Author: Don Kayembe

  • Étienne Tshisekedi n’a pas changé selon Lambert Mende

    Étienne Tshisekedi n’a pas changé selon Lambert Mende

    tshisekedi-Monsieur Étienne Tshisekedi est un aîné, de surcroît Premier ministre du gouvernement dans lequel j’ai fait mes premiers pas comme ministre, ce qui rend malaisé un jugement de valeur de ma part sur lui mais la polémique autour des contre-propositions du Rassemblement de l’opposition qu’il pilote aux résolutions du Dialogue tenu à l’initiative du président Kabila ramène à la surface une expérience dont il me faut témoigner.

    Cette polémique m’a rappelé les circonstances du départ de mon parti de l’Alliance avec l’Union sacrée de l’opposition qu’animait M. Tshisekedi en 1995. Désigné par ce dernier avec quatre collègues pour accompagner son alter ego, Kibassa Maliba, à une négociation avec Mobutu à Gbadolite en vue de son retour à la Primature, je l’entendis nous faire porter peu après, et de manière fallacieuse, la responsabilité de cette initiative (« je ne les ai pas mandatés. Interpellez-les ! ») lors d’un meeting alors qu’il nous avait chaleureusement félicité en sa résidence à notre retour quelques jours avant que Mobutu ne lui fasse faux bond. Pris à partie par ses lieutenants, nous n’échappâmes au lynchage que grâce à la garde civile.

    Vingt ans après, cette polémique illustre que rien n’a changé : M. Tshisekedi est resté l’homme qui crée des incidents lorsqu’il veut accéder aux affaires, les crée lorsqu’il y accède et continue de les créer lorsqu’il n’y arrive pas ou en est évincé. Son intransigeance prend appui sur le respect de la Constitution. Mais son action juxtaposée aux différentes constitutions de la RDC démontre le contraire : en 1960, il avait rejoint la sécession sud-kasaïenne, en violation de la loi fondamentale. Le 14 septembre 1960, il intègre le collège des Commissaires généraux, premier coup d’État contre le gouvernement Lumumba. Lorsque le 24 novembre 1965, Mobutu opère un deuxième coup et suspend la Constitution, il entre dans son gouvernement.

    Ses quatre passages éphémères à la tête de l’exécutif entre 1991 et 1997 seront caractérisés par des controverses futiles et souvent stériles

    Dès 1967, il est parmi les fondateurs du parti MPR de Mobutu qui le charge de rédiger une nouvelle Constitution limitant le nombre des partis autorisés au Congo à deux. Seulement, lorsque des lumumbistes tentent de formaliser leur parti, ils sont malmenés par les affidés du ministre de l’Intérieur, Tshisekedi. Le MPR se muera en 1974 en Parti-État.

    Ses premières dissensions avec Mobutu en 1980 sont une révolution de palais (lettre des 13 Parlementaires). L’UDPS est créée en 1982.

    Début 1990, le monopartisme de 1967 est supprimé par une conférence nationale imposée à Mobutu par le vent de l’Histoire. Des personnalités comme M. Tshisekedi ont certes contribué à cette déconstruction de l’autocratie, mais le processus de démocratisation a souffert d’une certaine irrationalité de son action. Alors que Mobutu, coincé par des conférenciers survoltés avait avalisé son accès à la tête du gouvernement, ses quatre passages éphémères à la tête de l’exécutif entre 1991 et 1997, seront caractérisés par des controverses futiles et souvent stériles.

    Chef du gouvernement, il plaide pour la suspension de l’aide extérieure, incite aux pillages par une démonétisation irréfléchie des billets de banques perçus comme solde par les militaires, paralyse l’économie par des « villes mortes » pour un oui ou un non dans ses relations tumultueuses avec Mobutu, se lance dans une guerre de clans dans son parti, diabolise ses alliés (Ileo, Kengo) ainsi que les « facilitateurs » (Mgr Monsengwo, l’Algérien Brahimi, le Sénégalais Abdoulaye Wade).

    Par la suite, après avoir soutenu l’AFDL de Mzee Kabila pendant la lutte armée contre Mobutu, il va la combattre pour ne l’avoir pas rétabli au poste de 1er ministre.

    Son parti se complaît dans le concept de « légitimité naturelle » : tout contradicteur en est « auto-éjecté ».

    En 2003, M. Tshisekedi avait refusé le poste de vice-président de la République lui proposé par l’accord de Sun City. Il voulait le top job. «Vous me voyez, moi, représenter le petit Kabila à l’étranger ? », aurait-il dit au médiateur sud africain. Il empêchera son parti d’entrer dans les institutions d’accompagnement de la transition tout en se plaignant d’en avoir été exclu. Il a préféré camper dans la posture du défenseur des élections qu’il boycottera en 2005 (référendum) et 2006.

    Il est permis de douter d’un apport positif quelconque du chef de l’UDPS à la recherche d’une solution heureuse à la crise congolaise actuelle

    À la surprise générale, et sans la moindre explication, il décidera de la participation de son parti au cycle électoral de 2011, et s’autoproclamera vainqueur de la présidentielle. Les résultats le donnant perdant, il déclare : «C’est moi qui suis de loin le vainqueur de ces élections. Dans les 75 % ! » (…) Contre 28, 27 ou 30 % de Kabila». Mais le compte dépasse les 100 % !

    Dans la perspective du troisième cycle électoral 2016, en plaidant pour un régime « spécial », il s’inscrit encore dans l’inconstitutionnalité, les articles 70, 103 et 105 de la Constitution excluant tout vide juridique pour conforter la notion de continuité de l’ordre institutionnel pour toutes les institutions à mandat électif.

    Vu ce qui précède, il est permis de douter d’un apport positif quelconque du chef de l’UDPS à la recherche d’une solution heureuse à la crise congolaise actuelle.

    Jeune Afrique- Lambert Mende Omalanga

  • La RDC en débat au congrès américain

    La RDC en débat au congrès américain

    bahuma-Une audition a eu lieu ce mardi devant la commission Tom Santos des droits de l’Homme du Congrès à Washington. La démocratie en RDC était en question avec la participation de Fred Bauma de Lucha.

    Le premier panel à témoigner devant la commission se composait de Tom Perriello, l’envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs et Tom Malinowski, secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme.

    Pour Tom Malinowski, “il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé au Burundi. Quand une ligne est franchie, on ne peut pas revenir en arrière avec des centaines de morts, des personnes torturées et disparues. Cela peut arriver en RDC, à une plus grande échelle mais je suis confiant qu’ils n’ont pas encore franchi cette ligne. La porte est encore ouverte pour le président Kabila et l’opposition pour s’entendre.”

    Dans le deuxième panel, Mvemba Dizolele, professeur à John Hopkins University, s’est exprimé.

    Mvemba Phezo Dizolele tells US Congress “Fred Bauma is one of the emerging leaders” in . https://humanrightscommission.house.gov/news/watch-live 

    Sur VOA Afrique, la veille, il expliquait que la situation restait confuse à Kinshasa à trois semaines de la fin du mandat de Joseph Kabila.

     

    Selon Mme Sawyer, depuis 2015, les autorités de la RDC ont arrêté et torturé des centaines d’activistes des droits de l’homme. La chercheuse a rappelé que des sièges de partis d’opposition avaient été attaques par la garde présidentielle, des corps brulés puis dissimuler et/ou jeter dans le fleuve Congo.”

    Elle encourage les Etats-Unis à “accroitre les sanctions contre les supérieurs, parmi les forces de sécurité, qui organisent la répression.”

    “La médiation par l’Église catholique reste la meilleure solution que nous avons pour arriver à un accord avant le 19 décembre” a expliqué la chercheuse.

    L’activiste Fred Bauma a ensuite pris la parole et rappelle ces 17 mois de détention en tant que membre actif du mouvement Lucha.

    “Mon cas n’est pas isolé. C’est devenu une routine au fur et à mesure qu’on approche le 19 décembre. Des centaines d’activistes de Lucha ont été arrêtés, kidnappés depuis le lancement de notre mouvement.”

    “Cette répression n’a pas découragé notre combat pour un autre Congo. Ce n’est pas un combat contre la personne du président Kabila mais pour le respect de la Constitution et la liberté de notre beau pays. Il n’y aura pas d’élection cette année en RDC, ce qui va accroitre l’instabilité du pays et de la région.”

    M. Bauma a poursuivi : “les autorités disent qu’il n’y a pas d’argent pour les élections mais ils dépensent des millions pour faire du lobbying même ici aux Etats-Unis. Je suggère que le Congrès demande à l’administration américaine d’accroitre les sanctions financières contre ceux impliqués dans ces malversations et dans la répression des manifestations pacifiques. Il faut le faire maintenant pour éviter les violences après le 19 décembre. Après, j’ai bien peur qu’il soit trop tard.”

    Fred Bauma a aussi eu des mots pour la situation à Beni où des centaines de personnes ont été massacrées depuis des années malgré la présence de la Monusco.

     

    VOA
  • Impossible d’organiser la présidentielle avant “avril 2018” en RDC

    Impossible d’organiser la présidentielle avant “avril 2018” en RDC

    tshibanda-La présidentielle qui devait avoir lieu cette année en République démocratique du Congo ne pourra pas se tenir avant “avril 2018”, a déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères congolais Raymond Tshibanda, en marge du sommet de la Francophonie à Antananarivo.

    M. Tshibanda a par ailleurs estimé qu’il ne pouvait “pas exclure qu’il y ait quelques tentatives de violence” de la part de l’opposition autour du 20 décembre, date de la fin du mandat du président Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.

    La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle dans les temps.

    En octobre, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont conclu un accord prévoyant le maintien de M. Kabila à son poste au-delà du 20 décembre et le renvoi de la présidentielle à une date non fixée, en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.

    Après avoir “eu l’occasion d’entendre des experts en matière électorale, non seulement de la RDC mais aussi [de l’ONU, de la Francophonie, et des Etats-Unis], il a été arrêté qu’au 31 juillet 2017 soit terminé l’opération d’enrôlement des électeurs et qu’au mois d’avril 2018 auraient lieu les élections”, a déclaré M. Tshibanda.

    “Avant cela aucun expert ne pense que c’est faisable”, a ajouté le ministre.

    L’accord d’octobre ne fixe pas de date pour la tenue de la présidentielle et des législatives, qui devront avoir lieu le même jour, mais les “éléments [d’un] calendrier global” prévoyant la convocation de ces scrutins pas avant le 30 octobre 2017 et leur organisation dans un délai de six mois après leur convocation.

    Alliée dans un “Rassemblement” autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, la majeure partie de l’opposition rejette cet accord et exige le départ de M. Kabila le 20 décembre.

    “Il est clair que tous les acteurs politiques ne sont pas responsables et que quelques uns sont en train d’investir dans la politique du pire”, a estimé M. Tshibanda.

    “Ce qui est clair c’est que l’état congolais prendra ses responsabilités”, a prévenu le ministre ajoutant que le peuple n’était “pas prêt à se laisser manipuler”, par “une frange extrémiste de l’opposition”.

    Les 19 et 20 septembre, 49 civils et 4 policiers – selon l’ONU – ont été tués dans des violences en marge d’une marche du Rassemblement à Kinshasa. Le pouvoir et les organisateurs de la manifestation se sont renvoyé mutuellement la responsabilité de ces violences.

    Depuis ce drame, le pouvoir a réussi à empêcher tout rassemblement de l’opposition dans la capitale congolaise, où le signal de la radio française RFI, l’une des plus écoutées du pays, est coupé par les autorités depuis le 5 novembre.

    En application de l’accord d’octobre, M. Kabila a nommé mi-novembre au poste de Premier ministre l’opposant Samy Badibanga. Justifiant l’absence du président congolais au sommet de la Francophonie, M. Tshibanda a expliqué que “ce n’est pas au moment où le chef de l’Etat est en train de mener des consultations pour la mise en place d’un gouvernement qu’il peut s’éloigner de la capitale”.

    Avec AFP

  • L’UDPS souhaite une rencontre Tshisekedi-Kabila pour sortir de la crise en RDC

    L’UDPS souhaite une rencontre Tshisekedi-Kabila pour sortir de la crise en RDC

    udps-L’Union pour la Démocratie et le Progrès social va brandir le carton rouge à Joseph Kabila le 19 décembre prochain afin de lui signifier la fin de son mandat et exiger son départ de la tête du pays. Le secrétaire général du parti d’Etienne Tshisekedi l’a rappelé au cours d’un point de presse à Kinshasa.

    Jean-Marc Kabund a une nouvelle fois rejeté l’accord politique qui a sanctionné le dialogue le 18 octobre dernier.

    Il a traité comme “un non événement” la nomination de Dany Badibanga comme Premier ministre.

    Il a rappelé que “seule une rencontre entre Kabila, Tshisekedi et leurs alliés respectifs pour une gestion consensuelle de la transition” permettra de décrisper la tension politique.

    Audio: Kabund au micro de de Thierry Kambundi de Top Congo, notre station partenaire à Kinshasa (0:01:20)

    Jean-Marc Kabund a dénoncé “les insuffisances et les dangers que contient l’accord du 18 octobre pour notre jeune démocratie et pour notre peuple”.

    “Nous ne suivrons pas les va-t-en-guerre qui pullulent dans la majorité”, poursuit-il, “rampant aux pieds de Kabila et faisant des courbettes pour obtenir des postes et des avantages personnelles”.

    Il a insisté sur le fait que “l’UDPS et le rassemblement sont d’avis que seul un dialogue” entre Joseph Kabila et les opposants pourra mettre un point final à la crise.

    voa

  • La France suspend les adoptions pour « éviter le risque de trafics d’enfants » en RDC

    La France suspend les adoptions pour « éviter le risque de trafics d’enfants » en RDC

    adoption-La décision de la France de suspendre à compter du 31 décembre les adoptions en République démocratique du Congo (RDC) est due à une volonté d’”éviter le risque de trafics d’enfants”, ont expliqué vendredi des sources diplomatiques.

    Le porte-parole du Quai d’Orsay avait annoncé cette décision jeudi, l’imputant à des « irrégularités » constatées dans les dossiers d’adoption et à « l’insuffisance des garanties juridiques et éthiques ».

    Parmi les « irrégularités » constatées, figuraient de la « fraude documentaire », des consentements de parents biologiques donnés longtemps après le jugement d’adoption, ou même absents, une absence de preuve de décès des parents biologiques ou encore des enfants ayant « trois actes de naissances », ont expliqué vendredi des sources du ministère des Affaires étrangères.

    « Nous voulons éviter le risque de trafics d’enfants et la RDC partage ces mêmes préoccupations », ont-elles fait valoir.

    Fin 2013, la RDC avait suspendu les autorisations de sortie du territoire pour les enfants adoptés à l’étranger, disant avoir reçu des informations selon lesquelles certains enfants auraient été maltraités à l’étranger ou leur adoption transférée à des couples homosexuels, ce qui est interdit par la loi congolaise.

    Le nombre total d’enfants concernés, adoptés par des familles nord-américaines et européennes, était estimé à quelque 1.300, dont environ 340 destinés à venir en France.

    Après plus de deux ans de suspension, des autorisations de sortie avaient commencé à être délivrées par la RDC.

    Après examen des dossiers par la France à partir de mars 2016, « 233 » visas d’adoption ont été délivrés par Paris, tandis qu’une cinquantaine ont été refusés en raison des « irrégularités » constatées, a-t-on précisé au Quai d’Orsay.

    Les familles qui n’ont pas encore fait de demande de visa peuvent le faire jusqu’au 31 décembre auprès de l’ambassade de France à Kinshasa. « Une douzaine » seraient dans ce cas.

    Un arrêté de suspension des procédures d’adoption en RDC prendra effet au 1er janvier 2017, tandis que trois autres arrêtés vont retirer les habilitations pour ce pays des trois organismes qui y sont autorisés pour l’adoption: Vivre en famille, Chemin vers l’enfant et Enfants du Monde.

    Les adoptions ont été suspendues dans le passé dans d’autres pays, comme le Vietnam, avant de reprendre une fois les conditions légales réunies.

    J.A

  • Cuba : Fidel Castro est mort, une page de l’Histoire se tourne

    Cuba : Fidel Castro est mort, une page de l’Histoire se tourne

    castro-Fidel Castro, le père de la Révolution cubaine, qui a tenu son île d’une main de fer et défié la superpuissance américaine pendant plus d’un demi-siècle avant de céder le pouvoir à son frère Raul, est mort à l’âge de 90 ans.

    « Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir (vendredi) » (03h29 GMT samedi), a annoncé Raul Castro en lisant une déclaration sur l’antenne de la télévision nationale.

    Le président cubain n’a pas révélé les causes du décès, mais a précisé que Fidel Castro serait incinéré.

    « Conformément à la volonté exprimée par le camarade Fidel, sa dépouille sera incinérée dans les premières heures » de la journée de samedi, a-t-il déclaré.

    « L’organisation de l’hommage funèbre qui lui sera rendu sera précisée » ultérieurement, a-t-il ajouté dans cette brève allocution conclue par un tonitruant : « Jusqu’à la victoire, toujours! » (« Hasta la victoria, siempre »), l’antienne bien connue du Comandante.

    Le « Lider Maximo » avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale.

    Il avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba (PCC) à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965.

    L’ex-président cubain avait totalement disparu des écrans cubains entre février 2014 et avril 2015, ce qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé.

    Mais depuis un an et demi, même si ses déplacement restaient limités, il avait recommencé à publier des « réflexions » et s’était remis à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.

    Fidel Castro avait surpris en ne recevant pas à la mi-novembre le Premier ministre Canadien Justin Trudeau, malgré la forte amitié qui liait l’ex-président cubain à son père Pierre-Elliott Trudeau. Pourtant, la veille, il s’était entretenu avec le président vietnamien Tran Dai Quang.

    – Stupeur à La Havane –

    La nouvelle de sa mort s’est progressivement répandue dans la nuit dans les rues clairsemées de La Havane, de nombreux habitants se disant mortifiés de voir disparaître le « Comandante ».

    « Ca nous a tous pris par surprise, on espérait vraiment qu’il vive un peu plus longtemps. Il avait l’air en forme lors de ses dernières apparitions », a réagi Michel Gonzalez, un vendeur de cigares de 30 ans.

    « Cette nouvelle nous fait de la peine, comme des milliers de Cubains je suis contrit, triste, c’est tellement soudain! », abondait, interdit, le barman Miguel Gonzalez, 24 ans, rencontré dans le Vedado, un quartier proche du centre qui ne connaissait son animation habituelle en cette nuit très particulière.

    « On savait que cela pourrait arriver, mais on n’était vraiment pas préparé. Il restera pour toujours comme le leader historique de cette Révolution », confiait de son côté Yaimara Gomez, employée de 27 ans dans un hôtel du centre-ville.

    Ce décès, qui survient à peine deux ans après l’annonce historique du rapprochement entre Cuba et les États-Unis, vient définitivement tourner la page de la Guerre froide, qui a mené le monde au bord du conflit nucléaire lors de la crise des missiles d’octobre 1962.

    – Raul Castro seul aux commandes –

    Avec la mort de Fidel, Raul Castro se retrouve pour la première fois seul aux commandes, lui qui avait assuré au moment de sa nomination qu’il consulterait le « Commandant en chef » pour toutes les décisions importantes.

    Raul, âgé de 85 ans, a engagé depuis 10 ans un lent processus de « défidélisation » du régime, défini en avril 2011 par l’adoption lors d’un congrès historique du PCC d’un ensemble de mesures économiques destinées à sauver Cuba de la faillite. Il a également orchestré dans l’ombre un rapprochement historique annoncé mi-décembre avec les États-Unis, révélant un pragmatisme qui tranche avec l’anti-américanisme viscéral de son aîné.

    Célèbre pour ses coups d’éclat et ses discours interminables, mais aussi pour son uniforme vert olive, ses cigares et sa barbe légendaire, Fidel Castro était un symbole de la lutte contre l’ »impérialisme américain », tout en affichant lui-même un piètre bilan en matière de droits civiques et de libertés.

    Les médias américains dressaient samedi un portrait sans concession de Fidel Castro, « leader répressif » pour certains, « tourment » d’une dizaine de présidents des Etats-Unis pour d’autres.

    Fils d’un grand propriétaire terrien d’origine espagnole, Fidel Castro avait surpris jusqu’à ses propres partisans en se tournant vers Moscou peu après la conquête du pouvoir par les « barbudos » en janvier 1959.

    Il a défié 11 présidents américains et survécu à maints complots pour l’assassiner (638 selon le Livre Guinness des records) ainsi qu’à une tentative ratée de débarquement d’exilés cubains soutenus par la CIA dans la baie des Cochons (sud de l’île) en avril 1961.

    John F. Kennedy devait décréter peu après un embargo commercial et financier. Toujours en vigueur, celui-ci pèse lourdement sur l’économie du pays malgré une série d’assouplissements consentis par l’administration de Barack Obama dans le cadre du dégel.

    En octobre 1962, c’est la crise des missiles, provoquée par l’installation de fusées nucléaires soviétiques à Cuba, qui engendre une surenchère et met le monde sous la menace atomique. Washington décide un blocus naval de l’île, et Moscou finit par retirer ses fusées contre la promesse américaine de ne pas envahir l’île.

    Compagnon d’armes du guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara, le leader cubain s’est voulu le champion de l’exportation de la révolution marxiste en Amérique latine, mais aussi en Afrique, notamment en Angola où les troupes cubaines ont été engagées pendant 15 ans.

    Cette révolution suscite alors une certaine fascination et le régime se targue alors d’avoir éradiqué l’analphabétisme et mis en place un système de santé efficace et accessible aux 11,1 millions d’habitants de l’île. Une performance rare pour un pays pauvre d’Amérique latine.

    Mais la chute de l’URSS en 1991, principal bailleur de fonds de l’île, devait porter un coup terrible à l’économie cubaine : la population est confrontée à des pénuries énormes et beaucoup prédisent la fin du régime.

    Maître de la survie politique, le « Lider Maximo » trouve une nouvelle manne avec le tourisme et surtout de nouveaux alliés avec la Chine et le Venezuela du président Hugo Chavez, présenté par Fidel Castro comme son « fils spirituel ».

    Le « Lider maximo » a toujours maintenu secrète sa vie privée. Sa compagne Dalia Soto del Valle, qui partageait sa vie depuis les années 1960 et lui a donné cinq fils, devrait assister aux obsèques de celui qui a eu au moins trois autres enfants – dont une fille vivant à Miami – avec trois autres femmes.

    J.A

  • Connaissez-vous (vraiment) Samy Badibanga, le nouveau Premier ministre de la RDC ?

    Connaissez-vous (vraiment) Samy Badibanga, le nouveau Premier ministre de la RDC ?

    samy-badibanga-2-Joseph Kabila, président de la RD Congo, a désigné jeudi le député Samy Badibanga au poste de Premier ministre chargé de conduire le gouvernement dit d’union nationale. Discret, parfois effacé, cet élu de Kinshasa n’est pourtant pas un novice.

    Opposé à la politique de la chaise vide

    C’est sans doute, jusqu’ici, son fait d’armes le plus retentissant : dire non à l’opposant historique Étienne Tshisekedi dont il fut l’un des conseillers spéciaux. Nous sommes fin 2011. Le pays vient d’organiser des élections présidentielle et législatives.

    Natif de Kinshasa, Samy Badibanga, dont les parents sont originaires du Kasaï (centre), est élu député de la circonscription de Mont-Amba, regroupant les communes « chaudes » de Lemba, Matete, Ngaba, Kisenso, dans l’est de la capitale. Mais le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), son parti, est devancé par Joseph Kabila à l’issue d’un scrutin présidentiel controversé. Tshisekedi refuse de reconnaître tous les résultats et appelle ses lieutenants élus à ne pas siéger à l’Assemblée nationale. Badibanga n’obéit pas au « mot d’ordre » et, par conséquent, s’auto-exclut du parti, selon les instances de l’UDPS.

    Chef de l’opposition institutionnelle

    Arrivé à l’hémicycle, Samy Badibanga lance »UDPS et alliés » dont il est jusqu’à aujourd’hui le président. Au départ, le groupe parlementaire compte quelque 42 députés, soit la première force de l’opposition à l’Assemblée nationale. Devant l’UNC et alliés de Vital Kamerhe.

    Lorsqu’il décide de participer au dialogue politique convoqué par le président Joseph Kabila, Samy Badibanga se retrouve confronté à une fronde au sein de son groupe parlementaire. Certains de ses camarades veulent même sa révocation du poste de président. Mais il résiste, soutenu par la majorité des élus de l’UDPS et alliés.

    Avant le début des pourparlers avec le camp Kabila, Samy Badibanga se dispute la tête de la délégation de l’opposition avec Vital Kamerhe. Finalement, un compromis est trouvé : il n’y aura pas de chef de délégation. En tout cas, pas officiellement. Kamerhe est fait co-modérateur, Badibanga adjoint. Alors qu’en face, Néhémie Mwilanya Wilondja, directeur de cabinet du chef de l’État, est désigné chef de la délégation, la modération de la Majorité présidentielle (MP) est confiée à Alexis Thambwe-Mwamba, ministre de la Justice.

    Échecs et ennuis

    Nommé Premier ministre dans le cadre de l’accord politique conclu le 18 octobre entre le camp Kabila et une frange de l’opposition, Samy Badiganga se rêvait quelques mois plus tôt deuxième vice-président de l’Assemblée nationale après le décès de Timothée Kombo, membre du groupe UDPS et alliés, qui occupait le poste.

    Mais le 14 juin, Samy Badibanga ne parvient pas à se qualifier pour le second tour. L’élection sera remportée par Remy Massamba, un autre ancien cadre de l’UDPS d’Étienne Tshisekedi. De son côté, malgré des lignes désormais différentes avec son ancien parti, Samy Badibanga, ancien consultant de la société minière BHP-Billiton, a continué à se revendiquer de l’UDPS.

    Fin 2015, avec deux autres députés, il avait tenté de faire tomber le bureau de l’Assemblée nationale. Mais leur motion de défiance aurait été entachée d’irrégularité. Un élu s’était en effet plaint que les initiateurs de la procédure se soient rendus coupables de « faux et usage de faux » sur sa signature.

    Une fois saisi, le parquet général de la République demande la levée de l’immunité de Badibanga et ses complices présumés. Le président du groupe UDPS et alliés se fait rare à Kinshasa pendant cette période tumultueuse. Jusqu’à ce que l’affaire se tasse…

    J.A

  • Les Etats-Unis exhortent l’opposition à s’abstenir de propos “incendiaires” en RDC

    Les Etats-Unis exhortent l’opposition à s’abstenir de propos “incendiaires” en RDC

    rassemblement-Les États-Unis ont appelé mardi l’opposition congolaise à s’abstenir de propos “incendiaires” en République démocratique du Congo, minée par une crise politique liée au report de l’élection présidentielle.

    “Nous exhortons la coalition du Rassemblement sous la direction d’Étienne Tshisekedi à faire des propositions constructives et pratiques et à s’abstenir de rhétorique incendiaire ou des actions incompatibles avec les normes démocratiques”, note un communiqué de l’ambassade des États-Unis à Kinshasa.

    La RDC est minée par une crise politique liée au report de la présidentielle à une date non fixée à la suite d’un accord conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition à l’issue d’un “dialogue national”.

    Les conclusions de ces pourparlers ont été rejetées par le “Rassemblement”, regroupement de plusieurs partis d’opposition constitué en juin autour de M. Tshisekedi, opposant historique en RDC, qui avait boycotté ce forum.

    En application de cet accord, M. Kabila a nommé jeudi l’opposant Samy Badibanga, un transfuge du parti de M. Tshisekedi, au poste du Premier ministre à qui il a assigné la mission prioritaire d’organiser la présidentielle.

    Le “Rassemblement” exige le départ de M. Kabila du pouvoir au terme de son mandat le 20 décembre et a déclaré samedi, avoir déclenché “le compte à rebours” de la fin du mandat du président.

    Avant la nomination du nouveau Premier ministre, M. Kabila avait demandé aux évêques catholiques de mener une médiation entre les signataires de l’accord et le “Rassemblement” en vue d’un compromis politique, pour éviter un retour au chaos dans ce pays, qui a déjà été ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003.

    Les États-Unis estiment que les prochaines semaines seront essentielles pour déterminer si la RDC “poursuit une voie de principes démocratiques et de compromis ou risque de retourner à la violence et à l’instabilité”.

    Le parti de M. Tshisekedi n’a pas souhaité réagir immédiatement à l’appel des Etats-Unis.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution lui interdit de se représenter, mais le chef de l’État n’a jamais dit expressément qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.

    Les États-Unis demandent au pouvoir et à l’opposition de travailler avec les évêques pour entre autres obtenir “des garanties que le président Kabila ne cherchera pas à briguer un autre mandat”, indique le communiqué.

    Avec AFP

  • Moïse Katumbi demande le dépaysement de ses affaires judiciaires hors du Katanga

    Moïse Katumbi demande le dépaysement de ses affaires judiciaires hors du Katanga

    Katumbi Kabila 1-Les avocats de l’opposant congolais, condamné à trois ans de prison pour un conflit immobilier, ont demandé à Kinshasa le dépaysement de cette affaire hors de l’ex-province du Katanga où le jugement avait eu lieu.

    En juin, M. Katumbi avait été condamné à 3 ans de prison dans une affaire de spoliation d’immeuble par un tribunal de paix de Lubumbashi, deuxième ville de la RDC (sud-est), mais ses avocats ont toujours rejeté ce jugement faisant valoir des pressions exercées sur des juges dans son rendu.

    Vendredi à Kinshasa, capitale de la RDC, devant la Cour suprême de justice, la défense de M. Katumbi a plaidé pour que les poursuites contre ce dernier se déroulent devant d’autres juridictions du pays, à l’exception de celles de l’ex-Katanga, sa région d’origine.

    Son avocat Me Joseph Mukendi a accusé les tribunaux de l’ex-Katanga (région grande comme l’Espagne, morcelée en 4 provinces en 2015) d’être soumis à “des immixtions de leurs hiérarchies” et de la politique dans les jugements.

    La partie adverse a plutôt soutenu que l’affaire soit rejugée au Katanga où les infractions ont été commises, jugeant “imaginaires” les craintes de M. Katumbi.

    Ex-allié de poids du président congolais Joseph Kabila, M. Katumbi est passé à l’opposition en septembre 2015 après avoir démissionné de son poste de gouverneur de l’ex-province du Katanga et a quitté le parti présidentiel à la même occasion.

    Richissime homme d’affaires et candidat déclaré à la présidentielle, reportée à une date indéterminée, M. Katumbi séjourne depuis mai à l’étranger officiellement pour des soins médicaux, mais les autorités ont promis de l’arrêter dès son retour au pays.

    M. Katumbi est aussi visé par un autre procès dans une affaire de recrutement présumé des mercenaires.

    Avec AFP