Tag: A la Une

  • Congo – RDC : la Monusco exige l’arrêt de l’opération “Mbata ya bakolo”

    Congo – RDC : la Monusco exige l’arrêt de l’opération “Mbata ya bakolo”

    refoules-La Monusco tire la sonnette d’alarme. La mission de l’ONU en RDC estime que les expulsions de ressortissants de ce pays par le Congo-Brazzaville est à l’origine d’une grave crise humanitaire. Et exige la fin de l’opération “Mbata ya bakolo”, lancée début avril.

    “Depuis le 4 avril, plus de 130 000 citoyens de la RDC ont été expulsés du Congo voisin”, a indiqué la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) dans un communiqué rendu public lundi 26 mai à Kinshasa.

    Par conséquent, Martin Kobler, le chef de la Monusco, et Zainab Bangura, la représentante spéciale des Nations unies en ce qui concenre la violence sexuelle dans les conflits armés, “exigent que cessent immédiatement les expulsions de ressortissants de la RDC vivant au Congo-Brazzaville. (…) Les expulsions sont à l’origine d’une grave crise humanitaire et il y a des allégations selon lesquelles elles se seraient accompagnées de violations des droits de l’homme”, dénoncent-ils.

     

    La Monusco demande l’ouverture d’une enquête

    La Monusco ajoute également avoir reçu “des informations sur des violences physiques, des mauvais traitements, et des violences sexuelles infligés aux citoyens de RDC pendant les expulsions”. Elle exhorte ainsi Brazzaville à empêcher de telles exactions et à enquêter sur ces incidents.

    De leur côté, les autorités du Congo-Brazzaville affirment qu’environ un millier de Congolais de la RDC ont été expulsés dans le cadre de l’opération “Mbata ya bakolo” et indique que des dizaines de milliers de ressortissants de l’ex-Zaïre sont rentrés au pays de leur propre chef, craignant une expulsion de force ou la montée de l’hostilité manifeste de la population brazzavilloise.

     

    (Avec AFP)

  • Reponse du berger a la bergere:La RDC impose le passeport et le visa pour les Congolais de Brazzaville

    Reponse du berger a la bergere:La RDC impose le passeport et le visa pour les Congolais de Brazzaville

    passeports-biometriques-La République démocratique du Congo a annoncé mercredi que les ressortissants du Congo-Brazzaville voisin ne pourront plus entrer sur son sol avec un simple laissez-passer et qu’ils devront être munis d’un passeport et d’un visa.
    Le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a déclaré que cette mesure visait à rendre la pareille au Congo qui, accuse-t-il, a changé les conditions de voyage des Congolais de RDC souhaitant se rendre à Brazzaville en traversant le fleuve Congo, frontière naturelle entre les deux pays.
    “On a vu nos compatriotes refoulés parce qu’ils n’avaient que le laissez-passer, ce qui jusque-là était admis. On a exigé le passeport et le visa. Tout de suite, j’ai donné l’instruction à la DGM [Direction générale de la migration] d’en faire autant”, a souligné M. Muyej.
    Nous avons tous été surpris par ce nouveau développement de ce qu’il convient maintenant d’appeler une crise”, dont la durée “peut affecter nos bonnes relations avec Brazza”, a encore déclaré M. Muyej, ajoutant qu’une nouvelle réunion entre Kinshasa et Brazzaville était prévue.
    Le ministre de l’Intérieur de la République du Congo, Raymond Mboulou, n’avait pu être joint mercredi en milieu d’après-midi pour apporter la réponse de Brazzaville aux accusations de M. Muyej.
    Interrogé par l’AFP à Brazzaville, un conseiller du ministre des Affaires étrangères a cependant affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’aucune mesure concernant l’obligation du passeport et du visa n’avait été prise et qu’une telle option n’était même pas envisagée à l’heure actuelle.
    Une réunion interministérielle entre représentants des deux Congos doit avoir lieu vendredi, a-t-il ajouté.
    Une source au cabinet du directeur général de la police du Congo-Brazzaville a dit à l’AFP n’avoir pas connaissance de nouvelles directives relatives à l’entrée des Congolais de RDC sur le sol national.
    Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis le lancement, début avril au Congo-Brazzaville, d’une grande opération policière baptisée “Mbata ya bakolo” (la gifle des aînés, en lingala).
    Officiellement, cette opération est destinée à combattre une recrudescence du banditisme imputée aux étrangers, et entre autres aux “kuluna” (délinquants de Kinshasa armés de machettes) réfugiés au Congo pour fuir la répression de la police kinoise.
    Brazzaville reconnaît qu’environ un millier de Congolais de RDC ont été expulsés dans le cadre de “Mbata ya bakolo” mais, craignant une expulsion de force, même en règle, et face à la montée d’une hostilité manifeste de la population brazzavilloise, des dizaines de milliers de ressortissants de l’ex-Zaïre sont rentrés au pays.
    D’après la RDC, des ONG et plusieurs victimes, l’opération s’est caractérisée par de graves exactions. Brazzaville a reconnu des dérapages et 17 policiers ont été radiés.
    La RDC, qui compte environ 76 millions d’habitants, est le dernier pays au classement de l’indice du développement humain des Nations unies. A Brazzaville, où les conditions de vie leur semblent meilleures, les ressortissants de la RDC exercent toutes sortes de métiers peu qualifiés.
    AFP
  • Francois Hollande-Entretien avec M. Joseph KABILA KABANGE, Président de la R D Congo

    Francois Hollande-Entretien avec M. Joseph KABILA KABANGE, Président de la R D Congo

    ELYSEE KABILA-Le Président de la République s’est entretenu le 21 mai 2014, au Palais de l’Elysée, avec le Président de la République Démocratique du Congo, M. Joseph Kabila Kabange.

    Au cours de cet entretien, la situation politique et sécuritaire dans la région des Grands Lacs a été évoquée. Le Chef de l’Etat a rappelé, comme il l’avait fait à Kinshasa en octobre 2012, son attachement à l’intangibilité des frontières de la RDC. Il s’est réjoui des progrès obtenus dans la lutte contre les groupes armés qui sévissent dans l’Est de la RDC. Les deux Présidents ont réaffirmé leur mobilisation pour la République centrafricaine, où des contingents des deux pays sont déployés. Ils ont également marqué leur volonté que l’opération de maintien de la paix des Nations Unies, qui sera déployée à partir du 15 septembre, dispose d’un mandat solide et soit articulée autour de la mission africaine aujourd’hui présente.

    Au plan bilatéral, les deux Chefs d’Etat ont insisté sur la nécessité de développer et de diversifier les échanges économiques et humains entre les deux pays, dans des secteurs tels que les transports, les infrastructures ou encore la gestion durable des ressources naturelles.

    Ils se sont réjouis des relations de coopération entre les deux pays, notamment dans les secteurs de l’éducation primaire, de la formation professionnelle, de l’accès à l’eau et de la gouvernance financière du pays.

    Enfin, le Chef de l’Etat a rappelé l’attachement de la France à la protection des libertés politiques, à la lutte contre les violences sexuelles, à la stabilité des institutions et à la défense des droits humains en RDC, conformément aux différentes résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Elysee, Presidemce

  • Joseph Kabila à Paris pour discuter de la crise centrafricaine

    Joseph Kabila à Paris pour discuter de la crise centrafricaine

    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)
    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)

    -Le président de la RDC, Joseph Kabila, doit rencontrer ce mercredi après-midi à Paris son homologue français François Hollande pour une réunion consacrée à la crise en Centrafrique. Un pays où les deux pays sont particulièrement impliqués.

    Avec 850 militaires et 150 policiers, la RDC est sans conteste l’un des contributeurs importants à la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique. Mais ce déploiement en décembre ne s’est pas fait sans remous. Alors que la RDC se bat contre une quarantaine de groupes armés dans l’est du pays et que sa propre situation sécuritaire est toujours fragile, une partie de la société civile congolaise avait jugé cette intervention non prioritaire.

    Cinq mois plus tard, le bilan pour la RDC est plutôt positif, même si deux Congolais ont été tués en Centrafrique : la France comme le commandement de l’Union africaine ont salué le professionnalisme du contingent congolais.

    L’enjeu désormais pour Paris est d’encourager la RDC à maintenir ses hommes en Centrafrique, alors que beaucoup, comme l’Afrique du Sud par exemple, rechignent à envoyer des troupes et que le Tchad s’est désengagé il y a un mois. François Hollande pourrait ainsi demander à ce que le Congo renforce encore sa présence sur le terrain. En échange, il pourrait plaider en faveur du passage des Congolais sous mandat de l’ONU quand celui-ci se fera.

    Pour la RDC, la Centrafrique est une carte à l’internationale, une façon de se positionner en grande puissance dans la région. Mais aussi de faire en sorte que la crise centrafricaine ne franchisse pas la frontière, longue de plus de 1 500 km entre les deux pays.

    Mais au-delà de la crise régionale, Paris compte bien miser sur cette visite pour vendre le savoir-faire de ses grandes entreprises à la RDC. Le groupe Bolloré, par exemple, s’intéresse à la gestion du gigantesque port fluvial de Matadi. L’entreprise Total, elle, lorgne le potentiel pétrolier dans l’est du pays. Sur le plan politique, François Hollande va-t-il aborder la question du respect de la Constitution, comme l’a fait le secrétaire d’Etat américain John Kerry ? Voilà un élément qui sera en tout cas suivi de très près par la classe politique congolaise.

    RFI

  • L’Angola procède à son premier recensement depuis l’indépendance

    L’Angola procède à son premier recensement depuis l’indépendance

    angola-Les autorités angolaises ont lancé vendredi le premier recensement depuis l’indépendance en 1975 de l’ancienne colonie portugaise.

    L’Angola a donné vendredi 16 mai le coup d’envoi de son premier recensement depuis son indépendance en 1975. « Ce recensement est sans nul doute le moment fort de cette année 2014 pour notre pays (. . .) et nous appelons tous les Angolais à se mobiliser car nous avons l’obligation de réussir », explique Camilo Ceitas, le coordinateur général du cabinet en charge de l’opération.

    Outre la taille de la population, sa répartition par sexe, tranche d’âge et provinces, il devrait livrer une photographie inédite des conditions de vie réelles des Angolais, quitte à mettre le doigt sur certaines réalités embarrassantes pour le pouvoir : combien de personnes vivent par foyer, dans quel type d’habitation ? Ont-elles accès à l’eau ? À l’électricité ? Combien sont retraitées ?

     

    Les partis politiques de l’opposition ont aussi salué l’initiative, tout en s’inquiétant du traitement des données recueillies. L’Unita, principal parti d’opposition, a « exhorté l’exécutif à conduire le processus avec transparence et honnêteté de façon à atteindre les objectifs annoncés » et à produire un recensement crédible.

    Mais les défis sont légions. Grand comme deux fois et demi la France, l’Angola compte de nombreuses provinces rurales, dont certaines zones très reculées et seulement accessibles en barque ou en hélicoptère.

    À Luanda, l’extrême densité de population de certains quartiers risque aussi de poser problème. « La participation de la population est cruciale pour le succès du recensement », observe Kourtoum Nacro, la représentante du Fonds des Nations unies pour la population en Angola, qui a joué un rôle crucial dans la préparation de l’opération, notamment en cartographiant le pays.

    « Il y a beaucoup à faire pour informer les habitants qui ne sont pas habitués à cette pratique du recensement et dont une partie est analphabète et n’en comprend donc pas l’intérêt », ajoute Mme Nacro.

     

    Depuis plusieurs semaines, une campagne de sensibilisation est menée dans les médias angolais, et les églises, présentes sur l’ensemble du territoire, se sont elles aussi mobilisées.

    Attendu depuis plusieurs années, le dernier recensement remontant à l’époque de la colonisation portugaise en 1970, il va mobiliser près de 100 000 personnes dont plus de 90 000 recrutées et formées spécialement pour l’opération qui sera ainsi temporairement l’un des premiers employeurs du pays.

    Il est prévu pour coûter 200 millions de dollars, entièrement assumé par Luanda, quand beaucoup de pays en développement recourent généralement à l’aide internationale.

    Les premiers résultats devraient être connus quatre mois après la fin de la collecte le 31 mai.

    (Avec AFP)

  • MUKUNGUBILA LIBERE SOUS CAUTION

    MUKUNGUBILA LIBERE SOUS CAUTION

    mukungubila

     
    Congo-Kinshasa: Joseph Mukungubila brièvement arrêté en Afrique du Sud

    Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo a été arrêté en Afrique du Sud, puis relâché sous caution. En décembre, des hommes qui se revendiquaient comme ses fidèles avaient mené des attaques dans plusieurs villes en RDC.

    Le pasteur, que Kinshasa tient pour responsable de ces actes, était depuis janvier en Afrique du sud. Suite aux attaques de décembre auxquelles son nom était associé, il avait fait une demande d’asile dans le pays où il vit avec sa famille. Selon son avocat, c’est chez lui dans la banlieue sud de Johannesburg qu’il a été interpellé. Après une audience devant le tribunal d’instance de Johannesburg, il a été remis en liberté sous caution.
    Kinshasa attend l’extradition
    Joseph Mukungubila Mutombo a de nouveau rendez-vous avec le juge le 15 juillet. Les autorités congolaises espèrent à terme une extradition du pasteur vers la RDC. Ce qui pourrait permettre de faire la lumière sur les attaques de décembre. Des attaques coordonnées ayant visé Lubumbashi et Kindu, mais aussi la radio-télévision, le ministère de la Défense et l’aéroport à Kinshasa. Selon Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement, il ne fait aucun doute que Joseph Mukungubila est impliqué dans l’affaire :
    « C’est nous qui avons demandé qu’il soit arrêté, c’est nous qui avons signalé qu’il est là-bas. Non seulement il est responsable, mais il a lui-même revendiqué ces événements. C’est le principal auteur, donc s’il est là, je pense que nous aurons une accélération du processus. Les enquêtes conduisent à ce monsieur, donc s’il est extradé cela va booster l’enquête et la procédure. »
    Selon le gouvernement congolais, les violences lors des attaques auraient fait une centaine de morts
    Selon le gouvernement congolais, une centaine de personnes auraient péri dans les violences de décembre, interprétées en RDC comme une tentative de coup d’Etat contre le président Joseph Kabila.
    Plusieurs mois après les faits, certains restent toujours perplexes en ce qui concerne cette affaire et la personnalité même du pasteur. Joseph Mukungubila s’est en effet autoproclamé prophète depuis de nombreuses années. Il était entre autres contre la rébellion du M23, mais il est également hostile au pouvoir de Kinshasa et en particulier au président Joseph Kabila, qu’il accuse d’être d’origine rwandaise.
     
    Par Carole Assignon,
  • Pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre, arrêté en Afrique du Sud

    Pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre, arrêté en Afrique du Sud

    Mukungubila-Selon des sources proches de son bureau à Paris, le pasteur Paul-Joseph Mukungubila, accusé par Kinshasa d’avoir fomenté les attaques du 30 décembre dans la capitale congolaise et dans les deux autres villes du pays, a été arrêté “jeudi très tôt matin” par la police sud-africaine à Johannesburg.”C’est un enlèvement”, dénonce Cédar Nziamboudi, membre du bureau du Paul-Joseph Mukungubila à Paris. “Le pasteur vient d’être arrêté ce matin [15 mai] vers 6 heures à son domicile de Johannesburg par l’Interpol et des éléments de la police sud-africaine”, a-t-il expliqué à Jeune Afrique, soulignant que c’est “sur demande des autorités congolaises”.

    Kinshasa ne confirme pas l’arrestation

    Contacté, Kinshasa dit ne “pas être encore au courant de l’arrestation”, mais confirme qu’”un mandat d’arrêt international était bien lancé contre le pasteur Paul-Joseph Mukungubila” après les attaques du 30 décembre dans plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Kindu (est) et Lubumbashi (sud).

    Ce jour-là, des personnes qui se présentaient comme des adeptes du “prophète du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique noire”, avaient lancé des assauts notamment à la radio-télévision nationale et à l’aéroport de N’Djili à Kinshasa. La riposte de l’armée fut sanglante : plus de 100 morts en une journée !

    Depuis, la police congolaise a déjà arrêté plusieurs partisans du pasteur à travers le pays. Douze autres proches de Paul-Joseph Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont toujours en détention depuis mi-janvier à Lusaka où ils s’étaient enfuis. Recherché, le “prophète de l’Éternel”, lui, avait pu quitter le pays pour se réfugier en Afrique du Sud.

    ________Jeune Afrique____________

    Par Trésor Kibangula

  • À Oman, la RDC présente son plan de construction de 1 000 nouvelles écoles par an

    À Oman, la RDC présente son plan de construction de 1 000 nouvelles écoles par an

    Inauguration d'une nouvelle école par Matata Ponyo, en avril 2014 à Kinshasa. Inauguration d’une nouvelle école par Matata Ponyo, en avril 2014 à Kinshasa. © DR

    Augustin Matata Ponyo a été convié, du 12 au 14 mai à Mascate (Oman), à la “réunion annuelle sur l’éducation pour tous” organisé par l’Unicef. L’occasion pour le Premier ministre congolais de présenter son plan de (re)construction de 1 000 écoles par an en RDC.

    Construire et réhabiliter des écoles sans attendre le financement extérieur. C’est le nouveau défi du gouvernement congolais qui s’est fixé comme objectif de bâtir 1 000 établissements scolaires par an en RDC. Sur “fonds propres” de l’État (100 millions de dollars disponibles chaque année), insiste un proche du Premier ministre Matata Ponyo, pour souligner la “nouveauté” du projet.

    Mis en place au mois d’avril 2013, le projet “Éducation” a démarré en septembre de la même année, après quelques “études de faisabilité”. “Sept mois plus tard, 600 nouvelles écoles sont soit construites ou rehabilitées, soit en chantier à travers le pays”, indique Roger Ndaywel, l’un des conseillers du chef du gouvernement congolais.

    À l’Unicef, qui accompagne le pays dans ses efforts de promotion de l’éducation, l’initiative surprend. C’est pourquoi l’agence onusienne a convié Matata Ponyo à Mascate (Oman) où se tient du 12 au 14 mai la “réunion annuelle sur l’éducation pour tous (EPT)”. Une rencontre destinée à “[évaluer] de manière critique des progrès accomplis en vue de la réalisation de l’EPT (…), et à convenir de mesures de suivi concrètes”.
    Plus de 3 millions d’enfants à scolariser

    Dans la capitale du sultanat, le Premier ministre congolais a reconnu néanmoins que beaucoup restait encore à faire dans le secteur éducatif en RDC. Même si la part du budget alloué à l’enseignement est “passée 6 % en 2007 à 13 % en 2014”, plus de 3 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés. Le pays doit encore construire plus 20 000 écoles pour pouvoir contenir la “pression démographique” dans les années à venir. L’enseignement primaire n’est pas non gratuite sur l’ensemble du territoire national.
    Par ailleurs, des efforts ont été déployés pour que le salaire des enseignants soit désormais versé de manière régulière. Et ce, par la bancarisation de leur paie de fin de mois. Mais c’est encore un salaire qui demeure insignifiant par rapport au coût de la vie en RDC. “Nous sommes toujours clochardisés”, résumé à Jeune Afrique un instituteur kinois, sous couvert de l’anonymat.

    La synergie des syndicats des enseignants congolais a organisé fin avril à Kinshasa un sit-in devant le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel pour réclamer notamment “la régularisation de la situation de plusieurs milliers d’enseignants qui travaillent sans être payés en RDC”. Décidément, Matata Ponyo a encore du pain sur la planche…

    ________Jeune Afrique_______________

    Par Trésor Kibangula

  • Le Congo-Brazzaville déjà aux abois, paye ainsi les frais des expulsions des RD-Congolais

    Le Congo-Brazzaville déjà aux abois, paye ainsi les frais des expulsions des RD-Congolais

    Le poids économique et social se fait sentir au Congo à l’aune des refoulements des citoyens RD Congolais de Brazzaville. La question de la main d’œuvre se pose avec acuité. Les départs des Kinois ont aussitôt plombé le social des Brazzavillois.

    altL’opération lancée contre les « clandestins » devait résoudre certains problèmes, elle en a créé d’autres bien plus coriaces. « On ne trouve plus de bière Tembo à Brazza. Elle ne peut plus traverser le fleuve Congo, car elle n’a pas de papier », plaisante François, un habitant de Brazzaville, la capitale du Congo. Allusion ironique à l’opération Mbata ya Bakolo, traduction en lingala, l’une des langues les plus usitées ici, de « la gifle des aînés ». 

    Rappel des faits. Lancée le 4 avril dernier par la police, cette opération vise, selon les autorités du pays, à lutter contre l’immigration clandestine et l’insécurité.
     
    Celle-ci est liée notamment à la présence de kuluna, des gangs de délinquants originaires de Kinshasa qui s’étaient repliés à Brazzaville après avoir été pourchassés par la police de la capitale de la RD Congo. 

    Résultat : le départ forcé ou volontaire de près de 80 000 citoyens de la RDC.

    Les marchandises commencent à manquer

    Le problème, c’est que Brazzaville commence à sentir durement les retombées sociales et économiques. Car la Tembo, la célèbre bière brune fabriquée par les Brasseries Simba, à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga en RD Congo, ou même la Skol, une bière produite à Kinshasa, ne sont pas les seules marchandises importées du grand voisin à devenir plus rares sur les marchés et dans les échoppes de Brazzaville.

    « Certes, la ville ne va pas mourir de faim à la suite de la baisse des échanges commerciaux entre les deux capitales. Elle est ravitaillée en partie par les départements du Pool et des Plateaux et même par le Cameroun », insiste Annie. Néanmoins, « Brazza », pour les intimes, dépend aussi de Kinshasa pour des denrées de base comme le sucre en poudre, les congelés, les biscuits. Sans compter le savon, les détergents, les ustensiles en plastique, le papier hygiénique ou les aliments pour bétail et autres produits. Conséquence de ces ruptures d’approvisionnement et de la raréfaction de ces marchandises sur le marché : « Les prix ont flambé », se désole Marie, une couturière.

    Il faut dire que, traditionnellement, le solde des échanges commerciaux entre les deux villes est au bénéfice de Kinshasa. « Pour trois raisons », explique Alain, un jeune Brazzavillois. « D’abord, l’offre en produits est plus abondante en RD Congo. Ensuite, les Kinois sont plus commerçants que nous. Enfin, le pouvoir d’achat est plus élevé chez nous », poursuit-il. « Néanmoins, Brazzaville exportait aussi vers Kinshasa de la farine de manioc, des feuilles de koko et des produits manufacturés, comme des vêtements, via une foule de petits revendeurs kinois », ajoute-t-il.

    Aujourd’hui, ces produits étant moins demandés, les commerçants, en particulier les Ouest-Africains implantés dans les avenues de France et de la Paix à Brazzaville, se lamentent. « Les Kinois traversaient le fleuve pour nous acheter en gros des ballots de friperie et de jeans ainsi que des pagnes importés de Chine qu’ils revendaient à Kinshasa. Aujourd’hui, on ne vend plus et on perd de l’argent », se plaint Doucouré, un Malien. Tout porte à croire qu’au passage plusieurs millions de francs CFA sont bloqués à Kinshasa faute de pouvoir être reversés ou échangés à Brazzaville.

    L’impact s’étend jusqu’au transport, aux bars, aux logements…

    Les commerçants ne sont pas les seuls à souffrir du départ des RD Congolais. D’autres secteurs d’activité sont également touchés. À double titre, car s’ils sont perçus comme des étrangers, les « Kinois » sont des agents économiques à part entière, insérés dans un système économique global. Ce sont à la fois des producteurs de biens et de services mais aussi des consommateurs.

    Ce que beaucoup oublient. Du coup, leur absence pèse autant sur le marché du travail que sur celui de la consommation. « C’est de l’offre et de la demande en moins pour le Congo », analyse Jean-Jacques Samba, secrétaire général d’Unicongo, le syndicat patronal congolais.

    « Il y a moins de monde aux arrêts de bus et d’enfants dans les écoles privées. Ce sont des revenus en moins pour tout le monde », assure Alain. Dans les bars et les boîtes de nuit, la clientèle est également plus rare et la recette en chute. Avenue Maya-Maya à Moungali, un des fiefs des « Zaïrois », avec les communes de Talangai et de Bacongo, les bars sont moins remplis et la musique beaucoup moins trépidante depuis quelques semaines. « On vend moins et on ferme plus tôt », confirme Annie, une employée de bar.

    Le manque à gagner se fait également sentir chez les bailleurs, propriétaires de maisons et de chambres qui ont perdu une partie de leurs locataires. Il n’est pas rare de voir désormais des affichettes indiquant « chambres à louer », placardées le long des grands axes routiers des quartiers populaires de Moungali ou de Talangaï. Pour certains bailleurs, qui sont des retraités, la situation devient critique, car ces derniers vivent souvent de la location de chambres.

    altLes entreprises souffrent du manque de main-d’œuvre

    Sur le front du travail, les retombées sont tout aussi néfastes. Le manque de main-d’œuvre a entraîné une augmentation des salaires. « Si l’économie informelle est touchée, compte tenu de la place qu’y occupaient les Kinois, même les grandes entreprises sont affectées, car elles sous-traitent à des PME qui s’adossaient sur la main-d’œuvre d’origine kinoise. Ainsi, des entreprises comme les Brasseries vont avoir du mal à écouler leurs productions, car beaucoup de manœuvres et de chauffeurs étaient des Kinois », insiste Samba. De même, bien des chantiers de BTP, formels ou informels, peinent à trouver des ouvriers qualifiés et des « manoeuvres » : maçons, électriciens, transporteurs, manutentionnaires, charpentiers, ferrailleurs, etc. Il s’agit là d’emplois boudés par les Brazzavillois mais que les Zaïrois acceptaient d’occuper à moindre coût.

    C’est d’ailleurs à la faveur des chantiers de la municipalisation accélérée lancés en 2007 et des grands travaux engagés dans le pays que ces derniers étaient d’ailleurs venus s’installer en grand nombre à Brazzaville dans l’espoir de vendre leur savoir-faire, mieux rémunéré ici qu’à Kinshasa. « Aujourd’hui, quand les employeurs arrivent à trouver du personnel, il faut le payer plus cher », souligne cet entrepreneur. À Kintélé, ville située à une quarantaine de kilomètres au nord de Brazzaville, sur la RN2, une entreprise qui intervient dans la construction du grand stade olympique a dû geler en partie son chantier, limitant ce dernier à des activités mineures, par manque d’ouvriers.

    Le service aux maisons connaît aussi une pénurie

    De même, le personnel de maison, par exemple les femmes de ménage et les gardiens, se fait plus rare. Dans les quartiers, la vie quotidienne est également touchée par le départ des « frères d’en face ». Force est de constater en effet que bien des petits métiers – maçonnerie, électricité, cordonnerie, menuiserie, transport, garage, salon de coiffure et autres – qui rendaient des services indispensables au fonctionnement du quotidien étaient assurés par des ressortissants de RD Congo.

    Du coup, leur départ a créé un vide, comme l’a constaté Marie. « Je voulais acheter un meuble en rotin, mais l’artisan qui les fabriquait est retourné à Kinshasa ».

    Sur les deux grands marchés de Brazzaville que sont Total et Poto-Poto, l’absence des « Zaïrois » se fait sentir. « Les femmes étaient des revendeuses et les hommes faisaient des travaux de manutention, comme le chargement et le déchargement des camions ou le transport des marchandises avec des pousse-pousse », informe Scholastique, une commerçante de Bacongo. Même à la gare centrale du chemin de fer Congo Océan de Brazzaville, il est difficile de trouver du personnel pour décharger les paquets de ciment venant de Loutété ou de l’étranger.

    La collecte des ordures et la distribution de l’eau sont aussi affectées

    Autres services affectés : la collecte des ordures ménagères, avec les conséquences sanitaires qu’on imagine, et la distribution de l’eau dans certains quartiers, comme le plateau des Quinze Ans à Moungali. Il faut dire que la plupart des petits éboueurs qui ramassaient chaque jour les ordures ménagères dans les quartiers populaires de la ville étaient de jeunes « Kinois ». Des services qu’ils monnayaient pour quelques francs CFA. Certains ont dû abandonner précipitamment leur activité, si l’on en juge par les charrettes pleines d’ordures, abandonnées ici et là, le long de la voirie. Depuis leur départ, des tas d’ordures s’accumulent devant les parcelles. Dans certaines communes comme Bacongo, les habitants tentent de s’organiser pour collecter les détritus.

    Ailleurs, la situation devient critique. La distribution de l’eau, assurée en partie par les « Kinois », qui allaient remplir les bidons à des points de forage et les apporter à domicile, commence également à faire défaut. Conséquence, plus d’une secrétaire ou employée, mère de famille, arrive aujourd’hui en retard au travail pour avoir perdu du temps à faire le tour du quartier à la recherche de quelques litres d’eau nécessaires au fonctionnement du ménage.

    Paradoxe des paradoxes : bien des Brazzavillois souhaitent le retour de leurs frères du pays voisin. « A condition bien sûr que ces derniers soient en règle, et que les kuluna, dont les actes violents ont causé beaucoup de dégâts ici, ne remettent plus les pieds à Brazzaville », insistent-ils. Reste que même s’ils souhaitent retraverser le fleuve Congo, les Congolais de Kinshasa vont y réfléchir à deux fois.

    Nul doute que, de ce côté aussi, la leçon des tracas économiques qui ont suivi ces expulsions devrait favoriser un autre regard sur ces « Zaïrois » une fois régularisés. Leur poids économique et social a pu être mesuré à l’aune des problèmes posés à Brazzaville au lendemain de l’opération Mbata ya Bakolo.

    Le Point

  • Roger Lumbala : “Je suis prêt à me présenter devant la CPI”

    Roger Lumbala : “Je suis prêt à me présenter devant la CPI”

    lumbala-Déclaré “non amnistiable” par Kinshasa qui le soupçonne d’avoir participé directement ou indirectement au recrutement des enfants soldats en 2012, l’opposant congolais (RDC) Roger Lumbala se dit prêt à se présenter devant la justice internationale pour prouver son innocence. Interview exclusive.

     À Kinshasa, plus la liste des amnistiés s’allonge, plus celle des “non amnistiables” accueille de nouveaux noms. Parmi les derniers inscrits à cette dernière : Roger Lumbala. À en croire des sources proches du dossier, l’ex-député d’opposition (son mandat a été invalidé début 2013 lorsqu’il avait rejoint la rébellion du M23) est soupçonné par la justice militaire congolaise d’avoir été de “connivence” avec le colonel déserteur John Tshibangu. Cet officier des Forces armées de la RDC (FARDC) est accusé d’avoir tenté de mener un mouvement insurrectionnel dans la province du Kasaï oriental en 2012 et surtout d’avoir enrôlé des enfants. Un fait qui ne rentre pas dans le champ de la loi d’amnistie promulguée le 11 février 2014 par le président Joseph Kabila.

    Roger Lumbala, lui, conteste toutes ces accusations. Il espère toujours être amnistié pour pouvoir rentrer dans son pays. En attendant, depuis Paris où il s’évertue à accélérer les démarches de sa demande d’asile en France, le président du Rassemblement des Congolais démocrates-nationalistes (RCD-N) a confié à Jeune Afrique qu’il était prêt à se présenter devant une juridiction internationale pour prouver son innocence.

    Jeune Afrique : Kinshasa vous a déclaré “non amnistiable”. Que répondez-vous ?

    Roger Lumbala : Le pouvoir de Kinshasa n’a rien à me reprocher. Je n’ai jamais fait de prison de ma vie. J’ai vécu vingt ans en France, je n’ai jamais fait l’objet de poursuites judiciaires. Il en est de même en RDC. C’est pourquoi je lance le défi quiconque, qui a quelque chose à me reprocher, de mettre ses accusations sur la table !

    En revanche, je sais pourquoi certains au pouvoir veulent m’exclure de l’amnistie. C’est tout d’abord parce que je les ai défiés. Le fait d’avoir soutenu le M23 [rébellion du Mouvement du 23-Mars défait début novembre 2013 dans l’est de la RDC, NDRL] ne leur a pas plu. Ensuite, je suis candidat à la présidentielle de 2016 et en dehors d’Étienne Tshisekedi, c’est Roger Lumbala qui fait peur.

    Mais des sources judiciaires à Kinshasa vous citent dans “l’affaire John Tshibangu”. Avez-vous été de “connivence” avec ce colonel déserteur en 2012 dans le Kasaï oriental, votre province d’origine ?

    L’affaire John Tshibangu concerne des faits insurrectionnels qui sont amnistiables. Qu’à cela ne tienne, à supposer que j’ai incité le colonel John Tshibangu à la rébellion,quel est l’acte criminel aurais-je commis ? Aucun !

     

    Avez-vous poussé le colonel John Tshibangu à prendre les armes ?

    Je ne veux pas répondre à cette question. Ma réponse au réquisitoire du procureur général, dans laquelle je donne tous les détails de cette affaire, mais aussi sur l’implication de Joseph Kabila dans ce qui se passe dans l’est du pays, n’a jamais été lue à l’Assemblée nationale. Je suis au courant de beaucoup de choses. C’est pourquoi, au lieu de s’acharner sur des personnes qui leur ont fait la guerre – Sultani Makenga, René Abandi et les autres -, ils s’acharnent sur quelqu’un qui n’a fait que soutenir un mouvement.

    La justice militaire congolaise soupçonne le colonel déserteur John Tshibangud’avoir recruté des enfants soldats. Un crime non amnistiable dans lequel vous seriez impliqué…

    Cette affaire est le problème de John Tshibangu. Mais une double question s’impose : où a-t-il recruté ces enfants soldats ? Où a-t-il fait la guerre ? Les autorités judiciaires doivent nous le dire. Un responsable politique proche du pouvoir m’avait déjà informé que mon nom ne figurait pas sur la première liste des non amnistiables… Aujourd’hui, le pouvoir cherche à fabriquer des dossiers pour m’incriminer et m’exclure de l’amnistie.

    Quels rapports entretenez-vous avec le colonel Tshibangu ?

    La dernière fois que je lui ai parlé c’était en 2012, avant que je ne quitte Kinshasa. J’ai connu John Tshibangu très jeune lorsque nous étions à Goma. C’était un frère luba qui venait vers moi. C’est pourquoi j’ai gardé de très bonnes relations avec lui.

    Kinshasa vous encourage à rentrer au pays pour répondre de vos actes devant la justice. Allez-vous le faire ?

    Je ne fais pas confiance à la justice congolaise. Tout le monde sait comment elle fonctionne… J’aurais souhaité que la justice internationale se saisisse du dossier. Que le gouvernement de Kinshasa dépose ses griefs et que je donne mes arguments. Je suis donc prêt aujourd’hui à aller me présenter, tout seul, devant la Cour pénale internationale (CPI). Je me mets à sa disposition.

     

    En attendant, que pensez-vous du débat actuel sur un éventuel troisième mandat, ou pas, de Joseph Kabila en 2016 ?

    Tant que ce n’est pas officiel, je n’ai pas de commentaire à faire. Je donnerai mon avis lorsque la démarche sera entamée. Actuellement, il n’y a que des fous du roi qui sont en train de titiller la population.

    Jeune Afrique

    Par Trésor Kibangula