Tag: A la Une

  • Pourquoi l’opposition congolaise se désintéresse-t-elle des concertations nationales ?

    Pourquoi l’opposition congolaise se désintéresse-t-elle des concertations nationales ?

    opposition congolaise-Le “per diem”, ou indemnisation journalière, des participants aux concertations nationales a été revu à la baisse par le gouvernement d’Augustin Matata Ponyo. L’on a également constaté un taux d’absentéisme élevé à ces Assises. Mais l’opposition, la principale accusée, donne d’autres raisons pour ce désintéressement subit aux travaux. Initialement, le per diem, le jeton de présence, des participants aux concertations nationales était fixé à 420 dollars, mais il a été ramené à 50 dollars par jour. Le gouvernement congolais a en effet décidé de prendre en charge uniquement la restauration et l’hébergement dans les hôtels. Du coup, les rangs des participants aux travaux se sont clairsemés. Et c’est du côté de l’opposition que les absences semblent les plus nombreuses. Mais les animateurs de l’opposition eux-mêmes, attribuent ce désintéressement à autre chose. Pour le député de l’opposition Lisanga Bonganga, si l’opposition semble se désintéresser de ces concertations, c’est parce qu’elle a l’impression de travailler gratuitement. « Nous sommes venus presque pour faire le bénévolat, l’apostolat… », s’est-il plaint. Selon Lisanga Bonganga, l’autre inquiétude qui empêche les opposants de participer normalement aux travaux, ce sont les promesses non tenues par le gouvernement. « La délégation de l’opposition s’interroge ! Depuis que nous sommes là, rien de tout ce qui nous a été promis par la majorité et surtout par Monsieur Kabila ne s’est réalisé », a expliqué Monsieur Lisanga Bonganga. Cinq jours supplémentaires ont été ajoutés aux concertateurs, pour faire atterrir en douceur les assises appelées à créer la cohésion entre Congolais.

  • “Concertations nationales”, prolongation jusqu’au 28 septembre

    “Concertations nationales”, prolongation jusqu’au 28 septembre

    Concertations- photos 1 – Les “concertations nationales” destinées à sortir la République démocratique du Congo (RDC) de la crise politique, sociale et sécuritaire qu’elle traverse ont été prolongées avec l’objectif d’être terminées pour le 28 septembre, a-t-on appris samedi auprès des organisateurs. “Nous n’irons pas au-delà du 28. La semaine prochaine, avant samedi nous aurons terminé”, a déclaré à l’AFP un membre de la cellule de communication du secrétariat technique chargé de l’organisation de ces rencontres, auxquelles participent près de 900 délégués à Kinshasa.

    Ces “concertations nationales” avaient été ouvertes officiellement le 7 septembre par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin contesté. Censées dégager un “consensus national” sur un certain nombre de sujets engageant l’avenir du pays, elles sont boycottées par la majeure partie de l’opposition.

    Aux termes du règlement intérieur, elles devaient durer 15 jours, soit jusqu’à dimanche, mais pouvaient être prolongées de cinq.

    “Tout est mis en oeuvre pour que cela se termine dans les délais” impartis, a-t-on ajouté au secrétariat technique, “tous les groupes thématiques auront remis leur rapport au présidium à la fin du week-end”, au plus tard lundi.

    Les débats ont été ordonnés selon cinq Etats généraux: gouvernance et réforme des institutions, économie, désarmement et démobilisation des groupes armés, conflits communautaires, paix et réconciliation, et décentralisation et renforcement de l’autorité de l’Etat. Y participent délégués de la majorité, d’une petite partie de l’opposition et de la société civile, ainsi que des experts intervenant au nom de ces divers groupes.

    Formé du président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku et du président du Sénat Léon Kengo wa Dondo, le présidium aura pour tâche ces jours-ci de faire la synthèse des résultats de ces cinq groupes de travail, pour en tirer une série de recommandations à adresser au chef de l’Etat, après validation en assemblée plénière. Le secrétariat technique a évoqué la date du 28 septembre pour la remise du document à M. Kabila, qui devrait alors être rentré de New York où il doit participer à l’assemblée générale des Nations unies.

    La RDC est extrêmement riche en ressources naturelles (minerais, pétrole, gaz, bois), mais près de 90% de ses 68 millions d’habitants vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Grand comme l’Europe occidentale, le pays est rongé par des dizaines de groupes armés en activité et est dernier au classement de l’indice du développement humain de l’ONU.

    AFP

  • FARDC reprend quatre villages à des rebelles rwandais

    FARDC reprend quatre villages à des rebelles rwandais

    FARDC-POSITION1 – Kinshasa a annoncé samedi que son armée avait repris quatre villages de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) aux rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). “A la faveur d’une vaste opération de restauration de l’autorité de l’Etat dans la région de Lubero”, dans la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda, “le déploiement des unités du 1003e régiment des Forces armées de la RDC (FARDC) a récupéré des villages longtemps occupés par les rebelles” des FDLR, indique un communiqué du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

    Le texte ajoute que quatre villages, Lusuli, Vuvati, Buhenge et Kataro, sont repassés ainsi sous le contrôle des troupes gouvernementales.

    Selon la radio Okapi, parrainée par les Nations unies, ces villages ont été repris “progressivement et sans combat”, les rebelles ayant quitté ces localités qu’ils occupaient depuis plusieurs mois à mesure que les FARDC se déployaient dans la région.

    Les FDLR sont composées de Rwandais hutu réfugiés en RDC (alors le Zaïre) après le génocide rwandais de 1994 et qui veulent mettre à bas le régime tutsi au pouvoir à Kigali depuis lors. Nombre de ses membres sont accusés d’avoir pris une part active au génocide.

    L’annonce de la reprise des quatre villages a eu lieu alors que le gouvernement de Kinshasa négocie à Kampala (Ouganda) avec les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), que l’armée combat depuis mai 2012 dans le Nord-Kivu. Cette milice est née au départ de la mutinerie d’anciens rebelles réintégrés dans l’armée en 2009 et qui défendent les droits des Tutsis congolais.

    Leur chef, Bertrand Bisimwa, avait déclaré à l’AFP le 8 septembre que son mouvement était prêt à déposer les armes à condition, entre autres, que les combattants des FDLR “soient neutralisés”. “Nous ne les voulons plus sur notre territoire”, avait-il déclaré à propos de ces miliciens accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en RDC.

    Le M23 accuse régulièrement les FARDC de s’appuyer sur les FDLR pour le combattre. Depuis des années également, le régime de Paul Kagame au Rwanda, dénonce le soutien de Kinshasa au FDLR.

    Pour M. Mende, la reprise des quatre villages de Lubero “est un démenti” à ces allégations.

    AFP

  • Le rôle de l’ONU remis en cause

    Le rôle de l’ONU remis en cause

    Martin Kobler-La mission de l’Onu en République démocratique du Congo (Monusco) doit repenser sa stratégie afin de mieux protéger les populations civiles car son action actuelle n’a que peu d’effets, estime un document interne sur l’action menée par cette force de maintien de la paix. Lancée il y a 13 ans, la Monusco principalement composée de soldats sud-africains, tanzaniens et malawis est la plus importante mission en exercice des Nations unies avec quelque 18.500 hommes et un budget annuel de 1,5 milliard de dollars. Son inaction lorsque des rebelles congolais ont pris en novembre le contrôle de la ville de Goma, capitale régionale du Nord-Kivu dans l’est de la RDC, lui a valu de nombreuses critiques. Une nouvelle brigade internationale a été constituée en mars avec pour mission de désarmer les groupes d’insurgés dans les provines orientales du pays. Depuis les casques bleus ont contribué à chasser les rebelles de Goma après d’intenses combats. Selon le rapport, les sites sur lesquels est implantée la Monusco sont mal situés et ne lui permettent pas d’accomplir des missions au-delà de simples patrouilles de proximité, ni de protéger les populations civiles. “La protection par la présence est inefficace. La Monusco donne un faux sentiment de sécurité et entretient l’illusion d’une protection par une présence statique et un emploi important de ressources qui ont peu d’effets durables, estime le rapport. Le texte appelle les soldats engagés dans cette force à reprendre l’initiative sur le terrain et à se montrer digne de l’engagement militaire qu’ils ont pris. Le rapport appelle la Monusco à repenser ses missions et à “orienter ses forces pour déjouer les menaces naissantes”.

    Le but ultime des Casques bleus déployés en République démocratique du Congo (RDC) est d’empêcher la moindre exaction de groupes armés contre des civils, a déclaré mercredi le porte-parole de la mission locale de maintien de la paix de l’ONU. Le but ultime est de prévenir, d’interdire toute forme d’exaction sur les populations civiles, a affirmé, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le lieutenant-colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC. Il répondait à un journaliste congolais ayant fait remarquer que le bilan des opérations des Casques bleus en RDC était toujours négatif.

    Présente dans le pays depuis 1999, la Monusco est la plus grosse opération de maintien de la paix de l’ONU au monde. Elle est régulièrement critiquée par la population congolaise pour la faiblesse de ses résultats, surtout depuis l’occupation pendant quelques jours en novembre de la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, par le M23.

    CameroonVoice

  • Kinshasa exclut toute participation des représentants de groupes armés aux “concertations nationales”

    Kinshasa exclut toute participation des représentants de groupes armés aux “concertations nationales”

    Point de Presse du Ministre Lambert Mende sur la suation actuelle de la guerre dans l’Est de la RDC et l’agreesion du Rwanda– Kinshasa a exclu jeudi que des représentants de groupes armés en activité puissent participer aux “concertations nationales” qui se tiennent actuellement dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). “Le gouvernement est favorable à la participation de représentants d’anciens groupes armés, c’est-à-dire de groupes qui ont cessé de tuer […] de groupes composés de repentis”, a déclaré le ministre de la Communication congolais, Lambert Mende, lors d’une conférence de presse à Kinshasa. “Les membres des groupes armés (actifs) savent donc ainsi à quoi s’en tenir” et “c’est dans l’intérêt supérieur de la nation […] que le gouvernement […] estime nécessaire de tracer une ligne rouge à cet égard, une ligne rouge que nous ne devrions plus jamais franchir”, a ajouté M. Mende, porte-parole du gouvernement. Permettre aux groupes armés de s’exprimer dans un cénacle comme celui des concertations nationales qui se sont ouvertes le 7 septembre, ce serait répéter une “erreur fatale maintes fois réitérée qui a conduit à l’impasse actuelle où nous nous débattons”, a ajouté M. Mende, faisant référence aux rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23). Cette guérilla, qui contrôle une zone d’environ 700 km2 dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est du pays, est née de la désertion d’anciens rebelles, essentiellement tutsi, qui avaient été réintégrés dans l’armée à la suite d’un accord de paix conclu en 2009. “Les concertations nationales sont un lieu de rassemblement contre l’agression et la balkanisation du pays. Elles ne doivent pas se transformer en un exercice de sacralisation des crimes et de l’impunité”, a encore dit M. Mende. Quelque 800 délégués participent à ces assises dont le but est de sortir la RDC de la triple crise – politique, sociale et sécuritaire – qu’elle traverse, mais les rencontres sont boycottées par la majeure partie de l’opposition. La poursuite du débat du groupe de travail sur le désarmement et la démobilisation des dizaines de milices qui sévissent encore, principalement dans la moitié est du pays, est menacée de blocage depuis quelques jours du fait de délégués de l’opposition qui conditionnent la suite de leur participation à l’inclusion de représentants de groupes armés.

    AFP

  • La diaspora africaine, une des clés du développement

    La diaspora africaine, une des clés du développement

    diaspora-afrique-De l’Amérique latine à l’Europe, la diaspora africaine peut être une des clés du développement pour les communautés noires, un message lancé par des dirigeants et des universitaires de couleur venus du monde entier, à l’occasion d’un sommet en Colombie.

    Le “Sommet mondial des maires et dirigeants africains et de descendance africaine”, ouvert la semaine dernière à Cali (sud-ouest), a insisté sur la nécessité de promouvoir l’éducation, ainsi que le développement d’échanges commerciaux et l’accès à l’aide internationale.

    “Le défi pour la diaspora africaine, cette combinaison de communautés très anciennes qui sont sorties du continent comme esclaves et d’autres plus récemment, c’est de pouvoir aider au développement de l’Afrique”, a expliqué à l’AFP Kim Butler, professeur d’histoire à l’université américaine de Rutgers.

    Selon cette spécialiste, la coopération passe évidemment par les “remesas”, ou envois d’argent par les travailleurs expatriés, mais aussi par “des formes plus originales et efficaces”, comme un lobbying en faveur de l’Afrique depuis leur pays de résidence.

    Le représentant de l’Unesco, Ali Mousse, a souligné que la présence d’une “diaspora forte” en Amérique latine, notamment au Brésil ou en Colombie, peut être utile afin de développer des “relations directes avec l’Afrique, sans l?intermédiaire des grandes puissances”.

    Hôte de la 3e édition de ce sommet, qui s’était auparavant tenu au Nigeria et au Sénégal, la Colombie, 47 millions d’habitants, constitue après le Brésil le second pays d’Amérique latine comptant la plus forte communauté d’origine africaine, soit plus de 20% de la population.

    “La diaspora est clé pour aider l’Afrique a établir des relations à l’ère du post-colonialisme”, a insisté M. Mousse, responsable des politiques et des échanges culturels à l’Unesco.

    La première ministre noire d’Italie en vedette

    “Toute relation avec l’Afrique reflète notre identité. C’est pourquoi le soutien de chaque personne d’ascendance africaine au développement vient de qu’elle souhaite assumer son identité”, ajoute Mme Butler.

    Pour elle, “cela n’est possible que si le fait d’être noir est perçu plus comme un signe de survie dans l’adversité et moins comme un synonyme d’esclavage et de souffrance”.

    En guise de symbole, le sommet s’achèvera à Carthagène, l’ancien port des Caraïbes où s’effectuait la traite des esclaves à l’époque coloniale. Le révérend et activiste américain Jesse Jakson y est attendu pour la clôture.

    L’an dernier, Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, s’était rendu dans cette ville très touristique, où il avait participé avec le chef de l’Etat colombien Juan Manuel Santos à la remise de titres de propriété à des descendants d’esclaves.

    Les participants au sommet ont tenté d’exalter les valeurs africaines à l’image de Thabo Mbeki, qui a présidé l’Afrique du sud entre 1999 et 2008, succédant au héros de la lutte contre l’apartheid Nelson Mandela.

    Ou encore la première ministre noire de l’histoire italienne, Cécile Kyenge, qui a affiché sa combativité. Cible de multiples actes racistes depuis sa nomination au ministère de l’Immigration, cette ophtalmologiste de 48 ans, originaire de l’ex-Zaïre, a assuré qu’il était possible de “changer cette culture” en Italie, qu’elle assimile à un “manque de mémoire”.

    “Je dois être forte (. . . ) afin d’apporter des solutions aux immigrés qui décident de rester en Italie et pour faire comprendre aux Italiens que l’immigration et la diversité sont de bonnes choses pour un pays, pour sa politique, pour son économie”, avait-elle déclaré dans un entretien à l’AFP en marge du sommet, où elle a été accueillie en vedette.

    Délégué des Nations unies, Djbril Diallo a affirmé que le succès du sommet était d’avoir “contribué à renforcer les liens entre l’Afrique et les descendants” de ce continent.

    Oscar Gamboa, directeur du “programme africain” au sein de la présidence colombienne, veut croire que la création d’un “réseau mondial de dirigeants” pourra “promouvoir le développement économique des peuples africains ou d’origine africaines”.

    M. Gamboa a aussi salué les réunions d’affaires, tenues en marge du sommet, entre entrepreneurs de couleur. En huit heures de travail ont été enregistrées des transactions commerciales pour 3,8 milliards de pesos (environ 2 millions de dollars), s’est-il félicité.

    Jeuneafrique
  • Les “lignes rouges” infranchissables de Kampala

    Les “lignes rouges” infranchissables de Kampala

    Reunion a Kampala
    Reunion a Kampala

    -Après plusieurs semaines de combats au Nord-Kivu, le gouvernement congolais et les rebelles du M23 sont revenus à la table des négociations à Kampala. Mais la route est encore longue avant un possible accord. Les conditions posées par la rébellion et Kinshasa sont difficilement conciliables et font craindre une reprise des hostilités. A chacun ses conditions. Le M23 et les autorités congolaises, de retour la semaine dernière aux pourparlers de paix de Kampala, ont fixé leurs exigences à la possible signature d’un accord. Le M23 conditionne son désarmement à la “neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda(FDLR) et le rapatriement des réfugiés congolais”. Le gouvernement congolais fixe, lui, deux lignes rouges : pas d’amnistie pour les rebelles et surtout pas de réintégration dans l’armée nationale. Une semaine après la reprise des pourparlers, le 9 septembre, “aucune avancée n’a été enregistrée” à Kampala a fait remarquer François Muamba, négociateur du gouvernement congolais et coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord d’Addis-Abeba sur Radio Okapi.

    Les FDLR sur la table des négociations

    Principal blocage de ce énième round de négociations : les “lignes rouges” fixées par les deux belligérants. Côté rébellion, le M23 fait désormais tourner la problématique autour des FDLR, un groupe armé composé d’anciens génocidaires hutus rwandais, en lutte contre le régime de Kigali. Le président du M23, Bertrand Bisimwa explique que la rébellion veut bien “déposer les armes”, mais pose ses conditions : “neutraliser les FDLR et rapatrier les réfugiés congolais tutsis”. La présence des rebelles rwandais en RDC représente en effet l’un des principaux facteurs de violence à l’Est du pays et ce, depuis… 1996 ! Le M23 s’est toujours affiché en défenseur de la communauté tutsie et leur revendication est bien évidemment légitime. Une question se pose pourtant : pourquoi faire cette revendication maintenant ? Depuis la création du M23 en mai 2012, la neutralisation des FDLR n’a jamais fait partie des exigences de la rébellion. Dans un premier temps, les revendications du M23 tournaient autour des accords du 23 mars, de leur réintégration dans l’armée et de la reconnaissance des grades militaires. Des revendications “catégorielles”, bien éloignées de la présence des rebelles FDLR à l’Est du Congo. Dans un deuxième temps, les succès militaires s’enchaînant, le M23 a élargi ses revendications en réclamant la remise en cause des élections contestées de novembre 2011 et le départ du président Joseph Kabila. Aujourd’hui, les revendications changent de nature : plus de réintégration dans l’armée, plus de départ de Joseph Kabila… l’objectif du M23 se concentre désormais sur les FDLR. Voici quelques explications.

    FDLR : Menace ou prétexte ?

    Les FDLR sont-ils toujours une menace en RDC ? Oui ! répond Jean-Paul Epenge, un cadre du M23. “Les FDLR constituent le principal facteur d’insécurité au Nord et au Sud-Kivu”, estime-t-il. “Ce sont les FDLR qui ont apporté la violence chez nous après le génocide de 1994. Il faut les désarmer, les cantonner et alors les réfugiés congolais pourront revenir vivre tranquillement à l’Est”. Pourtant, selon Christoph Vogel, un chercheur (1) spécialiste de la région, “les effectifs des FDLR ont considérablement diminué” au Nord et Sud-Kivu. De 10.000 hommes, il y a une dizaine d’année, “les FDLR ne seraient plus que 2.500 dans la région” précise-t-il. Mais pour Christoph Vogel, “si la rébellion rwandaise ne constitue pas un danger sérieux pour le régime de Kigali, ce sont avant surtout les populations congolaises qui souffrent de ses exactions”. Alors pourquoi le M23 conditionne-t-il son désarmement à la neutralisations des FDLR ? Selon Christoph Vogel, cette demande est logique, les FDLR étant “l’ennemi naturel du M23”. Mais le chercheur pointe une autre raison à cette condition posée par le M23. Depuis le milieu de l’été, le M23 a subi une forte pression militaire de Kinshasa au Nord de Goma. L’armée congolaise, souvent décrite comme une “armée fantôme”, n’a pas combattu seule le M23. Les FARDC ont reçu l’aide providentielle (et décisive) de la Brigade d’intervention de l’ONU (FIB), venue “désarmer les groupes rebelles à l’Est de la RDC”. Après les attaques répétées des FARDC et de la Brigade, le M23 a dû se replier à 30 km de la capitale provinciale du Nord-Kivu… un revers diplomatique pour la rébellion, qui a dû reprendre le chemin des négociations en position de faiblesse. En demandant la “neutralisation” des FDLR, le M23 demande à la Brigade de s’attaquer maintenant aux rebelles rwandais et implicitement d’arrêter de se focaliser uniquement sur leur propre groupe. La technique est habile, puisque l’ONU avait clairement indiqué qu’elle était là pour s’attaquer à tous les groupes armés et pas seulement au M23.

    En demandant à l’ONU et à Kinshasa de désarmer les FDLR, le M23 n’opère pas qu’une tentative de diversion, il repousse également tout règlement rapide du conflit. Neutraliser les FDLR ne se fera pas en quelques semaines ou quelques mois, mais cela prendra sans doute plusieurs années. De nombreuses opérations militaires conjointes avait d’ailleurs été montées, notamment avec le Rwanda et la RDC, du temps où les deux pays collaboraient, rappelle le chercheur Christoph Vogel. Mais les opérations Kimia II ou Umoja Wetu n’ont pas permis d’aboutir “à la l’éradication de la milice”. Pour ce spécialiste, seul un règlement politique entre les deux Etats, RDC et Rwanda, permettrait de mettre fin au problème de la milice hutue.

    Négociations en trompe l’oeil

    A lire ces lignes, on pourrait croire que seul le M23 fait blocage à Kampala. Mais côté gouvernemental, les “lignes de rouges” posées par Kinshasa mènent également dans l’impasse. Les autorités congolaises ont déclaré vouloir refuser toute amnistie aux membres de la rébellion et toute réintégration dans l’armée nationale. Autant dire que Kinshasa ne propose d’autre porte de sortie au M23 que sa propre disparition… difficilement acceptable pour des rebelles qui continuent de tenir et d’administrer une partie du Nord-Kivu. Mais Kinshasa n’a pas envie de négocier et cherche le K.O. Les dernières offensives militaires de la fin de l’été, présentées comme des victoires par le gouvernement, ne sont en fait que des succès de la Brigade de l’ONU. La communauté internationale a ainsi pu forcer Kinshasa à revenir à la table des négociations. Sommées de retourner à Kampala, les autorités congolaises auraient bien continué l’offensive sur le M23, pour mettre à genou la rébellion et stopper ainsi des négociations humiliantes pour Joseph Kabila. Mais comme l’armée congolaise est toujours aussi faible et a besoin de l’appui militaire de l’ONU, Kinshasa n’a pu que s’en remettre au bon vouloir de la communauté internationale, qui “ne souhaitait pas faire la guerre à la place des Congolais”, comme nous l’a expliqué un expert militaire. Sans aide de la Brigade de l’ONU, les FARDC ont donc été obligés d’arrêter l’offensive. La situation militaire se retrouve alors gelée : le M23 campe au Nord de Goma, de Kibumba à Rutshuru, alors que les FARDC et l’ONU protège Goma de toute offensive rebelle.

    Mécontent d’être à Kampala, le gouvernement congolais, qui a par ailleurs lancé des concertations politiques avec une partie de son opposition et de la société civile, se retrouve coincé. Conséquence : à la table des négociations, les autorités congolaises ferment toutes les portes de sortie à la rébellion. Devant un tel blocage, on peut se demander ce que l’on peut attendre de Kampala. “Pas grand chose”, note un expert militaire, qui pense qu’à part une rencontre au sommet entre les 3 chefs d’Etats de la région (RDC, Rwanda, Ouganda) pour trouver une solution, seule une reprise des hostilités est à attendre au Nord-Kivu. Seule interrogation : la Brigade de l’ONU continuera-t-elle à appuyer l’armée congolaise dans une guerre totale contre le M23 ? Pas si sûr.

    Afrikarabia
  • Incident entre armées de RDC et du Rwanda à la frontière

    Incident entre armées de RDC et du Rwanda à la frontière

    GISENI– Un incident impliquant un sous-officier de République démocratique du Congo (RDC) et des forces rwandaises s’est déroulé dimanche à la frontière des deux pays, l’armée de RDC parlant de “kidnapping”, celle du Rwanda d’arrestation d’un soldat “lourdement armé” en territoire rwandais.

    “Le sergent Mulanga Kusakala revenait d’une visite de famille et, pendant qu’il se baladait dans la zone neutre, trois policiers rwandais lui ont sauté dessus et l’ont tiré du côté rwandais”, a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée de RDC dans la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale.

    “C’est un kidnapping (…) Il était dans la zone neutre, pas au Rwanda. C’est la population qui a alerté les autorités. (…) La tension est vive au niveau de la population, on essaie de la calmer car pour elle, il s’agit d’une provocation”, a-t-il ajouté.

    Il a précisé que la zone neutre est une “rue de 5 à 7 mètres de longueur qui marque la frontière entre la RDC et le Rwanda” et que le Mécanisme de vérification conjoint (JVM, Joint Verification Mechanism) “va s’occuper” du dossier. Ce mécanisme sous-régional est chargé de surveiller la frontière entre la RDC et le Rwanda.

    De son côté, l’armée rwandaise a affirmé dimanche soir dans un communiqué que le sous-officier congolais en question avait été arrêté (…) par les forces de sécurité dans la ville (rwandaise) de Rubavu (…) menant des activités éminemment suspectes”.

    Rubavu (nouveau nom de Gisenyi) est jumelle de Goma, dont elle n’est séparée que par la frontière entre la RDC et le Rwanda.

    “Il était lourdement armé, habillé en tenue de combat complète et transportait toutes sortes d’équipements militaires”, a précisé l’armée rwandaise, ajoutant avoir saisi elle aussi le JVM.

    Un habitant de Goma a raconté à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que “vers 14h00 (12h00 GMT), au moment de l’incident” plusieurs centaines manifestants “en colère mais pas violents” s’étaient massés aux “petite” et “grande” barrières, provoquant la fermeture de ces deux postes-frontières entre Goma et Gisenyi.

    “En fin d’après-midi, les deux barrières ont été rouvertes pour permettre aux gens de rentrer (chez eux) de part et d’autre. Mais comme à la petite barrière l’attroupement était important, la plupart des gens sont passés par la grande barrière”, a précisé ce témoin.

    En fin de journée, “un déploiement particulièrement impressionnant des FARDC (armée de RDC) et de la police” était visible dans la zone, a-t-il ajouté.

    Les autorités de RDC étaient injoignables en fin de journée pour confirmer ou infirmer l’information.

    Selon le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, le sergent Mulanga Kusakala est originaire de la province du Bandundu (Ouest) et il est détaché dans la 10e région militaire, à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu (Est).

    Les relations entre la RDC et le Rwanda se sont à nouveau tendues avec la création en mai 2012 du Mouvement du 23 mars (M23). Des experts de l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir cette rébellion, ce qu’ils ont toujours démenti.

    Fin août, lors d’une reprise des combats entre l’armée congolaise, appuyée par les Casques bleus de l’ONU, et le M23, Kigali a accusé Kinshasa d’avoir lancé chez elle plusieurs dizaines d’obus, essentiellement dans la zone de Gisenyi.

    Le Rwanda avait alors discrètement renforcé son dispositif militaire à la frontière et menacé la RDC de représailles. Mais, selon l’ONU, les obus avaient été tirés par le M23.

    “Il y a environ trois semaines, des militaires rwandais se sont postés sur la colline qui se trouvait du côté du cimetière Gabiro (à Goma) en disant qu’ils craignaient une menace des FDLR, qui pourraient passer par là pour les attaquer. Tout s’était réglé à l’amiable: les Rwandais sont repartis et les FARDC se sont déployés”, a indiqué le lieutenant-colonel Hamuli.

    Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont une rébellion hutu rwandaise, active en RDC, dont certains membres sont accusés de participation au génocide de 1994 au Rwanda. Elle est régulièrement accusée de commettre des exactions contre les populations civiles dans l’Est congolais.

    AFP

  • L’Afrique australe espère que le Rwanda ne compte pas envahir la RDCongo

    L’Afrique australe espère que le Rwanda ne compte pas envahir la RDCongo

    ban– La communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a fait part vendredi soir de son inquiétude face au déploiement de troupes rwandaises à la frontière avec la République démocratique du Congo, et a émis l’espoir qu’aucune invasion de la RDC n’était à l’ordre du jour. La SADC “s’inquiète du déploiement des troupes rwandaises à la frontière et exprime son espoir que le Rwanda n’envisage pas d’envahir la RDC ce qui compliquerait une situation déjà délicate”, a indiqué l’organisation diplomatique régionale, à l’issue d’un sommet en Namibie auquel assistait le président congolais Joseph Kabila.

    La SADC a aussi “appelé les voisins de la RDC et toutes les nations à contribuer à la paix, à la sécurité et à la stabilité de la RDC”, selon le communiqué.

    La SADC s’est aussi félicité de “la pression militaire continue exercée sur les rebelles du M23 et les autres forces négatives dans l’Est de la RDC pour assurer une cessation des hostilités”.

    Du 21 août au 30 août, les FARDC (armée congolaise régulière) et la Monusco ont attaqué les positions du M23 au nord de Goma (nord-est de la RDC), obligeant les rebelles à reculer.

    Mardi dernier, Kinshasa et les rebelles sont officiellement revenus à la table des négociations.

    Plusieurs autres chefs d’Etat participaient au sommet, le Namibien Hifikepunye Pohama hôte de la réunion, ainsi que ceux du Malawi Mme Joyce Banda et de Tanzanie M. Jakaya Kikwete. L’Afrique du Sud était représentée par sa ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane.

    Tanzanie, Malawi et Afrique du Sud participent à la brigade d’intervention (FIB) d’environ 3.000 hommes appuyant l’ONU en RDC.

    Pour la première fois, les Casques bleus ont un mandat offensif et peuvent engager les combats avec les rebelles, tandis que des drones de surveillance devraient entrer en action en décembre, notamment pour surveiller la frontière.

    L’ONU tente de mettre fin au conflit qui oppose depuis mai 2012 les rebelles du M23 à l’armée congolaise dans cette riche province minière de l’est de la RDC.

    Le M23, ou Mouvement du 23-mars, est essentiellement composé d’ex-rebelles tutsi congolais intégrés à l’armée de RDC en 2009 à la signature d’un accord de paix mais qui dénoncent un manque de respect des accords passés.

    L’Ouganda a été accusé, comme le Rwanda, de soutenir les rebelles, ce que Kampala et Kigali démentent.

    AFP

  • Lubumbashi, théâtre de heurts violents entre civils et forces de l’ordre

    Lubumbashi, théâtre de heurts violents entre civils et forces de l’ordre

    ap_Congo_protester-beaten-by-police-Sept personnes sont mortes vendredi à Lubumbashi, dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo (RDC), dans des heurts ayant opposé des civils et des forces de l’ordre, a-t-on appris auprès de témoins et de la police. Le drame s’est noué dans la nuit près d’un camp militaire. Vers 03H00 (01H00 GMT), deux hommes en tenue des FARDC (Forces armées de la RDC, armée gouvernementale) ont tué à bout portant un civil qui sortait d’un débit de boisson, après lui avoir arraché tous ses objets de valeur, ont indiqué deux habitants de Lubumbashi, capitale de la riche province du Katanga. Alertés par les coups de feu, les habitants du quartier Kilobelobe sont sortis de chez eux pour savoir ce qui se passait. “J’avais vu beaucoup de gens dehors qui criaient: ‘militaires, voleurs! Voleurs!’ Puis ces militaires, dans leur fuite, ont tiré des balles, tuant 4 personnes”, a expliqué un témoin. “Ce matin, nous avons manifesté notre colère en nous rendant à la mairie. La marche a été violemment réprimée par la police”, qui a ouvert le feu, a précisé ce témoin. Il y a eu “deux morts par balles perdues” et plusieurs blessés, dont “quatre policiers”, a indiqué un responsable de la police de Lubumbashi, deuxième ville de la RDC. Selon lui, la police a d’abord tenté de disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et n’a ouvert le feu qu’à partir du moment où la foule devenait incontrôlable et que des policiers commençaient à être blessés. Le capitaine de police Vincent Kawel, en charge des interventions rapides de la ville, a indiqué avoir “reçu l’ordre de disperser les manifestants pour rétablir l’ordre public car il y a eu des pillages au marché Kaleja”. “Les enquêtes sont en cours et la situation est calme. Nous avons arrêté 14 personnes”, a-t-il dit ajouté.
    AFP