Author: Don Kayembe

  • Une présentatrice américaine perd son émission après avoir approuvé le « blackface »

    Une présentatrice américaine perd son émission après avoir approuvé le « blackface »

    Le caractère raciste du « blackface », qui consiste à se grimer le visage en noir, ne semble pas encore évident pour tout le monde. Megyn Kelly, l’un des visages les plus connus de la télévision américaine, a reçu un déluge de critiques après avoir approuvé cette pratique. Une prise de position qui lui a coûté son poste à l’antenne de NBC, puisque son émission quotidienne a été annulée, a annoncé la chaîne vendredi 26 octobre.

    « Megyn Kelly Today ne reviendra pas, a écrit sur Twitter NBC News, citant son propre porte-parole. La semaine prochaine, la tranche de 9 heures sera occupée par d’autres coprésentateurs. » Megyn Kelly, ancienne star de Fox News, est en discussions concernant son avenir à NBC, selon des sources anonymes mentionnées par la chaîne elle-même, expliquant que son départ était probable. Selon son avocat Bryan Freedman, cité par NBC, Mme Kelly reste une employée de NBC News et « les discussions se poursuivent sur les prochaines démarches ».

    Lire aussi :   Le « blackface », une pratique raciste encore présentée comme humoristique en France

    La suspension de son émission a été rapide. Il y a trois jours, lors d’une rubrique consacrée aux costumes d’Halloween, la femme de 47 ans s’est demandé si le « blackface » — qui renvoie de facon non équivoque à l’époque de la ségrégation où des comédiens blancs se maquillaient en noir pour moquer des Afro-Américains — était systématiquement problématique. Une posture défendue par certaines personnes qui défendent une « simple blague », quand d’aucuns osent dire « un hommage ».

    « Qu’est-ce qui est raciste ? », a-t-elle interrogé. « Vous vous attirez des ennuis si vous êtes blanc et que vous vous grimez en noir pour Halloween ou si vous êtes noir et que vous vous maquillez en blanc pour Halloween », a-t-elle poursuivi, à quelques jours de la grand-messe populaire du déguisement aux Etats-Unis. « Quand j’étais gamine, c’était ok tant qu’on se déguisait en personnage », a-t-elle ajouté.

    « Je suis désolée »

    Ses propos ont entraîné un véritable tollé, notamment sur les réseaux sociaux, avec des appels à sa démission, mais ont également refroidi ses propres collègues. « Je condamne ses remarques, elles n’ont pas leur place sur notre antenne ou sur notre lieu de travail », a réagi mercredi Andy Lack, président de NBC News.

    « Alors qu’elle a présenté ses excuses aux équipes, elle en doit de plus importantes aux personnes de couleur à travers le pays », a estimé Al Roker, présentateur météo de la chaîne, qui est noir. NBC a retransmis jeudi une rediffusion de son émission « Megyn Kelly Today », alors que les spéculations autour d’une annulation de son programme se renforçaient.

    « Je suis désolée », avait lancé la veille la journaliste pour débuter son émission en direct. « J’ai appris qu’au regard de l’histoire du blackface, utilisé de manière atroce par les racistes dans ce pays, ça ne doit pas faire partie de n’importe quel costume, à Halloween ou autre », avait-elle poursuivi, accueillant ensuite deux intervenants noirs pour discuter de cette controverse.

    Ancienne figure de proue de la chaîne conservatrice Fox News, Megyn Kelly a rejoint NBC en début d’année 2017. En 2015, Donald Trump avait suggéré que la présentatrice l’avait injustement traité durant un débat, car elle avait ses règles.

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  • Election au Brésil : comment Jair Bolsonaro en est-il arrivé là ?

    Election au Brésil : comment Jair Bolsonaro en est-il arrivé là ?

    LE MONDE
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    Les Brésiliens élisent, dimanche 28 octobre, leur nouveau président. Selon un dernier sondage, ce second tour pourrait amener à une franche victoire du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, avec 56 % des suffrages contre 44 % pour son concurrent, Fernando Haddad. Il y a encore quelques mois, un tel scénario semblait difficilement imaginable. Et, pourtant, profitant d’un climat général de défiance vis-à-vis des responsables politiques ainsi que de l’inéligibilité de l’ancien candidat Lula, M. Bolsonaro a réussi une ascension spectaculaire. Portrait d’un ancien militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe, qui pourrait prendre la tête de son pays, peuplé de plus de 200 millions d’habitants.

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  • Inde : arrestation de 2 000 traditionnalistes empêchant aux femmes d’accéder à un temple

    Inde : arrestation de 2 000 traditionnalistes empêchant aux femmes d’accéder à un temple

    La police indienne a arrêté ces derniers jours plus de 2 000 personnes qui ont empêché des femmes d’accéder au temple hindou d’Ayyappa à Sabarimala, dans l’Etat du Kerala (sud), a fait savoir vendredi 26 octobre, un responsable de la police. Les personnes arrêtées agissaient en effet en violation d’une décision de justice qui autorise pour la première fois les femmes à y pénétrer

    « Nous avons arrêté 2 061 personnes conformément à plusieurs articles du code pénal indien, dont incitation à la violence communautaire, (infraction à) la loi sur les armes et destruction de biens publics », a rapporté ce responsable de la police qui a requis l’anonymat. Il a précisé que, jusqu’à présent, 452 procédures avaient été engagées contre les suspects et qu’il fallait s’attendre à de nouvelles arrestations, des centaines d’autres suspects ayant été repérés.

    Lire aussi :   Inde : l’ouverture aux femmes d’un temple provoque des tensions

    Le temple, qui n’est ouvert que périodiquement, a refermé ses portes lundi jusqu’à novembre. La semaine prochaine, le temple ouvrira pour une journée de rituels avant un festival de deux mois à partir de la deuxième semaine de novembre.

    Traditionnalistes

    La semaine dernière, des traditionalistes hindous, massés au pied de la colline au sommet de laquelle se dresse ce temple, ont empêché les femmes, âgées entre 10 et 50 ans, d’y accéder, malgré une forte présence des forces de l’ordre. Certains manifestants ont brisé les vitres des voitures et des échauffourées ont opposé protestataires et forces de l’ordre. Des policiers armés ont tenté d’escorter des femmes jusqu’au sanctuaire mais aucune n’a pu y accéder.

    Mercredi, la police a commencé à procéder à une vague d’arrestations. Fin septembre, la Cour suprême avait révoqué l’interdiction faite aux femmes en âge d’avoir leurs règles de pénétrer dans ce sanctuaire.

    Lire aussi :   Les Indiennes bravent les règles

    Les femmes indiennes peuvent accéder à la plupart des temples hindous, mais certains leur sont encore fermés, malgré une intensification des campagnes pour obtenir la levée de telles restrictions ces dernières années.

    En 2016, des centaines de femmes avaient obtenu la révocation d’une interdiction identique dans le temple Shani Shingnapur au Maharashtra (centre). La même année, un tribunal avait également autorisé aux femmes l’accès au sanctuaire du mausolée et de la mosquée Haji Ali Dargah à Bombay.

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  • Colis piégés : la théorie du complot de l’extrême droite américaine

    Colis piégés : la théorie du complot de l’extrême droite américaine

    La découverte de colis piégés envoyés à des personnalités anti-Trump, le 24 octobre, intervient à quelques semaines des midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Cela fait dire à de nombreux adeptes de la théorie du complot que la gauche est à l’origine de ces envois. Parmi eux, Alex Jones, fer de lance de l’extrême droite, explique que l’envoi de ces colis est un « canular ». Comme de nombreux conspirationnistes, il estime que c’est un false flag, c’est-à-dire une « fausse banière ». Il s’agit, dans le langage militaire, d’une ruse qui consiste à mener une action en se faisant passer pour un autre, et ce afin de lui faire porter le chapeau.

    Voici les deux principaux piliers de leurs argumentaires : d’abord, ce serait une méthode pour décrédibiliser la droite et, ensuite, si les colis n’ont pas explosé c’est qu’ils sont faux.

    Barack Obama, Hilary Clinton, Robert De Niro, Georges Soros ou la chaîne CNN ont reçu de tels types de colis. En réponse, Donald Trump a lancé un appel à l’union nationale. Mais rend les médias responsables d’un climat hostile.

    LE MONDE

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  • FIFA : Infantino s’évite une guerre avec l’UEFA

    FIFA : Infantino s’évite une guerre avec l’UEFA

    L’incendie couvait et Gianni Infantino l’a étouffé en urgence. Vendredi 26 octobre, le président de la Fédération internationale de football (FIFA) s’est résolu, contraint et forcé, à mettre en place une commission afin d’étudier deux projets qui suscitaient des crispations : la création d’une Ligue mondiale des nations et la réforme de la Coupe du monde des clubs, organisée chaque année en décembre autour de sept clubs. Ces deux projets étaient au menu des discussions lors de la réunion du conseil (gouvernement) de la FIFA, à Kigali (Rwanda).

    Depuis plusieurs mois, Infantino promeut l’idée de lancer une Ligue mondiale des nations, sorte de mini-Coupe du monde qui regrouperait, tous les deux ans, huit sélections nationales. Parallèlement, le patron du foot mondial souhaite redonner du crédit et de la visibilité à la Coupe du monde des clubs, dont il veut changer le format à partir de 2021. Au départ, le dirigeant désirait élargir cette compétition à vingt-quatre équipes, dont douze européennes, et l’organiser tous les quatre ans afin de remplacer la Coupe des confédérations.

    Mais des fuites dans la presse évoquaient une deuxième option, avec un tournoi qui se déroulerait chaque année. Pour convaincre les diplomates du ballon rond, Infantino avait écrit, en mai, une lettre aux membres du conseil de la FIFA : il y affirmait être soutenu par un groupe d’investisseurs « solide et sérieux ». Enclin à dépenser 25 milliards de dollars (21,9 milliards d’euros) sur un cycle de douze ans, ce consortium est dirigé par la société japonaise SoftBank et appuyé financièrement par le fonds souverain de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

    « Mercantilisme extrêmement cynique et impitoyable »

    Avant la réunion de Kigali, les deux projets portés par Gianni Infantino ont mis le feu aux poudres. D’autant que le patron de la FIFA souhaitait que ces réformes soient directement soumises au vote de son gouvernement. La fronde est venue de l’Union des associations européennes de football (UEFA) et de son président slovène, Aleksander Ceferin. Soucieux de défendre le très lucratif « produit » Ligue des champions, sous la menace de cette nouvelle compétition, le patron du foot européen a déclaré qu’il s’agissait d’un « mercantilisme extrêmement cynique et impitoyable ».

    Lundi 22 octobre, Infantino a, par ailleurs, reçu un courrier au vitriol du Forum mondial des ligues (WLF), signé par Richard Scudamore, patron de la Ligue anglaise, Christian Seifert, directeur général de la Ligue allemande, et d’Enrique Bonissa, numéro 1 de la Ligue mexicaine. Dans leur lettre, les trois dirigeants pointaient des difficultés liées au calendrier, remettaient en cause le passage en force du président de la FIFA, réclamant une phase de consultations et la mise en place d’une task force chargée d’étudier à la loupe ces deux réformes. De son côté, l’Association européenne des clubs (ECA) avait déjà réclamé, il y a quelques mois, des discussions « ouvertes et transparentes ».

    Guerre des nerfs

    Jeudi 25 octobre, le conseil de la FIFA a été le théâtre d’une guerre des nerfs entre les neuf représentants de l’UEFA, disposés selon le New York Times à quitter la table des négociations, et Gianni Infantino. Ces crispations ont, d’ailleurs, totalement éclipsé la réforme du marché des transferts, également à l’ordre du jour du conseil de la FIFA. « On se dirige vers une guerre », soufflait un proche du dossier, la veille des discussions. « Cela s’annonce très chaud », confirmait-on du côté de la Fédération internationale.

    Dans la nuit de jeudi à vendredi, la tension est, pourtant, retombée d’un cran. Car Gianni Infantino s’est résolu à ne pas faire voter ces deux projets. Au terme de la réunion de Kigali, la FIFA a, d’ailleurs, annoncé la mise en place d’une task force, « sous la direction du bureau du conseil » (composé de Gianni Infantino et des patrons des confédérations continentales). Ce groupe de travail est censé « présenter ses propositions » lors du prochain sommet du gouvernement de la Fédération internationale, les 14 et 15 mars 2019, à Miami.

    Autocritique

    « La FIFA essaye d’éviter la guerre. Car on était à la limite d’une vraie guerre ouverte entre la FIFA et l’UEFA, analyse un dirigeant européen. Personne ne comprenait pourquoi Gianni Infantino avançait de cette manière-là, aussi agressive. Ce montage vise à privatiser les compétitions, à vendre l’organisation d’une compétition à une structure. Politiquement, Infantino (candidat à un deuxième mandat en juin 2019, lors du congrès de Paris) n’a rien à y gagner. Et je ne pense pas que la FIFA se porte mal financièrement (des revenus records de 6,1 milliards de dollars sont attendus pour le cycle qui se refermera à la fin de 2018). »

    Au terme du sommet de Kigali, Infantino s’est montré consensuel. « Ces six derniers mois, nous avons eu des consultations, nous avons parlé à des parties qui ont des points de vue différents, des opinions différentes, et l’important, c’est que ces points de vue, ces opinions seront maintenant rassemblés », a-t-il assuré, disposé à faire son autocritique. « Est-ce que j’aurais pu faire les choses mieux ? Certainement, certainement. Mais nous essayons de le faire à partir de maintenant. Nous sommes ouverts à toute idée et toute proposition », a confié le patron de la FIFA, soulagé d’avoir étouffé l’incendie.

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  • Jérémy Morel va jouer pour Madagascar

    Jérémy Morel va jouer pour Madagascar

    Copyright de l’image AFP

    Le Lyonnais Jérémy Morel va jouer pour la sélection de Madagascar, qualifiée pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations.

    Le pays est à la recherche de joueurs expérimentés originaires de l’île, pour se renforcer.

    Les Malgaches joueront leur première Coupe d’Afrique des nations du 15 juin au 13 juillet 2019, au Cameroun.

    Jérémy Morel, dont le père est malgache et la mère réunionnaise, a en effet donné son accord pour porter le maillot des Barea.

    C’est leur sélectionneur, le Français Nicolas Dupuis, qui l’a annoncé ce vendredi en direct à la télévision nationale.

    “Très clairement, c’est lui qui m’a appelé. Très clairement, ce n’est pas moi qui suis allé le chercher. Je n’avais pas du tout l’idée que Jérémy pouvait être malgache”, a expliqué le technicien dans l’émission Midi Ma’nifik.

    “J’ai reçu le coup de fil avant le match retour contre la Guinée équatoriale, 1-0). Il s’est proposé très simplement en me disant : “Coach, vous êtes bientôt qualifiés, je ne veux pas prendre la place de qui que ce soit, mais sachez que je suis d’origine malgache. Je serais très fier de porter le maillot de Madagascar. Ça tombait bien puisque je cherchais justement un défenseur de métier, pouvant compléter le groupe”, a expliqué le sélectionneur.

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  • Jia Zhang-ke, ou les tribulations d’un cinéaste en Chine

    Jia Zhang-ke, ou les tribulations d’un cinéaste en Chine

    Jia Zhang-ke a sorti sa plus belle perche à selfie pour l’occasion. Le réalisateur la promène, coiffée d’un smartphone fluet, tandis qu’il musarde sur le « red carpet » du festival de cinéma qu’il a créé, il y a un an, à Pingyao. Le tapis est du même rouge que les drapeaux de la République populaire chinoise qui flottent fièrement sur l’artère principale de cette bourgade touristique de la province du Shanxi, située à 585 km au sud-ouest de Pékin – Pingyao ne compte que 500 000 habitants, une bagatelle à l’échelle du pays.

    Lors du dernier Festival de Cannes, une escouade de six agents de sécurité veillait à ce qu’aucun selfie n’entache la montée des marches. A Pingyao, les régiments de l’armée, qui patrouillent à vive cadence durant toute la manifestation, laissent faire. Il serait inopportun de voir dans le geste de « mister Jia », comme on l’appelle ici, un bras d’honneur aux instances cannoises, qui ont sélectionné six de ses douze longs-métrages, dont le plus récent, Les Eternels, en mai.

    Non, si le grand mandarin du cinéma d’art et d’essai a dégainé sa perche, c’est pour se persuader qu’il ne rêve pas : pour la deuxième année d’affilée, près de 150 000 de ses compatriotes, selon le décompte officiel, sont venus découvrir une cinquantaine de films chinois et étrangers, du 11 au 20 octobre. Alors, l’engin de Jia s’attarde longtemps sur les visages enthousiastes de ces lycéens, étudiants, cinéphiles, blottis contre les rambardes blanches ; certains ont fait le voyage de très loin – Sichuan, Yunnan… – pour se retrouver là, dans la région la plus charbonneuse du pays, ce Shanxi noir de suie où il a vu le jour, il y a 48 ans, et fait ses premières armes de cinéaste.

    La déesse aux vingt-six bras

    Ainsi augmenté d’un membre métallique, Jia Zhang-ke ressemble à la déesse aux vingt-six bras qui trône au cœur du temple taoïste Shuanglin, l’une des principales attractions du coin. Combien de perches, au juste,…

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  • Nathanaël Karmitz : « Jia Zhang-ke a besoin d’appuis »

    Nathanaël Karmitz : « Jia Zhang-ke a besoin d’appuis »

    Collaborateur de longue date de Jia Zhang-ke, Nathanaël Karmitz, 40 ans, est le directeur général de MK2, une ­société basée à Paris, où cohabitent plusieurs métiers du cinéma (production, exploitation, distribution, ­édition, ventes internationales…).

    Jia Zhang-ke se réfère souvent à ce qu’il appelle ­le « modèle MK2 ». A quand remonte votre ­collaboration ?

    Nous avons assuré les ventes internationales de ­24 City, en 2007. Depuis, nous ne nous sommes pas quittés, jusqu’à coproduire ses deux derniers films. MK2 correspond bien à ces grands réalisateurs qui portent un message universel dans des pays où le cinéma est un art vivace, mais contraint. Ils ont besoin d’appuis, d’ouvertures. Ce fut le cas hier pour Abbas Kiarostami en Iran ; c’est aujourd’hui le cas pour Jia.

    Du maoïsme au gouvernement Sarkozy, votre père, Marin, s’est frotté à la chose politique. Que vous inspirent les engagements de Jia Zhang-ke ?

    Sa dialectique est similaire à celle de mon père, en ­effet : pour faire bouger un système, mieux vaut-il opérer de l’intérieur ou de l’extérieur ? La situation chinoise, dont on mesure mal la complexité, appelle à la nuance. Jia montre qu’il est possible d’exercer un regard critique, sans basculer dans la dissidence. Il porte « une autre idée du cinéma », comme on dit chez MK2. En cela, il peut être rapproché de Kiarostami ou de Cristian Mungiu, qui promeut l’art et essai en Roumanie avec une caravane itinérante.

    Vous avez conseillé Jia Zhang-ke avant qu’il ouvre son réseau de salles art et essai, à Pingyao et ­Fenyang. Pour l’heure, la fréquentation n’est guère au rendez-vous…

    De Bi Gan à Jia Zhang-ke, le cinéma chinois est le plus grand inventeur de formes de ce début de siècle. Mais c’est un art très jeune. Il faudra un peu de temps encore pour qu’un écosystème cinéphile vertueux, porté depuis les écoles jusqu’aux médias, se structure…

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  • Affaire Khashoggi : le parquet turc demande l’extradition de 18 suspects saoudiens

    Affaire Khashoggi : le parquet turc demande l’extradition de 18 suspects saoudiens

    Vingt jours après l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, le parquet turc a lancé, vendredi 26 octobre, une procédure d’extradition contre dix-huit Saoudiens soupçonnés d’implication dans le meurtre de l’opposant, a annoncé le ministère turc de la justice. Cette demande intervient deux jours avant la venue en Turquie du procureur général saoudien.

    Jamal Khashoggi, journaliste et opposant saoudien exilé aux Etats-Unis et qui contribuait notamment au Washington Post, a été tué le 2 octobre lors d’une visite au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il devait obtenir des papiers pour pouvoir épouser sa fiancée turque.

    Après avoir d’abord nié la mort du journaliste, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, avaient avancé plusieurs versions, avant de déclarer jeudi que, sur la base d’informations fournies par la Turquie, les suspects accusés du meurtre de Khashoggi avaient commis un acte « prémédité ».

    Lire aussi :   Le meurtre de Jamal Khashoggi était « politique » et « prémédité », selon Erdogan

    La Turquie « mieux à même de rendre justice »

    Le parquet d’Istanbul a remis les noms des dix-huit suspects soupçonnés « d’implication dans ce meurtre prémédité » au ministère de la justice, qui les a à son tour transmis au ministère des affaires étrangères pour que la demande d’extradition soit adressée à Riyad par les canaux officiels, a fait savoir le ministère de la justice dans un communiqué.

    Le 20 octobre, les autorités saoudiennes avaient annoncé avoir interpellé dix-huit personnes — quinze membres d’un commando saoudien soupçonné d’avoir tué le journaliste, ainsi que trois employés du consulat — et qu’elles seraient jugées. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait appelé mardi au jugement de ces suspects à Istanbul et non pas en Arabie saoudite, même si le crime a été commis par des Saoudiens dans l’enceinte d’un consulat saoudien.

    Lire aussi :   « La Turquie d’Erdogan veut exercer, aux dépens de Riyad, une influence dominante au Moyen-Orient »

    « La demande d’extradition est motivée par le fait que Jamal Khashoggi a été tué en Turquie par des ressortissants saoudiens qui ont fait le voyage à cette fin spécifique », a rapporté un haut responsable turc sous couvert d’anonymat. « Il est clair que le système judiciaire turc est mieux à même de rendre justice dans cette affaire », a-t-il ajouté, précisant qu’un éventuel procès en Turquie serait ouvert « aux observateurs internationaux ».

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    L’enquête turque met, en effet, en lumière des preuves solides démontrant que le meurtre du journaliste et dissident a été planifié des jours à l’avance. Dans une allocution mardi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a détaillé que trois agents saoudiens sont arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste et se sont rendus dans une forêt proche d’Istanbul et à Yalova, une ville des bords de la mer de Marmara, à 90 km au sud d’Istanbul. Deux sites où la police turque, qui n’a toujours pas retrouvé le corps de Khashoggi, a procédé à des fouilles.

    Lire aussi :   Erdogan sort renforcé de l’affaire Khashoggi

    M. Erdogan a, par ailleurs, confirmé que quinze Saoudiens étaient arrivés à Istanbul le jour même de la disparition de M. Khashoggi et indiqué que les dix-huit interpellations auxquelles les autorités saoudiennes disent avoir procédé correspondent aux informations du renseignement turc. Le président turc a ajouté que le système de vidéosurveillance installé à l’intérieur du consulat saoudien avait été « désactivé ».

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  • Affaire Khashoggi : Macron ne veut pas remettre en cause les ventes d’armes à Riyad

    Affaire Khashoggi : Macron ne veut pas remettre en cause les ventes d’armes à Riyad

    Le président de la République Emmanuel Macron a estimé, vendredi 26 octobre, que « c’est pure démagogie que de dire d’arrêter les ventes d’armes » à Riyad en réponse à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

    Les ventes d’armes n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », s’est récrié le chef de l’Etat lors d’un déplacement à Bratislava, en Slovaquie, avant de plaider, en cas de sanctions, pour « une réponse européenne, dans tous les domaines » mais « une fois les faits établis ».

    « Je suis très admiratif envers ceux qui, avant de savoir, disent on ne vendra plus d’armes”. Ils en vendent déjà parfois plus que la France à travers les joint-ventures qu’ils ont », a lancé le président, alors que l’Allemagne a appelé les Européens à cesser leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

    Lire aussi :   La France évoque des sanctions contre l’Arabie saoudite

    « Prendre des sanctions individuelles »

    « Et quel est le rapport entre les ventes d’armes et M. Khashoggi ? Je comprends le lien avec le Yémen, mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! Si on veut prendre des sanctions, il faut en prendre dans tous les domaines. Il faut dans ce cas arrêter de vendre des véhicules », a poursuivi avec agacement Emmanuel Macron, interrogé par la presse.

    Le président de la République a déclaré pencher pour « prendre des sanctions individuelles » contre les responsables de l’assassinat du journaliste, qu’il « condamne avec fermeté ». « J’attends que les faits soient établis clairement et surtout les responsables et les commanditaires, pour en tirer les conséquences et les sanctions », qui doivent être « claires, cohérentes » et « avec une réponse européenne ».

    Lire aussi :   Affaire Khashoggi : le parquet turc demande l’extradition de 18 suspects saoudiens

    L’Arabie saoudite est l’un des principaux clients de la France en matière d’armement. Paris a ainsi livré pour 1,38 milliard d’euros d’armements à Riyad en 2017, sur un total de 6,7 milliards d’euros, faisant du royaume saoudien le deuxième plus gros client de l’Hexagone dans ce secteur l’an passé, après l’Egypte.

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