Le Cameroun va disputer un match amical face au Brésil, le 20 novembre prochain à Londres. La rencontre a été annoncée ce vendredi 27 octobre par la Confédération brésilienne (CBF) et elle se tiendra au Stadium MK à Milton Keyne. Le 16 novembre, les Lions Indomptables se rendront au Maroc dans le cadre des éliminatoires de la CAN pour la cinquième journée.
Author: Don Kayembe
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Football : l’OM attend toujours un Florian Thauvin des grands soirs
Florian Thauvin ne parle pas avant les grands matches. C’est une règle que tout le monde connaît à l’OM. Elle est d’autant plus respectée quand se profile un choc contre le Paris-Saint-Germain au Stade-Vélodrome (dimanche 28 octobre, 21 heures) et que l’attaquant marseillais passe sa semaine à courir après le temps, aux prises avec une douleur persistante au pied droit. Mais contre Paris, Florian Thauvin se doit d’être là. Parce que l’OM, sans lui, a été inoffensif, jeudi 25 octobre, contre la Lazio Rome (1-3), qui l’a presque mis à la porte de la Ligue Europa ; pour mettre un terme à 17 rencontres sans victoire contre le rival honni ; et surtout pour tenter, une bonne fois, de donner le coup de grâce à une réputation qui lui colle à la peau comme un mauvais strapping : celle d’un attaquant impuissant face aux cadors du championnat les soirs de gala et distancé en équipe de France par les prodiges Mbappé et Dembelé.
Lire aussi : Ligue Europa : la qualification s’éloigne pour les clubs français
Florian Thauvin avait failli faire un sort à cette réputation la saison dernière, lors de la réception du PSG. A la 78e minute, le gaucher surgit pour marquer, de ce fameux pied droit qui l’embête aujourd’hui, le deuxième but marseillais. Mais Edinson Cavani le privera de la tunique du héros en égalisant à la dernière seconde. « Cette histoire de joueur qui n’est pas décisif dans les grands matches, je n’y adhère pas du tout, s’agace le directeur sportif de l’OM, l’Espagnol Andoni Zubizarreta. Florian ne se cache jamais. Et cette saison, il a déjà marqué contre Lyon et Monaco… En équipe de France, on ne peut pas le juger sur sa seule titularisation contre l’Islande, dans une équipe démobilisée après son titre de championne du monde. »
Depuis le début du championnat 2016-2017, Florian Thauvin affiche des statistiques qui le placent parmi les attaquants les plus efficaces d’Europe : 44 buts, 22 passes décisives en Ligue 1, sans oublier ses 4 réalisations décisives pour envoyer l’OM en finale de la Ligue Europa en mai. De quoi valider sa place pour la Coupe du monde en Russie avec les Bleus.
Faute originelle
« Sur une saison, il a marqué plus de buts pour l’OM que Didier Drogba, André-Pierre Gignac ou Mamadou Niang », calcule Mario Albano, journaliste à La Provence, qui l’a logiquement intégré dans les dernières pages de son livre panthéon Grands buteurs de Marseille (Editions Gaussen, 224 pages, 28,50 euros). Dans la préface qu’il signe, l’attaquant croate Josip Skoblar, 176 buts pour l’OM, l’accueille même dans la lignée des légendes olympiennes. « Avec cette particularité de ne pas être un avant-centre, mais un attaquant qui arrive d’un côté pour marquer », complète Albano. La spéciale de ce gabarit de 1m79 pour 70 kilos ? Dribble intérieur, accélération ponctuée d’une frappe enroulée du gauche. Létal.
« C’est lui notre grand attaquant. Il a montré du caractère, de la volonté pour réussir à s’imposer à Marseille »Dans le vestiaire olympien, tout le monde reconnaît l’importance de « Flo ». « Les chiffres parlent pour lui. Il a été énorme. Et humainement, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup… » abonde son coéquipier en sélection, Adil Rami. « C’est lui notre grand attaquant. Il a montré du caractère, de la volonté pour réussir à s’imposer à Marseille », félicite encore Omar Keddadouche, commentateur régulier de talk-shows autour de l’OM sur les radios locales. Un résumé de ce que pense désormais le supporteur marseillais d’un joueur longtemps sifflé et mal-aimé.
L’histoire débute par une faute originelle. Meilleur espoir de la Ligue 1 en 2013 après une saison pétaradante avec Bastia, Thauvin doit rejoindre Lille en juin, mais préfère mettre le cap au Sud. « On le voulait depuis longtemps mais Lille a été plus rapide que nous… » se rappelle Elie Baup, entraîneur de l’OM à l’époque. Les dirigeant marseillais l’arrachent au prix d’un bras-de-fer avec le club nordiste et de 15 millions d’euros. Le champion du monde des moins de 20 ans avec l’équipe de France incarne alors la figure du mercenaire capable de planter le piquet de grève de l’entraînement pour arriver à ses fins. Il est sifflé sur tous les stades de Ligue 1. Le doute s’étend même jusqu’à l’OM. « J’ai vu arriver ce gamin avec une ligne jaune dans les cheveux… Je me suis dit : c’est qui encore, ce petit con ? » se souvient Elodie Malatrait, responsable des « pôles presse » du club, devenue depuis une de ses proches. « Les gens l’ont mal jugé », regrette le gardien de but Steve Mandanda, le premier à le prendre sous son aile.
Départ à Newcastle contre son gré
« A la Coupe du monde, j’ai découvert un garçon poli et surtout très sensible », s’étonne encore Théo Schuster, l’auteur du documentaire Au cœur de l’épopée russe. Le réalisateur se souvient d’un tête-à-tête émouvant dans la chambre de l’attaquant à la veille du huitième de finale contre l’Argentine (4-3). « Il était au bord des larmes. Pour lui, c’était clair, comme il n’avait pas joué en phase de poules, il pensait qu’il ne rentrerait pas du Mondial. » Le lendemain, Didier Deschamps l’appelle pour remplacer son grand ami Kylian Mbappé à la 89e minute. « Cela l’a totalement reboosté. Il s’est senti à nouveau faire partie du groupe et pleinement champion du monde », reprend Théo Schuster.
« Personne ne m’a tendu la main à l’époque »Des coups de blues, Florian Thauvin en a vécu d’autres. A l’arrivée de l’Argentin Marcelo Bielsa à l’OM au printemps 2014, qui voit pourtant en lui « un joueur qui peut devenir un des meilleurs du monde », il se consume dans le football total prôné par son nouvel entraîneur. « Il forçait ses qualités, la percussion, les dribbles, la frappe… Mais le foot, c’est aussi se replier, faire des appels, courir, travailler pour les autres. Et ça, il ne l’avait pas encore », décrypte Elie Baup. Thauvin broie alors du noir. « Je l’ai eu quelquefois au téléphone durant cette période où cela n’allait pas trop. Il doutait, par rapport à lui, au public, à Marseille… », raconte le champion du Monde 1998 Alain Boghossian, ancien de la maison olympienne.
Mais le pire est encore à venir. Bielsa claque la porte de l’OM et, à la sortie d’une défaite à Reims en août 2015, Vincent Labrune, le président marseillais, originaire comme lui d’Orléans, le retient sur le banc de touche pour lui annoncer son transfert immédiat vers Newcastle, dans le nord de l’Angleterre. Cinq ans de contrat, 18 millions d’euros d’indemnité. Le club, aux abois financièrement, ne laisse aucun choix à son joueur. « Personne ne m’a tendu la main à l’époque », se souvient-il avec douleur.
Gros caractère
Après seize matches et un but, Newcastle renvoie le colis à l’OM en prêt. « C’est comme quand un enfant part en colonie puis rentre chez ses parents », dira Florian Thauvin, qui, pour l’occasion, accepte une baisse de salaire. Rehaussé depuis, selon le quotidien l’Equipe, à 450 000 euros bruts mensuels. Au fond du trou en janvier 2016, il fixe lui-même son déclic au 18 mars de la même année. Ce jour-là, l’OM coule contre Rennes à domicile (2-5), et lui, reçoit une bouteille d’eau en plastique à moitié vide dans le dos. Ce geste détestable d’un supporteur furibard le libére. « Je me suis dit que je ne pouvais plus me laisser marcher dessus », raconte-t-il dans un reportage, L’Envol, produit par le club. « Je ne pensais pas qu’il allait surnager car j’en ai vu beaucoup sombrer dans les mêmes conditions. Mais quand on a le caractère de réagir à ça, c’est qu’on fait partie des grands joueurs », jauge Gérard Gili, entraîneur des années Tapie.
Relancé avec Marseille, champion du monde, Florian Thauvin peut-il encore séduire un club étranger ? Il est désormais représenté par le très influent Jean-Pierre Bernès et certains l’imaginent déjà au Bayern Munich, successeur idéal au vieillissant Arjen Robben. « Son prix ? s’interroge Andoni Zubizarreta. Thomas Lemar est parti pour 72 millions d’euros à l’Atletico Madrid. Malcom, pour 41 millions à Barcelone. Florian est de ce niveau-là. Mais si nous voulons être à la hauteur de la Ligue des champions, c’est le genre de joueur que nous devons garder. » « J’aimerais qu’il s’inscrive avec nous dans un temps le plus long possible », confirme Jacques-Henri Eyraud, le président de l’OM. Bien conscient que l’amour du maillot, cette fois, ne suffira pas.
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Ligue Europa : la qualification s’éloigne pour les clubs français
Triste soirée pour les clubs français en Ligue Europa jeudi 26 octobre : l’OM contre la Lazio Rome au Vélodrome (3-1), Rennes contre le Dynamo Kiev à domicile (2-1) et Bordeaux au Zénith Saint-Pétersbourg (2-1) ont tous perdu lors de la 3e journée et voient l’élimination se rapprocher.
Pour Bordeaux et Marseille, derniers de leurs groupes avec respectivement 0 et 1 point, la qualification en seizièmes de finale semble sérieusement compromise. Pour Rennes, 3e avec 3 points et à deux longueurs des deux premiers Astana et Kiev, la qualification semble un peu moins impossible.
Finaliste la saison passée, l’OM sombre cette année. Après la défaite contre Francfort à domicile (2-1), les Marseillais ont donc rechuté face à la Lazio. Wallace a ouvert le score d’entrée sur corner (10) puis Felipe Caicedo a profité des faiblesses dans la défense olympienne (59). Le superbe coup franc de Dimitri Payet (86) aurait pu être salvateur mais Adam Marusic a finalement crucifié Steve Mandanda (90).
Les Marseillais, qui n’ont pas réussi à vaincre les modestes Chypriotes de l’Apollon Limassol (2-2) lors de la 2e journée, vont désormais attendre un miracle pour espérer se qualifier.
Calvaire pour Bordeaux
Rennes, qui avait bien débuté sa campagne européenne avec une victoire face aux Tchèques de Jablonek, a concédé sa deuxième défaite en trois matches européens. Kiev a ouvert le score sur une magnifique frappe surpuissante des trente mètres (21) avant l’égalisation de Clément Grenier (41) sur coup franc, avec l’aide du gardien adverse. De quoi redonner espoir au Roazhon Park… avant la 89e minute et le deuxième but ukrainien.
Sans leur meilleur buteur François Kamano, les Girondins ont également perdu, au Zénith. Avec zéro point, ils sont derniers de leur groupe. Le Zénith (7 pts) est premier devant le Slavia Prague (6 pts), vainqueur 1-0 du FC Copenhague (3e, 4 pts).
Bordeaux confirme que sa campagne européenne est un calvaire : ils avaient perdu leurs deux premiers matches, contre le Slavia Prague (1-0) puis Copenhague à domicile (2-1).
Les Bordelais avaient pourtant ouvert le score par Jimmy Briand, qui a repris d’une tête plongeante un centre de Karamoh côté gauche (26e). Artem Dzyuba s’est chargé d’égaliser pour les Russes (41) mais, dans les derniers instants, Daler Kuzyaev, bien servi par Dzyuba (85e) a délivré le stade russe.
Arsenal imbattable
Dans les autres groupes, Arsenal a signé une onzième victoire consécutive toutes compétitions confondues avec un succès 1-0 sur la pelouse du Sporting Portugal, grâce à Danny Welbeck (78). Les Gunners d’Unai Emery se positionnent en tête de leur groupe devant le Sporting.
L’AC Milan a, lui, concédé une défaite 2-1 à domicile contre le Betis Séville, grâce à l’ancien Parisien Giovani Lo Celso, buteur et passeur décisif.
Enfin, Chelsea a battu le BATE Borisov 3-1 alors que le FC Séville et Villareal ont signé les cartons de la soirée, 6-0 et 5-0 contre les Turcs d’Akhisarspor et le Rapid Vienne.
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Sahle-Work Zewde, première femme à la tête de l’Éthiopie… et seule cheffe d’État du continent africain
Sahle-Work Zewde, première femme à la tête de l’Éthiopie… et seule cheffe d’État du continent africain
Dernière modification : 26/10/2018
Pour la première fois, une femme, Sahle-Work Zewde, a été désignée jeudi comme présidente de l’Éthiopie. Diplomate de carrière, cette ancienne ambassadrice en France de 68 ans est la seule femme chef d’État sur le continent africain.
Le poste a beau être honorifique, le symbole est là. Les parlementaires éthiopiens ont élu une femme, Sahle-Work Zewde, jeudi 25 octobre, comme présidente de la République démocratique fédérale d’Éthiopie. Une première dans cette société traditionnelle qui fait suite à la démission de Mulatu Teshome quelques jours après la formation d’un gouvernement paritaire par le Premier ministre réformateur Abiy Ahmed,entré en fonction en avril. Dans la constitution éthiopienne, seul le Premier ministre détient le pouvoir politique.
“Dans une société patriarcale comme la nôtre, les deux chambres du Parlement ont élu Sahle-Work Zewde présidente de l’Éthiopie. Elle est la première femme chef de l’État de l’Éthiopie moderne”, a saluésur Twitter Fitsum Arega, le directeur de cabinet du Premier ministre. “Dans une société patriarcale comme la nôtre, la désignation d’une femme chef de l’État n’est pas seulement un standard pour le futur mais banalise le rôle des femmes dirigeantes dans la vie publique”, a-t-il encore commenté.
In a patriarchal society such as ours, the appointment of a female head of state not only sets the standard for the future but also normalises women as decision-makers in public life. #Ethiopia (2) pic.twitter.com/3Z8UNd15E0
Fitsum Arega (@fitsumaregaa) 25 octobre 2018
Lors de son discours d’investiture, l’intéressée n’a pas manqué de saluer l’ouverture en faveur des femmes voulue par Abiy Ahmed. “Si les changements réalisés actuellement en Éthiopie sont menés à la fois par des hommes et des femmes, leur élan aboutira à une Éthiopie libre de toute discrimination religieuse, ethnique ou basée sur le genre“. Les ministères de la Défense et le nouveau ministère de la Paix, notamment, ont été attribués à des femmes.
Les femmes, Sahle-Work Zewde en a justement fait la priorité de son mandat de six ans (renouvelable une fois). “Durant mon mandat, je me concentrerai sur le rôle des femmes en vue d’assurer la paix, ainsi que sur les bénéfices de la paix pour les femmes. J’appelle le gouvernement à éradiquer la pauvreté avec la pleine participation des femmes, car c’est une source d’instabilité”, a t-elle déclaré jeudi.
????????#ÉTHIOPIE – Les parlementaires éthiopiens ont désigné à l’unanimité et pour la première fois une femme en tant que présidente : Sahle-Work Zewde ! pic.twitter.com/hRx63gQ1oo
FRANCE 24 Français (@France24_fr) 25 octobre 2018
Seule cheffe d’État en exercice du continent
À 68 ans, la nouvelle présidente a derrière elle une longue carrière de diplomate. Elle était jusque-là représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres auprès de l’Union africaine (UA). Auparavant, elle avait été ambassadrice en France, à Djibouti, au Sénégal, et la représentante permanente de l’Éthiopie auprès de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), le bloc régional est-africain.
Francophone et francophile, Sahle-Work Zewde est une ancienne élève du lycée franco-éthiopien Guébré-Mariam et a fait une partie de ses études à Montpellier.
La nouvelle présidente de l’Éthiopieestla seule femme actuellement chef d’État sur le continent africain. Avant elle, Ellen Johnson Sirleaf était devenue, en 2005, la première présidente élue du Libéria et d’Afrique (avant de céder le pouvoir à George Weah début 2018). Par la suite, il y eut aussi l’ancienne présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim emportée par un scandale financier il y a quelques mois, et Joyce Banda au Malawi de 2012 à 2014.
La nomination de Sahle-Work Zewde a été saluée par le Conseil de sécurité à New York où la nouvelle a suscité les applaudissements des diplomates réunis pour un débat du Conseil sur “les femmes, la paix et la sécurité”.
“Félicitations Madame la présidente ! Les femmes font vraiment la différence. Nous sommes fiers de vous !”, s’est pour sa part enthousiasmée sur Twitter la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies,Maria Fernanda Espinosa Garces.
I am proud to hear that a former UN official, Sahle-Work Zewde, has become the first female President of Ethiopia. Congratulations, Madam President! Women do make a difference. We are proud of you! #genderequality #UN4ALL pic.twitter.com/qlmkAIJJgi
UN GA President (@UN_PGA) 25 octobre 2018
Avec AFP
Première publication : 25/10/2018
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Rwanda : Mediapart publie une vidéo embarrassante pour l’armée française
Rwanda : Mediapart publie une vidéo embarrassante pour l’armée française
Dernière modification : 26/10/2018
Le site d’informations Mediapart a publié jeudi une vidéo filmée en 1994 embarrassante pour les militaires français, accusés par des rescapés de passivité lors des tueries de Bisesero, pendant le génocide rwandais.
Mediapart a publié, jeudi 25 octobre, une vidéo filmée au Rwanda durant l’été 1994 par des militaires français, dans le cadre de l’affaire sur des soupçons de passivité de l’armée française lors des tueries de Bisesero fin juin 1994.
Filmées le 28 juin 1994, les images, extraites des archives de l’ECPAD, l’agence audiovisuelle du ministère de la Défense, montrent le chef des opérations spéciales au Rwanda, le colonel Jacques Rosier, en pleine conversation avec l’un de ses subordonnés, qui l’informe que des assassinats de masse sont perpétrés contre des Tutsis, sur les collines de Bisesero.
>> À voir : Guillaume Ancel, ancien officier : “Au Rwanda, on a vu le génocide sous nos yeux”
“Hier, on était dans je ne sais plus quel patelin. Il y a eu des battues toute la journée. Dans les collines, des maisons qui flambaient de partout, des mecs qui se trimballaient avec des morceaux de chair arrachée”, détaille l’officier. “Le problème, c’est que je ne sais pas comment ils font pour se soigner. Ils sont plein de plaies purulentes partout.”
Le colonel rétorque : “Eh ouais”. Le sergent-chef poursuit son récit et révèle également à son supérieur que le guide de l’armée française était probablement un génocidaire hutu : “On a évité un lynchage parce que le guide qui nous accompagnait, manifestement, c’était un des gars qui guidaient les milices dans les jours qui ont précédé. Alors quand on est tombés sur la bande de Tutsis qui fuyaient les collines, quand ils l’ont reconnu, il a fallu lever le ton, j’ai cru qu’ils allaient le lapider.”
“Éviter un déni de justice”
Selon Médiapart, la justice française, qui vient de clore une enquête ouverte il y a 13 ans sur des soupçons de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité – sans qu’aucune mise en examen ne soit prononcée –, dispose de cette vidéo depuis 2013. “Elle lui a été fournie par un militaire qui fut membre de l’opération Turquoise au Rwanda”, précise Médiapart.
De nombreux documents issus de l’armée, publiés par le site d’information, démontrent que la hiérarchie militaire avait été informée dès le 27 juin 1994, voire dès le 26, des massacres perpétrés à Bisesero et de l’urgence à intervenir.
Sur ces collines de l’ouest du pays, durant quatre jours, plus d’un millier de Tutsis ont été décimés par les milices hutues. Des survivants rwandais et plusieurs ONG accusent l’armée d’être intervenue trop tard à Bisesero. L’opération militaire française au Rwanda, baptisée Turquoise et autorisée par une résolution du conseil de sécurité de l’ONU, avait pourtant pour mission “de mettre fin aux massacres”. Les militaires français ont toujours contesté la version des survivants, affirmant avoir porté secours aux rescapés du carnage, après avoir découvert les faits, le 30 juin.
Fin septembre, plusieurs associations FIDH, LDH et Survie ont dénoncé la perspective d’un non-lieu dans l’enquête, et ont affirmé qu’elles restaient mobilisées “afin d’éviter un déni de justice”, notamment en rassemblant tous les arguments et recours juridiques possibles pour empêcher une clôture précipitée de l’instruction.
Première publication : 25/10/2018
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Julen Lopetegui ou la vie impossible d’un entraîneur au Real Madrid
« C’est épuisant d’être entraîneur, et encore plus au Real Madrid. » L’aveu est signé de Zinédine Zidane, le 18 février, avant une rencontre de championnat contre le Bétis Séville. Julen Lopetegui est en poste depuis quatre mois, mais comprend ce que son prédécesseur laissait entendre. L’Espagnol de 52 ans est un technicien en sursis, déjà condamné pour une partie de la presse madrilène. Au Real, la porte de sortie n’est jamais très loin après une série de cinq matchs sans victoire, et un triste record de 465 minutes sans inscrire de buts, une première dans l’histoire du club.
Les quotidiens sportifs, AS et Marca, souvent bien informés, annoncent son départ imminent depuis la défaite à domicile, contre Levante en championnat (1-2), samedi. L’entraîneur de l’équipe réserve, Santiago Solari, a même avoué dès le lendemain se tenir prêt à assurer l’intérim : « Nous sommes là pour aider le club quand ça va bien et encore plus dans les moments difficiles. »
#LaPortada El jurado de Lopetegui https://t.co/Va7phiiLBb
Petit miracle, Julen Lopetegui devrait pourtant s’asseoir sur le banc de touche du Camp Nou, dimanche, pour le Clasico face au FC Barcelone. Il doit ce sursis à un calendrier chargé. Avec la réception des Tchèques du Vikotria Plzen mardi en Ligue des champions puis le choc contre le Barça cinq jours plus tard, le créneau était trop court cette semaine pour introniser le 13e entraîneur de l’ère Florentino Perez, roi du BTP et président tout puissant depuis 2009 (après un premier mandat en 2000 et 2006).
Mardi soir, le Real a enfin renoué avec la victoire contre Plzen (2-1) : un succès étriqué pour une équipe toujours convalescente et accueilli par des sifflets du très exigeant public de Santiago-Bernabeu. « Si vous pensez avoir un entraîneur abattu, c’est tout le contraire », avait lancé Lopetegui en conférence de presse avant la rencontre. Après cette victoire face à un poids plume au niveau européen, Lopetegui était persuadé de sauver sa tête. Du moins jusqu’au Clasico. « Je suis absolument convaincu que oui. Je pense déjà préparer le match de dimanche. »
Sa direction lui assurait d’ailleurs un soutien très provisoire – et à lire entre les lignes – par l’intermédiaire d’Emilio Butragueño. « Nous entendons les rumeurs mais nous irons avec confiance au Camp Nou, conscients de la difficulté de ce match, en espérant un grand match de notre équipe », expliquait le directeur des relations institutionnelles.
Gagner, séduire ou prendre la porte
« Normalité », le mot colle mal au club le plus titré d’Europe et à la situation de Julen Lopetegui. La fuite de son arrivée imminente au Real lui avait valu d’être débarqué de son poste de sélectionneur de l’équipe d’Espagne, deux jours avant l’ouverture de la Coupe du monde, le 13 juin.
Ancien gardien remplaçant à la fin des années 80, Lopetegui a retrouvé une institution que Zinédine Zidane préférait quitter avant qu’on l’invite à le faire. Il faut se replonger dans les mots du Français prononcés le jour de son départ surprise. Malgré l’auréole posée au-dessus de son crâne glabre, « Zizou » avait eu conscience que le vent du boulet était passé tout près de lui en février. « Je n’oublie pas les moments difficiles, les moments durs, les moments compliqués », disait-il en référence à cette élimination contre Leganes en quart de finale de Coupe du Roi. « Pathétique », avait d’ailleurs titré Marca le lendemain, pendant qu’AS lui promettait « la gloire ou la guillotine » avant la double confrontation (victorieuse) face au PSG en février.
Le Real est un club de cycle court, encore plus sous l’ère Perez. Un club où l’entraîneur est de passage et doit remplir un cahier des charges presque intenable : gagner et séduire. Toujours. En 2007, Fabio Capello a été remercié malgré un titre de champion d’Espagne : « Il faut trouver un jeu qui enthousiasme plus », lui reprochait alors ses dirigeants. Même un enfant du club comme Vicente Del Bosque était gentiment invité à partir en 2003 au bout de quatre ans malgré deux titres de champions et deux Ligue des Champions. « Bigoton » (grosse moustache) n’était pas assez glamour, aux yeux de Florentino Pérez, au milieu de ses chers Galactiques (Ronaldo, Zidane, Beckham, Figo). José Mourinho a bien réussi à s’accrocher trois ans (2010-2013) à son poste, mais au prix d’une guerre larvée avec ses joueurs lors de la dernière saison.
Lopetegui n’a ni le poids, ni l’instinct de survie du Portugais, encore moins son palmarès, lui dont la seule expérience notable en club s’était soldée par un échec avec le FC Porto (2014-2016). Son départ annoncé rappelle celui de Manuel Pellegrini. Le Chilien était arrivé à l’été 2009 avec des idées de jeu bien précises et séduisantes avant de très vite déchanter. « Un mois après mon arrivée, vu mes différends avec le président, je savais qu’on allait me virer du Real », avouera-t-il.
« Se faire virer du Real Madrid fait partie du jeu »
Pellegrini n’a pas survécu à une saison sans titre, barré par un Barça intouchable en Liga malgré un total impressionnant de 96 points. D’autres ont valsé en cours de saison à la vitesse d’un gouvernement de la IIIe République. C’est le cas de Rafael Bénitez, congédié au bout de sept mois le 4 janvier 2016. L’ancien manager de Liverpool cochait les trois torts majeurs pour un entraîneur du Real : une relation conflictuelle avec les cadres du vestiaire (Cristiano Ronaldo en tête), des résultats décevants et un refus d’obtempérer aux « conseils » d’un Florentino Pérez, pour qui la séparation des pouvoirs reste un concept lointain.
A moins d’un retournement de situation inédit – en commençant par une victoire dimanche contre Barcelone –, Julen Lopetegui paye le départ non remplacé d’un Ronaldo vers la Juventus, l’appétit peut-être rassasié d’un groupe vainqueur de quatre des cinq dernières Ligue des champions, mais aussi certains de ses choix. Perez lui reproche de ne pas avoir tranché au poste de gardien entre Keylor Navas et Thibaut Courtois (et de préférence en faveur du dernier acheté pour 35 millions d’euros cet été) et goûte peu de voir le Brésilien Vinicius Jr (recruté pour 45 millions d’euros à Flamengo) gambader avec l’équipe réserve. Dans son malheur, Lopetegui a reçu le soutien de ses joueurs, du moins publiquement, le capitaine Sergio Ramos déclarant que le technicien avait toute la confiance du vestiaire madrilène.
« Se faire virer du Real Madrid fait partie du jeu », avait dit le Néerlandais Guus Hiddink, remercié en milieu de saison en 1999. Julen Lopetegui ne pouvait pas ignorer cette règle au moment de sa présentation le 14 juin. « Hier, c’était le jour le plus triste de ma vie depuis la mort de ma mère [en référence à son départ précipité de l’équipe d’Espagne]. Et aujourd’hui, c’est le plus beau jour de ma vie », lâchait-il au bord des larmes.
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L’Irlande se prononce sur la suppression du blasphème de la Constitution
Publié le
Quatre-vingt-un ans après son inscription dans le marbre, l’article relatif au blasphème pourrait être abrogé à l’occasion d’un référendum organisé ce vendredi. Le “oui” est en tête dans les sondages, alors qu’aucune condamnation pour un tel délit n’a été prononcée sur l’île d’Émeraude depuis plusieurs siècles.
“Dans la cultissime comédie des Monty Python La Vie de Brian, un dignitaire juif formule le jugement retenu contre un homme accusé de blasphème : ‘Les Anciens vous ont jugé coupable d’avoir prononcé le nom de notre Seigneur, en conséquence, blasphémateur, vous serez lapidé à mort !’ Bien sûr, ce film a été censuré en Irlande à sa sortie en 1980”, s’amuse l’Irish Independent.
Défini comme “tout contenu constituant une grossière injure ou une insulte contre quelque chose tenu pour sacré par une religion”, le blasphème est inscrit dans la Constitution depuis 1937. “Une mention quelque peu archaïque”, poursuit le quotidien de Dublin, sur laquelle les Irlandais sont invités à se prononcer par voie de référendum ce vendredi. Après les scrutins sur le mariage homosexuel, en 2015, et pour abroger l’interdiction de l’IVG, en mai dernier, ce scrutin “peu en vue” est le signe que le pays “prend ses distances avec l’Église”, note The Guardian.
Aucune condamnation depuis trois cents ans
En vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution, “l’expression ou la publication de contenu blasphématoire, séditieux ou indécent constitue un délit puni par la loi”. Depuis 2009, un tel délit est passible d’une amende de 25 000 euros, après avoir été longtemps puni d’une peine de prison de sept ans. Sauf que… personne n’a été jugé pour de tels faits en Irlande depuis belle lurette. La dernière condamnation remonte à 1703, tandis qu’en 1855 un prêtre rédemptoriste d’origine ukrainienne a été poursuivi après avoir ordonné un autodafé de livres à tendances “immorales”. Seul hic, une Bible s’était glissée dans le lot par erreur, relate The Irish Times. Après audition des témoins, le prêtre avait été acquitté.
Plus récemment, trois actions ont été intentées contre des articles et des dessins de presse en 1995, en plein débat sur la légalisation du divorce. Toutes rejetées. Enfin, l’an dernier, l’auteur et acteur Stephen Fry a fait l’objet d’une enquête après avoir déclaré à la télévision publique irlandaise deux ans plus tôt : “Pourquoi devrais-je respecter un Dieu mesquin, capricieux et stupide qui a créé un monde rempli d’injustice et de douleur ?” En dépit d’une plainte déposée par un habitant du comté de Clare, dans l’ouest du pays, la police a rapidement classé l’affaire… faute d’avoir trouvé un groupe de personnes suffisamment choquées par ses propos.
Le “oui” largement en tête dans les sondages
“Le temps de l’interdiction du blasphème est révolu”, assure l’Irish Independent, alors que 51 % des électeurs entendent voter oui, selon les sondages. Pour les partisans de l’abrogation, cette mention dans la Constitution nuit à l’image du pays à l’international. Les militants du non (19 %, pour 25 % d’indécis) estiment pour leur part que ce référendum constitue beaucoup de bruit pour pas grand-chose, rapporte The Irish Times, et que l’article de la Constitution ne nuit pas à la liberté d’expression. Ils font remarquer que la législation irlandaise en la matière est parmi les plus clémentes des 71 pays où le délit de blasphème existe encore.
Un deuxième mandat pour le président poète ?
Les trois millions d’Irlandais inscrits sur les listes électorales sont également appelés à élire leur président, ce jeudi. Le sortant Michael D. Higgins, ancien membre du parti travailliste et écrivain de 77 ans, est le favori des six candidats en lice. En Irlande, la fonction est principalement cérémoniale : le président est chef de l’Etat mais pas chef du gouvernement. Malgré sa promesse de ne faire qu’un mandat, après son élection en 2011, “Michael D.” ‘est très populaire’, avec 70% d’opinion favorable”, note The Irish Examiner, “ce qui l’a sans doute poussé à revenir sur sa parole”. Le scrutin est un vote alternatif à un tour, et les premières estimations devraient être publiées aux alentours de 22 heures (à Dublin), à la fermeture des bureaux de vote.
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Ukraine. Le réalisateur Oleg Sentsov lauréat du prix Sakharov
C’est un geste d’une grande portée symbolique qu’a accompli le Parlement européen en décernant, jeudi 25 octobre, son prestigieux prix Sakharov au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Fédération de Russie depuis plus de quatre ans.
Le réalisateur, se félicite Oukraïnska Pravda, “a remporté le prix Andreï Sakharov pour la liberté de l’esprit du Parlement européen”. Sentsov “est le premier ressortissant ukrainien a en être lauréat”, souligne le quotidien en ligne, qui rappelle :
Le cinéaste a été arrêté en mai 2014. En août 2015, le Tribunal militaire du district du Nord-Caucase de Rostov-sur-le-Don l’a condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire pour avoir prétendument préparé des attentats terroristes en Crimée annexée. […] Le 14 mai 2018, Sentsov a entamé une grève de la faim pour obtenir la libération de tous les Ukrainiens détenus en Russie. Le 6 octobre, il a mis fin à son action, les autorités menaçant de l’alimenter de force”.
La cérémonie de remise du prix doit avoir lieu à Strasbourg le 12 décembre, fort probablement en l’absence du lauréat, toujours incarcéré en Sibérie.
Source
Le journal en ligne “Vérité ukrainienne”, a été créé en 2000 par le journaliste Guéorgui Gongadzé, assassiné au cours de la même année alors qu’il enquêtait sur la corruption au sein du pouvoir. Le titre, qui traite de sujets exclusivement nationaux
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