Author: Don Kayembe

  • Affaire Khashoggi : le parquet turc demande l’extradition de 18 suspects saoudiens

    Affaire Khashoggi : le parquet turc demande l’extradition de 18 suspects saoudiens

    Vingt jours après l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, le parquet turc a lancé, vendredi 26 octobre, une procédure d’extradition contre dix-huit Saoudiens soupçonnés d’implication dans le meurtre de l’opposant, a annoncé le ministère turc de la justice. Cette demande intervient deux jours avant la venue en Turquie du procureur général saoudien.

    Jamal Khashoggi, journaliste et opposant saoudien exilé aux Etats-Unis et qui contribuait notamment au Washington Post, a été tué le 2 octobre lors d’une visite au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il devait obtenir des papiers pour pouvoir épouser sa fiancée turque.

    Après avoir d’abord nié la mort du journaliste, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, avaient avancé plusieurs versions, avant de déclarer jeudi que, sur la base d’informations fournies par la Turquie, les suspects accusés du meurtre de Khashoggi avaient commis un acte « prémédité ».

    Lire aussi :   Le meurtre de Jamal Khashoggi était « politique » et « prémédité », selon Erdogan

    La Turquie « mieux à même de rendre justice »

    Le parquet d’Istanbul a remis les noms des dix-huit suspects soupçonnés « d’implication dans ce meurtre prémédité » au ministère de la justice, qui les a à son tour transmis au ministère des affaires étrangères pour que la demande d’extradition soit adressée à Riyad par les canaux officiels, a fait savoir le ministère de la justice dans un communiqué.

    Le 20 octobre, les autorités saoudiennes avaient annoncé avoir interpellé dix-huit personnes — quinze membres d’un commando saoudien soupçonné d’avoir tué le journaliste, ainsi que trois employés du consulat — et qu’elles seraient jugées. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait appelé mardi au jugement de ces suspects à Istanbul et non pas en Arabie saoudite, même si le crime a été commis par des Saoudiens dans l’enceinte d’un consulat saoudien.

    Lire aussi :   « La Turquie d’Erdogan veut exercer, aux dépens de Riyad, une influence dominante au Moyen-Orient »

    « La demande d’extradition est motivée par le fait que Jamal Khashoggi a été tué en Turquie par des ressortissants saoudiens qui ont fait le voyage à cette fin spécifique », a rapporté un haut responsable turc sous couvert d’anonymat. « Il est clair que le système judiciaire turc est mieux à même de rendre justice dans cette affaire », a-t-il ajouté, précisant qu’un éventuel procès en Turquie serait ouvert « aux observateurs internationaux ».

    Vidéosurveillance désactivée

    L’enquête turque met, en effet, en lumière des preuves solides démontrant que le meurtre du journaliste et dissident a été planifié des jours à l’avance. Dans une allocution mardi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a détaillé que trois agents saoudiens sont arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste et se sont rendus dans une forêt proche d’Istanbul et à Yalova, une ville des bords de la mer de Marmara, à 90 km au sud d’Istanbul. Deux sites où la police turque, qui n’a toujours pas retrouvé le corps de Khashoggi, a procédé à des fouilles.

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    M. Erdogan a, par ailleurs, confirmé que quinze Saoudiens étaient arrivés à Istanbul le jour même de la disparition de M. Khashoggi et indiqué que les dix-huit interpellations auxquelles les autorités saoudiennes disent avoir procédé correspondent aux informations du renseignement turc. Le président turc a ajouté que le système de vidéosurveillance installé à l’intérieur du consulat saoudien avait été « désactivé ».

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  • Affaire Khashoggi : Macron ne veut pas remettre en cause les ventes d’armes à Riyad

    Affaire Khashoggi : Macron ne veut pas remettre en cause les ventes d’armes à Riyad

    Le président de la République Emmanuel Macron a estimé, vendredi 26 octobre, que « c’est pure démagogie que de dire d’arrêter les ventes d’armes » à Riyad en réponse à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

    Les ventes d’armes n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », s’est récrié le chef de l’Etat lors d’un déplacement à Bratislava, en Slovaquie, avant de plaider, en cas de sanctions, pour « une réponse européenne, dans tous les domaines » mais « une fois les faits établis ».

    « Je suis très admiratif envers ceux qui, avant de savoir, disent on ne vendra plus d’armes”. Ils en vendent déjà parfois plus que la France à travers les joint-ventures qu’ils ont », a lancé le président, alors que l’Allemagne a appelé les Européens à cesser leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

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    « Prendre des sanctions individuelles »

    « Et quel est le rapport entre les ventes d’armes et M. Khashoggi ? Je comprends le lien avec le Yémen, mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! Si on veut prendre des sanctions, il faut en prendre dans tous les domaines. Il faut dans ce cas arrêter de vendre des véhicules », a poursuivi avec agacement Emmanuel Macron, interrogé par la presse.

    Le président de la République a déclaré pencher pour « prendre des sanctions individuelles » contre les responsables de l’assassinat du journaliste, qu’il « condamne avec fermeté ». « J’attends que les faits soient établis clairement et surtout les responsables et les commanditaires, pour en tirer les conséquences et les sanctions », qui doivent être « claires, cohérentes » et « avec une réponse européenne ».

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    L’Arabie saoudite est l’un des principaux clients de la France en matière d’armement. Paris a ainsi livré pour 1,38 milliard d’euros d’armements à Riyad en 2017, sur un total de 6,7 milliards d’euros, faisant du royaume saoudien le deuxième plus gros client de l’Hexagone dans ce secteur l’an passé, après l’Egypte.

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  • Arts : deux jeunes femmes à la Biennale de Venise

    Arts : deux jeunes femmes à la Biennale de Venise

    « Nous sommes arrivées sans projet, avec tout à construire, mais avec une liberté immense », se réjouit la jeune commissaire indépendante Martha Kirszenbaum, choisie par Laure Prouvost pour l’accompagner dans l’aventure du Pavillon français à la 58e Biennale de Venise, en 2019. En mai, l’artiste était choisie pour représenter la France selon un mode de nomination classique, après deux éditions issues d’appels à projets où les artistes candidataient avec des propositions clés en main – note d’intention, commissaire et mécènes.

    C’est « pour offrir une visibilité à son travail et attirer les mécènes » qu’est présentée au Studio des Acacias, à Paris, l’exposition de Laure Prouvost You Are My Petrol, My Drive, My Dream, My Exhaust, explique le fondateur de cet espace, Paul-Emmanuel Reiffers, président de Mazarine Groupe et mécène du projet vénitien. Projet dont la commissaire détaille un financement partagé, en termes de production, entre « un tiers de fonds publics, à hauteur de 300 000 euros apportés par l’Institut français, et deux tiers de mécénat ».

    Martha Kirszenbaum, commissaire indépendante : « Laure a 40 ans, moi 35, et cette question de génération n’est pas anodine »

    « On a finalement peu vu son travail en France », relève Martha Kirszenbaum. La première exposition personnelle de l’artiste dans une institution parisienne se tenait cet été au Palais de Tokyo au sein de la saison « Enfance », où culminait une joyeuse fontaine de seins monumentaux aux tétons jaillissants. « C’était une exposition intime. A Venise, ce sera plus ouvert sur le monde, sous la forme d’un road-trip jusqu’à la Biennale », annonce l’énergique trentenaire, qui révèle les grandes lignes du projet.

    « Nous allons représenter la France, alors que nous sommes deux outsiders, et c’est une donnée qui nous intéresse pour Venise. Laure n’a jamais vécu à Paris : elle a grandi près de Roubaix,…

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  • Jeu vidéo : nos réponses à vos questions sur la sortie de « Red Dead Redemption 2 »

    Jeu vidéo : nos réponses à vos questions sur la sortie de « Red Dead Redemption 2 »

    Huit ans après Red Dead Redemption premier du nom, le second épisode est sorti sur PlayStation 4 et Xbox One vendredi 26 octobre. Il s’agit de la superproduction la plus ambitieuse des studios Rockstar depuis Grand Theft Auto V, le jeu le plus vendu de l’histoire, en 2013. Pendant cinq heures, nos journalistes ont découvert le jeu en direct et répondu aux questions des internautes.

    Lire aussi :   « Red Dead Redemption 2 » : revivez nos premières heures sur le jeu vidéo événement

    PlasticHole : Pourquoi pas de sortie sur PC ? Ça a l’air trop chouette…

    Le premier Red Dead Redemption, déjà à l’époque, n’était pas sorti sur PC. On a en revanche vu un employé de Rockstar lister sur LinkedIn Red Dead Redemption 2 comme étant un jeu pour Playstation 4, Xbox One… et PC. GTA V était lui aussi sorti uniquement sur consoles au départ, avant d’être porté sur ordinateurs deux ans après.

    Zaq : Graphiquement vous en pensez quoi ? Je trouve pas le résultat extraordinaire comparé à un jeu comme « The Witcher 3 » pourtant de trois ans plus vieux.

    A en juger par la version que nous testons (sur la PlayStation 4 standard), la direction artistique est plaisante, les paysages très réussis, mais ce n’est pas sidérant. Il ne faut pas s’attendre à un bond spectaculaire par rapport à d’autres jeux du genre.

    Chico_Francky_Joe : N’ayant jamais joué au premier épisode, est-ce une suite du premier, ou une histoire distincte ?

    Red Dead Redemption 2 est, comme son nom ne l’indique pas, une préquelle du premier, c’est-à-dire qu’il se déroule avant. On y croise les mêmes personnages, avec quelques années de moins. Pour autant, il ne se passe pas en même temps que Red Dead Revolver, dont Red Dead Redemption premier du nom était la suite. (Vous suivez ?)

    Zaq : Le jeu est en monde ouvert ou linéaire ? Pour l’instant, pas l’impression qu’on puisse beaucoup s’écarter de la mission suivie.

    On peut affirmer que le début du jeu est extrêmement linéaire (ce qui est du reste courant dans pas mal de jeux en monde ouvert, qui aiment bien poser l’ambiance et présenter les mécaniques de jeu dans un cadre restreint au départ). Le niveau 1-1 de Super Mario Bros. laissait plus de liberté d’exploration. La carte s’ouvre complètement à partir du chapitre 2, au bout de deux bonnes heures de jeu.

    J’ai_du_rater_un_truc : Est-ce que c’est amusant d’y jouer ? je vous regarde depuis cinq minutes et ça paraît terriblement lent et naze.

    C’est contemplatif, comme un Sergio Leone. Ce n’est pas naze, mais très convenu. Et très lent, on ne va pas vous mentir.

    Samuel RD : Bonjour, ne trouvez-vous pas cela un peu inapproprié de réaliser un test en direct de « Red Dead Redemption 2 » (qui s’apparente surtout à un gros coup de pub pour Rockstar Games) alors même que tout au long de cette semaine votre même quotidien a publié trois articles sur les conditions de travail très critiquables au sein de ce studio de création ?

    Au contraire. Nous avons activement couvert la question des conditions de travail au sein de Rockstar. Cela n’empêche pas de parler également du jeu en tant que produit culturel et œuvre de l’esprit, sous un angle par ailleurs critique.

    Lire aussi :   Rockstar Games : plongée dans le rythme infernal des créateurs de « GTA » et « Red Dead Redemption »

    Hakimême : J’ai l’impression que « Red Dead Redemption 2 » navigue dans une « vallée de l’étrange du gameplay ». On ne sait pas trop si c’est réaliste ou amusant, on ne sait pas trop où est le cliché et où est l’implication personnelle. Et ce manette en main. Est-ce que cette image vous parle ou bien est-ce que je cerne mal le jeu ?

    C’est assez juste, et cela colle avec les efforts du jeu pour tenter de brouiller les frontières entre jeu et cinématique. Cela lui donne des allures de longue cinématique interactive, mais le revers de la médaille, c’est que le joueur y est moins actif.

    Elpilone : Pour l’instant je retrouve tout ce que je n’avais pas apprécié dans le premier : des dialogues interminables à cheval. On s’ennuie !

    Disons que ce n’est pas intense tout le temps.

    Emil : Y a-t-il une partie gestion des points d’expérience du personnage ? (meilleure agilité, course à pieds, efficacité au tir… ?)

    S’il y en a une, on ne le sait pas, car nous sommes toujours au niveau 1. Ce n’est pas trop dans l’esprit des jeux de Rockstar : la progression se fait plus naturellement, comme dans GTA III qui demandait d’aller à la salle de sport pour se muscler, ou dans ce Red Dead où, grâce aux progrès fulgurants de la technologie, les poils de barbe du personnage poussent en temps réel.

    Arthur Morgan : Est-ce que vous trouvez vous aussi que la prise en main n’est pas simple ? Entre la lourdeur du personnage et toutes les possibilités du gameplay, j’avoue être parfois perdu (je n’ai fait que le chapitre 1).

    Il y a des combinaisons de touches pour tout, c’est effectivement un coup à se perdre.

    Emil : Je déteste toujours autant les jeux de tir à la troisième personne à la manette, absolument vomitif pour moi dans les déplacements et les tentatives pour viser…

    On a effectivement trouvé la vue à la troisième personne pas bien pratique, avec un viseur qui ne prend pas en compte l’allonge du bras dans les corps-à-corps par exemple, et une mire qui ne laisse pas forcément deviner que la dispersion des balles est importante avec certaines armes.

    Moi : L’histoire est intéressante et bien ficelée ou sans intérêt ?

    Très diluée. On est plus dans une immersion dans un gang du Far West que dans une intrigue ténue avec un suspense bien établi. C’est lié à la longueur de l’aventure, qui s’étalonne sur plusieurs dizaines d’heures.

    Un_fonctionnaire_un_vrai : Vous pensez quoi de la traduction des sous-titres ?

    On perd un peu le côté coloré de certaines expressions, mais globalement elle est bonne.

    OrcishAle : Il est étrange de dire une chose pareille, mais de ce qu’on en voit pour le moment, « Assassin’s Creed Odyssey » aura été une claque plus conséquente que « Red Dead Redemption 2 » – qui semble être un « GTA V » avec un revêtement de western…

    Les hellénistes et les fans de gladiateurs de pixels sont plus clients du pourtant plus classique Assassin’s Creed Odyssey pour l’instant. Mais il y a des choses folles dans la façon de mettre en scène Red Dead Redemption 2 et de brouiller la frontière entre cinématique et jeu-jeu (ou gameplay).

    Mehdi : Est-ce effectivement LE jeu de l’année ou y a-t-il d’autres sorties prévues qui pourraient contester ce titre ?

    Corentin Lamy : J’ai quatre ou cinq « GOTY » (game of the year) en tête mais le plus récent c’est Obra Dinn (dont le test est en cours de rédaction).

    William Audureau : Pour l’instant, je dirais Celeste et Assassin’s Creed Odyssey. J’ai aussi apprécié Spider Man, mais aucun jeu ne m’a vraiment marqué cette année. Mon vrai « GOTY », c’est Undertale sur Switch. Il reste encore Super Smash Bros. Ultimate début décembre, si l’on s’en tient aux grosses franchises.

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  • Exposition : quelques grammes de finesse dans un monde d’art brut

    Exposition : quelques grammes de finesse dans un monde d’art brut

    « Danser brut ». Le titre de l’exposition du Lille art Musée (LaM), à Villeneuve-d’Ascq, claque sec. Il propulse une énergie qui fuse sans prévenir. Il trace aussi le périmètre d’action d’un accrochage qui tire des bords entre gestes volontaires et involontaires, conscients et inconscients en abordant les ­danses de possession et les phénomènes pathologiques.

    Ce parapluie thématique permet de rassembler, en les jux­taposant parfois, des œuvres variées comme des dessins du chorégraphe Vaslav Nijinski ­(1889-1950), exécutés dans les années 1915-1917 avant qu’il soit interné, des vidéos de la danseuse expressionniste allemande ­Valeska Gert (1892-1978), mais aussi des clichés de patientes ­épileptiques soignées par ­Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière à partir de 1870 et des dessins d’art brut signés par l’Américain Lewis Smith (1907-1998).

    Pleine de péripéties visuelles, avec plus de 300 œuvres, dessins, peintures, photos et films, et ­paradoxalement fluide dans sa circulation, l’exposition, sous la houlette de Savine Faupin et de Christophe Boulanger, égrène une série de chapitres autour du tournoiement, des mouvements ordinaires et extraordinaires, des rapprochements entre hystérie et burlesque… « “Danser brut” donne à voir des gestes non catalogués comme gestes de danse et rarement enregistrés, précisent les commissaires. Certains restent ­invisibles, car ils n’ont pas été photographiés, ni dessinés ni filmés. D’autres existent par des témoignages. »

    Le LaM possède le plus important ensemble d’art brut en France avec près de 3 500 œuvres de 170 créateurs français et étrangers

    Le psychiatre Jean Oury, présent à travers une vidéo, ­évoque par exemple, dans son ­livre Création et Schizophrénie, la pirouette sur lui-même qu’exécutait un patient, placé sous une gouttière percée, à chaque fois qu’une goutte d’eau tombait.

    La collection d’art brut du LaM, qui possède le plus important ensemble en France…

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  • « Bolsonaro propose une interprétation de la démocratie qui marie libéralisme économique et autoritarisme prétorien »

    « Bolsonaro propose une interprétation de la démocratie qui marie libéralisme économique et autoritarisme prétorien »

    Tribune. Les couples dictature/dirigisme économique et libéralismes économique et politique ont rarement fonctionné de pair en Amérique latine. Au moins depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Au gré de circonstances nationales et régionales, articulées sur les rapports de force globaux, le constat est celui de toutes sortes de possibles, croisant et mêlant les contraires.

    Le 7 octobre 2018 un candidat au programme radicalement à droite a pris le dessus au premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Jair Bolsonaro propose une interprétation de la démocratie qui marie libéralisme économique et autoritarisme prétorien. Par l’un, il entend la privatisation des entreprises d’Etat pour réduire la dette publique de 20 %, l’équilibre budgétaire dès la première année, une baisse d’impôts pour ceux « qui paient beaucoup », et donc la révision des dépenses sociales. Quant à l’autoritarisme prétorien, il repose sur un recours maximal à la violence de la puissance publique. Au nom de la légitime défense, le port d’armes sera généralisé.

    Cette combinaison de libéralisme économique couplé à un discours autoritaire et moralement traditionaliste est l’une des expressions possibles de la mixité idéologique qui a le plus souvent dominé l’espace sous-continental latino-américain. La recherche d’une troisième voie entre capitalisme et communisme est une autre constante.

    Proximité des Etats-Unis, dialectique de la guerre froide

    La démocratie autoritaire, très souvent centrée sur le charisme d’un homme fort, allant de pair avec une économie de marché dirigée, a été une greffe dominante dans les années 1950. L’Argentine du général Juan Domingo Péron, le Brésil de Getulio Vargas, le Mexique des présidents du PNR/PRI, ont favorisé les théoriciens économiques privilégiant la construction d’un marché interne protégé, afin de doter leurs pays de secteurs à forte valeur ajoutée. Ils ont à cet effet puisé initialement dans…

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  • Sélection albums : Joseph Haydn, Maurane, Dominique A…

    Sélection albums : Joseph Haydn, Maurane, Dominique A…

    • Joseph Haydn
      L’Ours

      Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (violon et direction)

    Aussi attractif (programme recherché mais divertissant, interprétation experte mais vivifiante) que les précédents, le troisième volume de l’intégrale des six symphonies dites « parisiennes », que Joseph Haydn a composées entre 1785 et 1786 à l’intention du Concert de la Loge olympique, démontre que L’Ours n’est pas moins élégant que La Reine ni moins remuant que La Poule, les deux pages de la série déjà enregistrées. Plus justifié à l’écoute que celui des symphonies de Haydn, le titre de la Symphonie concertante mêlée d’airs patriotiques (1794) de Jean-Baptiste Davaux tient toutes ses promesses, avec de savoureuses variations sur La Marseillaise et La Carmagnole. Quant à la Symphonie concertante (1789) de François Devienne, elle permet à Julien Chauvin de renouer avec une pratique révolue sinon révolutionnaire, en permettant (captation live) au public d’applaudir entre les divers solos. Pierre Gervasoni

    1 CD Aparté.

    • Maurane
      Brel

    Maurane avait fait ses débuts, à la fin des années 1970, en chantant Jacques Brel et songeait depuis plusieurs années à lui consacrer un album. Elle avait commencé à y travailler avant sa mort, le 7 mai. Ce Brel par Maurane a été finalisé par sa fille, Lou Villafranca, avec Philippe Decock, le pianiste de la chanteuse. Maurane est ici en distance très juste par rapport à la dramaturgie, la théâtralité que l’on pouvait entendre chez Brel. Tantôt presque rieuse (Vesoul, Rosa), tantôt rêveuse (Je ne sais pas, La ville s’endormait, Une île), dans une grande exactitude d’émotion lorsqu’elle aborde les thèmes les plus poignants du répertoire de Brel (La Chanson des vieux amants, Quand on a que l’amour, Ne me quitte pas). Avec piano, guitare acoustique, contrebasse, une formation de cordes pour deux thèmes, ici et là, une trompette, un bugle, des percussions… Les arrangements de Lou Villafranca et Philippe Decock constituent un précieux écrin musical à ces derniers chants de Maurane. Sylvain Siclier

    1 CD Polydor/Universal Music.

    • Dominique A
      La Fragilité

    Sept mois après Toute latitude, marquant un retour aux amours électroniques, Dominique A livre son deuxième album de l’année, jumeau par sa thématique (le temps, l’enfance, les paysages), puisque les textes ont été écrits au même moment. Après les brisures rythmiques, place à une veine aussi élégiaque mais plus mélodique, autour des arpèges et des boucles d’une guitare espagnole, qui se déroulent comme pour rappeler une entêtante absence, celle de Leonard Cohen, dont la mort, le 7 novembre 2016, a inspiré la magnifique chanson d’ouverture, La Poésie. Rehaussé de claviers new wave évanescents et d’une machinerie légère, ce disque en solitaire confirme, a contrario de son titre, la solidité d’une écriture dénuée d’effet de manches (Le Grand Silence des campagnes, J’avais oublié que tu m’aimais autant) et la beauté sensible et pudique d’un chant qui se laisse pourtant aller au vibrato sentimental (Comme au jour premier). L’écoute pourra être complétée par la lecture de Ma vie en morceaux (Flammarion, 222 p., 18 €), le cinquième livre publié par Dominique Ané (qui reprend son nom à l’état civil quand il écrit), récit d’épisodes de son existence à travers 26 de ses chansons, du Courage des oiseaux, ce tube générationnel underground, au Ruban, évocation des civils pendant la deuxième guerre mondiale, une des plus belles réussites de La Fragilité. Bruno Lesprit

    1 CD Cinq7/Wagram.

    • Sniper
      Personnalité suspecte, vol.1

    Sniper avait marqué le rap français des années 2000, avec des titres comme Gravés dans la roche ou Sans repères. La force de ce trio repose sur la combinaison de voix assez distinctes et une acuité avec sa génération. Séparé une première fois en 2007, il réussit un retour gagnant avec ce cinquième album en s’associant avec de jeunes beatmakers comme Seezy (remarqué sur les albums de Vald, il signe ici les meilleurs morceaux, Je suis, Le doigt où ça fait mal, Sablier, Ça va aller avec Soprano), William Chauvet et l’incontournable Dany Synthé. La qualité des textes va avec la sincérité, Aketo n’hésitant pas à revenir dans Je suis sur le passage à vide (« J’ai perdu confiance en moi, pointé à Pôle emploi »). Jusque-là abonné aux refrains, Blacko signe un couplet acerbe sur les nouveaux rappeurs : « MC décérébré, génération dégénérée, haine et bêtises célébrées. » Réjouissant. Stéphanie Binet

    1 CD Mezoued Records/Believe.

    • Elvis Costello & The Imposters
      Look Now

    Si prolifique depuis ses débuts – My Aim Is True (1977) –, Elvis Costello nous avait laissés sans nouvelles depuis 2013 et son album collaboratif avec les virtuoses R’n’B de The Roots, Wise Up Ghost. La faute à un pépin de santé, mais aussi, sans doute, à un poil d’amertume face à l’insuccès de ses dernières productions. Il faut dire que, piégé par sa soif d’embrasser tous les genres (jusqu’à la musique contemporaine) et une conscience trop démonstrative de son encyclopédisme pop, cet exceptionnel songwriter avait perdu de sa magie. Comme revigoré par ce break, l’ancien leader des Attractions (devenus les Imposters) étincelle à nouveau dans Look Know. Retrouvant lisibilité mélodique, pertinence émotionnelle et malice narrative, l’Anglais à la voix râpeuse aligne un sans-faute de 12 titres, puisant avec délice dans sa passion pour l’aristocratie de la musique populaire (deux chansons à nouveau composées avec le maître Burt Bacharach, avec qui il cosigna Painted From Memory, en 1998 ; une autre écrite, il y a vingt-cinq ans, avec Carole King) et ses souvenirs de jeunesse (le « beatlemaniaque » Under Lime, le très Stax Mr. and Mrs. Hush, de parfaites ballades vintage telles Stripping Paper ou Photographs Can Lie). Boosté par une vitalité qui permet à ce 34e album de s’approcher d’anciens sommets tels This Year’s Model, Get Happy ! ou Imperial Bedroom. Stéphane Davet

    1 CD Concorde Records.

    • Salif Keita
      Un autre Blanc

    Fort séduisant, cet album composé de dix nouveaux titres sera le dernier, prévient la star malienne, qui fêtera ses 70 ans en 2019. Officiellement, pour justifier cette retraite, Salif Keita parle de lassitude par rapport aux contraintes de la vie de chanteur, tout en rassurant son public – il ne décrochera pas complètement de la scène. Pour cet enregistrement, il a voulu faire les choses en grand. D’où le nombre d’invités renommés (MHD, Alpha Blondy, Angélique Kidjo, Yemi Alade, Ladysmith Black Mambazo), la liste impressionnante de musiciens et vocalistes se succédant au fil des différentes chansons (dont Paco Sery, Alune Wade, Hervé Samb, Cheick Tidiane Seck, Jean-Philippe Rykiel, Julia Sarr…). Des artistes avec qui Salif Keita a fraternisé à un moment ou l’autre de sa longue carrière (quasiment un demi-siècle). La voix est toujours magnifique et bouleversante, même si l’on aurait aimé que fût évité l’usage épisodique du vocoder et autres trucages électro. Patrick Labesse

    1 CD Naïve/Believe.

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  • Juninho et Ronaldinho : les ex-stars du football s’opposent sur Bolsonaro

    Juninho et Ronaldinho : les ex-stars du football s’opposent sur Bolsonaro

    Juninho s’est indigné du soutien affiché par Ronaldinho au candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, aux portes du pouvoir.

    Juninho

    Retraité responsable. Juninho ne s’était jamais fait remarquer par ses prises de position politique. Mais la probable victoire de Bolsonaro l’a fait sortir de ses gonds : « Je comprends l’athlète qui joue toujours et qui préfère ne pas se positionner. Mais un ancien athlète qui a une bonne qualité de vie et qui ne s’engage pas dans la situation du pays, c’est inadmissible », a-t-il déclaré à El País.

    Indigné. Dans cette même interview, il tacle son ancien coéquipier, Ronaldinho : « Beaucoup de Brésiliens ignorent que d’autres ont été torturés et assassinés pendant la dictature. Je m’énerve quand je vois un ex-joueur de football voter pour l’extrême droite. Nous avons été élevés au sein du peuple. Comment l’oublier ? »

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    Star humble. Juninho Pernambucano, 43 ans, né à Recife, s’est révélé dans l’un des clubs mythiques de Rio de Janeiro, Vasco de Gama, dont il fut une idole dans les années 1990. Fidèle, le milieu de terrain y retournera au crépuscule de sa carrière. Il compte également quarante-quatre sélections en équipe nationale brésilienne.

    Roi de Lyon. Arrivé en France en 2001, il fut sept fois champion de France avec l’Olympique lyonnais dont il est considéré comme le meilleur joueur de tous les temps et pour lequel il a inscrit cent buts. Il s’est notamment distingué par la qualité de ses coups francs, soixante-quinze marqués au cours de sa carrière.

    Ronaldinho

    Retraité illuminé. « Pour un Brésil meilleur, je désire la paix, la sécurité et quelqu’un qui nous redonne de la joie », a martelé Ronaldinho qui s’est fait photographier avec un maillot portant le numéro 17, le code de Bolsonaro sur les urnes électroniques. Personne n’a été surpris au Brésil. Après sa retraite sportive, le joueur a rejoint un parti évangélique de la droite conservatrice pro-Bolsonaro.

    Influent. Ronaldinho a été suivi dans son soutien politique pour Bolsonaro par une dizaine d’autres joueurs célèbres dans ce pays où la parole d’un footballeur pèse des tonnes. Rivaldo, Taffarel, Edmundo ou Cafu, chez les anciens, se sont déclarés en faveur du candidat d’extrême droite. Felipe Melo, Alisson Becker, Gabriel Jesus ou Lucas Moura, toujours en activité, ont fait de même.

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    Icône tapageuse. Ronaldo de Assis Moreira, né il y a trente-huit ans à Porto Alegre, dans un milieu modeste, fut un numéro 10 à la technique de dribble géniale. Reconnu comme étant l’un des plus grands joueurs de tous les temps, il a remporté le Ballon d’or en 2005, compte 97 sélections, mais a vu sa carrière polluée par un tempérament festif insatiable.

    Idole à Paris. Avant de rejoindre le FC Barcelone pour devenir une star internationale, il évolue deux saisons au PSG. Ses relations orageuses avec l’entraîneur francilien, Luis Fernandez, n’empêchent pas le petit Brésilien de devenir la coqueluche du Parc des Princes.

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  • Le chanteur américain Tony Joe White est mort

    Le chanteur américain Tony Joe White est mort

    Archétype, avec son confrère guitariste de l’Oklahoma J.J. Cale (1938-2013), de l’attitude et du style laid-back (décontracté) dans le country-rock américain, Tony Joe White est mort, mercredi 24 octobre, d’une crise cardiaque à son domicile de Leiper’s Fork, village du Tennessee.

    Agé de 75 ans, ce musicien discret et taciturne venait de publier, fin septembre, un album de blues, Bad Mouthin’ (Yep Roc Records), du nom de la toute première chanson née de sa plume, en 1966, restée inédite. Dans ce disque à dominante acoustique, produit par son fils, et minimaliste (le chant, la guitare et l’harmonica de Tony Joe White, à l’occasion accompagnés d’une basse et d’une batterie), il citait, à côté de quelques compositions originales, ses sources : son modèle pour la six-cordes, Lightnin’ Hopkins, les maîtres du boogie John Lee Hooker et de l’électricité Jimmy Reed.

    Musique des marais de Louisiane

    Le nom de Tony Joe White reste d’abord associé à un classique, Polk Salad Annie, qui devait définir en 1969, avec les hits de Creedence Clearwater Revival (Born On The Bayou, Proud Mary, Green River), le swamp rock, cette musique des marais de Louisiane, fantasmés dans le cas du Californien John Fogerty, tout à fait empiriques pour Tony Joe White.

    Enregistré dans les studios de Muscle Shoals (Alabama), alors sanctuaire de la fusion fertile entre le rhyhm’n’blues et la country, Polk Salad Annie débute par un groove énergique et le grognement d’un homme qui semble avoir été surpris pendant sa sieste. Sa guitare imite, selon son expression, « le sifflement du boomerang » et les cuivres coassent comme un chœur de batraciens. Les paroles composent une fable autour d’une miséreuse ramassant des légumes locaux accommodés en salade, dont la méchante mère-grand a été dévorée par les alligators. Publiée chez Monument, le label de Roy Orbison, Polk Salad Annie connaît…

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