La police indienne a arrêté ces derniers jours plus de 2 000 personnes qui ont empêché des femmes d’accéder au temple hindou d’Ayyappa à Sabarimala, dans l’Etat du Kerala (sud), a fait savoir vendredi 26 octobre, un responsable de la police. Les personnes arrêtées agissaient en effet en violation d’une décision de justice qui autorise pour la première fois les femmes à y pénétrer
« Nous avons arrêté 2 061 personnes conformément à plusieurs articles du code pénal indien, dont incitation à la violence communautaire, (infraction à) la loi sur les armes et destruction de biens publics », a rapporté ce responsable de la police qui a requis l’anonymat. Il a précisé que, jusqu’à présent, 452 procédures avaient été engagées contre les suspects et qu’il fallait s’attendre à de nouvelles arrestations, des centaines d’autres suspects ayant été repérés.
Le temple, qui n’est ouvert que périodiquement, a refermé ses portes lundi jusqu’à novembre. La semaine prochaine, le temple ouvrira pour une journée de rituels avant un festival de deux mois à partir de la deuxième semaine de novembre.
Traditionnalistes
La semaine dernière, des traditionalistes hindous, massés au pied de la colline au sommet de laquelle se dresse ce temple, ont empêché les femmes, âgées entre 10 et 50 ans, d’y accéder, malgré une forte présence des forces de l’ordre. Certains manifestants ont brisé les vitres des voitures et des échauffourées ont opposé protestataires et forces de l’ordre. Des policiers armés ont tenté d’escorter des femmes jusqu’au sanctuaire mais aucune n’a pu y accéder.
Mercredi, la police a commencé à procéder à une vague d’arrestations. Fin septembre, la Cour suprême avait révoqué l’interdiction faite aux femmes en âge d’avoir leurs règles de pénétrer dans ce sanctuaire.
En 2016, des centaines de femmes avaient obtenu la révocation d’une interdiction identique dans le temple Shani Shingnapur au Maharashtra (centre). La même année, un tribunal avait également autorisé aux femmes l’accès au sanctuaire du mausolée et de la mosquée Haji Ali Dargah à Bombay.
La découverte de colis piégés envoyés à des personnalités anti-Trump, le 24 octobre, intervient à quelques semaines des midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Cela fait dire à de nombreux adeptes de la théorie du complot que la gauche est à l’origine de ces envois. Parmi eux, Alex Jones, fer de lance de l’extrême droite, explique que l’envoi de ces colis est un « canular ». Comme de nombreux conspirationnistes, il estime que c’est un false flag, c’est-à-dire une « fausse banière ». Il s’agit, dans le langage militaire, d’une ruse qui consiste à mener une action en se faisant passer pour un autre, et ce afin de lui faire porter le chapeau.
Voici les deux principaux piliers de leurs argumentaires : d’abord, ce serait une méthode pour décrédibiliser la droite et, ensuite, si les colis n’ont pas explosé c’est qu’ils sont faux.
Barack Obama, Hilary Clinton, Robert De Niro, Georges Soros ou la chaîne CNN ont reçu de tels types de colis. En réponse, Donald Trump a lancé un appel à l’union nationale. Mais rend les médias responsables d’un climat hostile.
L’incendie couvait et Gianni Infantino l’a étouffé en urgence. Vendredi 26 octobre, le président de la Fédération internationale de football (FIFA) s’est résolu, contraint et forcé, à mettre en place une commission afin d’étudier deux projets qui suscitaient des crispations : la création d’une Ligue mondiale des nations et la réforme de la Coupe du monde des clubs, organisée chaque année en décembre autour de sept clubs. Ces deux projets étaient au menu des discussions lors de la réunion du conseil (gouvernement) de la FIFA, à Kigali (Rwanda).
Depuis plusieurs mois, Infantino promeut l’idée de lancer une Ligue mondiale des nations, sorte de mini-Coupe du monde qui regrouperait, tous les deux ans, huit sélections nationales. Parallèlement, le patron du foot mondial souhaite redonner du crédit et de la visibilité à la Coupe du monde des clubs, dont il veut changer le format à partir de 2021. Au départ, le dirigeant désirait élargir cette compétition à vingt-quatre équipes, dont douze européennes, et l’organiser tous les quatre ans afin de remplacer la Coupe des confédérations.
Mais des fuites dans la presse évoquaient une deuxième option, avec un tournoi qui se déroulerait chaque année. Pour convaincre les diplomates du ballon rond, Infantino avait écrit, en mai, une lettre aux membres du conseil de la FIFA : il y affirmait être soutenu par un groupe d’investisseurs « solide et sérieux ». Enclin à dépenser 25 milliards de dollars (21,9 milliards d’euros) sur un cycle de douze ans, ce consortium est dirigé par la société japonaise SoftBank et appuyé financièrement par le fonds souverain de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.
« Mercantilisme extrêmement cynique et impitoyable »
Avant la réunion de Kigali, les deux projets portés par Gianni Infantino ont mis le feu aux poudres. D’autant que le patron de la FIFA souhaitait que ces réformes soient directement soumises au vote de son gouvernement. La fronde est venue de l’Union des associations européennes de football (UEFA) et de son président slovène, Aleksander Ceferin. Soucieux de défendre le très lucratif « produit » Ligue des champions, sous la menace de cette nouvelle compétition, le patron du foot européen a déclaré qu’il s’agissait d’un « mercantilisme extrêmement cynique et impitoyable ».
Lundi 22 octobre, Infantino a, par ailleurs, reçu un courrier au vitriol du Forum mondial des ligues (WLF), signé par Richard Scudamore, patron de la Ligue anglaise, Christian Seifert, directeur général de la Ligue allemande, et d’Enrique Bonissa, numéro 1 de la Ligue mexicaine. Dans leur lettre, les trois dirigeants pointaient des difficultés liées au calendrier, remettaient en cause le passage en force du président de la FIFA, réclamant une phase de consultations et la mise en place d’une task force chargée d’étudier à la loupe ces deux réformes. De son côté, l’Association européenne des clubs (ECA) avait déjà réclamé, il y a quelques mois, des discussions « ouvertes et transparentes ».
Guerre des nerfs
Jeudi 25 octobre, le conseil de la FIFA a été le théâtre d’une guerre des nerfs entre les neuf représentants de l’UEFA, disposés selon le New York Times à quitter la table des négociations, et Gianni Infantino. Ces crispations ont, d’ailleurs, totalement éclipsé la réforme du marché des transferts, également à l’ordre du jour du conseil de la FIFA. « On se dirige vers une guerre », soufflait un proche du dossier, la veille des discussions. « Cela s’annonce très chaud », confirmait-on du côté de la Fédération internationale.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la tension est, pourtant, retombée d’un cran. Car Gianni Infantino s’est résolu à ne pas fairevoter ces deux projets. Au terme de la réunion de Kigali, la FIFA a, d’ailleurs, annoncé la mise en place d’une task force, « sous la direction du bureau du conseil » (composé de Gianni Infantino et des patrons des confédérations continentales). Ce groupe de travail est censé « présenter ses propositions » lors du prochain sommet du gouvernement de la Fédération internationale, les 14 et 15 mars 2019, à Miami.
Autocritique
« La FIFA essaye d’éviter la guerre. Car on était à la limite d’une vraie guerre ouverte entre la FIFA et l’UEFA, analyse un dirigeant européen. Personne ne comprenait pourquoi Gianni Infantino avançait de cette manière-là, aussi agressive. Ce montage vise à privatiser les compétitions, à vendre l’organisation d’une compétition à une structure. Politiquement, Infantino (candidat à un deuxième mandat en juin 2019, lors du congrès de Paris) n’a rien à y gagner. Et je ne pense pas que la FIFA se porte mal financièrement (des revenus records de 6,1 milliards de dollars sont attendus pour le cycle qui se refermera à la fin de 2018). »
Au terme du sommet de Kigali, Infantino s’est montré consensuel. « Ces six derniers mois, nous avons eu des consultations, nous avons parlé à des parties qui ont des points de vue différents, des opinions différentes, et l’important, c’est que ces points de vue, ces opinions seront maintenant rassemblés », a-t-il assuré, disposé à faire son autocritique. « Est-ce que j’aurais pu faire les choses mieux ? Certainement, certainement. Mais nous essayons de le faire à partir de maintenant. Nous sommes ouverts à toute idée et toute proposition », a confié le patron de la FIFA, soulagé d’avoir étouffé l’incendie.
Le Lyonnais Jérémy Morel va jouer pour la sélection de Madagascar, qualifiée pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations.
Le pays est à la recherche de joueurs expérimentés originaires de l’île, pour se renforcer.
Les Malgaches joueront leur première Coupe d’Afrique des nations du 15 juin au 13 juillet 2019, au Cameroun.
Jérémy Morel, dont le père est malgache et la mère réunionnaise, a en effet donné son accord pour porter le maillot des Barea.
C’est leur sélectionneur, le Français Nicolas Dupuis, qui l’a annoncé ce vendredi en direct à la télévision nationale.
“Très clairement, c’est lui qui m’a appelé. Très clairement, ce n’est pas moi qui suis allé le chercher. Je n’avais pas du tout l’idée que Jérémy pouvait être malgache”, a expliqué le technicien dans l’émission Midi Ma’nifik.
“J’ai reçu le coup de fil avant le match retour contre la Guinée équatoriale, 1-0). Il s’est proposé très simplement en me disant : “Coach, vous êtes bientôt qualifiés, je ne veux pas prendre la place de qui que ce soit, mais sachez que je suis d’origine malgache. Je serais très fier de porter le maillot de Madagascar. Ça tombait bien puisque je cherchais justement un défenseur de métier, pouvant compléter le groupe”, a expliqué le sélectionneur.
Jia Zhang-ke a sorti sa plus belle perche à selfie pour l’occasion. Le réalisateur la promène, coiffée d’un smartphone fluet, tandis qu’il musarde sur le « red carpet » du festival de cinéma qu’il a créé, il y a un an, à Pingyao. Le tapis est du même rouge que les drapeaux de la République populaire chinoise qui flottent fièrement sur l’artère principale de cette bourgade touristique de la province du Shanxi, située à 585 km au sud-ouest de Pékin – Pingyao ne compte que 500 000 habitants, une bagatelle à l’échelle du pays.
Lors du dernier Festival de Cannes, une escouade de six agents de sécurité veillait à ce qu’aucun selfie n’entache la montée des marches. A Pingyao, les régiments de l’armée, qui patrouillent à vive cadence durant toute la manifestation, laissent faire. Il serait inopportun de voir dans le geste de « mister Jia », comme on l’appelle ici, un bras d’honneur aux instances cannoises, qui ont sélectionné six de ses douze longs-métrages, dont le plus récent, Les Eternels, en mai.
Non, si le grand mandarin du cinéma d’art et d’essai a dégainé sa perche, c’est pour se persuader qu’il ne rêve pas : pour la deuxième année d’affilée, près de 150 000 de ses compatriotes, selon le décompte officiel, sont venus découvrir une cinquantaine de films chinois et étrangers, du 11 au 20 octobre. Alors, l’engin de Jia s’attarde longtemps sur les visages enthousiastes de ces lycéens, étudiants, cinéphiles, blottis contre les rambardes blanches ; certains ont fait le voyage de très loin – Sichuan, Yunnan… – pour se retrouver là, dans la région la plus charbonneuse du pays, ce Shanxi noir de suie où il a vu le jour, il y a 48 ans, et fait ses premières armes de cinéaste.
La déesse aux vingt-six bras
Ainsi augmenté d’un membre métallique, Jia Zhang-ke ressemble à la déesse aux vingt-six bras qui trône au cœur du temple taoïste Shuanglin, l’une des principales attractions du coin. Combien de perches, au juste,…
Collaborateur de longue date de Jia Zhang-ke, Nathanaël Karmitz, 40 ans, est le directeur général de MK2, une société basée à Paris, où cohabitent plusieurs métiers du cinéma (production, exploitation, distribution, édition, ventes internationales…).
Jia Zhang-ke se réfère souvent à ce qu’il appelle le « modèle MK2 ». A quand remonte votre collaboration ?
Nous avons assuré les ventes internationales de 24 City, en 2007. Depuis, nous ne nous sommes pas quittés, jusqu’à coproduire ses deux derniers films. MK2 correspond bien à ces grands réalisateurs qui portent un message universel dans des pays où le cinéma est un art vivace, mais contraint. Ils ont besoin d’appuis, d’ouvertures. Ce fut le cas hier pour Abbas Kiarostami en Iran ; c’est aujourd’hui le cas pour Jia.
Du maoïsme au gouvernement Sarkozy, votre père, Marin, s’est frotté à la chose politique. Que vous inspirent les engagements de Jia Zhang-ke ?
Sa dialectique est similaire à celle de mon père, en effet : pour faire bouger un système, mieux vaut-il opérer de l’intérieur ou de l’extérieur ? La situation chinoise, dont on mesure mal la complexité, appelle à la nuance. Jia montre qu’il est possible d’exercer un regard critique, sans basculer dans la dissidence. Il porte « une autre idée du cinéma », comme on dit chez MK2. En cela, il peut être rapproché de Kiarostami ou de Cristian Mungiu, qui promeut l’art et essai en Roumanie avec une caravane itinérante.
Vous avez conseillé Jia Zhang-ke avant qu’il ouvre son réseau de salles art et essai, à Pingyao et Fenyang. Pour l’heure, la fréquentation n’est guère au rendez-vous…
De Bi Gan à Jia Zhang-ke, le cinéma chinois est le plus grand inventeur de formes de ce début de siècle. Mais c’est un art très jeune. Il faudra un peu de temps encore pour qu’un écosystème cinéphile vertueux, porté depuis les écoles jusqu’aux médias, se structure…
Vingt jours après l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, le parquet turc a lancé, vendredi 26 octobre, une procédure d’extradition contre dix-huit Saoudiens soupçonnés d’implication dans le meurtre de l’opposant, a annoncé le ministère turc de la justice. Cette demande intervient deux jours avant la venue en Turquie du procureur général saoudien.
Jamal Khashoggi, journaliste et opposant saoudien exilé aux Etats-Unis et qui contribuait notamment au Washington Post, a été tué le 2 octobre lors d’une visite au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il devait obtenir des papiers pour pouvoirépouser sa fiancée turque.
Le parquet d’Istanbul a remis les noms des dix-huit suspects soupçonnés « d’implication dans ce meurtre prémédité » au ministère de la justice, qui les a à son tour transmis au ministère des affaires étrangères pour que la demande d’extradition soit adressée à Riyad par les canaux officiels, a fait savoir le ministère de la justice dans un communiqué.
Le 20 octobre, les autorités saoudiennes avaient annoncé avoir interpellé dix-huit personnes — quinze membres d’un commando saoudien soupçonné d’avoir tué le journaliste, ainsi que trois employés du consulat — et qu’elles seraient jugées. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait appelé mardi au jugement de ces suspects à Istanbul et non pas en Arabie saoudite, même si le crime a été commis par des Saoudiens dans l’enceinte d’un consulat saoudien.
« La demande d’extradition est motivée par le fait que Jamal Khashoggi a été tué en Turquie par des ressortissants saoudiens qui ont fait le voyage à cette fin spécifique », a rapporté un haut responsable turc sous couvert d’anonymat. « Il est clair que le système judiciaire turc est mieux à même de rendre justice dans cette affaire », a-t-il ajouté, précisant qu’un éventuel procès en Turquie serait ouvert « aux observateurs internationaux ».
Vidéosurveillance désactivée
L’enquête turque met, en effet, en lumière des preuves solides démontrant que le meurtre du journaliste et dissident a été planifié des jours à l’avance. Dans une allocution mardi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a détaillé que trois agents saoudiens sont arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste et se sont rendus dans une forêt proche d’Istanbul et à Yalova, une ville des bords de la mer de Marmara, à 90 km au sud d’Istanbul. Deux sites où la police turque, qui n’a toujours pas retrouvé le corps de Khashoggi, a procédé à des fouilles.
M. Erdogan a, par ailleurs, confirmé que quinze Saoudiens étaient arrivés à Istanbul le jour même de la disparition de M. Khashoggi et indiqué que les dix-huit interpellations auxquelles les autorités saoudiennes disent avoir procédé correspondent aux informations du renseignement turc. Le président turc a ajouté que le système de vidéosurveillance installé à l’intérieur du consulat saoudien avait été « désactivé ».
Le président de la République Emmanuel Macron a estimé, vendredi 26 octobre, que « c’est pure démagogie que de dire d’arrêter les ventes d’armes » à Riyad en réponse à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
Les ventes d’armes n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », s’est récrié le chef de l’Etat lors d’un déplacement à Bratislava, en Slovaquie, avant de plaider, en cas de sanctions, pour « une réponse européenne, dans tous les domaines » mais « une fois les faits établis ».
« Je suis très admiratif envers ceux qui, avant de savoir, disent “on ne vendra plus d’armes”. Ils en vendent déjà parfois plus que la France à travers les joint-ventures qu’ils ont », a lancé le président, alors que l’Allemagne a appelé les Européens à cesser leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite.
« Et quel est le rapport entre les ventes d’armes et M. Khashoggi ? Je comprends le lien avec le Yémen, mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! Si on veut prendre des sanctions, il faut en prendre dans tous les domaines. Il faut dans ce cas arrêter de vendre des véhicules », a poursuivi avec agacement Emmanuel Macron, interrogé par la presse.
Le président de la République a déclaré pencher pour « prendre des sanctions individuelles » contre les responsables de l’assassinat du journaliste, qu’il « condamne avec fermeté ». « J’attends que les faits soient établis clairement et surtout les responsables et les commanditaires, pour en tirer les conséquences et les sanctions », qui doivent être« claires, cohérentes » et « avec une réponse européenne ».
L’Arabie saoudite est l’un des principaux clients de la France en matière d’armement. Paris a ainsi livré pour 1,38 milliard d’euros d’armements à Riyad en 2017, sur un total de 6,7 milliards d’euros, faisant du royaume saoudien le deuxième plus gros client de l’Hexagone dans ce secteur l’an passé, après l’Egypte.
« Nous sommes arrivées sans projet, avec tout à construire, mais avec une liberté immense », se réjouit la jeune commissaire indépendante Martha Kirszenbaum, choisie par Laure Prouvost pour l’accompagner dans l’aventure du Pavillon français à la 58e Biennale de Venise, en 2019. En mai, l’artiste était choisie pour représenter la France selon un mode de nomination classique, après deux éditions issues d’appels à projets où les artistes candidataient avec des propositions clés en main – note d’intention, commissaire et mécènes.
C’est « pour offrir une visibilité à son travail et attirer les mécènes » qu’est présentée au Studio des Acacias, à Paris, l’exposition de Laure Prouvost You Are My Petrol, My Drive, My Dream, My Exhaust, explique le fondateur de cet espace, Paul-Emmanuel Reiffers, président de Mazarine Groupe et mécène du projet vénitien. Projet dont la commissaire détaille un financement partagé, en termes de production, entre « un tiers de fonds publics, à hauteur de 300 000 euros apportés par l’Institut français, et deux tiers de mécénat ».
Martha Kirszenbaum, commissaire indépendante : « Laure a 40 ans, moi 35, et cette question de génération n’est pas anodine »
« On a finalement peu vu son travail en France », relève Martha Kirszenbaum. La première exposition personnelle de l’artiste dans une institution parisienne se tenait cet été au Palais de Tokyo au sein de la saison « Enfance », où culminait une joyeuse fontaine de seins monumentaux aux tétons jaillissants. « C’était une exposition intime. A Venise, ce sera plus ouvert sur le monde, sous la forme d’un road-trip jusqu’à la Biennale », annonce l’énergique trentenaire, qui révèle les grandes lignes du projet.
« Nous allons représenter la France, alors que nous sommes deux outsiders, et c’est une donnée qui nous intéresse pour Venise. Laure n’a jamais vécu à Paris : elle a grandi près de Roubaix,…
Huit ans après Red Dead Redemption premier du nom, le second épisode est sorti sur PlayStation 4 et Xbox One vendredi 26 octobre. Il s’agit de la superproduction la plus ambitieuse des studios Rockstar depuis Grand Theft Auto V, le jeu le plus vendu de l’histoire, en 2013. Pendant cinq heures, nos journalistes ont découvert le jeu en direct et répondu aux questions des internautes.
PlasticHole : Pourquoi pas de sortie sur PC ? Ça a l’air trop chouette…
Le premier Red Dead Redemption, déjà à l’époque, n’était pas sorti sur PC. On a en revanche vu un employé de Rockstar lister sur LinkedIn Red Dead Redemption 2 comme étant un jeu pour Playstation 4, Xbox One… et PC. GTA V était lui aussi sorti uniquement sur consoles au départ, avant d’être porté sur ordinateurs deux ans après.
Zaq : Graphiquement vous en pensez quoi ? Je trouve pas le résultat extraordinaire comparé à un jeu comme « The Witcher 3 » pourtant de trois ans plus vieux.
A en juger par la version que nous testons (sur la PlayStation 4 standard), la direction artistique est plaisante, les paysages très réussis, mais ce n’est pas sidérant. Il ne faut pas s’attendre à un bond spectaculaire par rapport à d’autres jeux du genre.
Chico_Francky_Joe : N’ayant jamais joué au premier épisode, est-ce une suite du premier, ou une histoire distincte ?
Red Dead Redemption 2 est, comme son nom ne l’indique pas, une préquelle du premier, c’est-à-dire qu’il se déroule avant. On y croise les mêmes personnages, avec quelques années de moins. Pour autant, il ne se passe pas en même temps que Red Dead Revolver, dont Red Dead Redemption premier du nom était la suite. (Vous suivez ?)
Zaq : Le jeu est en monde ouvert ou linéaire ? Pour l’instant, pas l’impression qu’on puisse beaucoup s’écarter de la mission suivie.
On peut affirmer que le début du jeu est extrêmement linéaire (ce qui est du reste courant dans pas mal de jeux en monde ouvert, qui aiment bien poser l’ambiance et présenter les mécaniques de jeu dans un cadre restreint au départ). Le niveau 1-1 de Super Mario Bros. laissait plus de liberté d’exploration. La carte s’ouvre complètement à partir du chapitre 2, au bout de deux bonnes heures de jeu.
J’ai_du_rater_un_truc : Est-ce que c’est amusant d’y jouer ? je vous regarde depuis cinq minutes et ça paraît terriblement lent et naze.
C’est contemplatif, comme un Sergio Leone. Ce n’est pas naze, mais très convenu. Et très lent, on ne va pas vous mentir.
Samuel RD : Bonjour, ne trouvez-vous pas cela un peu inapproprié de réaliser un test en direct de « Red Dead Redemption 2 » (qui s’apparente surtout à un gros coup de pub pour Rockstar Games) alors même que tout au long de cette semaine votre même quotidien a publié trois articles sur les conditions de travail très critiquables au sein de ce studio de création ?
Au contraire. Nous avons activement couvert la question des conditions de travail au sein de Rockstar. Cela n’empêche pas de parler également du jeu en tant que produit culturel et œuvre de l’esprit, sous un angle par ailleurs critique.
Hakimême : J’ai l’impression que « Red Dead Redemption 2 » navigue dans une « vallée de l’étrange du gameplay ». On ne sait pas trop si c’est réaliste ou amusant, on ne sait pas trop où est le cliché et où est l’implication personnelle. Et ce manette en main. Est-ce que cette image vous parle ou bien est-ce que je cerne mal le jeu ?
C’est assez juste, et cela colle avec les efforts du jeu pour tenter de brouiller les frontières entre jeu et cinématique. Cela lui donne des allures de longue cinématique interactive, mais le revers de la médaille, c’est que le joueur y est moins actif.
Elpilone : Pour l’instant je retrouve tout ce que je n’avais pas apprécié dans le premier : des dialogues interminables à cheval. On s’ennuie !
Disons que ce n’est pas intense tout le temps.
Emil : Y a-t-il une partie gestion des points d’expérience du personnage ? (meilleure agilité, course à pieds, efficacité au tir… ?)
S’il y en a une, on ne le sait pas, car nous sommes toujours au niveau 1. Ce n’est pas trop dans l’esprit des jeux de Rockstar : la progression se fait plus naturellement, comme dans GTA III qui demandait d’aller à la salle de sport pour se muscler, ou dans ce Red Dead où, grâce aux progrès fulgurants de la technologie, les poils de barbe du personnage poussent en temps réel.
Arthur Morgan : Est-ce que vous trouvez vous aussi que la prise en main n’est pas simple ? Entre la lourdeur du personnage et toutes les possibilités du gameplay, j’avoue être parfois perdu (je n’ai fait que le chapitre 1).
Il y a des combinaisons de touches pour tout, c’est effectivement un coup à se perdre.
Emil : Je déteste toujours autant les jeux de tir à la troisième personne à la manette, absolument vomitif pour moi dans les déplacements et les tentatives pour viser…
On a effectivement trouvé la vue à la troisième personne pas bien pratique, avec un viseur qui ne prend pas en compte l’allonge du bras dans les corps-à-corps par exemple, et une mire qui ne laisse pas forcément deviner que la dispersion des balles est importante avec certaines armes.
Moi : L’histoire est intéressante et bien ficelée ou sans intérêt ?
Très diluée. On est plus dans une immersion dans un gang du Far West que dans une intrigue ténue avec un suspense bien établi. C’est lié à la longueur de l’aventure, qui s’étalonne sur plusieurs dizaines d’heures.
Un_fonctionnaire_un_vrai : Vous pensez quoi de la traduction des sous-titres ?
On perd un peu le côté coloré de certaines expressions, mais globalement elle est bonne.
OrcishAle : Il est étrange de dire une chose pareille, mais de ce qu’on en voit pour le moment, « Assassin’s Creed Odyssey » aura été une claque plus conséquente que « Red Dead Redemption 2 » – qui semble être un « GTA V » avec un revêtement de western…
Les hellénistes et les fans de gladiateurs de pixels sont plus clients du pourtant plus classique Assassin’s Creed Odyssey pour l’instant. Mais il y a des choses folles dans la façon de mettre en scène Red Dead Redemption 2 et de brouiller la frontière entre cinématique et jeu-jeu (ou gameplay).
Mehdi : Est-ce effectivement LE jeu de l’année ou y a-t-il d’autres sorties prévues qui pourraient contester ce titre ?
Corentin Lamy : J’ai quatre ou cinq « GOTY » (game of the year) en tête mais le plus récent c’est Obra Dinn (dont le test est en cours de rédaction).
William Audureau : Pour l’instant, je dirais Celeste et Assassin’s Creed Odyssey. J’ai aussi apprécié Spider Man, mais aucun jeu ne m’a vraiment marqué cette année. Mon vrai « GOTY », c’est Undertale sur Switch. Il reste encore Super Smash Bros. Ultimate début décembre, si l’on s’en tient aux grosses franchises.