche individuelle.
Si le prétendant répond oui, le beau-père appelle alors sa fille et lui demande si elle connaît les personnes venues et si elle sait pourquoi ces personnes sont venues. Il demande à sa fille si elle est d’accord. Si la fille dit oui, alors elle prend part à la suite de l’entretien ; le père appelle la belle-mère et lui parle de l’entretien ; la belle-mère entend le oui de deux intéressés ; puis elle s’efface pour aller à apprêter les mets à la cuisine.
Le beau-père est en train d’approfondir avec les concernés le sujet, les autres sujets… Et on sert à manger.
Le prétendant et tous ceux qui l’accompagnent restent quelque moment après le repas, puis ils annoncent leur intention de partir. C’est alors qu’ils se conviennent avec le beau-père sur le jour de la présentation officielle pour les deux familles.
Le beau-père annonce aux intéressés qu’il leur fera part du contenu de la dot après avoir contacté les autres membres de la famille, et surtout celui à qui la dot est destinée.
f) Communication du contenu de la Dot
Et dans un avenir très proche, le beau-père appelle l’intéressé, ses parents ou ses tuteurs pour une rencontre discrète afin de leur faire part du contenu de la Dot.
Et ensemble ils se conviennent sur le jour de la Cérémonie.
La Cérémonie de la remise de la Dot se déroule dans la famille de la belle-famille. (Au Domicile du beau-père).
Le jour de la Cérémonie, les deux familles réunies ont leurs porte-paroles. Les présentations usuelles de deux familles sont faites et les questions habituelles d’amour et d’engagement sont posées aux deux prétendants.
Tout ce qui vient de la belle-famille passe par le père du prétendant. Celui-ci en signe d’engagement le donne au porte-parole de la sa famille. Le porte-parole de sa famille le donne à son tour au porte-parole de la famille de la fille. Cette dernière s’avance vers son père, le lui tend et le prie humblement d’accepter. Le père avant de l’accepter s’adresse publiquement et solennellement à sa fille en lui demandant si elle est pleinement consciente de ce qui est en train de se dérouler et lui rappelle qu’à ce moment précis elle est en train de s’engager elle-même définitivement et d’engager la responsabilité et l’honneur de toute la famille, de tout le clan et tous les Ancêtres. Si la fille répond qu’elle en est consciente et qu’elle tiendra définitivement à cet engagement, alors le père accepte ce qu’elle lui tend.
Toute l’assistance applaudit.
- 3. Le contenu de la dot :
1) Une somme d’argent déterminée par le destinataire de la Dot.
2) La chèvre des Ancêtres appelée « Mbuji Wa Bakishi » : Elle est offerte aux Ancêtres de la Lignée paternelle de la fille pour que ceux-ci daignent reconnaître ce mariage, venir s’y installer le bénir, le protéger et l’accompagner de leur bienveillance et sollicitude. Cette Chèvre est mangée par le beau-père avec les autres membres de la lignée paternelle.
3) La chèvre pour la belle-mère appelée « La chèvre du sein » : c’est une chèvre offerte par le jeune marié à sa belle-mère pour avoir nourri de son sein sa fille et l’avoir fait grandir et l’avoir bien éduquée. Dans un mariage, la belle-mère est non seulement honorée, elle est même considérée comme la personne centrale et le ciment d’un mariage : elle ne peut en aucun cas être insultée par le beau-fils : « Muntu yonso kena ne Mfumuende, kadi Mfumuende M-Muku wende » (Vous pouvez vous considérer comme étant au-dessus de tout le monde et même manquer de respect envers tout le monde, mais jamais envers votre belle-mère). Un écart de langage, des propos irrespectueux, une insulte faite par le beau-fils contre la belle- mère lors de leurs disputes internes entre époux est la caractéristique extrême d’une mauvaise éducation qu’il a eue et est très souvent la signature immédiate du divorce. La belle-mère mange cette chèvre avec les autres femmes de sa famille et avec ses amies.
4) La chèvre de la virginité est exigée dans certains clans des Luba : si la fille est vierge jusqu’au mariage. C’est une chèvre destinée à honorer la fille et la belle-mère pour la bonne éducation. C’est la belle-mère qui la mange avec les femmes de sa famille et avec ses amies.
5) L’habillement de la belle-mère : de la tête jusqu’aux pieds (mouchoir de tête, pagne, souliers, bijoux, sac à main…). Souvent le beau-fils offre au-delà de ce qui est demandé pour montrer son amour et sa reconnaissance envers la belle-mère.
6) L’habillement du beau-père : chapeau, costume, chemise, cravate, souliers, montre… Souvent aussi, le beau-fils peut ajouter plus.
7) Les autres exigences venant de la personne à qui la Dot est destinée : habillements…
8) La belle-famille peut accessoirement amener les boissons, les mets…
9) Le porte-parole de la belle-famille rappelle au prétendant et à sa famille que la Dot dure toute la vie : « Ku Buku nku Diala »… La belle-famille est comparée à un champ qui entoure le foyer. Quand on a quelque chose et on mange, on y envoie ce qui reste. Chaque fois quand on a un surplus, on songe à la belle-belle, on partage avec elle, on y envoie un colis, un paquet…
- 4. Les conséquences de la Dot
Le mariage coutumier est scellé. Les deux mariés s’embrassent devant l’Assistance de leurs deux Familles. La fille quitte sa chaise qui était jusque-là du côté de sa famille et va s’asseoir sur une chaise aux côtés de son mari dans le camp de la belle-famille.
La famille du jeune marié a le droit de réclamer, séance tenante, par la bouche de son porte-parole, le départ de la fille avec eux à la fin de la Cérémonie. La famille de la fille se met à négocier : elle demande à la famille du jeune marié la grâce d’accepter l’organisation de la Cérémonie religieuse – si les deux familles sont des croyants – et de rassembler les approvisionnements nécessaires (« Kupaya Muana Wa Bakaji ne Kuya kumushindikija kua Bayenda ») et de désigner les personnes qui devront accompagner la fille chez son mari.
- 5. Les cas où la Dot n’est pas remboursable s’il y a le divorce :
– Si la décision du divorce vient du mari alors que sa femme n’a pas commis une faute qui exige le divorce ;
– Si le mari a commis une faute qui exige le divorce alors que sa femme a été correcte et irréprochable ;
– Si la femme a donné naissance aux enfants, sa famille ne rembourse pas la Dot en cas de divorce.
Fait le 26 Mai 2013.
Dr François Tshipamba Mpuila
E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr
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Tournoi de Toulon: la RDC débute face à la France

Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard -Le tournoi de Toulon (France), réservé aux joueurs de moins de 21 ans, débute mardi 28 mai et se clôturera le 8 juin. La RDC évoluera dans le groupe A aux côtés de la France, de la Colombie, de la Corée du Sud et des Etats-Unis d’Amérique. Les Congolais entrent en lice le jeudi 30 mai contre les Français. Seuls deux joueurs sur les six évoluant au pays retenus pour cette compétition vont voyager lundi 27 mai pour rejoindre Sébastien Migne, sélectionneur des Léopards U-21, et le reste du groupe à Toulon. Il s’agit de Herve Ndonga et Merveille Bope du TP. Mazembe qui ont obtenu leurs visas.
La maison Shengen à Kinshasa a refusé d’octroyer les visas aux quatre joueurs de V.club de Kinshasa (Lema Mabidi, Luvumbu Nzinga, Kasereka Thierry et Mubele Ndombe) et à quelques membres du staff technique, Pamphile Mihayo, un des entraîneurs adjoints de Mazembe, Joseph Mukeba, manager entraîneur, ainsi que de Theobald Binamungu, vice-président de la Fecofa.
Le groupe B de ce tournoi international est composé du Mexique, du Nigeria, de la Belgique et du Portugal.
Seules les deux meilleures équipes de chaque groupe seront qualifiées pour les demi-finales.
La Côte d’Ivoire est le seul pays africain à avoir remporté ce trophée en 2010.
Le calendrier de matches de la RDC:
- 30 mai: France – RDC au stade des Costières à Nîmes
- 1er juin: RDC – Etats Unis au stade du Ray à Nice
- 3 juin : RDC – Corée au Parc des Sports d’Avignon
- 5 juin : Colombie – RDC au stade Louis Hon de Saint Raphaël
Radio Okapi
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Accusé d’ingérence et de génocide en RDC, Kagame affirme “dormir très bien”!

Paul Kagame du Rwanda -Accusations d’ingérence dans l’est du Congo et de soutien du mouvement rebelle M23, suspension de l’aide internationale, critiques d’un régime politiquement verrouillé et accusations d’autoritarisme de la part d’opposants en exil… Le président rwandais Paul Kagame a livré au magazine Jeune Afrique une interview sans tabous où tous ces sujets ont été abordés. En voici les extraits les plus marquants.
La question la plus brûlante du moment concernant le Rwanda, et plus précisément Paul Kagame, chef de l’Etat rwandais depuis plus 13 ans, est évidemment celle de l’ingérence dans l’Est du Congo.
Si la question empoisonne les relations entre les deux pays depuis longtemps, et singulièrement depuis le milieu des années 90, les critiques se sont multipliées ces derniers temps suite aux actions de la rébellion du M23, soupçonnée d’être soutenue par Kigali.
Brigade d’intervention ONU dans l’Est du Congo: “C’est tout simplement ridicule“
Ladite question est posée sans ambages au président Kagame dans une interview publiée par Jeune Afrique: “Comment expliquez-vous que très peu de gens vous croient lorsque vous démentez toute interférence en RD Congo?“.
La réponse du leader du FPR (Front Patriotique rwandais) renvoie une rafale de questions à l’envoyeur: “Pourquoi a-t-on décidé de ne pas nous croire, alors que tout le monde s’accorde à reconnaître que les problèmes du Congo sont des problèmes fondamentalement congolais? Qu’ils touchent à la gouvernance, à la citoyenneté, à l’identité de ce pays? Pourquoi aussi peu de gens nous croient, alors que chacun se rend compte que la mission des Nations unies (…) ne sert manifestement à rien ? Pourquoi, depuis des années, la perception du Rwanda se base-t-elle non sur des faits vérifiés mais sur des communiqués de presse mensongers qui émanent d’ONG ou d’associations manipulées et qui sont complaisamment repris par les médias occidentaux ?“, interroge notamment Paul Kagame.
“Reconnaissez pourtant qu’il est difficile de croire que les rebelles du M23 ne sont pas proches de vous…“, relance un peu plus tard le journaliste François Soudan.
“Difficile pour qui ?“, réplique Paul Kagame. “Pour ceux qui ont décidé d’ignorer les faits, de publier des rapports biaisés et de ne pas nous écouter. Le M23 n’est pas mon affaire, c’est l’affaire du gouvernement congolais. Et puis, pourquoi cette obsession du M23? Il y a beaucoup d’autres groupes rebelles au Congo qui, apparemment, n’intéressent personne“.
D’ailleurs, selon cet ancien chef militaire, l’envoi d’une force panafricaine forte de 3000 hommes, sous un mandat renforcé et sous l’égide de l’ONU pour mettre fin aux rébellions dans l’Est du Congo, est tout simplement “ridicule”. “(…) je sais à l’avance que cela ne résoudra rien. La solution doit être politique, parce que le problème est politique. En quoi une brigade d’intervention équipée de drones de surveillance est-elle un remède au déficit de gouvernance, d’infrastructures, d’institutions et d’administration dont sont victimes les populations? Ce n’est ni le bon diagnostic ni le bon médicament. C’est tout simplement ridicule“, juge-t-il.
Liens entre politique et business: “En Europe, les candidats mendient auprès des contributeurs. Est-ce raisonnable?”
Autre sujet qui fâche du côté de Kigali, la dénonciation de la mainmise du parti au pouvoir, le FPR, sur l’économie du pays.
“Les fonds d’investissement (du FPR) pèsent plusieurs centaines de millions de dollars. Est-il sain qu’un mouvement politique soit à ce point impliqué dans les affaires?“, questionne le journaliste de Jeune Afrique.
“La dernière élection américaine a coûté 2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros), récoltés auprès de donateurs privés, au point que les cyniques affirment que le vainqueur a été celui qui a réuni le plus d’argent. Est-ce sain?“, rétorque son interlocuteur. “En Europe, partis et candidats doivent souvent mendier auprès des contributeurs pour survivre. Est-ce raisonnable? Êtes-vous sûr que ce système ne suscite ni obligation ni dépendance, contraires à la transparence et à la démocratie? Le problème des rapports entre l’argent et la politique n’est pas soluble dans les idées simples, et notre histoire, au FPR, est singulière. Dès le premier jour de notre lutte de libération, nous avons considéré comme cruciale notre indépendance financière“, explique-t-il.
“Si vous voulez tout savoir, je dors très bien la nuit“
“Vous avez déclaré que tous vos opposants en exil pouvaient rentrer au Rwanda. Pensez-vous réellement que Faustin Twagiramungu, Paul Rusesabagina, Emmanuel Habyarimana et d’autres, qui vous qualifient de dictateur, ne risquent pas d’être poursuivis en justice à leur arrivée à Kigali?“, a encore interrogé le magazine Jeune Afrique.
“J’ai effectivement dit qu’ils pouvaient revenir et que les conditions étaient réunies pour cela. La suite les concerne, eux et la justice rwandaise”. Autrement dit, ces exilés n’ont aucune garantie sur leur sécurité juridique en cas de retour au pays (…) Je ne vois pas sur quelles bases juridiques fonder leur immunité, encore moins leur impunité“. Autrement dit, ces exilés sont libres de revenir mais seraient alors probablement inculpés et traduits devant les tribunaux, à l’instar de Victoire Ingabire.
Est-il à tout le moins prêt à “négocier avec eux“, lui demande alors le journaliste. “Négocier quoi?“, balaie l’interviewé. “Ce qu’ils veulent tient en un mot : le pouvoir. Je ne le leur donnerai pas, en tout cas pas en dehors des voies légales prévues pour y parvenir. Il n’y a rien à négocier“.
Après avoir passé en revue la plupart des dossiers chauds liés au régime rwandais et à son président en particulier, ce dernier conclut sereinement: “Cela ne m’empêche pas de vivre et ne changera rien à l’heure de ma mort. Si vous voulez tout savoir, je dors très bien la nuit“.


