Author: Don Kayembe

  • Quand Kerry pousse Kabila vers la sortie

    Quand Kerry pousse Kabila vers la sortie

    kerry-joseph-Coup de tonnerre à Kinshasa lors de la visite du secrétaire d’Etat américain ce dimanche. Dans une formulation très explicite, John Kerry a affirmé que Joseph Kabila devait respecter la Constitution et ne pas briguer un nouveau mandat en 2016.

    Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, avait prévenu avant même son arrivée à Kinshasa : « le respect de la Constitution » sera l’un des crédos de sa visite en République démocratique du Congo (RDC). Mais à la fin de la rencontre avec le chef de l’Etat congolais ce dimanche, la déclaration devant la presse de John Kerry a fait l’effet d’une bombe. « Je crois que le président Kabila a clairement en tête le fait que les Etats-Unis d’Amérique sont intimement convaincus que le processus constitutionnel doit être respecté» , a tout d’abord déclaré le chef de la diplomatie américaine. Avant de justifier son « conseil » au président Kabila de ne pas briguer un troisième mandat interdit pas la Constitution : « C’est ainsi que l’on renforce un pays. Je n’ai aucun doute sur le fait que l’héritage du président Kabila sera défini par les progrès qu’il a faits, en particulier l’année dernière, en vue de la résolution de la question sécuritaire dans l’est du pays, et sur le plan économique». Joseph Kabila « est un homme jeune », a dit enfin John Kerry,  « qui dispose encore d’un temps considérable pour apporter sa contribution à son pays». Et comme pour bien être sûr que tout le monde avait compris le message, son conseiller spécial pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold, a été encore plus clair : « nous ne voulons pas » que Joseph Kabila change la Constitution ou fasse un troisième mandat, a-t-il expliqué devant les journalistes. Dans la majorité présidentielle, « on ne retient que du positif » de la visite de John Kerry à Kinshasa. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, s’est étonné « des interprétations tirées par les cheveux » des propos attribués à John Kerry par la presse.

    Une mise en garde contre tout « coup d’Etat constitutionnel« 

    Le discours du secrétaire d’Etat américain résonne en écho aux inquiétudes de l’opposition politique congolaise qui craint que Joseph Kabila ne cherche à modifier la Constitution pour se présenter une nouvelle fois à la présidentielle de  2016. Or, la Constitution congolaise interdit au président d’exercer plus de deux mandats consécutifs. Au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, Joseph Kabila n’a été élu « démocratiquement » pour la première fois qu’en 2006. Réélu une seconde fois en 2011, au cours d’un scrutin fortement contesté, Joseph Kabila devrait donc ne pas pouvoir se représenter. Mais à Kinshasa, on pense que le jeune président de 42 ans n’est pas prêt de laisser sa place et prépare plusieurs scénarios pour rester à la tête de la RDC. L’opposition soupçonne le président de vouloir faire jouer les prolongations à son mandat actuel, avec une période de transition qui permettrait « de remettre les compteurs à zéro ». Certains observateurs penchent pour un scénario «à la russe, lorsque Vladimir Poutine avait laisser le pouvoir à son dauphin Dimitri Medvedev, avant de reprendre les rênes du pays par la suite». La sortie tonitruante de John Kerry  de ce dimanche n’empêchera sans doute pas Joseph Kabila de rester au pouvoir, mais elle aura au moins eu le mérite de mettre en garde le président congolais contre toute tentative de « coup d’Etat constitutionnel« . Après la visite de John Kerry, Joseph Kabila sait donc qu’il lui reste encore deux ans pour trouver la solution pour rester au pouvoir. A moins que lors de la rencontre avec le secrétaire d’Etat américain, des garanties aient été trouvées pour un départ  « par le haut » du dirigeant congolais. A Kinshasa, on trouve peu de monde pour croire à une telle issue. « Les capacités de rebondir de Joseph Kabila sont phénoménales » dit-on du côté de l’opposition congolaise.

    Christophe RIGAUD

  • Comprendre l’opération “Mbata ya bakolo” à Brazzaville en 10 questions

    Comprendre l’opération “Mbata ya bakolo” à Brazzaville en 10 questions

    Des Congolais de la RDC quittent Brazzaville à la suite de l'opération Mbata ya bakolo.
    Des Congolais de la RDC quittent Brazzaville à la suite de l’opération Mbata ya bakolo. © DR

    Depuis début avril, la police brazzavilloise traque les “kuluna” (délinquants) et autres “étrangers en situation irrégulière”. À ce jour, des milliers de Congolais de la RDC ont été refoulés, parfois dans des conditions indignes. Dérapages en série ou simple lutte contre la criminalité ? “Jeune Afrique” décrypte l’opération “Mbata ya bakolo” en 10 questions-réponses.

    “Ça dérape”, lâche un conseiller diplomatique africain à Brazzaville. L’opération “Mbata ya bakolo” (la “gifle des aînés”, en lingala) est pourtant “saluée” par la population locale, selon la police du Congo-Brazzaville qui traque, depuis le 4 avril, les kuluna – les gangs de Kinshasa – et tous “les étrangers en situation irrégulière” sur le territoire congolais.

    1. Pourquoi avoir dénommé l’opération “Mbata ya bakolo” ?

    Les mauvaises langues à Kinshasa soutiennent que “Mbata ya bakolo” est un clin d’œil à la différence d’âge de deux chefs d’État sur les deux rives du fleuve Congo. Une opération qui ne serait autre chose qu’une “gifle de l’aîné Denis Sassou Nguesso (70 ans) au cadet Joseph Kabila (42 ans).” Cela n’a pourtant “rien à voir”, à croire le colonel Jules Monkala Tchoumou, directeur central de la sécurité publique et porte-parole de la police du Congo-Brazzaville.

    Contacté par Jeune Afrique, l’officier est revenu sur le “choix de ce nom de baptême” attribué à l’opération en cours dans la capitale brazzavilloise. “Mbata ya bakolo ou la gifle des aînés, c’est pour rappeler aux kuluna, qui sont généralement des jeunes, qu’en Afrique, on respecte les aînés”, explique le colonel. “Avec cette opération, des aînés donnent donc une correction à ces jeunes qui se distinguent par des actes de banditisme, souvent contre les personnes plus âgées qu’eux”, ajoute-t-il.

    2. Pourquoi maintenant ?

    Les versions diffèrent selon qu’on se trouve sur une rive ou l’autre du fleuve Congo. À Brazzaville, la police justifie l’opération par la “poussée de la criminalité” dans les quartiers périphériques de la capitale du Congo. Une poussée qui s’expliquerait par la “présence de plus en plus marquée” des kuluna qui ont fui Kinshasa à la suite des opérations “Likoki” (coup de poing, en lingala) et “Likofi +”. “Ces délinquants ont exporté à Brazzaville les mêmes modes opératoires : usage d’armes blanches (machettes, arrache-clous, couteaux, …) pour extorquer les biens d’autrui”, accuse le colonel Monkala. Le responsable fustige aussi “des hommes en armes centrafricains” qui sont entrés au Congo à la suite de la crise en Centrafrique.

    >> Lire aussi RDC : opération coup de poing contre les “kuluna” de Kinshasa.

     

    Les Brazzavillois disent qu’ils sont envahis par les Congolais de la RDC. C’est la seule motivation de ‘Mbata ya bakolo’

    Un proche d’André Kimbuta, gouverneur de Kinshasa

     

    Mais à Kinshasa, l’argumentaire de Brazzaville ne passe pas. Si devant les caméras, on se refuse d’”émettre un quelconque jugement sur la légitimité des motivations des autorités de Brazzaville” à lancer l’opération “Mbata ya bakolo”, dans les coulisses de l’Hôtel de ville de Kinshasa, les langues se délient. “Les Brazzavillois disent qu’ils sont envahis par les Congolais de la RDC, c’est la seule motivation de cette opération”, tance un proche d’André Kimbuta, gouverneur de la ville-province de Kinshasa. “C’est pourquoi ils ont déjà refoulé plus de 60 000 personnes. À qui voudrait-on faire croire qu’il y a autant de kuluna à Brazzaville ?”, lance-t-il.

    3. Qui a décidé ?

    Près de 1 500 policiers sont mobilisés à Brazzaville. “Mbata ya bakolo nécessite donc des moyens logistiques énormes, commente le colonel Jules Monkala. Pour être effective, l’opération devait être validée par le ministre de l’Intérieur [Raymond Zéphyrin Mboulou].”

    4. Qui sont traqués et quid des violences policières rapportées ?

    “Mbata ya bakolo n’est pas une chasse à nos frères de la RDC”, martèle le porte-parole de la police brazzavilloise, dénonçant la “surenchère médiatique” à Kinshasa. Et sur les réseaux sociaux, certaines photos des émeutes d’Haïti de 2010 ont même été présentées comme celles des violences subies par les expulsés de Brazzaville, comme ici :

     

    “Nous nous attaquons à un type de banditisme et non aux ressortissants de la RDC. Mais il est vrai que nous avons vite fait la connexion entre la montée de la criminalité à Brazzaville et l’immigration clandestine”, affirme le colonel Monkala pour justifier également la traque en cours des “étrangers en situation irrégulière”.

    À Kinshasa, Emmanuel Akwety, ministre provincial en charge de la Population et de la Sécurité, affirme néanmoins avoir recueilli “plusieurs témoignages” des refoulés de Brazzaville faisant état des “violences policières”. “Des cas de viol, d’extorsion, de pillage nous ont été rapportés”, confie-t-il, dénonçant également des “expulsions irrégulières de certains compatriotes que la police brazzavilloise a ravi des titres de séjour”.

    5. À quoi sert le “laissez-passer” entre Kin et Brazza ?

    Pour traverser d’une rive à une autre du fleuve Congo, le Kinois ou le Brazzavillois n’a pas besoin de visa, mais d’un simple “laissez-passer”. Ce document ne permet néanmoins “la libre circulation” que pendant 72 heures et ne constitue nullement un document de séjour, rappelle-t-on à Brazzaville.

    6. Les autorités de la RDC ont-elles été prévenues ?

    Pour Kinshasa, Brazzaville a violé la Convention de Luanda signée le 3 décembre 1999 entre la RDC et le Congo. “En substance, l’article 16 de ce texte exige de l’État qui veut procéder à des expulsions d’avertir au préalable par voie diplomatique l’autre État concerné et de prendre des dispositions pour que les droits humains soient respectés pendant l’opération”, résume Emmanuel Akwety. À l’en croire, “les autorités de Kinshasa n’ont pas été saisies”. C’est également une “violation du mécanisme de coopération spéciale qui existe entre les deux villes (Cospeco)”, ajoute-il. Mais, de son côté, Brazzaville soutient en avoir informé l’ambassade de la RDC sur place.

    7. Combien de refoulés ?

    Kinshasa parle de “près de 64 000 refoulés” en trois semaines ! Mais à Brazzaville, on fait la nette distinction entre les “expulsions” et les “départs volontaires”. Selon le colonel Jules Monkala, à la date du 2 mai, seuls 1 404 Congolais de RDC avaient été refoulés, “les listes visées par l’ambassade de la RDC faisant foi”. Par ailleurs, “46 411 autres ressortissants de la RDC, étant en situation irrégulière, ont décidé d’eux-mêmes de regagner leur pays”, selon le porte-parole de la police du Congo-Brazzaville.

    Combien y-a-t-il de Congolais de la RDC sur l’autre rive ? Personne, à Kinshasa comme à Brazzaville, n’est en mesure d’avancer un chiffre. Le fait qu’il n’existe pas de carte d’identité en RDC – la carte d’électeur servant provisoirement de carte d’identité – complique encore la tâche, selon la police brazzavilloise, qui dit avoir souvent affaire à des kuluna mineurs et sans papiers…

    8. Comment se passe la prise en charge des refoulés à Kinshasa ?

    La ville de Kinshasa est dépassée. Elle ne s’attendait pas à ce “retour massif” de migrants dans la capitale. Entre 800 et 1 000 personnes qui n’ont pas de familles sur place ont été installées, vaille que vaille, dans l’enceinte d’un stade abandonné, en attendant de les ramener dans leurs provinces d’origine.

    9. Quelles sont les conséquences politiques  de “Mbata ya bakolo”?

    Malgré les dérapages qu’il dénonce, le gouvernement de la RDC dit privilégier la voie du dialogue. Le président Joseph Kabila a dépêché, le 18 avril à Brazzaville, le chef de la diplomatie congolaise, Raymond Tshibanda, pour remettre une lettre à son homologue Denis Sassou Nguesso. D’autres délégations de parlementaires ont suivi. Et en signe d’apaisement, la police du Congo-Brazzaville a mis aux arrêts 22 policiers soupçonnés de divers abus (extorsion, pillage, vol…) pendant l’opération “Mbata ya bakolo”. “Dix-sept autres ont été radiés, mais les faits qui leur sont reprochés ne sont pas liés à l’opération en cours”, a précisé à Jeune Afrique le colonel Jules Monkala, soulignant toutefois que “Mbata ya bakolo [allait] s’étendre sur d’autres villes du pays”.

    10. Une opération similaire est-elle en préparation à Kinshasa ?

    Kinshasa se veut plutôt rassurant. “Une opération similaire [à Mbata ya bakolo] n’est pas à l’ordre du jour”, affirme François Lukanzu, secrétaire exécutif du gouvernement provincial. Mais malgré ses assurances, un groupe d’étudiants du Congo-Brazzaville à Kinshasa a décidé fin avril de regagner son pays par crainte d’éventuelles représailles. Signe qu’entre les deux capitales les plus proches au monde, quelque chose s’est cassé…

    Jeune Afrique

  • Mort du chef maï-maï Morgan: que s’est-il passé à Molokaï?

    Mort du chef maï-maï Morgan: que s’est-il passé à Molokaï?

    Morgan-Retour sur l’affaire Morgan du nom de ce chef maï-maï qui s’était rendu à l’armée et a trouvé la mort au cours de son transfert sur Bunia. Le 14 avril dernier, Morgan a été blessé aux jambes à Molokaï, mais il arrive mourant à plus de 200 kilomètres de là, à la base de la Monusco à Komanda.

    Lundi 14 avril. Trois jeeps de l’armée prennent la route de Bunia. À leur bord, Morgan et une dizaine de Maï-Maï. L’objectif est dans un premier temps de retrouver à Molokaï le général Fall Sikabwe. Mais lorsque le convoi arrive sur place, le chef des opérations en Ituri n’est pas là. Il demande à être rejoint dans la ville voisine d’Epulu. Morgan refuse, argumentant qu’il a causé du tort aux populations de cette région. Le général finit par arriver avec plusieurs dizaines de militaires de sa garde rapprochée. Les deux hommes s’enferment alors dans l’une des jeeps pour discuter. La conversation dure 10 à 20 minutes à peine. Selon plusieurs témoignages, Morgan ressort visiblement perturbé.

    Un premier coup de feu éclate, puis un deuxième. Le chef des Maï-Maï Simba – qui ne porte aucune arme sur lui – est blessé aux jambes. La garde rapprochée du général Fall Sibakwe a-t-elle pu penser que Morgan était sur le point de fuir ? Cet incident entraine en tout cas des échanges de tirs entre les escortes FARDC et les miliciens de Morgan.Que s’est passé-t-il lors de ce tête-à-tête à Molokaï juste avant les coups de feu ? Selon le haut commandement militaire à Bunia, le chef de guerre avait posé de nouvelles conditions à sa reddition, et notamment de retourner en brousse pour regrouper ses hommes ou d’obtenir le grade de général au sein de l’armée congolaise. Il avait déjà parlé de tout cela lors des tractations entourant sa reddition, assurent d’autres sources. Morgan aurait même évoqué publiquement le fait qu’il allait être réintégré au sein de l’armée congolaise.

    Parmi les questions auxquelles la justice militaire va devoir répondre, il s’agira de savoir ce qui avait été effectivement promis à Morgan, lui qui était censé être poursuivi pour crimes de l’humanité, comme c’est aujourd’hui le cas pour 35 de ses miliciens.

    Un major interpellé

    Le major Enoch Kinzambi est l’un des personnages clefs dans cette affaire. L’homme est actuellement dans les geôles de l’auditorat militaire de Bunia. Il est officiellement le premier officier FARDC interpellé dans le cadre de l’enquête de la justice militaire congolaise sur les circonstances de la mort de Morgan.

     

    Commandant du bataillon de Mambasa, le major Enoch a été chargé par le général Fall Sikabwe d’aller à la rencontre de Morgan et de superviser les premières étapes de sa reddition. Selon l’état-major militaire à Bunia, le général l’a interpellé après la mort de Morgan, l’accusant de ne pas avoir obéi à ses ordres, d’avoir menti en affirmant que le chef maï-maï et ses hommes étaient désarmés, voire d’être complice de Morgan.

    Or, le 14 avril, au départ du convoi à Badengaïdo, selon les images reçues par RFI et France 24, tous les militaires congolais présents ne pouvaient ignorer que le chef maï-maï était désarmé et que certains de ses miliciens, eux, l’étaient bel et bien. Y compris un officier plus gradé que le major Enoch, le colonel Muziamu que l’on voit d’ailleurs s’entretenir dans la vidéo avec Morgan.

    Pourquoi le major Enoch Kinzambi a-t-il alors été arrêté cette fois par le procureur militaire de Bunia ? Quel rôle a-t-il véritablement joué dans la mort de Morgan ? De sources concordantes, le major Enoch a déjà plusieurs fois démenti avoir joué un quelconque rôle dans les événements qui ont entraîné la mort du chef maï-maï. Il se serait en revanche ouvertement plaint des décisions prises par ses supérieurs hiérarchiques le jour J. Toujours selon ces mêmes sources, le major Enoch Kinzambi aurait notamment critiqué un usage excessif de la force à l’égard de Morgan et, une fois ce dernier blessé, de l’absence de soins qui aurait entrainé sa mort. Ces déclarations lui auraient valu de sérieuses inimitiés au sein de l’armée à Bunia.

  • Le Canada expulse des Congolais au passé trouble

    Le Canada expulse des Congolais au passé trouble

    Belgique-Le gouvernement conservateur, qui avait fait de l’expulsion de criminels étrangers une promesse électorale, a commencé, il y a dizaine de jours, à la mettre à exécution en renvoyant des Congolais dans leur pays d’origine, qui risquent la mort, selon leurs avocats.

    Certains sont des criminels de droit commun, d’autres sont d’anciens fonctionnaires accusés de complicité de crimes contre l’humanité.

    L’avocat de l’un d’entre eux s’inquiète de ce qui les attend à leur arrivée au Congo.

    « Je pense qu’il y a une limite à ne pas franchir et dans ce cas-là, le gouvernement, malheureusement, vient de franchir cette limite-là », estime l’avocat en droit de l’immigration et extradition, Stéphane Handfield.

    Plusieurs de ses clients ont été expulsés récemment vers le Congo, et d’autres le seront prochainement. Même s’il reconnaît que certains d’entre eux ne sont pas des anges, selon lui, le Canada commet une grave erreur.

    Le président de la Communauté congolaise de Montréal Jean Marie Mousenga Le président de la Communauté congolaise de Montréal Jean Marie Mousenga

    « Je ne crois pas qu’on puisse se permettre de collaborer avec un gouvernement qui est jugé par la communauté internationale comme un gouvernement qui ne respecte pas les droits de la personne, qui torture, qui exécute de façon extrajudiciaire sa population, ses opposants politiques », souligne Me Handfield.

    Le président de la Communauté congolaise de Montréal Jean Marie Mousenga rappelle que le Congo d’aujourd’hui est toujours un pays violent, antidémocratique et qui maltraite les opposants politiques.

    « La plupart des gens qui vont être expulsés sont des gens qui craignaient et qui voulaient, qui espéraient un changement dans notre pays, et qui ont marché dans la rue et, c’est sûr, que leur retour va être fatal. » — Jean Marie Mousenga

    L’avocat Stewart Istvanffy partage son inquiétude et s’interroge sur le sort qui attend les deux anciens fonctionnaires qu’il représente.

    « Pour les deux dont on discute, la mort. Ils sont très connus, ils ont été très forts dans l’opposition ici et le premier, c’est sûr qu’il ne dépasse pas l’aéroport. Le deuxième, sa sœur est morte en 2006, son neveu est mort à la fin 2012, et il est très connu par du régime là-bas. C’est vraiment le pire qui les attend si on était pour les déporter. »

    Dans une réponse écrite, l’Agence des services frontaliers du Canada explique que « la décision de renvoyer une personne du Canada n’est pas prise à la légère », que les personnes visées ont des recours, mais que, lorsque ceux-ci seront épuisés, les ordres d’expulsion seront « exécutés le plus tôt possible ».

    En tout, plus d’une trentaine de Congolais font l’objet d’un ordre d’expulsion.

  • English- Kerry Press Briefing in Democratic Republic of the Congo

    English- Kerry Press Briefing in Democratic Republic of the Congo


    FeingoldSecDRCKabilaSECRETARY KERRY: Well, good morning, everybody. I’ve just come from a productive, good meeting with President Kabila and Foreign Minister
    Tshibanda. We spoke candidly about the enormous opportunities and the challenges that are faced by the Democratic Republic of the Congo, and
    we spoke very candidly also about the ways in which we can make progress going forward. I congratulated the president on the
    accomplishments that he and his government have achieved, together with the work of MONUSCO, but we also talked about the steps that now
    need to be taken to provide further stability; increased, broader democracy; greater justice; and a greater amount of economic
    development for the Congolese people.

    The president expressed his vision and his commitment to each of these efforts, and I think it’s fair to say that he leaned forward on his
    commitment to make sure that the accords – the Kampala accords as well as the peace and security agreement are well implemented over the
    course of the days ahead.

    The suffering in the Great Lakes region of Africa and the crisis in the eastern part of the Democratic Republic of Congo really continues
    to trouble all of us. The eastern DRC has been the scene of some of the most horrific crimes of violence against women and girls that are
    imaginable. And it’s a powerful reminder of the obligations that we all face, that we all share with respect to not only ending the
    killing and the fear, but in order to work for the birth of a new generation of stability and of hope.

    Achieving a lasting peace in the DRC is a priority of President Obama and a priority of mine. And that is why we appointed a close colleague
    of mine from the Senate for 18 years, Senator Russ Feingold, who is here with us today, as the United States Special Envoy for the African
    Great Lakes region and the Democratic Republic of Congo. Russ brings enormous intellect, passion, commitment to this issue. And already, he
    has been able to have an impact on the ground. He has been working with the UN Representative Mary Robinson, with the leaders in the
    region, and we are very pleased that the Nairobi Declarations were achieved, as well as a reduction in violence.

    But he would be the first to say that we have further steps to take in order to complete this task, and we all understand what they are. The
    efforts to disarm, to demobilize, to reintegrate – these are the priorities of the moment. I want to commend the Congolese military and
    MONUSCO for defeating the M23 and for taking the fight to the Allied Democratic Forces – the ADF, as we know them – and many other
    Congolese armed groups. The United States welcomes the Kabila government’s commitment to focus on the Democratic Forces for the
    Liberation of Rwanda, and we discussed with President Kabila the steps that need to be taken with respect to that.

    But I need to be clear: Military force alone will not deliver stability to the DRC. Lasting peace will not grow out of the barrel of
    a gun. It will come from restoring state authority and state services, and providing the capacity building that is necessary in those areas
    that have been recaptured from armed groups. It will also come from demobilizing the combatants and returning them to civilian life. I
    welcome the government’s initial efforts on this front, and we look forward to working with them as we continue programs that will advance
    that initiative.

    The United States also strongly supports the Peace, Security, and Cooperation Framework peace process. Now I can’t emphasize enough how
    important that process is in identifying and resolving the root causes of the conflict in the DRC as well as in the entire Great Lakes
    region. It’s imperative that all of the signatories fully implement their commitments and support the ongoing broader process of bringing
    peace to the region. Peace cannot be delayed or deferred or denied, and I think the people of Congo – of the Democratic Republic of Congo
    made that clear.

    It is not enough just to focus on the military side of this equation, and it’s not enough to focus only on the political stability or
    economic development side of it. We need to work on all of these at the same time, and we need to keep the pressure on the FDLR and the
    other armed groups. We need to support the parties as they try to implement the framework agreement. So we must provide partnership and
    leadership as we urge all of the parties to come together to create a political solution.

    And that means free, fair, timely, and transparent elections. I encouraged President Kabila to work with his government and the
    parliament in order to complete the election calendar and the budget.
    And they need to do so in accordance with the constitution. The United States is committed to supporting the Congolese people, the
    government, and other donors as they work towards decisions that are credible, timely, and consistent with the current constitution. And
    obviously, it is very clear that the dates and the process need to be set and fully defined, and the sooner, the better.

    As a sign of our commitment, I am pleased to announce that $30 million will be immediately made available from the United States in
    additional funding in order to support transparent and credible elections as well as recovery and reconstruction programs in the
    eastern DRC. This contribution comes on top of already substantial  U.S. assistance for economic development for the Congolese people.
    USAID plans to invest $1.2 billion over the next five years in the DRC, focusing on improving political and economic governance and on
    promoting social development. Our programs will strengthen Congolese institutions and improve their ability to respond to the peoples’
    needs, and that includes the delivery of critical healthcare and education services.

    I also spoke with President Kabila about another issue which has been a concern of late, and that is the question of adoption for families
    in the United States and friends of mine in the Senate who know that there is important, required attention to this question of
    international adoption. Here in the DRC since 2009, the number of American families able to provide a house to children who have lost
    their parents has grown each year. And today, I urged President Kabila to move as rapidly as possible in the review of the situation that
    raised some concerns, and also to lift the new freeze on international adoption from the DRC. We want to enable Congolese children, who seek
    to, to be able to be matched with parents abroad who are eager to provide them with a secure and happy future. And as someone – I have
    seen this firsthand. My sister has adopted a young child from China. I
    know how positive and important this can be for everybody concerned, and I think it’s an issue that’s important to all of us as a matter of
    basic human decency.

    And we have to admit, all of us, we can have no illusions about the challenges that lie ahead. But even as we look down a complicated
    road, we cannot lose sight of the fact that the Democratic Republic of the Congo is a place of enormous potential. Its people provide
    enormous potential. And the people of Congo want a better future. The fact is that together, we have an ability to be able to work to
    support the people of the Congo, to build a more secure and prosperous future, which is a responsibility that belongs to all of us.

    I can guarantee you that the United States, through the immediate efforts of our ambassador on the ground, our embassy, and particularly
    our special envoy, we will continue to work in every way that we know how to be a good partner in this effort, and we look forward to
    working with the people of Congo in that in furtherance of that objective.

    So I’d be delighted to answer a couple of questions if there are a few.

    MS. PSAKI: Great. The first question will be from Mimie Engumb from Radio Oakpi.

    QUESTION: (In French.)

    SECRETARY KERRY: (In French.)

    QUESTION: (In French.)

    SECRETARY KERRY: Well, I think I just mentioned it, to be honest with you. There will be elections in many countries in Africa over the
    course of the next year or so. I think there are 15 presidential elections and some 37 elections in countries in Africa. And so every
    election is really critical and important, and it is important for the people to be able to know what the process is, to have confidence in
    that process.

    And the United States position is very clear: We believe that the elections need to be free, fair, open, transparent, accountable; and
    the sooner the process is announced, the sooner that the date is set, the sooner people have an ability to be able to participate; and we
    believe that it ought to be done in keeping with the constitutional process of the country.

    MS. PSAKI: The next question will be from Nicolas Revise from AFP.

    QUESTION: Thank you very much, Mr. Secretary. You just announced your financial support for DRC for its demobilization plan, but is there
    some conditions to this support? What are specifically these conditions? Did you ask specifically to President Kabila to give this
    green light to go after the FDLR still active in eastern Congo? And politically, is the U.S. support tied to the respect of the
    constitution? So did you ask specifically to President Kabila not to change the constitution and not to run for a third term? Thank you.

    SECRETARY KERRY: Well, let me discuss all of that. But first of all, with respect to the conditions, obviously the demobilization is taking
    place in accordance with the agreement. And that agreement requires people to go back to their homes, where possible, where they sign,
    appropriately, an amnesty for those who qualify. And I think for those who don’t, it is clear that there remains – that is, people who may
    have been engaged in crimes against humanity, war crimes – those people remain liable for that. But others who sign the agreement and
    sign the amnesty are committed to and encouraged, obviously must return to their homes. That’s an important part of this demobilization
    effort.

    With respect to the election process, the constitution, and the FDLR, we want to see the process of providing stability and completing the
    task of disarming the armed groups in the east completed. So that includes not just the completion of the efforts with the ADF, but also
    obviously, indeed making sure that the FDLR is held accountable and that the initiative with respect to them will commence.

    The president – we did discuss it. The president made it clear that he intends to do that, and I think that there is a schedule. I don’t want
    to discuss it because I think it would be inappropriate to do so. But the answer is the president gave his word that that is not just on the
    agenda, but that he has a specific process in mind and timing.

    And with respect to the constitutional process, we talked about the election. I believe the president’s legacy is a legacy that is very
    important for the country, and that he has an opportunity, which he understands, to be able to put the country on a continued path of
    democracy. And I believe it is clear to him that the United States of America feels very strongly, as do other people, that the
    constitutional process needs to be respected and adhered to. That’s how you strengthen a country.

    I have no doubt that President Kabila’s legacy will be defined by the progress he has made in the – particularly the last year in addressing
    the security issues of the east, the economic issues of the country.
    And he’s a young man with an enormous amount of time to be able to continue to contribute to his country. And I’m quite confident that he
    will weigh all of those issues as he makes a decision about the future.

    But clearly, the United States of America believes that a country is strengthened, that people have respect for their nation and their
    government, when a constitutional process is properly implemented and upheld by that government. And we obviously believe – we’re a country
    with term limits. We live by them. We had several hundred years of transformation under that process, and we encourage other countries to
    adhere to their constitution.

    MS. PSAKI: Thank you, everyone.

    SECRETARY KERRY: Thank you.


    (U.S. DEPARTMENT OF STATE- Office of the Spokesperson)

     

  • Dérapages de Brazzaville: Le général Kanyma retrouve le dossier “Kuluna” !

    Dérapages de Brazzaville: Le général Kanyma retrouve le dossier “Kuluna” !

    KULUNA Les rapatriés du Congo-Brazzaville pourraient avoir une cohabitation difficile avec les “Kuluna” qu’ils accusent non sans raison d’être à la base des malheurs qui leur arrivent depuis trois semaines. Apparu à Kinshasa, le phénomène Kuluna avait pourtant fait l’objet d’un plan d’éradication dont l”exécution avait été confiée dans un premier temps au général Célestin Kanyama, vite indexé par certains activistes des droits humains. Se sentant alors encouragés alors qu’ils méritent d’être châtiés, les Kuluna ont commencé à “exporter” leurs actions criminelles au Bas-Congo, au Bandundu, en Angola et au Congo-Brazzaville. Devenu patron de la police provinciale de Kinshasa, le général voit le même dossier rentrer dans ses attributions. Il est à espérer des activistes de la Société civile qu’ils ne vont plus se mettre à le démobiliser comme ils l’ont suffisamment fait dans un passé récent…

     

     

                Combien sont-ils, ceux des Congolais de Kinshasa installés au Congo-Brazzaville depuis des années, sinon des décennies ? Avec la manie de ne vouloir se présenter aux chancelleries de la RDC aux pays d’accueil, leurs effectifs seront difficiles à déterminer.

                C’est non sans effarement que l’on découvre toutefois qu’en moins de deux semaines, 40.000 d’entre eux ont été expulsés, et encore en dehors de toutes considérations humaines. Ils seraient plus de 150 mille, laisse-t-on entendre.

    Les images sur Yo tube montrant des femmes dénudées de force dans un bois d’Eucalyptus par des hommes habillés en tenue militaire ont de quoi choquer; de même que le débarquement, au beach de Kinshasa, des compatriotes de tous âges et de toutes conditions physiques dont le seul tort est d’être “Zaïrois”.

                Dans sa dépêche du 9 avril 2014, Rfi signale : «  Près de 800 personnes sont arrivées à Kinshasa depuis le week-end et certaines visiblement en piteux état. Certaines portent des traces de violence, d’autres sont en maillot de corps, d’autres encore sans chaussures. Hommes, femmes et enfants, affirment avoir été sortis de leur domicile à Brazzaville sans ménagement par les forces de l’ordre, avant d’être parqués au commissariat central ».

    Dans l’intertitre « Kinshasa pas informé », elle relève la position du Gouvernement RDCongolais qui reconnaît que « Les expulsions, c’est une décision souveraine…“. Mais, les autorités soulignent que ce qui n’est pas correct dans l’attitude de Brazzaville, “c’est le fait (…) de n’avoir pas informé le gouvernement de la RDC de la décision qui frappe ses ressortissants“. D’où, évidemment, les difficultés d’organisation de l’accueil.

                Victimes de l’Opération “Mbata ya mokolo” (Gifle de l’Ainé), “avec papiers” et “sans papiers” sont traités indistinctement.

                Le choix du code a toute une histoire. Lorsque Massamba Deba succède au premier président du Congo voisin Fulbert Youlou (abbé de son état), la Révolution s’installe dans ce pays. C’est alors que Essous Jean-Serge, qui fait partie des fondateurs de l’orchestre ” Les Bantous de la Capitale”, lance un tube dans lequel il convie ses compatriotes à prouver devant le monde entier que “Congo moke ezali Congo monene” (Le petit Congo est en réalité le Grand Congo”. La rumeur laisse entendre que cette oeuvre – devenue un chant de ralliement sous la Révolution scientifique prônée par le commandant Marien Ngouabi frustre tellement Mobutu qui, dit-on, va débaptiser le Congo-Kinshasa en Zaïre.

                Vrai ou faux, il importe seulement de retenir que depuis la colonisation, Léopoldville (Kinshasa) exerce sur Brazzaville un rôle tutélaire lésant duquel le Congo voisin cherche continuellement à s’autodéterminer. “Mbata ya mokolo” peut s’expliquer dans ce sens.

     

    En fuite vers le Bas-Congo, le Bandundu, l’Angola et Brazzaville

     

                Si, en matière d’expulsion des ressortissants étrangers, le bilan pouvait s’exprimer en termes de classico entre les deux capitales pourtant les plus rapprochées du monde aux plans géographique, historique et sociologique, on retiendrait qu’en 1964 Kinshasa avait ouvert le bal sous Tshombe et, depuis, Brazzaville profite de toute occasion pour répliquer, mais souvent pour rajouter.

                Cette fois cependant, elle s’en est allée trop loin que pour se rattraper, elle a vite fait de dépêcher sur Kinshasa le lundi 28 avril 2014 son maire pour discuter de la suite de l’opération. Fait notable : Hugues Ngauélondélé a publiquement a annoncé l’arrestation de 17 policiers coupables d’exactions et présenté les excuses officielles de son pays à la RDC.

                Qu’il soit exact ou faux, le motif premier évoqué par le Congo-Brazzaville pour actionner son opération est la montée du banditisme urbain ayant les relents du ” Kuluna”.

    En attendant les enquêtes en cours, il est établi que lors du lancement de l’Opération “Likofi II” en décembre 2013 à Kinshasa, la fuite des délinquants concernés a été observée aussi bien vers le Bas-Congo et le Bandundu que vers l’Angola et le Congo-Brazzaville.  D’ailleurs, le ministre de l’Intérieur Richard Muyej, interpellé le 11 décembre 2013  par le député national Bertrand Ewanga, a relevé que «  Les KULUNA (…) ont manifestement pris la mesure de la chose et ont pratiquement disparu de la circulation. Certains ont pris la direction du Bas-Congo ou du Bandundu, d’autres vers Brazzaville. Les Policiers de ces différents lieux de refuge ont été prévenus et se sont mis à les traquer à leur tour. Brazzaville nous a déjà rapatrié nos Concitoyens indélicats ».

                Mais, que n’a-t-on pas entendu et vu par la suite ? Les activistes de la Société civile se sont empressés de dénoncer les “exécutions sommaires” mises sur le compte de la Pnc. Certaines ont même cité des noms des Kuluna qui auraient été abattus ou brutalisés par les agents de l’ordre. Aucun cependant n’en a fait autant pour les victimes. Tous ont adressé leurs rapports à la Monusco et à l’Unicef qui, dans un communiqué commun, “ se sont déclarés mercredi alarmés par des allégations d’exécutions extrajudiciaires de jeunes et d’enfants à Kinshasa, où la police mène une vaste opération coup de poing contre les délinquants” avant de préciser que “Cette inquiétude est née après qu’ils ont reçu, au cours de ces derniers jours, des rapports préoccupants faisant état de la disparition et de l’assassinat de jeunes hommes et d’enfants dans certaines communes de Kinshasa“. Et d’ajouter : « Selon les informations reçues qui sont en cours de vérification, au moins une vingtaine de personnes, dont 12 enfants, auraient été tuées. L’Unicef et la Monusco demandent que des mesures immédiates soient prises par les autorités congolaises, afin de mettre fin à ces actes ».

                En réaction, le ministre Richard Muyej  a fait observer combien Kinshasa « est aussi une ville propice aux rumeurs les plus débridées » avant de souligner qu’« Il n’est donc pas surprenant que nos oreilles bourdonnent sous les coups des allégations les plus invraisemblables, les plus folles et que des mythes se construisent et se déconstruisent autour de l’Opération LIKOFI ».

                Ainsi, au 15 novembre 2013, le bilan de l’opération sera de 925 Kuluna arrêtés. Au nombre desquels 3 militaires et 3 policiers condamnés à de grosses peines.

     

    Célestin Kanyama retrouve le dossier “Kuluna”

     

                Or, pour en venir à l’Opération “Likofi II”, il y a eu d’abord l’Opération “Likofi I” placée sous le commandement du général Célestin Kanyama. Comme s’ils s’en étaient passé le mot – les activistes de la Société civile récupéraient et amplifiaient le moindre dérapage commis. Comme pour descendre plutôt en flammes le policier que pour combattre l’insécurité qui s’installait confortablement dans la ville.

                Le plan d’exécution fut retiré à ce brillant policier pour être confié à son successeur qui, lui-même, va subir le même traitement de la part des mêmes activistes.

                Au final, se croyant plutôt encouragés dans sa sale besogne alors qu’ils doivent être châtiés, les “kuluna” se sont mis “exporter” leurs actions criminelles.           

                Dans la fuite en avant qui leur est familière, ces activistes – comme pour se rattraper –  multiplient aujourd’hui des attaques contre le Gouvernement auquel ils font le reproche de la mauvaise gestion de la question. Certains réclament la suspension, sinon la rupture pure et simple des relations diplomatiques quand ils ne trouvent pas dans cette affaire d’expulsion la preuve de l’échec de la diplomatie congolaise.

                Quand bien même le Gouvernement annonce que « Des délégations gouvernementales de haut niveau se sont rendues à Brazzaville » et que ces délégations « ont pu avoir des séances de travail avec les plus hautes autorités de ce pays voisin  au cours desquelles la RD Congo a articulé sa protestation contre toute expulsion illégale ainsi que tous les cas de violation des droits élémentaires de nos compatriotes lors des opérations d’expulsion, que celle-ci soit fondée ou non », ces objecteurs de conscience persistent et signent dans leur croisade de condamnation de la partie RDCongolaise.

                Dans ce qui commence à tourner au « Théâtre de Chez Nous », d’aucuns s’interrogent d’ailleurs sur la nécessité du maintien de la présence de la RDC dans les institutions comme Ceeac, Sadc et même Union africaine, tout en oubliant de citer l’Onu ! D’autres trouvent dans la misère des Congolais la cause première de l’exil.

                Bref, chacun y va avec ses sentiments.

                Il se fait seulement que tous les Congolais qui se sont installés dans tous les quatre coins du monde ne sont pas des « Kuluna ». Le choc passé, ils seront les premiers à se demander pourquoi, mais alors pourquoi  plaide-t-on dans ce pays pour les « Kuluna », cela  au travers de toute la hargne mise dans la diabolisation de la Pnc, notamment l’un de ses dignes chefs en la personne du général Célestin Kanyama.  

    Pendant que les rapatriés de Brazzaville donnent raison à ce policier, les autorités du pays ont intérêt à le savoir déjà : la “cohabitation” entre ces rapatriés et les “Kuluna” a quelque chose d’inflammable.  

    Ironie du sort : devenu patron de la police provinciale de Kinshasa, Célestin Kanyama va bien devoir gérer à nouveau le dossier “Kuluna”.

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Les comptes illégaux du ministère des Finances à l’Access Bank

    Les comptes illégaux du ministère des Finances à l’Access Bank

    MATATA-Des documents remis à RFI font état de l’ouverture de comptes bancaires par le ministère des Finances dans des banques commerciales. Une pratique interdite en RDC, où la règle veut que l’argent public soit conservé à la banque centrale pour un meilleur contrôle. La question doit être abordée aujourd’hui au Sénat.

    Un rapport dont RFI obtenu une copie (à lire en intégralité à la fin de cet article) révèle l’existence de près d’une dizaine de comptes du ministère des Finances à la banque nigériane Access Bank. Fin 2012, 66 millions de dollars du budget de l’Etat sont déposés sur ces comptes. La règle veut pourtant que l’argent public soit placé à la banque centrale du Congo pour un meilleur contrôle des dépenses.

    Surfacturation des frais bancaires

    Le rapport soulève également une deuxième question : l’existence de frais bancaires supérieurs à la normale lorsque des virements sont effectués. A titre d’exemple, en 2013, la banque a, à trois reprises, appliqué un tarif de 1,5% sur des transferts d’argent au lieu des 1% réglementaires. Pourquoi le ministère des Finances a-t-il accepté des tarifs supérieurs à la normale ? Mystère.

    Retraits en liquide

    Les informations divulguées par ce rapport font également naître une autre interrogation sur l’existence d’un accord entre Access Bank et le bureau central de coordination, une entité cogérée par le ministère des Finances. Selon cet accord, les intérêts produits par le dépôt d’argent public sont transférés sur des comptes séparés. Là encore, des copies de bordereaux de 2012 attestent du retrait de ces intérêts en liquide, certains à hauteur de 70 000 dollars. A qui a servi le paiement de ces intérêts ?

    Autant d’interrogations auxquelles le ministère des Finances, placé sous la tutelle du Premier ministre Matata Ponyo, devra répondre ce lundi matin : une question orale au ministre délégué des Finances, Patrice Kitebi, et un débat sont programmés aujourd’hui au Sénat pour en savoir plus sur ces pratiques jugées douteuses.

    RFI

     

  • John Kerry : ” …nous croyons qu’on n’impose pas de limitations “

    John Kerry : ” …nous croyons qu’on n’impose pas de limitations “

    John Kerry, Joseph Kabila-Bout de phrase oublié au sujet du mandat présidentiel

    John Kerry : ” …nous croyons qu’on n’impose pas de limitations

     Ce bout de phrase est dans le dernier paragraphe de la réponse à la question du journaliste de l’Afp. Rendu textuellement, ce paragraphe est ainsi formulé :” Bien-sûr, nous croyons qu’on n’impose pas de limitations. Nous avons des limitations des mandats dans notre pays, nous avons vécu ce processus pendant des siècles et nous encourageons d’autres pays de respecter leurs constitutions“. Il a le mérite de clôturer l’unique conférence de presse tenue par le secrétaire d’Etat américain à l’étape kinoise de son périple africain le 4 mai 204. On est bien en droit de se demander pourquoi John Kerry a fini par y faire allusion alors que rien ne l’y obligeait, et encore pour quelles raisons l’attention des faiseurs d’opinion a vraisemblablement été détournée du suggestionnemment…

     

     

                La trentaine de journalistes congolais et la dizaine de leurs confrères étrangers présents dans la salle des conférences de l’imposante tour de verre construite par les Français sous Mobutu qui l’a laissée à l’abandon, transformée en hôtel de luxe par les Chinois sous Joseph Kabila dans le cadre des 5 Chantiers, ont entendu le secrétaire d’Etat américain leur apprendre ou leur rappeler les échéances électorales qui vont se dérouler en Afrique en 2015 : une quinzaine pour la présidentielle, une trentaine pour les législatives.

                “C’est pourquoi chaque élection est tout à fait critique et importante. Il est important que chaque peuple puisse savoir en quoi consiste ce processus, que le peuple ait confiance envers ce processus. Et la position des Etats-Unis est tout à fait claire : nous pensons que les élections doivent être libres, équitables, ouvertes, transparentes et comptables. Plutôt le processus sera annoncé, plutôt la date sera-t-elle fixée, plutôt les gens auront la possibilité de participer (….). Nous pensons que cela doit être fait en conformité avec le processus constitutionnel de la nation“. Telle est la réponse de John Kerry à la première des deux questions posées au cours de cette conférence par Radio Okapi  et l’Afp.   

                En focalisant sa réponse sur les échéances de 2015 alors que la question portait sur la révision constitutionnelle faisant actuellement débat, John Kerry a semblé dire aux Congolais que le sujet n’est pas à l’ordre du jour. D’ailleurs, même dans sa réponse à la seconde question portant sur la sécurité à l’Est et sur le processus électoral en RDC, il va faire montre de rectitude en s’abstenant d’utiliser formellement ce terme.

                A analyser les déductions et les réactions faites par des faiseurs d’opinion, une question interpelle tout analyste avisé : à quoi aurait servi son séjour congolais si l’homme d’Etat américain  s’était limité à parler paix et stabilité à l’Est, sans rien dire des élections ?

                Pourtant, à ce jour, ce processus est un facteur secondaire comparé au facteur principal de la paix et de la stabilité, d’autant plus qu’à mi-mandat, tous les acteurs politiques et tous les activistes de la Société civile savent que le respect ou non de la Constitution tout comme la fixation ou non du calendrier électoral n’ont aucun sens dans un pays privé de paix et de stabilité.

                Au demeurant, dans les 15’49 chrono de son intervention (mot d’introduction et réponses aux questions des journalistes), John Kerry a plus parlé de sécurité que d’élections. Il a mis l’accent plus sur l’application de l’Accord cadre d’Addis-Abeba par tous les protagonistes et sur l’action concertée Fardc-Brigade internationale de la Monusco menée contre le M.23, l’Adf-Nalu, les Fdlr et les autres groupes armés que sur le processus dit constitutionnel.

               

    O Afp ! O Rfi, après Jeune Afrique…

     

                Au fait, par quoi peut-on expliquer l’emballement qui s’est saisi des médias ?

                A l’origine, il y a la tricherie à laquelle s’est livré le journaliste Saul Loeb de l’Agence france presse (Afp), premier à mettre en ligne à 11:41 la dépêche intitulée “ RDC: WASHINGTON DEMANDE À KABILA DE NE PAS SE REPRÉSENTER EN 2016“. Il fait dire au secrétaire d’Etat américain cette phrase : ” Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, doit respecter la Constitution de son pays qui lui interdit de briguer un nouveau mandat en 2016“. Pourtant, John Kerry ne l’a pas prononcée. Il en a plutôt appelé au respect du processus constitutionnel.

                Sous l’avant-titre “URGENT”, Rfi a fait sa manchette avec le titre ” RDC : A Kinshasa, John Kerry juge que le président Joseph Kabila doit respecter la Constitution et ne pas briguer un nouveau mandat“. Et de citer la phrase intégrale : ” «Je crois que le président Kabila a clairement en tête le fait que les Etats-Unis d’Amérique sont intimement convaincus que le processus constitutionnel doit être respecté“. La chaîne a précisé que cette déclaration a été faite par “ le secrétaire d’Etat américain, John Kerry à l’issue d’une rencontre avec Joseph Kabila à Kinshasa, ce dimanche 4 mai“. Et d’ajouter : “La Constitution de la RDC interdit à Joseph Kabila de se présenter à la prochaine élection présidentielle pour briguer un nouveau mandat“. Elle ne lui a donc pas attribué cette phrase.

                Mais, curieusement, dans tous ses journaux Afrique du dimanche 4 mai et du lundi 5 mai à 4h30, elle a mis à son tour ces propos dans la bouche du secrétaire d’Etat avant de l’attribuer, dans le journal de 5h30, à Russ Feingold, envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs ! Il s’est probablement passé quelque chose à la rédaction de la chaîne mondiale pour en arriver à ce subtil rectificatif qui n’est pas sans rappeler la “gaffe” de Jeune Afrique avec l’interview de Kagame la veille de la journée commémorative du génocide rwandais. A Apf et à Rfi, on sait bien que Hollande attend Kabila à l’Elysée !

     

    Silence…d’or !

     

                Qu’à cela ne tienne ! Dans le mélodrame qui se joue dans l’espace médiatique, un bout de phrase semble condamné à l’oubli. Un bout de phrase qui en dit pourtant long sur la question – voulue d’actualité – de la révision constitutionnelle.

                Dès lors que chacun est désormais libre d’y aller avec son interprétation, le débat pourrait maintenant se focaliser sur ce que Washington entend par ” …on n’impose pas de limitations” quand bien même les Etats-Unis reconnaissent avoir “vécu ce processus pendant des siècles” et encouragent “ d’autres pays de respecter leurs constitutions“.

                A ce sujet, on devrait se demander pourquoi les Américains ménagent-ils les autres Etats africains, pourtant résolument engagés dans la voie de “délimitation” des mandats,  alors qu’ils semblent  plutôt exigeants à l’égard de la RDC pendant que le Président Joseph Kabila ne s’y est jamais formellement prononcé ?

                A dire vrai, on veut sortir le Raïs de ce qui dérange tous ses adversaires politiques de l’intérieur et de l’extérieur, voire certains de ceux qui se disent ses proches : le silence. On veut le pousser à la faute.

     

    Leadership sûr et mûr

     

                Or, bien que de la nouvelle génération, Joseph Kabila a conscience du “respect” d’une tradition instaurée depuis le 24 avril 1990 avec l’enclenchement du processus démocratique. Effectivement, voici près d’un quart de siècle que les Congolais continuent de faire exactement ce que la communauté étrangère attend toujours d’eux en pareille circonstance : la confirmation du maternage.

                Il savait qu’en séjour à Kinshasa les 3 et 4 mai 2014, le secrétaire d’Etat devrait avoir du mal à manager son propre calendrier, tellement que tout ce que Kinshasa compte de leaders d’opinion tenaient à l’approcher pour accuser et diaboliser les tenants du Pouvoir. Ainsi, certains ont cherché à le voir  pour lui réclamer la tenue du dialogue national, comme si les Concertations nationales de 2013 – dont la cérémonie de clôture avait été rehaussée de la présence de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies – n’en était pas un; d’autres – se prétendant du milieu du village et passant pour indépendants et neutres – ne pouvaient que saisir l’occasion pour revendiquer unilatéralement l’alternance politique, entendez la victoire impérative de l’Opposition aux élections de 2016, sans justifier le pourquoi de la défaite tout aussi impérative à infliger à la Majorité.

                L’homme d’Etat américain ne pouvait finalement que s’en rendre compte : 54 ans après l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale, bon nombre de leaders de ce pays ont encore du mal à assumer la responsabilité que requiert l’Indépendance pendant qu’ils ont le culot de se décréter nationalistes et patriotes.

                Ces leaders n’ont jamais pris conscience du fait que la notion d’indépendance, de nationalisme, de patriotisme ne se conçoit que par rapport à la notion de partenariat. Au demeurant, le droit international qu’ils évoquent à tout bout de champ est régi par le partenariat ayant pour symbolique forte le tapis rouge. Lorsque, en visite dans un pays donné, un Chef d’Etat se fait dérouler le tapis rouge, c’est qu’il se sait l’égal du Chef d’Etat hôte.  Il va de soi que ses collaborateurs sont soumis au dispositif régulateur du partenariat. D’où le rôle du ministre des Affaires étrangères en déplacement dans un pays donné de porter le message de son Chef d’Etat ou de Gouvernement, selon que l’on soit d’un régime présidentiel, semi-présidentiel ou parlementaire.

                   Il est bien dommage que depuis un quart de siècle, les chantres (chanteurs, dirait l’autre) de la Démocratie dans notre pays semblent ne pas vouloir en tirer la leçon. Comme relevé dans la dernière chronique, ils se livrent au même exercice d’agitation : Hillary Clinton, Susan Rice, Condoleeza Rice,  Madeleine Albright, Andy Young, Herman Cohen.

                   Ils savent bien que pour être respecté, il faut soi-même se faire respecter.     

                   Or, quelle image du leadership congolais vient-on de donner à John Kerry ?

                   Heureusement qu’il y a eu l’étape décisive du Palais de la Nation où le secrétaire d’Etat a été reçu en audience par le Président Joseph Kabila le dimanche 5 mai 2014 avant la conférence de presse. C’est à cette étape que le leadership sûr et mûr de Kabila s’est confirmé, leadership que des faiseurs d’opinion malintentionnés ont voulu descendre en flammes.

                   C’est probablement ce qui a fait dire au secrétaire d’Etat américain : “…on n’impose pas de limitations“.  

     

    Omer Nsongo die Lema