Aliou Cissé, le sélectionneur du Sénégal, n’a effectué que deux changements pour le déplacement sans enjeu en Guinée équatoriale, dans le cadre de la 5eme journée des éliminatoires de la CAN 2019. Les Lions de la Téranga font partie des quatre équipes qui sont déjà qualifiées. Le latéral gauche Adama Mbengue et le milieu récupérateur Alfred N’Diaye sortent du groupe. Racine Coly, en profite pour être rappelé, tandis que le milieu de terrain de Saint-Etienne, Assane Diousse, signe son retour.
Les 23 Lions de la Teranga :
Gardiens de but : Abdoulaye Diallo (Rennes, France), Alfred Gomis (SPAL, Italie), Edouard Mendy (Reims, France).
Karl Toko Ekambi, ancien joueur d’Angers, dernier Prix Marc Vivien-Foé, a permis à Villarreal de facilement disposer du Rapid Vienne (5-0) jeudi 26 octobre en Ligue Europa. Il a été l’auteur d’un but et de deux passes décisives. L’international camerounais confirme tout son potentiel en Espagne.
C’est un Karl Toko Ekambi des grands jours qui s’est illustré jeudi 25 octobre avec Villarreal en coupe d’Europe (Ligue Europa). Face au Rapid Vienne, le dernier Prix Marc-Vivien Foé a été l’auteur de deux passes décisives et d’un but (5-0).
L’international camerounais avait inscrit son premier but de la saison en Ligue Europa à Moscou contre le Spartak lors de la deuxième journée. Dans le championnat espagnol, Karl Toko Ekambi a inscrit 2 buts en neuf rencontres.
Cet été, Toko Ekambi a quitté Angers et la première division française pour Villarreal et l’Espagne avec un transfert de 18 millions d’euros. La saison dernière, il a marqué les esprits avec 17 buts. Il confirme aujourd’hui, à 26 ans, son potentiel.
Karl Toko Ekambivoulait goûter au niveau européen
Karl Toko Ekambi était sorti de 3e division (Paris FC) en 2014 pour rejoindre la Ligue 2 et le club de Sochaux afin de lancer sa carrière. Dans le Doubs, il était rapidement devenu un titulaire indiscutable qui enchaînait les buts. En deux saisons, il avait ainsi joué 82 matches pour 26 buts.
Karl Toko Ekambi s’était ensuite engagé en juin 2016 avec Angers. Là-bas, il avait même participé à une finale de Coupe de France qu’il avait perdu face au Paris Saint-Germain (1-0).
Au moment de recevoir le Prix Marc Vivien-Foé, le Lion indomptable avait dit : « C’est ma meilleure saison en termes de statistiques et de régularité. Et puis, c’est une saison en Ligue 1. J’évoluais auparavant en 3e puis 2e division. Donc, je pense que c’est ma meilleure saison pour l’instant. » Et d’ajouter : « J’ai fait deux saisons à Angers. J’y ai vécu de belles aventures. Maintenant, j’aspire à goûter au haut niveau européen, que ce soit en France ou à l’étranger ».
Le gamin qui a grandi dans le 13e arrondissement de Paris, et qui n’a pas connu le parcours classique d’un joueur de football, brille comme il le souhaitait au niveau européen. Dimanche prochain, lors du déplacement au Deportivo Alavés en championnat espagnol, Karl Toko Ekambi tentera de continuer sur cette lancée.
Sur l’homosexualité, la sécurité, la place des femmes ou le (non-) contrôle des armes, Jair Bolsonaro a des idées assez arrêtées. Mais quand il est question de football, celui qui pourrait devenir le prochain président du Brésil, ce dimanche 28 octobre à l’issue du second tour l’opposant à Fernando Haddad, ratisse plus large. Le candidat en tête des sondages déclare officiellement deux clubs de cœur : Palmeiras et Botafogo. Une équipe de Sao Paulo et une autre de Rio de Janeiro, histoire de ne pas faire de jaloux. Mais il a aussi été aperçu avec le maillot du Vasco de Gama et de Flamengo.
Bolsonaro es hincha del Flamengo, el Botafogo, el Vasco y el Palmeiras. https://t.co/Pl1K5PIn4Q
— mc__ (@matías castañeda ????)
Bolsanaro aime le football et certains joueurs le lui rendent bien. Et pas des moins connus. Le 6 octobre, Ronaldinho affiche son soutien au candidat d’extrême droite sur les réseaux sociaux.« Pour un Brésil meilleur, je désire la paix, la sécurité et quelqu’un qui nous redonne de la joie. J’ai choisi de vivre au Brésil et je veux un Brésil meilleur pour tous », écrit le Ballon d’or 2005 sur son profil suivi par 18 millions d’internautes.
Sur le papier, la convergence des idées paraît étonnante entre l’ancienne vedette du FC Barcelone, connue pour son mode de vie hédoniste, et le capitaine de réserve de l’armée brésilienne de 63 ans. Mais « Ronnie » est loin d’être le seul ancien ou actuel international à rouler pour le candidat du Parti social-libéral (PSL). Cafu, double champion du monde (1994 et 2002), affiche aussi son soutien à Bolsonaro dans une vidéo, Rivaldo (Ballon d’or en 1999) évoque, lui, sa « joie de savoir que le Brésil se réveille et de constater que Jair Bolsonaro est le candidat idéal pour notre pays ».
Lucas (ancien attaquant du PSG, aujourd’hui à Tottenham) n’hésite pas de son côté à répondre sur son compte Twitter aux internautes qui le critiquent (et l’insultent parfois) pour son engagement politique : « Vous voulez faire quoi face aux bandits ? Il [Bolsonaro] ne promeut pas la violence, il promeut la justice et que les malfrats aient peur de la police. »
Un but dédié à Bolsonaro
Si ces soutiens sont récents et accompagnent la fulgurante ascension du député fédéral de Rio de Janeiro, Jadson (8 sélections) affichait ses opinions dès 2017, quand Bolsonaro n’était encore perçu que comme un épiphénomène. « J’ai déjà vu des interviews de lui sur YouTube, ça m’a l’air d’être un gars correct. S’il se présente à la présidentielle, je voterai pour lui », déclarait celui qui pourrait assister à la victoire de son favori depuis la Chine, où il poursuit sa carrière.
Le milieu international de Palmeiras Felipe Melo est même allé jusqu’à dédier son but contre Bahia, le 16 septembre, à « notre futur président Bolsonaro ». Les dirigeants de Palmeiras n’ont pas sanctionné leur joueur alors que le tribunal supérieur de la justice sportive réfléchit encore à engager une action contre celui dont le surnom de « Pitbull » colle assez bien avec ses convictions.
Le football brésilien aurait-il viré à l’extrême droite ? A travers une très longue enquête, le site UOL Esporte tente de répondre à la question et donne aussi la parole à ces footballeurs séduits par Jair Bolsonaro. En décembre, UOL avait réalisé un sondage auprès de 111 joueurs de D1 et D2 au Brésil. Le leader du PSL arrivait déjà en tête avec 22,75 % des intentions de vote, très loin devant l’ancien président Lula (qui espérait encore pouvoir se présenter) avec 5,4 %.
La corruption qui frappe la classe brésilienne depuis des années est un des arguments avancés par les joueurs pour défendre un candidat nostalgique des années de dictature (1964-1985) et dont le nom est pourtant apparu furtivement dans le scandale dit « Lava Jato » en 2017.
« Ce qui m’a séduit, c’est qu’on parle d’un candidat propre », s’avance l’attaquant Carlos Alberto. Ephémère espoir quand il remportait la Ligue des champions avec Porto en 2004, l’actuel joueur de Paranaense développe :
« Bolsonaro n’est à la solde de personne, il est le seul à pouvoir faire bouger les choses. Il ne va pas tout résoudre d’un claquement de doigts et a des faiblesses sur certains sujets, mais il sera appuyé par des spécialistes comme le grand économiste Paulo Guedes. Il est le seul capable de se battre contre le système en place. »
Ordre, sécurité et religion
Le discours sécuritaire de Bolsonaro touche aussi des joueurs pour certains issus des « favelas », qui ont vécu de près ce mal brésilien qu’est la violence urbaine. Sa phrase choc « un bon bandit est un bandit mort » trouve un certain écho chez des footballeurs comme Felipe Melo, « qui a vécu pendant des années loin du Brésil, en Europe où le sentiment de sécurité est plus important et le retour au pays l’a confronté de nouveau à une réalité bien différente », analyse la journaliste d’UOL Luiza Oliveira. « La majorité des joueurs ici viennent des classes défavorisées et nous voyons bien que les gens sont fatigués de subir certaines choses », poursuit Carlos Alberto.
La question religieuse porte aussi dans un milieu où le courant évangéliste est très bien implanté. « Les joueurs y attachent beaucoup d’importance, ils s’identifient à ce genre de discours, observe le sociologue Marcel Diego Tonini, interrogé par 20 Minutes.Bolsonaro a aussi un programme machiste qui rencontre un franc succès dans un milieu très “viriliste”, où sa violence verbale est aussi très bien vue. »
L’esprit de Socrates paraît bien loin. En 1983 alors que l’armée dirige encore le pays, la star des Corinthians (Sao Paulo) instaure avec ses camarades « la démocratie corinthienne ». Chaque décision – à commencer par le choix de l’entraîneur – est prise à main levée par des joueurs qui affichent leur soutien au mouvement Diretas Jà en faveur d’élections démocratiques.
« Les temps ont changé. C’était il y a trente-cinq ans et ce fut une parenthèse qui ne s’est jamais reproduite. Le foot a finalement toujours été très conservateur ici », déplorait dans un entretien à L’Equipe Tostao, homme de gauche et champion du monde en 1970.
Disparu en 2011, Socrates n’est pas là pour voir son pays se jeter – peut-être – dans les bras d’un militaire pro-torture. Mais son esprit vit encore à travers les Gavioes da Fiel. Le principal groupe de supporteurs des Corinthians (100 000 membres) profite de tous les matchs pour manifester son hostilité à Bolsonaro. Il a été rejoint depuis par des groupes rivaux comme ceux des clubs de Santos, Flamengo ou Palmeiras.
L’exception Juninho
« Les joueurs sont aujourd’hui rares à parler politique. Mais ceux qui le font sont à l’image du reste de société brésilienne », analysait pour Le Monde le 6 juillet Marco Antonio Carvalho Teixeira, professeur de sciences politiques à la Fondation Getulio-Vargas de Sao Paulo. Un ancien international a pris depuis position pour appeler à faire barrage à celui qu’on surnomme « le Trump brésilien ». Légende de Gerland depuis son passage à Lyon entre 2001 à 2009, Juninho appelle à voter pour Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs, pour faire barrage à Bolsonaro.
Dans un entretien àEl Pais, le roi du coup franc direct s’adressait aux joueurs séduits par les sirènes du « bolsonarisme ».
« Beaucoup de Brésiliens ignorent que d’autres ont été torturés et assassinés pendant la dictature. C’est désespérant de voir des gens soutenir les interventions militaires. L’armée existe pour défendre le pays, protéger les frontières, mais pas pour tuer les Brésiliens dans les favelas. Ils n’ont pas été formés pour cela. Ils disent que je défends le voleur. Mais le peuple doit arrêter avec cette manière de penser que tout crime est égal. L’assassinat est une chose, le vol en est une autre. Je ne peux pas mettre un jeune de 18 ans qui a volé dans une prison. Car quand le mec sort de prison, il veut se venger de la société. C’est pour cela que je m’énerve quand je vois un ex-joueur de football voter pour l’extrême droite. Nous venons d’en bas, nous avons été élevés au sein du peuple. Comment l’oublier ? Comment être de ce côté ? Tu vas soutenir Bolsonaro, mon frère ? »
Réponse ce dimanche 28 octobre après le match le plus important auquel le Brésil va assister – et participer – depuis la fin de la dictature.
L’humoriste et comédien est sur la scène de L’Européen à Paris, chaque mardi et mercredi, jusqu’au 21 novembre.
Par Sandrine BlanchardPublié hier à 16h30, mis à jour hier à 19h07
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En cet automne, Marc Fraize se régale. La patience de cet humoriste clownesque, qui a sillonné les salles de province pendant des années, est aujourd’hui récompensée. Alors il est heureux et ne s’en cache pas. Heureux de partager ses semaines entre Paris – où il joue chaque mardi et mercredi son inoubliable personnage lunaire et ingénu sur la scène de L’Européen – et Bourgvilain, un village de Saône-et-Loire où il vit avec sa femme, institutrice, et ses deux enfants. Heureux aussi des « cadeaux » que lui fait depuis peu le cinéma en lui offrant des seconds rôles remarqués (Problemos,d’Eric Judor, Le Redoutable,de Michel Hazanavicius, Au poste !,de Quentin Dupieux).
« Je suis gâté en ce moment et je n’ai pas besoin de plus », résume ce comédien qui, avec son air de débarquer de nulle part, déboussole le public par son jusqu’au-boutisme et sa sincérité enfantine. Son personnage de Monsieur Fraize, qu’il interprète depuis dix-sept ans, s’est bonifié, enrichi et s’inscrit à rebours de la scène humoristique actuelle, où les vannes doivent fuser toutes les quatre secondes. Lui a pris le contre-pied de cette mode. « Je suis un enfant de Coluche, de Mister Bean, de Bourvil, de ces personnages antihéros. C’est ce qui m’a donné envie de faire rire », explique-t-il.
Marc Fraize, humoriste : « Je suis un enfant de Coluche, de Mister Bean, de Bourvil, de ces personnages antihéros »
Marc Fraize est comme son personnage, d’une franchise déconcertante, sympathique et attachant. Hermétique au show-biz, il a quitté sans regret, en 2011, le plateau d’On ne demande qu’à en rire, sur France 2, refusant de se plier au format et au rythme de l’émission. « Je plais beaucoup aux déçus de l’humour, à ceux qui le voient se formater et devenir un business, constate-t-il avec lucidité. J’ai un style à part, hors cadre et je ne cherche pas le pognon. »
A l’Institut Giacometti, à Paris, la rencontre entre les deux artistes est posthume.
Par Philippe DagenPublié hier à 15h40, mis à jour hier à 17h30
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Jeune et timide, au début des années 1960, Annette Messager entrevoyait parfois Alberto Giacometti dans un café de Montparnasse, sans oser lui parler. Désormais, ils sont intimes. Le sculpteur reçoit l’artiste dans la maison devenue l’Institut Giacometti, à Montparnasse naturellement. La rencontre est posthume et remarquablement vivante. Il est vrai que Giacometti avait un faible pour les femmes portant ce prénom : sa mère s’appelait Annetta, son épouse était Annette Arm. Il y a donc une Chambre des Annettes, où se trouve une installation à quatre mains : un petit bronze d’Alberto figurant Annette (Arm) debout et nue, privée de ses bras, idole préhistorique, est salué par un écureuil empaillé, la tête encagoulée de noir, le corps protégé par de nombreux petits sacs de tissu. Il est juché sur des coussins. Un filet noir à larges mailles drape l’ensemble. L’œuvre s’intitule La Parade de l’écureuil pour Annette,et c’est bien plus et mieux qu’un hommage.
Un hommage, ce serait simplement témoigner de l’admiration pour Giacometti, dont la place dans l’art du XXe siècle est établie depuis longtemps et qui n’a donc pas besoin d’un surcroît de révérence. Le culte dont il est l’objet, entretenu par un nombre croissant de rétrospectives et d’expositions internationales, lui fait même courir le risque d’une momification muséale définitive : un grand mort tout à fait mort. Annette (Messager) le ranime. Elle pratique avec lui une sorte de bouche-à-bouche salvateur et amoureux. Résultat : il ouvre les yeux, il se remet à bouger et à parler.
Annette (Messager) ranime Giacometti. Elle pratique avec lui une sorte de bouche-à-bouche salvateur et amoureux
La Chambre des rencontres est celle des souvenirs et des bavardages : Messager a pris dans les archives de l’institut des lettres adressées à Giacometti ou écrites de sa main, plus ou moins intimes ou anecdotiques, petits fragments de vie quotidienne ou artistique. Il déclare son amour à Annette (Arm) – « la femme la plus intelligente que j’aie jamais rencontrée à ce jour » – au dos d’une enveloppe déchirée. Il correspond avec Simone de Beauvoir, Miro, Tanguy. Il dessine dans les pages des revues d’art et des livres.
Diplomate de carrière, Sahle-Work Zewde a été désignée présidente de l’Éthiopie le 25 octobre. Retour sur le parcours de cette francophile, que rien ne prédestinait à une carrière politique dans son pays.
Tout le monde la croyait proche de la retraite après une carrière de diplomate bien remplie. Mais c’est peu connaître Sahle-Work Zewde qui, avant de devenir la première femme à la tête de l’Éthiopie, était la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU auprès de l’Union africaine.
Les parlementaires ont désigné, jeudi 25 octobre, à l’unanimité, Sahle-Work Zewde présidente du pays, après la démission de Mulatu Teshome, qui occupait cette fonction depuis 2013. Hasard du calendrier ? C’est un peu plus d’une semaine après la nomination d’un gouvernement paritaire composé de dix hommes et dix femmes dont certaines à des postes stratégiques de ministres de la Défense ou de la Paix.
La seule chef d’État femme en exercice en Afrique a d’ailleurs donné le ton lors de son investiture. Elle a salué les réformes réalisées par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, depuis son arrivée au pouvoir en avril. “Si les changements réalisés actuellement en Éthiopie sont menés à la fois par des hommes et des femmes, leur élan aboutira à une Éthiopie libre de toute discrimination religieuse, ethnique ou basée sur le genre”, a déclaré la sexagénaire. “Les femmes sont les premières victimes de l’absence de paix”, a-t-elle ajouté. “Durant mon mandat, je me concentrerai sur le rôle des femmes en vue d’assurer la paix, ainsi que sur les bénéfices de la paix pour les femmes. J’appelle le gouvernement à éradiquer la pauvreté avec la pleine participation des femmes, car c’est une source d’instabilité”.
En Éthiopie, la fonction de chef de l’État est symbolique et honorifique. C’est le Premier ministre qui concentre tous les pouvoirs. “ Les présidents éthiopiens, ils ne font rien. Ce sont des éléments de décor. Mais au regard de la grande expérience de Sahle-Work Zewde et de la confiance que lui accorde Abiy Ahmed, je doute qu’elle reste une potiche représentative”, estime Gérard Prunier, chercheur spécialiste de la Corne de l’Afrique et un proche de la nouvelle cheffe d’État.
Francophone et francophile
Issue de la communauté Amhara, Sahle-Work-Zewde, née en 1950, débute sa carrière de diplomate sous le régime militaire communiste dans les années 80, après des études à l’Université de Montpellier, en France. Parlant couramment français, elle exerce l’essentiel de ses fonctions dans des pays francophones. D’abord au Sénégal où elle est nommée en 1989.
Entre 1993 et 2002, elle occupe à Djibouti le poste d’ambassadrice et de représentante de l’Éthiopie auprès de l’Autorité intergouvernementale pour le développement. “C’est une période où elle a beaucoup appris sur le commerce et le monde somali. C’était un poste important pour l’Éthiopie. Parce qu’après la perte de l’Érythrée et de son unique façade maritime en 1993, le pays s’est tourné vers Djibouti où transitent aujourd’hui 95 % des échanges éthiopiens”, affirme le chercheur.
Puis elle revient à Paris comme ambassadrice de l’Éthiopie. “C’était le bonheur pour elle. Parce qu’elle adore la France et le français. Elle est totalement francophone”, précise Gérard Prunier. En 2006, elle est rappelée à Addis-Abeba où elle se charge de la direction Afrique au ministère des Affaires étrangères. À partir de 2009, elle connaîtra une traversée du désert avant de se relancer, deux ans plus tard, au sein de l’ONU, en tant que directrice générale du bureau des Nations unies à Nairobi, avec le statut de sous-secrétaire général de l’ONU.
Rien ne la prédestinait donc à un poste politique en Éthiopie. “La politique intérieure ne la passionnait pas plus que cela. Mais elle connaissait presque tout le monde. Cela pourrait bien être un atout pour elle. Parce qu’elle n’a pas d’ennemis et qu’elle est neutre”, explique Gérard Prunier.
D’ailleurs, son premier chantier sera sans doute la gestion des conflits politiques internes au sein de la grande coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), composée de quatre partis ethnocentés. “Sahle-Work Zewde est une Amhara, l’ethnie qui a régné durant le régime communiste et qui a été marginalisée pendant longtemps. L’élite issue de cette communauté voudrait revenir aux affaires. Et les Amharas ont soutenu le Premier ministre Abiy Ahmed. Elle jouera un peu le rôle de l’ambassadrice interne pour atténuer les divisions qui pourraient y avoir au sein de cette communauté”.
Une alliée pour la France?
Dans le même temps, ses absences répétées du territoire peuvent être aussi un handicap. “On l’aime bien. Mais on ne la prend pas très au sérieux. C’est la dame qui a longtemps été à l’étranger. Elle n’a pas vraiment tissé d’alliances productives et efficaces”.
À l’international, la France pourrait bien tirer profit de ce nouveau visage francophile de l’Éthiopie. Dans un contexte où la deuxième économie de l’Union européenne perd des parts de marché sur le continent, et que l’économie éthiopienne est en plein boom, Sahle-Work Zewde pourrait bien être un atout et jouer de son influence auprès du Premier ministre éthiopien. “Pour la France, elle peu être une bonne alliée. C’est un pays qui est dans le futur parce qu’il est au croisement de deux zones d’influence très différentes et très compliquées. Les Chinois d’un côté et de l’autre l’Arabie saoudite”.
Dans le sillage de la série pour adolescents Riverdale, qui entame sa saison 3, Netflix doit dévoiler, vendredi 26 octobre, les premiers épisodes des nouvelles aventures de la sorcière Sabrina. C’est même cette série qui ouvrira la quatrième édition de la Comic Con, qui se tient à Paris de vendredi à dimanche. En France, le projet a enthousiasmé ceux qui ont connu, sur France 2 à la fin des années 1990, les aventures en sitcom de Sabrina Spellman et de son chat animatronique Salem.
Mais certains furent surpris d’apprendre que la sorcière appartenait au même univers qu’Archie Andrews, le héros de Riverdale. Et que cet univers n’est pas loin de célébrer ses 80 ans. Derrière ce retour de mode et ce succès international se cache un tour de force pour réinstaller une franchise qui fleurait bon la naphtaline.
A l’origine, Archie est un personnage de comics né au cœur de la seconde guerre mondiale, en 1941. Il a été créé par l’auteur de BD Bob Montana et l’entrepreneur John Goldwater, l’un des cofondateurs de la maison d’édition new-yorkaise MLJ. Née deux ans plus tôt au moment où l’industrie de la BD fleurit aux Etats-Unis, elle se lance d’abord avec des histoires de super-héros ; c’est même MLJ qui donnera vie, quelques mois avant le Captain America de Marvel, au premier super-héros patriote, The Shield.
Après la guerre, les super-héros commencent à perdre la cote et l’entreprise décide de se concentrer sur les aventures d’Archie, un lycéen rouquin et bon enfant qui a su conquérir les lecteurs dès les premiers numéros. En 1945, l’entreprise se rebaptise même Archie Comics. La machine est lancée et Archie devient une figure de la culture populaire américaine, un équivalent de Spirou outre-Atlantique.
L’Amérique intemporelle
Calqué de façon assumée sur son contemporain Andy Hardy, un héros de films de la Metro Goldwyn Mayer, Archibald Andrews est un adolescent beau et moderne pris dans un triangle amoureux. Il ne sait qui choisir entre sa voisine sympathique et débrouillarde, Betty Cooper, et Veronica Lodge, une brunette classe et un brin hautaine. Passant son temps entre les couloirs du lycée de la petite ville fictive de Riverdale et les banquettes de chez Pop’s, le diner local, le jeune homme ne manque pas de se confier à son meilleur ami, Jughead (« tête de cruche », en anglais).
« Archie représente une forme d’Amérique intemporelle », résume Xavier Fournier, journaliste spécialiste des comics et auteur de Super-Héros : l’envers du costume (Fantask, 2016) : « Les codes sont suffisamment génériques pour qu’on ne puisse pas forcément le placer dans une décennie en particulier, un peu comme Tintin. » Aucun mot plus haut que l’autre, de la romance sage et des personnages proprets… les histoires sises à Riverdale ne parlent pas non plus de politique.
Mais elles symbolisent une Amérique plutôt blanche et conservatrice. « Contrairement aux super-héros, Archie a très bien survécu à la censure morale des autorités », abonde Xavier Fournier. Dans les années 1960, Archie et ses amis prennent une tournure « plus pop, un peu comme les Beach Boys. Ils fondent même un groupe de rock, dont le tube Sugar Sugar deviendra un classique », explique le journaliste. A la même époque, Sabrina, l’apprentie sorcière, naît et prend part aux aventures des lycéens d’Archie avant d’obtenir sa propre série, une dizaine d’années plus tard.
Devenir « has been »
C’est dans ces années 1960 qu’Archie Comics connaîtra un pic de ventes. Mais quelques années plus tard, face au flower power et aux contestations étudiantes, le côté frais et papier glacé de ces héros ne convainc plus. « Archie et sa bande deviennent has been », explique Xavier Fournier. Une image qui va coller à la franchise jusque dans les années 2010. « C’étaient des comics sur des ados que les ados ne lisaient pas », conclut auprès du site américain Vulture l’auteur Mark Waid, qui travaille sur les plus récentes séries.
Si les ventes s’effritent à mesure du succès, il est difficile d’établir des chiffres. Contrairement à la plupart des éditeurs de BD aux Etats-Unis qui distribuent dans des magasins de comics spécialisés, Archie a assis son système économique sur la distribution de « digests », des fascicules de gares, des compilations d’histoires courtes anciennes et récentes vendues au grand public. Des ventes qui ne sont pas prises en compte dans les audiences officielles du marché américain.
Jusqu’à il y a peu, il était hors de question de prendre des risques pour la direction. « Ils étaient très très attentifs à ce que vous pouviez et ne pouviez pas faire avec une BD Archie », se souvient le scénariste Mark Waid, qui a aussi travaillé pour la société au début des années 1990.
Il faut attendre 2009 et l’arrivée de Jon Goldwater, le fils du fondateur, à la tête de la maison d’édition new-yorkaise pour voir s’effondrer les barrières conservatrices. Après une bataille juridique de plusieurs années avec la veuve de l’un des propriétaires d’Archie Comics pour récupérer la direction créative de la franchise, M. Goldwater est désormais le maître à bord. L’une de ses premières décisions d’ampleur est de convoquer tous ses employés pour une réunion de travail et de réflexion afin de dépoussiérer la collection.
Le producteur de « Glee » à la rescousse
Sur le plan éditorial, Riverdale accueille en 2010 son premier personnage gay, Kevin Keller, une figure récurrente. Côté stratégie, Archie Comics devient la première entreprise de BD aux Etats-Unis à proposer ses albums en numérique le jour même de leur sortie papier, selon le site Vulture. Elle va aussi finir par proposer ses titres en librairies, en plus des kiosques à journaux.
En parallèle, Jon Goldwater se rapproche de Roberto Aguirre-Sacasa, auteur de théâtre, de BD et de séries TV, largement applaudi pour sa série musicale pour ados Glee. En résulte quelques numéros bien accueillis réunissant les camarades d’Archie et les lycéens de Glee mais aussi une réinterprétation fantastique et décalée, Afterlife with Archie, peuplée de zombies et de loups-garous. Un succès critique qui amène l’auteur à prendre la direction du bureau créatif.
En coexistence avec les anciens Archie qui ressortent sans cesse en « digests », le duo Goldwater-Aguirre lance un reboot, une remise à zéro des séries, et le confie à des auteurs de premier plan, à l’instar de la dessinatrice du très salué Saga, Fiona Staples, et de Mark Waid, reconnu pour son travail sur les séries de grands super-héros comme ses projets indépendants.
Dans cette opération de rénovation, il s’agit d’insérer plus de diversité mais aussi de remettre les personnalités et les préoccupations des héros au goût du jour, sans pour autant dénaturer la série. « Tout le monde était d’accord pour dire que la relance de Riverdale méritait une petite mise à jour mais personne ne sous-entendait que “Betty allait tomber enceinte” ou que “Archie allait faire un doigt d’honneur à M. Weatherbee [le principal du lycée]” », explique Mark Waid en postface du nouveau premier tome.
Une obsession : la télévision
La dessinatrice française Marguerite Sauvage (Faith, Bombshells) qui, en binôme avec Nick Spencer, va prendre le relais sur la série à partir du numéro 700 à paraître prochainement, n’a en revanche reçu aucune consigne particulière. « On a eu carte blanche, il n’y a pas eu d’éléments bibliques mentionnés. Après, je m’en tiens au cadre posé par le script de Nick », détaille au Monde celle qui ne connaissait pas Archie avant de s’installer au Canada mais prend plaisir à lui redonner vie. « J’ai un passif d’illustratrice de mode et de beauté avec lequel j’ai pu renouer, ça change des personnages en costume de héros. Les personnages d’Archie sont très glamourisés. »
Roberto Aguirre-Sacasa avait toutefois en tête d’autres ambitions pour Archie : le ramener à la télévision. Au lieu d’un dessin animé comme cela a pu être de nombreuses fois le cas, il espère en faire un drama, un soap pour adolescents. Riverdale sera un « Archie rencontre Twin Peaks », la série de David Lynch, assume son créateur qui ajoute en introduction d’un des numéros de la BD : « Les choses y prennent un tour un peu plus macabre, un peu plus érotique et un peu plus décalé. » Le programme est lancé en janvier 2017 sur la chaîne américaine pour jeunes CW, et en parallèle sur Netflix. L’effet comique et la pop sucrée des années 1960 laissent place à de mystérieuses enquêtes sur des meurtres, des secrets d’alcôve et des scènes au clair de lune, tout en conservant des références vintages et un certain polish.
Une implantation en France
« Le coup de génie de la série est de s’être réapproprié ce qu’Archie et ses amours avaient clairement inspiré en matière de schémas et de séries romantiques ados comme Les Frères Scott ou même Dawson », analyse Xavier Fournier. D’autres comme Olivier Jalabert, directeur éditorial comics de Glénat, qui publie en France les nouvelles BD Riverdale, estiment qu’avec cette série « on touche les mêmes publics qui ont pu à une autre époque être fans de Buffy contre les vampires ou Smallville ».
Pari réussi. La série a permis de reconquérir les jeunes Nord-Américains. Ils sont en moyenne un peu plus d’un million à la regarder sur CW chaque semaine – un chiffre en légère baisse qui ne fait pas partie des meilleures audiences de la chaîne, mais ne comprend pas les spectateurs Netflix. La plate-forme, qui a d’ailleurs négocié l’exclusivité de la série Sabrina, le spin-off de Riverdale, a aussi largement contribué à son succès à l’étranger.
En France, les spectateurs ont consommé des produits dérivés Archie sans le savoir mais n’ont jamais eu de vrai attachement. Et pour cause, les BD n’ont jamais vraiment paru dans l’Hexagone jusqu’à ce que Glénat décide, cette année, d’importer les titres les plus récents dans le but d’ouvrir une collection « Young Adult », offre inexistante jusqu’alors dans ses rayons. « Nous ne sommes pas sur un gros succès, avec entre 3 000 et 4 000 exemplaires vendus par titre », concède Olivier Jalabert, qui se félicite toutefois « d’avoir eu le nez creux » en décidant d’acheter la licence avant la sortie de la série. Comme quoi, même à 77 ans, il est possible de redevenir cool.
Après la Bavière, c’est la région de Francfort qui est appelée aux urnes ce dimanche 28 octobre. Un scénario identique se profile, avec un net recul des partis au pouvoir à Berlin et une nouvelle ascension des Verts.
“La grande coalition [CDU-CSU et SPD] débat ouvertement de sa fin prochaine”, titre Die Welt à la veille des élections législatives régionales en Hesse. Le quotidien conservateur s’appuie sur les propos tenus, trois jours avant le scrutin du 28 octobre, par la secrétaire générale de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Annegret Kramp-Karrenbauer, lors d’un meeting à Francfort : la situation entre la CDU, la CSU (Union chrétienne-sociale de Bavière) et le Parti social-démocrate (SPD) est si tendue que la numéro deux du parti d’Angela Merkel n’exclut pas une rupture de la coalition à Berlin après ce scrutin régional, relate le quotidien.
En dépit d’une décision de justice interdisant la publication d’une enquête sur des accusations de harcèlement à l’encontre d’un chef d’entreprise, outre-Manche, un lord a brisé le secret jeudi, au nom de l’intérêt général. Une pratique légale, grâce à l’immunité parlementaire, mais controversée, rapporte la presse britannique.
“Contacté par une personne impliquée dans l’affaire du chef d’entreprise qui a eu recours à des accords de confidentialité pour faire taire des victimes de harcèlement sexuel, de racisme et d’intimidation au sein de sa société, il est de ma responsabilité de dévoiler le nom de la personne en question, à savoir [sir] Philip Green, étant donné que la presse a été muselée par une décision de justice.” Un parlementaire britannique a rompu le secret, jeudi 25 octobre, au terme de deux jours de polémique et de spéculations. Et mis un visage sur la silhouette publiée en une du Daily Telegraph la veille. “Une issue inévitable, selon le quotidien, au vu du
Elle s’appelait Kathleen Annie Pannonica de Koenigswarter. Un peu long pour un titre de composition, alors pour l’évoquer par la musique, les musiciens de jazz ont utilisé son diminutif, « Nica », ou son prénom Pannonica, voire joué avec (Tonica, Inca…). Ces musiciens, ce sont le saxophoniste Gigi Gryce, le trompettiste Kenny Dorham, plusieurs pianistes, dont Horace Silver, Thelonious Monk (il signe Pannonica et Ba-Lue Bolivar Ba-Lues-Are, pour le Bolivar Hotel, sur Central Park Ouest, où elle habita un temps).
Tous sont réunis dans un double album, Pannonica, A Tribute to Pannonica,présenté dans un petit livre au format à l’italienne. Une compilation de quatorze thèmes – une édition en 1 CD n’en présente que dix – déjà publiés dans les disques originaux des uns et des autres, à diverses périodes, de 1955 à 1982. Réunis ici, du solo au sextette, en l’honneur de celle qui fut protectrice des jazzmen des années 1950 à sa mort, en 1988, à l’âge de 74 ans. En reproduction, sur beau papier épais, des photographies de musiciens prises par la dame. Des instantanés, moments fugaces du quotidien, de concerts, de répétitions.
Elle était née à Londres, en 1913, fille de l’un des membres de la dynastie Rothschild, éduquée pour tenir son rang familial puis son rôle d’épouse, en 1935, du diplomate français et baron Jules de Koenigswarter, futur héros de la seconde guerre mondiale, au sein des Forces françaises libres (FFL). Dans le texte du livret, signé Yann Portail, l’on apprend qu’elle avait aussi rejoint les FFL, dès décembre 1940. En 1951, le couple se sépare ; il divorcera cinq ans plus tard. Pannonica de Koenigswarter part vivre à New York. Elle loue une suite au Stanhope Apartment Hotel, sur la Ve Avenue. Elle adore le jazz, passe ses soirées dans les clubs, aide les musiciens dans la mouise, les reçoit chez elle, les encourage, comprend leurs recherches artistiques.