Author: Don Kayembe

  • Voyage dans les imaginaires occidentaux du monde

    Voyage dans les imaginaires occidentaux du monde

    « Dr Livingstone, I presume ? » L’apostrophe est célèbre, mais qui se souvient qu’elle a été lancée à l’automne 1871 par un jeune Blanc arrivant à Ujiji (Tanzanie), village situé sur les rives du lac Tanganyika, à l’attention d’un autre Blanc au visage ­émacié, qui n’avait pas côtoyé d’Européens ­depuis cinq ans ?

    A l’époque où le missionnaire écossais David Livingstone fut retrouvé par le journaliste Henry Morton Stanley, les grandes puissances européennes se partageaient l’Afrique, et ce « continent noir », largement méconnu, nourrissait un imaginaire colonial plus ou moins imprégné de racisme. Une fascination trop souvent faite de clichés et de préjugés qui transparaît nettement dans les écrits de Stanley et Livingstone, dont les ouvrages figurent en bonne place dans l’exposition « Récits du monde » qui se tient actuellement à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen.

    « Construction historique »

    « L’imaginaire des voyages tels que nous les pratiquons en Occident est le produit d’une construction historique, on s’en rend compte immédiatement en explorant les archives de l’IMEC », note son commissaire, Gilles A. Tiberghien. Maître de conférences en esthétique à l’université Paris-I, celui-ci a eu carte blanche pour dénicher dans les fonds de l’IMEC les documents illustrant ce rapport au monde. Manuscrits d’œuvres, affiches, guides, cartes, revues, photographies ou ouvrages rares : entre histoire et géographie, fiction et documentaire, description et invention, ces archives dessinent en creux l’évolution qui se produit en deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.

    En 1798, Bonaparte entame sa campagne d’Egypte. Il y associe une armée de savants, ingénieurs, écrivains, naturalistes, qui réunissent une documentation foisonnante sur la région. L’expédition inspirera durablement le mouvement artistique dit « orientalisme », et de nombreux poètes et écrivains dans la première…

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  • Islande, une passion française. Une rencontre du Monde Festival

    Islande, une passion française. Une rencontre du Monde Festival

    Décryptage

    L’Islande fascine, inspire et, depuis quelques années, la passion des Français pour l’île volcanique va grandissant. Comment est-elle représentée dans la fiction, à la fois nationale et étrangère ? L’Islande rêvée est-elle éloignée de la réalité ?

    Une table ronde organisée dans le cadre du Monde Festival, samedi 6 octobre, avec les romanciers islandais Audur Ava Olafsdottir et Arni Thorarinsson, le traducteur littéraire Eric Boury et Mathias Malzieu, auteur-compositeur et chanteur du groupe de rock français Dionysos. Animée par Marie Charrel, journaliste au Monde.

    Revivez les meilleurs moments du Monde Festival en vidéo.

    LE MONDE

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  • Poignant, révoltant ou reposant : un replay pour chacun

    Poignant, révoltant ou reposant : un replay pour chacun

    LES CHOIX DE LA MATINALE

    Au creux des vacances, nous vous proposons deux documentaires et une série, trois contenus d’excellente qualité. Libye, anatomie d’un crime dévoile les terrifiants sévices subis par les prisonniers pendant la révolte populaire, Mon pays fabrique des armes brise le tabou des ventes d’armes françaises à l’étranger, tandis que la série Etonnants jardins nous emmène à la découverte des plus beaux paysages taillés par l’homme.

    Des hommes violés en Libye

    On ne verra jamais son visage, juste des plans sur ses mains abîmées et sur ses lèvres sèches. « Il n’y a pas de mot pour décrire ce que j’ai vu », lance, désespéré, Ahmed. Cet homme a passé cinq ans dans une prison libyenne. Cinq années durant lesquelles il a côtoyé des geôliers prêts à toutes les perversités pour humilier leurs prisonniers.

    Ce qu’Ahmed s’apprête à décrire est abject : « Ils [les gardiens] prenaient un balai, ils le fixaient au mur et il fallait que tu te l’enfonces. Imagine à quel point tu te sens anéanti. On est nombreux à avoir subi des viols. Ils te violaient et ils filmaient avec un téléphone. »

    Face à lui se tient Imad, un militant libyen exilé à Tunis. Avec Ramadan, un ancien procureur, ils tentent de rassembler et de consigner des témoignages de compatriotes – hommes et femmes – violés par les soldats de Kadhafi, envoyés pour mater la révolte populaire (qui commença en 2011) ; puis par des membres de milices armées après la mort du « guide ». Leur but ? Faire traduire les donneurs d’ordres devant la justice internationale. Pour cela, ils sont épaulés par la juriste Céline Bardet, spécialiste des crimes de guerre. Ce documentaire suit ces deux exilés dans cette quête périlleuse, tant il est difficile de faire parler des hommes qui ont subi des violences sexuelles. Mustapha Kessous

    « Libye, anatomie d’un crime », de Cécile Allegra (France, 2018, 75 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 21 décembre et sur YouTube.

    Une « équipe France » armée

    La France vend des armes, beaucoup, et depuis longtemps. Est-ce son rôle d’exporter des armes dans le monde entier, particulièrement au Moyen-Orient aujourd’hui à feu et à sang ? « Oui, c’est notre rôle », tranchait François Hollande en avril 2017 dans une usine du missilier MBDA. Un « Circulez, rien à voir ! » que le documentaire de la journaliste Anne Poiret tente de bousculer. Car, si la première affirmation du film se discute assurément – « Nous ne savons rien » –, la deuxième est une vérité sur laquelle il vaut de s’interroger : le sujet des ventes d’armes forme « un angle mort du débat public ».

    Avec 17 milliards d’euros de prises de commandes en 2016, montant record historique, la présidence de François Hollande a plus que toutes les autres vendu canons et munitions, rappelle le film. Et pourtant aucun des responsables de l’époque n’a assumé cette politique devant la caméra d’Anne Poiret : ni le chef de l’Etat ni son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, présenté par l’exécutif comme le chef performant de « l’équipe France », qui a engrangé des ventes depuis l’Inde jusqu’au Qatar.

    Dans les démocraties occidentales, la guerre au Yémen a depuis 2015 relancé une forte interpellation morale : peut-on continuer de fournir en matériels militaires des protagonistes, Arabie saoudite en tête, accusés de commettre des crimes de guerre envers les populations civiles ? Le film ne comporte pas de révélations, mais il a le mérite de donner aux citoyens les clés du débat. Nathalie Guibert 

    « Mon pays fabrique des armes », d’Anne Poiret (France, 2018, 70 minutes). Disponible sur France.tv jusqu’au 22 novembre.

    Des jardins pas comme les autres

    Après le jardin Inhotim, au Brésil, ou celui de la spéculation cosmique, en Ecosse, toujours visibles sur le site d’Arte, la deuxième saison d’« Etonnants jardins » nous fait découvrir, cinq autres créations contemporaines.

    Première étape : Awaji Yumebutai, conçu par la star japonaise de l’architecture, Tadao Ando. Vaste complexe incluant un théâtre à ciel ouvert et d’immenses serres, cette « scène pour les rêves » est parcourue par des corridors et des escaliers qui ne mènent nulle part, version moderne du labyrinthe. Deuxième étape : le Jardin plume, en Normandie. Ces trois hectares de verger ont été métamorphosés par Sylvie et Patrick Quibel, un couple de pépiniéristes. Les buis taillés y mettent en valeur la « folie végétale » des fleurs et des graminées, légères comme… la plume.

    Troisième étape : le parc paysager de Duisburg-Nord, en Allemagne, réhabilitation d’un ancien site de la Ruhr de… 230 hectares. Pari réussi au vu des images de ces ruines industrielles transformées en jardins que se sont appropriés les habitants. La quatrième étape était le jardin de cactus de l’île de Lanzarote (Canaries).

    Enfin, ultime étape, la plus fascinante : les jardins suspendus de la High Line new-yorkaise. Aménagés sur une ancienne ligne de chemin de fer traversant la ville, ils ont su conserver leur simplicité d’origine. Avec cette injonction à ceux qui l’arpentent que connaissent bien les jardiniers : « Prends ton temps… » Lucien Jedwab

    « Etonnants jardins », série documentaire de Stéphane Carrel, Pat Marcel et Charlotte Faure (France, 2017, 5 x 26 minutes), disponible sur Arte.tv et sur YouTube.

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  • Défense : la Chine réaffirme sa détermination face aux Etats-Unis

    Défense : la Chine réaffirme sa détermination face aux Etats-Unis

    La réponse de Pékin ne s’est pas fait attendre. Cinq jours après une manifestation historique à Taipei en faveur de l’indépendance de Taiwan et trois jours après le passage de deux navires de guerre américains dans le détroit qui sépare l’île du continent, le ministre chinois de la défense, le général Wei Fenghe a été, jeudi 25 octobre, on ne peut plus clair : « Il est extrêmement dangereux de défier sans cesse les limites de la Chine sur cette question. Si quelqu’un tentait de séparer Taïwan de la Chine, l’armée chinoise prendrait nécessairement des mesures fermes, quoi qu’il en coûte » a-t-il mis en garde.

    Dirigée par un régime rival de Pékin depuis l’arrivée des communistes au pouvoir en 1949, Taïwan n’est pas reconnu par la Chine. En 1979, Washington a rompu ses relations diplomatiques avec l’île pour reconnaître Pékin mais les Etats-Unis continuent de soutenir le régime taiwanais notamment sur le plan militaire.

    Mise en garde

    C’est devant un cénacle bien particulier que le général Wei a lancé sa mise en garde : le 8ème Xiangshan Forum, une réunion, en principe annuelle, créée par l’armée chinoise en 2006 pour faire contre-poids au « dialogue de Shangri-la », initié par la Grande-Bretagne à Singapour.

    Par principe, les Russes et les Chinois n’envoient que des seconds couteaux à Singapour et les Occidentaux font de même à Pékin. Cette année, parmi les 500 participants venus de 67 pays, une délégation a fait sensation : les représentants nord-coréens, présents pour la première fois à ce Forum. Le colonel-général Kim Hyong Ryong, vice-ministre des forces armées nord-coréennes a réaffirmé la volonté de Pyongyang de faire de la péninsule coréenne « le berceau de la paix et de la prospérité ».

    Sur une photo parue à la Une du Global Times, le quotidien nationaliste chinois, on voit le militaire, trois étoiles aux épaulettes, discuter avec des membres de la délégation sud-coréenne, des civils tout sourire….

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  • « La capacité d’action des Ouïgours radicalisés est très faible »

    « La capacité d’action des Ouïgours radicalisés est très faible »

    Entretien. Spécialiste de la politique étrangère de la Chine, Thierry Kellner est enseignant- chercheur au département de science politique de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Membre du centre Recherche et études en politique internationale et chercheur associé au Brussels Institute of Contemporary China Studies, il est l’auteur de nombreux travaux sur le Xinjiang-Turkestan oriental, les questions énergétiques, la politique asiatique de l’Iran et l’Asie centrale.

    Que représentent les Ouïgours pour le pouvoir central chinois ?

    Historiquement, la « province » du Xinjiang, où ils vivent, a longtemps échappé à la mainmise de la Chine. Ces simples caractéristiques ont rendu Pékin très vigilant à l’égard de cette minorité depuis 1949. La méfiance, renforcée du fait que les Ouïgours « résistent », du point de vue de Pékin, à l’assimilation, qu’il existe une diaspora ouïgoure organisée à l’étranger et des revendications locales à l’autonomie, voire à l’indépendance, s’est encore amplifiée en raison du projet de « nouvelles routes de la soie », lancé par Xi Jinping en 2013. Le Xinjiang est une zone-clé dans le cadre de ce programme. Le régime doit s’assurer que cette région soit absolument sous contrôle et stable. C’est ce qui explique le raidissement sécuritaire massif de Pékin à l’égard des Ouïgours. Pour échapper aux critiques, la Chine présente ces mesures comme faisant partie de la « lutte internationale contre le terrorisme ». Si on suit ce discours, vu l’échelle des mesures adoptées, les Ouïgours sont en quelque sorte collectivement assimilés à des « terroristes » par le pouvoir chinois.

    Quelle est la stratégie de Pékin pour régler cette question ?

    Depuis les années 1990, la Chine mise à la fois sur le développement économique et sur une politique sécuritaire répressive pour assurer son contrôle sur le Xinjiang. Le développement économique…

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  • Les Irlandais votent l’abrogation du délit de blasphème

    Les Irlandais votent l’abrogation du délit de blasphème

    Quelque 3,2 millions d’électeurs étaient également appelés aux urnes vendredi pour désigner leur président, une fonction honorifique.

    Par Philippe Bernard Publié aujourd’hui à 00h18, mis à jour à 06h21

    Lecture 5 min.

    En un nouveau signe de rupture avec la domination de l’Eglise catholique, les Irlandais ont massivement approuvé par référendum, vendredi 26 octobre, l’abrogation de la disposition de leur Constitution faisant du blasphème un délit.

    Par 69 % des voix, selon une première estimation publiée dans la soirée par le Irish Times, les électeurs ont fait disparaître l’article 40.6.1 de la loi fondamentale qui punissait de 25 000 euros d’amende tout outrage fait à la religion. En revanche, 31 % ont voté pour maintenir le délit de blasphème lors d’un scrutin marqué par une faible participation.

    Ce référendum, organisé le même jour que l’élection présidentielle qui a vu la réélection par 56 % des voix de Michael D. Higgins, avait donné lieu à une campagne aussi terne que les récents votes sur le mariage homosexuel et sur l’avortement avaient été passionnés. En mai 2015, 62 % des Irlandais avaient approuvé la légalisation du mariage pour tous. En mai 2018, ils avaient été 66,4 % à dire oui à la légalisation de l’avortement.

    Lire aussi En Irlande, le très populaire président Higgins candidat à sa réélection

    Loi postcolonisation

    La criminalisation du blasphème avait été introduite en 1937 dans la Constitution de la toute jeune République d’Irlande, à une époque où l’Eglise catholique tenait de fait les rênes de l’Etat, tout juste né après la libération de la colonisation britannique. « Le fait de rendre public ou de proférer tout propos blasphématoire, séditieux ou indécent est un délit punissable selon la loi », disposait le texte. Lourd symbole de l’emprise du clergé, l’article en question n’avait toutefois jamais abouti à une condamnation.

    Lire aussi Un référendum sur l’abrogation du blasphème se tiendra le 26 octobre en Irlande

    En 2015 pourtant, la police irlandaise avait ouvert une enquête, sur plainte d’un téléspectateur, à la suite des propos de l’acteur et réalisateur britannique Stephen Fry sur RTE, la télévision publique irlandaise.

    Interrogé sur ce qu’il dirait à Dieu s’il avait la chance de le rencontrer, Stephen Fry avait répondu : « Je lui dirais : “Le cancer des os chez les enfants, qu’est-ce que cela signifie ? Comment as-tu osé créer un monde où il y a tant de souffrance (…) ? ”» Puis l’acteur s’était demandé « pourquoi il respecterait un Dieu capricieux, mesquin et stupide ». L’instruction avait été close après que la police eût conclu que trop peu de personnes s’étaient senties outragées par ces propos. En 2017, le ministre de la santé, Simon Harris, avait qualifié l’interdiction d’« absurde » et d’« un peu embarrassante ».

    Texte obsolète

    La disposition réprimant le blasphème, qui était en vigueur sous différentes formes depuis des siècles, avait pour la dernière fois donné lieu à sanction au début du XVIIIe siècle et les dernières poursuites diligentées pour ce chef dataient de 1855. Un prêtre affirmant avoir accidentellement brûlé une Bible avait alors été jugé et acquitté.

    Au début d’octobre, l’Eglise catholique d’Irlande elle-même avait reconnu que le texte était « largement obsolète » et que de telles lois avaient été utilisées « pour justifier la violence et l’oppression contre des minorités dans d’autres parties du monde ». Quant à l’Eglise d’Irlande (anglicane), elle a estimé que « la liberté religieuse est un droit humain fondamental mais que la liberté d’expression (avec des limites) en est aussi un ».

    Amnesty international et le Conseil irlandais pour les droits civiques, principale association de défense des droits de l’homme du pays avaient conjointement appelé à voter en faveur de l’abrogation. « La liberté d’expression se trouve au cœur de notre démocratie, et elle inclut le droit aux discours qui mettent en cause, voire ridiculisent les idées ou les institutions », estimaient les deux organisations dans un appel commun.

    Dans un article publié par le Irish Times, Roman McCrea, professeur de droit constitutionnel à University College London, insistait sur le fait que le maintien d’une telle disposition non appliquée dans une législation européenne donnait prise aux accusations d’hypocrisie de la part des musulmans. « Il est important, écrit-il, que les Etats signifient clairement aux nouveaux arrivants, dont beaucoup viennent de pays où critiquer la religion n’est pas permis, ce à quoi ils peuvent s’attendre. »

    Une autre disposition très datée de la Constitution, dont l’abrogation devait être mise aux voix le même jour, ne l’a finalement pas été. Elle dispose que « l’Etat reconnaît que la femme, par son travail domestique, apporte son soutien à l’Etat indispensable au bien commun ». Par conséquent, poursuit cet article, « l’Etat s’efforce de faire en sorte que les mères ne sont pas contraintes par nécessité économique de prendre un travail qui les conduit à négliger leurs tâches domestiques ». La réécriture de ce texte hautement contesté et son remplacement par une version non discriminatoire envers les femmes doivent être débattus ultérieurement par le Parlement irlandais.

    Campagne « à la Trump »

    Les Irlandais ont d’autre part réélu le poète et ancien ministre de la culture Michael D. Higgins, pour un deuxième et dernier mandat de sept ans à la présidence de la République, fonction purement honorifique. L’élection au suffrage universel, a été marquée par un faible taux de participation.

    Ancien dirigeant du Labour irlandais, âgé de 77 ans, cette figure de la vie politique irlandaise était le deuxième président du pays après Eamon de Valera, en 1966, à briguer un deuxième septennat. Populaire, soutenu par le premier ministre Leo Varadkar et par trois des quatre grands partis irlandais (Fine Gael au pouvoir, Fianna Fàil et Labour), quasi assuré d’être réélu, M. Higgins a cependant été attaqué pour la gestion opaque des finances présidentielles et pour avoir utilisé l’avion gouvernemental pour se rendre à Belfast, à 165 km de Dublin, pour y prononcer un discours.

    Il n’avait face à lui, outre un candidat du Sinn-Fein (nationaliste) et une indépendante, que trois riches hommes d’affaires. Peter Casey, Gavin Duffy et Sean Gallagher sont connus des téléspectateurs pour être apparus comme investisseurs dans l’émission « Dragon’s Den », où des entrepreneurs en herbe disposent de trois minutes pour convaincre des hommes d’affaires de les financer. Un symbole dans une Irlande dont l’économie est de nouveau florissante après que le pays a été mis à genou par la crise financière de 2008.

    L’un de ces challengeurs, Peter Casey, s’est distingué par une campagne « à la Trump » au cours de laquelle il a critiqué la dépendance à l’égard des aides sociales notamment des Irlandais gens du voyage (« Irish travellers »). Vendredi soir, l’estimation « sortie des urnes » le créditait de 21 % des voix.

    La prospérité du pays se trouve aujourd’hui menacée par le Brexit dont l’Irlande, dépendante du Royaume-Uni pour le niveau et la logistique de son commerce extérieur, pourrait être la première victime en cas de rétablissement de contrôles douaniers.

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  • En Centrafrique, le président de l’Assemblée nationale a été destitué

    En Centrafrique, le président de l’Assemblée nationale a été destitué

    Afrique

    En Centrafrique, le président de l’Assemblée nationale a été destitué

    Texte par FRANCE 24

    Dernière modification : 26/10/2018

    Les députés centrafricains ont voté vendredi à la majorité la destitution du président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua. Son élection au perchoir en 2016 était considéré comme un symbole de réconciliation en Centrafrique.

    Le président de l’Assemblée nationale centrafricaine, Karim Meckassoua, a été destitué vendredi 26 octobre au soir par les députés. Selon l’AFP, 98 députés ont voté pour sa destitution, 41 contre et un député s’est abstenu, après plusieurs heures de débat.

    Symbole de réconciliation

    Karim Meckassoua est le député du troisième arrondissement de la capitale Bangui, qui comprend le PK5, le quartier abritant la majorité des musulmans de Bangui.

    Après le déferlement de haine entre rebelles de la coalition Séléka à dominante musulmane et groupes antibalaka prétendant défendre les chrétiens à partir de 2013, son élection au perchoir en 2016 était considéré comme un symbole de réconciliation en Centrafrique, dirigée par un chrétien, Faustin-Archange Touadéra.

    Mais dans ce pays où l’influence politique reste en partie communautaire, les relations entre les deux hommes n’ont jamais été bonnes. En 2017, des rumeurs de coups d’État avaient circulé, des proches de M. Touadéra n’hésitant pas à accuser publiquement M. Meckassoua.

    >> À lire : en Centrafrique, une présence armée russe de plus en plus marquée

    Le 23 octobre, plus de 400 personnes, dont de nombreux habitants du PK5, avaient manifesté du quartier musulman jusqu’au quartier général de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) pour protester contre la procédure de destitution du président de l’Assemblée. Celle-ci avait été lancée mi-octobre par une pétition, signée par 95 députés sur 140.

    Selon le règlement de l’Assemblée, après réception de la pétition, un vote devait avoir lieu et recueillir au moins les deux tiers des voix des députés, soit 93, pour que M. Meckassoua soit destitué.

    Il était accusé par ses détracteurs d’avoir “confisqué des dossiers essentiels pour les députés”, selon Mathurin Dimbélet Makoé, deuxième vice-président de l’Assemblée, évoquant mi-octobre devant la presse une “opacité dans la gestion des finances” de l’Assemblée.

    Selon plusieurs députés interrogés par l’AFP, la pétition et la tentative de destituer M. Meckassoua pourraient avoir été pilotées par la présidence centrafricaine, qui souhaiterait placer un de ses fidèles à la tête de l’Assemblée.

    En Centrafrique, l’État ne contrôle qu’une petite partie du territoire : depuis 2013, la quasi-totalité de celui-ci vit sous la coupe de groupes armés, dans un pays de 4,5 millions d’habitants classé parmi les plus pauvres au monde mais riche en diamants, or et uranium.

    Avec AFP

    Première publication : 26/10/2018

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  • Rwanda : l’inaction de l’armée française en question lors du massacre de Bisesero

    Rwanda : l’inaction de l’armée française en question lors du massacre de Bisesero

    Dernière modification : 26/10/2018

    Rwanda : l’inaction de l’armée française en question lors du massacre de Bisesero

    Le dossier rwandais une nouvelle fois à la une : alors que l’armée française est accusée de ne pas avoir défendu les civils plus tôt, l’ex-commandant de la Force Turquoise évoque un manque de moyens. Une version contestée. Au Sénégal, alerte à la dengue dans la ville de Touba, alors que plusieurs millions de personnes sont attendues ce week-end pour le grand Magal. Enfin au Burkina Faso, coup d’envoi des “Récréatrales”, grand festival de théâtre à Ouagadougou.

    Par Mounia KACEM , Louma SANBAR

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  • Une présentatrice américaine perd son émission après avoir approuvé le « blackface »

    Une présentatrice américaine perd son émission après avoir approuvé le « blackface »

    Le caractère raciste du « blackface », qui consiste à se grimer le visage en noir, ne semble pas encore évident pour tout le monde. Megyn Kelly, l’un des visages les plus connus de la télévision américaine, a reçu un déluge de critiques après avoir approuvé cette pratique. Une prise de position qui lui a coûté son poste à l’antenne de NBC, puisque son émission quotidienne a été annulée, a annoncé la chaîne vendredi 26 octobre.

    « Megyn Kelly Today ne reviendra pas, a écrit sur Twitter NBC News, citant son propre porte-parole. La semaine prochaine, la tranche de 9 heures sera occupée par d’autres coprésentateurs. » Megyn Kelly, ancienne star de Fox News, est en discussions concernant son avenir à NBC, selon des sources anonymes mentionnées par la chaîne elle-même, expliquant que son départ était probable. Selon son avocat Bryan Freedman, cité par NBC, Mme Kelly reste une employée de NBC News et « les discussions se poursuivent sur les prochaines démarches ».

    Lire aussi :   Le « blackface », une pratique raciste encore présentée comme humoristique en France

    La suspension de son émission a été rapide. Il y a trois jours, lors d’une rubrique consacrée aux costumes d’Halloween, la femme de 47 ans s’est demandé si le « blackface » — qui renvoie de facon non équivoque à l’époque de la ségrégation où des comédiens blancs se maquillaient en noir pour moquer des Afro-Américains — était systématiquement problématique. Une posture défendue par certaines personnes qui défendent une « simple blague », quand d’aucuns osent dire « un hommage ».

    « Qu’est-ce qui est raciste ? », a-t-elle interrogé. « Vous vous attirez des ennuis si vous êtes blanc et que vous vous grimez en noir pour Halloween ou si vous êtes noir et que vous vous maquillez en blanc pour Halloween », a-t-elle poursuivi, à quelques jours de la grand-messe populaire du déguisement aux Etats-Unis. « Quand j’étais gamine, c’était ok tant qu’on se déguisait en personnage », a-t-elle ajouté.

    « Je suis désolée »

    Ses propos ont entraîné un véritable tollé, notamment sur les réseaux sociaux, avec des appels à sa démission, mais ont également refroidi ses propres collègues. « Je condamne ses remarques, elles n’ont pas leur place sur notre antenne ou sur notre lieu de travail », a réagi mercredi Andy Lack, président de NBC News.

    « Alors qu’elle a présenté ses excuses aux équipes, elle en doit de plus importantes aux personnes de couleur à travers le pays », a estimé Al Roker, présentateur météo de la chaîne, qui est noir. NBC a retransmis jeudi une rediffusion de son émission « Megyn Kelly Today », alors que les spéculations autour d’une annulation de son programme se renforçaient.

    « Je suis désolée », avait lancé la veille la journaliste pour débuter son émission en direct. « J’ai appris qu’au regard de l’histoire du blackface, utilisé de manière atroce par les racistes dans ce pays, ça ne doit pas faire partie de n’importe quel costume, à Halloween ou autre », avait-elle poursuivi, accueillant ensuite deux intervenants noirs pour discuter de cette controverse.

    Ancienne figure de proue de la chaîne conservatrice Fox News, Megyn Kelly a rejoint NBC en début d’année 2017. En 2015, Donald Trump avait suggéré que la présentatrice l’avait injustement traité durant un débat, car elle avait ses règles.

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  • Election au Brésil : comment Jair Bolsonaro en est-il arrivé là ?

    Election au Brésil : comment Jair Bolsonaro en est-il arrivé là ?

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    Les Brésiliens élisent, dimanche 28 octobre, leur nouveau président. Selon un dernier sondage, ce second tour pourrait amener à une franche victoire du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, avec 56 % des suffrages contre 44 % pour son concurrent, Fernando Haddad. Il y a encore quelques mois, un tel scénario semblait difficilement imaginable. Et, pourtant, profitant d’un climat général de défiance vis-à-vis des responsables politiques ainsi que de l’inéligibilité de l’ancien candidat Lula, M. Bolsonaro a réussi une ascension spectaculaire. Portrait d’un ancien militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe, qui pourrait prendre la tête de son pays, peuplé de plus de 200 millions d’habitants.

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