Author: Don Kayembe

  • Comptes suspects du ministère des Finances : des têtes commencent à tomber !

    Comptes suspects du ministère des Finances : des têtes commencent à tomber !

     

    Bureau de change informel dans le grand marché de Kinshasa, dans la commune de La Gombe. Photo prise le jeudi 20 juin 2011. RFI/Junior D. Kannah
    Bureau de change informel dans le grand marché de Kinshasa, dans la commune de La Gombe. Photo prise le jeudi 20 juin 2011.
    RFI/Junior D. Kannah

    –Les choses sont allées très vite le week-end passé dans l’affaire des « Comptes suspects de la RDC logés dans des banques commerciales », particulièrement à Access Bank RD Congo, où les fonds logés dans cette banque nigériane pour une longue période,  produisaient des intérêts libérés en numéraires ou versés dans des comptes bancaires spéciaux ouverts à cette fin. Cette affaire révélée par le sénateur Polycarpe Mongulu, lors de la plénière du lundi 5 mai 2014 au Sénat, sur fond d’une question orale avec débat adressée au ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Finances, Patrice Kitebi, a commencé à faire des victimes tant du côté du ministère des Finances qu’à la banque nigériane.

                Dans le lot : Xavier Ndusha, directeur administratif et financier du Bureau central de coordination(BCECO) est déjà dans la ligne de mire de la justice pour avoir initié et signé un contrat confidentiel avec le numéro 1 d’Access Bank pour cette sale besogne, alors qu’il n’en a ni droit, ni qualité. Quant au co-signataire de cet arrangement, François Ngenyi, directeur général d’Access Bank, il a été contraint à la démission à la suite de cette affaire. Son homme de main, Eric Kasongo, trésorier général à Access Bank au moment des faits, a été déchu pour avoir, à plusieurs reprises, canalisé les intérêts de ces comptes de la RDC vers des sous-comptes obscurs. Acces Bank a révoqué ses cadres et agents qui avaient alors la charge des comptes de l’Etat et les a traduits en justice, à la suite des irrégularités constatées. La liste n’est pas exhaustive, car, avons-nous appris, le dossier est devant les cours et tribunaux pour instruction à la suite d’une dénonciation des mouvements des comptes non ordonnancés par le ministre délégué auprès du Premier ministre, en charge des Finances.

                Il convient de noter que le sénateur Polycarpe Mongulu avait fait état des mouvements suspects des fonds. Il a particulièrement ciblé « Access Bank RD Congo SARL », où pareille situation a été enregistrée le 6 septembre 2012, le 1er avril 2013 et le 10 avril 2013, pour un montant total de 687.605.622FC.

                Cet ancien Procureur Général de la République a sollicité  les explications du ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, sur la réaction tardive de son ministère et les dispositions prises pour que ce type d’incident ne puisse plus se répéter dans la gestion des comptes de ce ministère, logés dans les autres banques commerciales.

                Dans sa réplique, le ministre Kitebi a affirmé que les mouvements des comptes de l’Etat auprès d’Access Bank en dates du 6 septembre 2012, du 1er avril 2013 et du 10 avril ne relevaient pas de ses instructions. C’est du reste en raison de cette anomalie que le ministère des Finances avait saisi Acces Bank pour requérir plus d’information. Des investigations que nous avons menées attestent également que le contrat confidentiel signé entre Xavier Ndusha et François Ngenyi s’est fait de gré à gré car l’institution BCECO ne peut être engagée, selon la loi, que lorsqu’au minimum deux signatures sont apposées dans un document officiel.

               S’agissant des disposions prises par le ministère des Finances pour éviter un nouveau tripatouillage, Le Phare a appris que des missions ponctuelles de la Direction du Trésor et de l’Ordonnancement sont diligentées auprès de toutes les banques partenaires, en vue de s’assurer de la régularité des opérations dans les différents comptes de l’Etat.  Enfin, le rapport du commissaire aux comptes d’Access Bank que certains médias ont malencontreusement imputé au ministère des Finances, avons-nous appris, sera prochainement publié dans les colonnes du Phare afin de fixer l’opinion sur une manipulation de la vérité qui commençait à prendre corps autour de cette affaire des « comptes suspects ».

    Tshieke Bukasa

  • Rwanda: Mort de l’ancien chef de guerre Mutebusi

    Rwanda: Mort de l’ancien chef de guerre Mutebusi

    Jules Mutebusi-Le colonel Jules Mutebusi, ancien chef de guerre qui avait participé à la brève prise de Bukavu en 2004, importante ville de l’est de la République démocratique du Congo, est décédé au Rwanda.

    «Il est décédé vendredi soir à Kigali dans un hôpital. Il avait 54 ans. On dirait que c’est d’une maladie, c’est ce que le Rwanda a dit», a déclaré sous couvert d’anonymat un oncle paternel du colonel.

    «Sa femme m’a dit qu’il était allé faire son sport comme d’habitude, qu’il a eu un malaise, qu’il est tombé dans le coma et que quand elle était allée à l’hôpital, il était déjà trop tard», a-t-il ajouté.

    Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a confirmé le décès. «Il était malade depuis un certain temps. (…) On ne nous a pas envoyé le bulletin médical mais des élus de chez lui ont parlé du sida», a-t-il dit.

    le soir.be

  • Udjani Mangbama,des questions après la mort de cet ex-rebelle au Congo-Brazzaville

    Udjani Mangbama,des questions après la mort de cet ex-rebelle au Congo-Brazzaville

    Poto_poto_0-Deux jours après la mort de l’ex-chef rebelle de la RDC, Udjani Mangbama, au Congo voisin, les autorités de Brazzaville n’ont pas voulu donner d’explication à ce sujet. Kinshasa continue à se demander comment cet homme a pu trouver la mort loin de la capitale congolaise où il était censé être détenu et surveillé.

    Ni à la radio, ni à la télévision publique, les autorités de Brazzaville ne se sont exprimées pour expliquer ce qui s’est passé non loin d’Owando, dans le nord du pays, samedi.

    A Kinshasa pourtant, on se demande toujours comment l’ex-chef rebelle enyele Udjani Mangbama a pu, en effet, être abattu loin de la ville de Brazzaville où il était censé être détenu depuis quatre ans, après sa reddition.

    Retour au calme à Owando

    Une chose est certaine dans la ville d’Owando où Udjani Mangbama et sa bande ont tué au moins trois policiers et blessé bien d’autres, le calme est revenu. Les populations vaquent normalement à leurs occupations.

    Selon des témoignages concordants, les autorités locales, quant à elles, ont tenu à préciser que les évènements survenus le samedi n’ont aucun lien avec l’opération d’expulsions des sans-papiers qui a permis à ce jour de rapatrier au moins 80 000 sujets de la RDC dans leur pays.

    RFI

  • Assemblée nationale: débat autour de l’octroi des cartes de résidents pour étrangers –

    Assemblée nationale: débat autour de l’octroi des cartes de résidents pour étrangers –

    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption
    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption

    -Tenue le vendredi dernier, la plénière de l’Assemblée nationale du 9 mai a été essentiellement consacrée au contrôle parlementaire. Trois membres du gouvernement se sont présentés devant la représentation nationale pour répondre à trois questions orales avec débat leur adressées par trois députés nationaux.

    Il s’agit de la question orale avec débat adressée par le député Patrick Muyaya Katembwe au ministre du Plan Célestin Vunabandi sur la problématique de la planification de la gestion démographique en RDC ; de la question orale avec débat du député Basile Olongo Pongo adressée au ministre de l’Intérieur, Richard Muyej sur l’octroi des cartes des résidents pour étrangers aux étrangers ordinaires vivant en RDC et enfin de la question orale avec débat du député Dede Makwa adressée au ministre de la Jeunesse et Sports Baudouin Banza Mukalay sur l’état d’avancement des travaux de réhabilitation des stades retenus pour l’organisation en 2O15 par la RDC de la Coupe d’Afrique des Nations de football de moins de 23 ans l’année prochaine.
    Prenant la parole en premier lieu du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, le ministre du Plan et du suivi de la révolution de la modernité, Célestin Vunabandi s’est employé à répondre aux préoccupations soulevées par les députés nationaux lors du débat consécutif à la question orale lui posée par le député Patrick Muyaya le mercredi 7 mai. Ces préoccupations étaient basées essentiellement d’une part, sur l’organisation d’un recensement général de la population et de l’habitat dont le calendrier des travaux préparatifs a été communiqué aux députés nationaux par le ministre du Plan et d’autre part, sur la croissance démographique et le développement.
    S’agissant particulièrement de l’organisation de ce recensement général, deuxième après celui organisé en 1984, Célestin Vunabandi a signalé que ses données ne seront connues qu’avant la fin de l’année 2015. Donnant pour sa part, sa conclusion après l’intervention du ministre du Plan, le député Patrick Muyaya a remercié celui-ci pour ses réponses aux questions posées. Il a encouragé le gouvernement à passer vite à l’action pour doter le pays des données démographiques fiables car, a estimé le député Muyaya ” C’est la croissance démographique accélérée qui pose des problèmes de développement du pays et de prise en charge de chaque congolais. La première richesse de toute nation, c’est le citoyen ; Il faut investir pour le programme familial et l’engagement de tous pour maîtriser la croissance familiale “, a-t-il exhorté.
    Conflits des compétences
    Invité à son tour à répondre à la question orale avec débat lui adressée par le député Basile Olongo Pongo sur l’octroi des cartes des résidents aux étrangers ordinaires vivant en RDC, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej s’est employé à expliquer à la représentation nationale pourquoi son ministère laisse les pouvoirs central et provincial détenir simultanément ce pouvoir d’octroi de manière indépendante, chacun usant de ses propres documents.
    En réponse à cette question, le ministre a reconnu l’existence des dispositions légales et règlementaires parfois contradictoires et concurrents et qui, a-il indiqué, nécessitent une mise en cohérence du système juridique congolais. Il a cité à cet effet, l’existence de huit textes légaux régissant la question de l’octroi des cartes pour étrangers où les pouvoirs central et provincial détiennent simultanément cette compétence. Quant à la question de savoir combien d’étrangers ordinaires résident en RDC, (question) spécialement motivée par la situation des expulsions des Congolais de Brazzaville et à l’origine de la question orale du député Basile Olongo, le ministre de l’Intérieur a fait état de 4.196 ouest africains et de 253 congolais de Brazzaville en situation régulière.
    S’agissant particulièrement de ces derniers, un grand nombre d’entre eux, a signalé le ministre de l’Intérieur,sont en situation irrégulière et vivent en clandestinité profitant, a dit Richard Muyej, du rapprochement entre les deux capitales et de l’” hospitalité naïve de la RDC. Après l’intervention du ministre de la justice, un débat a été ouvert au cours duquel les députés ont posé des questions et exprimé leurs préoccupations en rapport avec la question orale de leur collègue Basile Olongo. Questions et préoccupations auxquelles ministre Muyej doit répondre ce lundi 12 mai. Beaucoup parmi ces députés ont reproché au ministre d’entretenir l’anarchie dans ce secteur et de ne pas maîtriser les effectifs des étrangers vivant en RDC. Signalons également que c’est ce même lundi que sera rendu public à l’Assemblée nationale le rapport de la commission parlementaire qui a été chargée de mener une enquête sur les conditions des expulsions des Congolais de Brazzaville.
     
    Patricia Bankumuna
    et Freddy Longangu

     

  • AS V.Club Vs T.P Mazembe- Au moins 15 morts dans un match de football qui a dégénéré

    AS V.Club Vs T.P Mazembe- Au moins 15 morts dans un match de football qui a dégénéré

    Tout puissant mazembe-Au moins 15 personnes sont mortes et 21 autres ont été blessées dimanche à Kinshasa quand un match de football opposant l’ASV Club et le Tout Puissant Mazembe, deux équipes populaires, a dégénéré, selon un bilan provisoire officiel.

    “Le bilan à l’heure actuelle” est de “15 morts et 21 blessés”, a dit à la presse le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, qui s’est rendu avec le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, à l’hôpital Mama Yemo, où 14 morts et 11 blessés ont été transférés.

    Les deux clubs se rencontraient lors de la sixième et dernière journée du play-off de la première division. 

    “Les supporters de V.club (…) n’ont pas digéré la prestation de leur club et le succès de Mazembe sur leur équipe. Ils ont alors commencé à lancer des projectiles sur l’aire de jeu, poussant l’arbitre a interrompre la rencontre de temps à temps”, rapporte Radio Okapi, parrainée par l’ONU.

    La rencontre “s’est soldée par une pluie de pierre, suivie par d’une bousculade dans les trois dernières minutes” de la deuxième mi-temps, “alors que le Tout Puissant Mazembe menait par un but à zéro”, a indiqué dans son journal la Radio-Télévision nationale congolaise.

    La police a tiré des gaz lacrymogène pour calmer les supporters de l’ASV Club, il y a eu une “débandade dans les gradins” et, “dans cette confusion, un mur du stade s’est écroulé” et “une porte a également été cassée”, poursuit Radio Okapi.

    Avant le match, plusieurs dizaines de policiers étaient déployés aux abords du Tata Raphaël, les dernières rencontres entre les deux équipes ayant été tendues, avaient constaté des journalistes de l’AFP.

    “Une commission d’enquête a été mise sur place pour dégager les responsabilités (…). Les responsables seront connus et la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur”, a promis M. Kimbuta

    L’ASV Club est un club très populaire de Kinshasa et le TP Mazembe est une équipe plusieurs fois championne d’Afrique basée à Lubumbashi (Sud-Est) et appartenant à l’homme d’affaires Moïse Katumbi, gouverneur de la riche province minière du Katanga, dont Lubumbashi est la capitale.

    AFP

  • Mbata ya bakolo : Kabila demande à Sassou-Nguesso de suspendre l’opération pour une solution apaisée

    Mbata ya bakolo : Kabila demande à Sassou-Nguesso de suspendre l’opération pour une solution apaisée

    Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat de la RDC, a été reçu en audience ce 10 mai 2014, par le président Denis Sassou-Nguesso, dans sa résidence d’Oyo. Il a été porteur d’un message du président Joseph Kabila, qui demande à son homologue de la République du Congo, une suspension des expulsions des ressortissants congolais, en vue d’apaiser le climat social qui prévaut entre Kinshasa et Brazzaville.

     

    Kengo wa Dongo porteur d'un message de Kabila à Sassou

    Kengo wa Dongo porteur d’un message de Kabila à Sassou

    L’opération de refoulement du territoire congolais des ressortissants étrangers en situation irrégulière, dénommée « Mbata ya Bakolo » (en français : la gifle des ainés) lancée à Brazzaville au début du mois d’avril 2014, et étendue par la suite aux autres localités, fait aujourd’hui l’objet de tensions sociales insoutenables entre Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales les plus proches au monde.

    La situation humanitaire générée par cette opération, préoccupe les autorités de la RDC, qui demandent à Brazzaville « de suspendre les évacuations, de faire une évaluation et mettre en place une commission mixte entre les deux pays, afin que la suite éventuelle de l’opération se déroule de manière concertée » a déclaré Kengo wa Dondo , qui a déploré, au passage, les conditions “un peu intolérables” dans lesquelles les ressortissants de son pays ont été renvoyés de Brazzaville. « Nous sommes en réalité des frères et des sœurs de part et d’autre, et nous ne pouvons pas prendre des décisions pour faire partir les uns et les autres » a t-il précisé.

     

    Mbata ya bakolo : Kabila demande à Sassou-Nguesso de suspendre l’opération pour une solution apaisée
    Le président du Sénat de la RDC a expliqué que les débordements et les règlements de compte au sein des populations ne sont pas le fait de la volonté des autorités des deux pays, mais « une situation qui peut arriver à partir du moment où l’on se sent menacé, ce qui entraîne facilement des aggravations “.

    Réagissant à propos du comportement de la presse kinoise qui a considérablement contribué ces derniers temps à dramatiser les faits relatifs à l’opération « Mbata ya bakolo », le président du Sénat a relativisé la situation et a justifié cela par le fait que « chacun, lorsqu’il y a un danger qui porte atteinte à la sécurité des personnes et des biens, peut faire de ce qui est arrivé une sorte d’hyperbole, en vue d’exagérer les choses ».

    Enfin, il a tenu à attirer l’attention des autorités des deux rives du fleuve Congo, afin qu’elles ne se laissent pas « dépasser » par cette situation qui implique en particulier des populations jeunes et sans emploi.

    A ce jour, selon les chiffres officiels, plus de 60 mille sujets de la RDC en situation irrégulière en République du Congo ont regagné Kinshasa. La situation fait couler beaucoup de salive pourtant les expulsions des étrangers en situation irrégulière sont organisées dans tous les pays du monde.

    par Jean-Claude Nkou
  • Roger Lumbala « convaincu d’obtenir l’amnistie »

    Roger Lumbala « convaincu d’obtenir l’amnistie »

    En exil en France, l’opposant congolais a demandé à remplir son formulaire d’engagement pour bénéficier de la loi d’amnistie. Toujours candidat pour 2016, Roger Lumbala estime que « Joseph Kabila ne modifiera pas la Constitution et se représentera pas« .

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    Que devient l’opposant congolais Roger Lumbala ? Après son aventure avec la rébellion du M23 et sa participation aux côtés des rebelles aux pourparlers de Kampala, Roger Lumbala est de retour en France depuis fin avril. Demandeur de l’asile politique, le leader du RCD-N espère pouvoir bénéficier de la loi d’amnistie. Une loi qui permet de « blanchir » les membres des groupes armés pour « faits insurrectionnels et faits politiques« . Mais le régime de Kinshasa ne semble pas de cet avis. Selon Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende affirme que Roger Lumbala n’est pas amnistiable. En cause, son soutien au colonel déserteur John Tshibangu, qui avait fait défection avec certains de ses hommes à l’été 2012. Nous avons rencontré Roger Lumbala à Paris.

    – Afrikarabia : Pour quelles raisons êtes-vous en France ?

    – Roger Lumbala : Je suis demandeur d’asile politique en France depuis 2012, je suis donc résident ici. Je peux voyager pour aller à l’étranger, mais après je reviens en France, pour des raisons familiales tout simplement.

    – Afrikarabia : Votre nom n’apparaît pas sur les deux premières listes d’amnisties publiées par Kinshasa. Souhaitez-vous bénéficier de l’amnistie et avez-vous  rempli votre formulaire d’engagement ?

    – Roger Lumbala : Si je ne suis pas sur ces listes d’amnistiés c’est que je n’ai pas encore signé ma fiche d’engagement. Je compte le faire très rapidement. Je me suis déjà rendu à l’ambassade de RDC à Paris lundi 5 avril, mais je n’ai pas encore pu remplir le formulaire, sous prétexte que le document original n’était pas encore arrivé (depuis cette interview, Roger Lumbala a signé son formulaire d’engagement mercredi 7 mai à Paris – ndlr).

    – Afrikarabia : Qu’est-ce-que signifie l’amnistie pour vous ?

    – Roger Lumbala : Comme dans tout conflit, pour remettre le pays en marche, il y a toujours une amnistie qui est prononcée. C’est d’ailleurs prévu dans les déclarations de Nairobi (documents signés en décembre 2013 entre le gouvernement congolais et le M23 pour mettre fin à la rébellion – ndlr).

    – Afrikarabia : Les autorités congolaises ont précisé que les personnes qui avaient commis des crimes de guerre étaient exclues de la loi d’amnistie. Et justement Kinshasa vous accuse d’avoir soutenu la rébellion de John Tshibangu et d’avoir enrôlé des enfants-soldats ?

    – Roger Lumbala : Le président Joseph Kabila a évoqué le cas de Roger Lumbala  au cours d’une réunion avec les membres de la majorité présidentielle (dans la ferme présidentielle de Kingakati en mars dernier – ndlr). Il a dit qu’il allait signé l’amnistie et que Roger Lumbala reviendrait en République démocratique du Congo dans le cadre de la cohésion nationale. Quand le président parle, je trouve anormal que les gens qui travaillent à son service le contredisent (Lambert-Mende avait notamment déclaré à Jeune Afrique que Roger Lumbala était non-amnistiable – ndlr).

    – Afrikarabia : On vous accuse d’avoir aidé John Tshibangu lors de sa défection de l’armée régulière ?

    – Roger Lumbala : John Tshibangu n’a pas mené de guerre. John Tshibangu n’a jamais recruté et encore moins des enfants, car il n’a tout simplement pas eu le temps de le faire. Aucune organisation internationale n’a enregistré de groupe armé mené par John Tshibangu. On cherche simplement à s’acharner sur Roger Lumbala. Sur la dernière liste des 100 amnistiés, le dossier Lumbala est en huitième position. Ce n’est plus Roger Lumbala avec le M23, que le pouvoir a chanté pendant plusieurs mois pour dire que j’étais membre du M23. Maintenant, on a lié mon dossier avec l’A7-Roger Lumbala-John Tshibangu (Consulté la liste des amnisties ici). Que veut dire A7 ? Cela veut tout simplement dire : « Armée de soutien à Etienne Tshisekedi« . Si je suis combattu aujourd’hui, c’est que je soutiens Etienne Tshisekedi (leader de l’UDPS et candidat malheureux à la dernière présidentielle contestée de novembre 2011 – ndlr). A supposer que John Tshibangu a recruté des enfants-soldats, quelle est la responsabilité de Roger Lumbala ? Je n’étais pas avec monsieur John Tshibangu. Ce monsieur avait d’ailleurs créé son propre mouvement depuis la Belgique et n’avait donc rien à voir avec l’A7.

    – Afrikarabia : Etes-vous confiant pour l’obtention de cette amnistie ? Selon vous, il n’y a pas de raison pour qu’on vous la refuse ?

    – Roger Lumbala : Nous vivons dans un pays où l’exclusion est considérée comme un mode de fonctionnement. Je suis tout à fait convaincu que je serai amnistié par le fait d’avoir signé mon engagement (à ne plus récidiver dans un groupe armé – ndlr).

    – Afrikarabia : Quelles sont vos relations aujourd’hui avec l’ex-M23 dont vous étiez proche ?

    – Roger Lumbala : Le M23 n’existe plus depuis la signature des déclarations de Nairobi. Si vous me posez la question si j’ai des relations avec des membres de l’ex-mouvement, oui, je garde de très bonnes relations avec ces hommes et ces femmes qui m’ont invité à participer aux pourparlers de Kampala. Je suis un homme fidèle dans mes relations.

    – Afrikarabia : Seriez-vous partant pour participer à un gouvernement de « cohésion nationale » ?

    – Roger Lumbala : Je ne suis pas en contact avec le pouvoir. Je ne peux donc pas vous répondre.

     Afrikarabia : Savez-vous si des membres de l’ex-M23 pourraient faire partie du nouveau gouvernement de « cohésion nationale » ? Et est-ce que cela vous paraît judicieux ?

    – Roger Lumbala : Ce nouveau gouvernement, c’est le pouvoir discrétionnaire du président Kabila. Dans le cadre de la cohésion nationale, je pense que tous les partis politiques qui ont participé aux Concertations nationales sont dans cette logique là. Pour ce qui nous concerne, nous ne sommes ni de prêt ni de loin en contact avec le pouvoir.

    – Afrikarabia : Quel rôle comptez-vous jouer à l’avenir sur l’échiquier politique congolais ?

    – Roger Lumbala : Les Congolais qui ont découvert un héros, un homme qui est martyrisé et diabolisé par le pouvoir actuel, sollicitent ma candidature à l’élection présidentielle de 2016. On me dit que je suis le seul à être capable de redonner une chance à la République démocratique du Congo. Pour un Congo fort, il faut un homme fort. Il faut un homme qui soit en bon terme avec les pays voisins de la  RDC et avec lesquels nous avons des différents : l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie… Mais attention je serai candidat en 2016 à condition qu’Etienne Tshisekedi ne se présente pas.

    – Afrikarabia : John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, était à Kinshasa le week-end dernier. Il a notamment demandé à Joseph Kabila de respecter la Constitution. Beaucoup de commentateurs l’ont interprété comme une demande au président congolais de ne pas briguer un troisième mandat, interdit par la Constitution. Que va faire Joseph Kabila en 2016 ?

    – Roger Lumbala : A mon humble avis, je suis tout à fait convaincu que le président Joseph Kabila ne va pas se représenter. Et cela de par lui-même. La situation politique et l’environnement international ne le permettent plus. Je suis convaincu qu’il ne modifiera pas la Constitution.

    Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • NIGERIA: Les Marines Américains effectuent leurs premières arrestations.

    NIGERIA: Les Marines Américains effectuent leurs premières arrestations.

    nigeria-amer-Les marines américains au Nigeria pour aider les combat de gouvernement des terroristes de Boko Haram ont fait leurs premières arrestations prenant deux suspects en garde à vue après avoir trouvés en leur possession des armes et des munitions au cours d’une recherche ciblée.

    Au cours de la dernière semaine , les Marines américains sont arrivés au Nigeria pour aider à la lutte contre le terrorisme au Nigéria.Faut il le souligner, le terrorisme au Nigéria a pris un autre niveau en enlevant 234 élèves de l’école secondaire de filles gouvernement Chibok dans l’Etat de Borno. Reconnaissant que la question devenait hors de son contrôle, le gouvernement nigérian a avalé sa fierté et accepté une aide extérieure. 

    Avec l’enlèvement à venir à un moment où le Nigeria est l’hôte du Forum économique mondial sur l’Afrique et entre autre deux attentats à la bombe horribles à Abuja , il y’a eu beaucoup d’offre international de soutien. La France, le Royaume-Uni, les États-Unis et la Chine ont tous offert des degrés différents de soutien sous la forme de l’intelligence, de la formation et de l’assistance militaire .

    Depuis mercredi , les troupes américaines sont arrivés au Nigeria où ils assurent la sécurité pour le sommet du Forum économique mondial sur l’Afrique. Il est prévu que les Marines seront également rejoindre soldats nigérians dans la poursuite de Boko Haram dans la forêt Sambisa dans l’Etat de Borno, où ils sont soupçonnés d’avoir subtilisé les filles kidnappés. 

    Selon le major-général Chris Olukolade, directeur du Nigeria de l’information de la défense, deux membres présumés de Boko Haram ont été arrêtés à Anyibe dans Logo zone de gouvernement local de l’Etat de Benue. Il a ajouté que le duo, composé d’un adolescent et un homme âgé, ont été arrêtés lors d’une opération de bouclage et de recherche et ont trouvé en leur possession des armes à feu. 

    Ces armes trouvées en leur possession ne sont tout autre que deux fusils, trois pistolets fabriqués localement et 61 cartouches de munitions spéciales. Apparemment, les bras ont été trouvés en la possession de l’ adolescence, il est actuellement l’objet d’ interrogatoires en garde à vue . 

    Les  marines américains sont des soldats hautement spécialisés qui ont été déployés efficacement dans les zones touchées par les conflits et le terrorisme comme l’Afghanistan et l’Irak. Nous ne savons pour l’heure le nombre exacte de Marines qui seront seront déployés au Nigeria dans le cadre de l’opération en cours ou s’ils établiront une base dans l’Etat de Borno.

    Lavane Murphy

  • MARIAGE / DOT : EN AFRIQUE, ACHÈTE-T-ON SA FEMME ?

    MARIAGE / DOT : EN AFRIQUE, ACHÈTE-T-ON SA FEMME ?

    Wedding-Dans le débat sur l’excision un thème a été soulevé par un débatteur. Il s’agit de la dot. En Afrique les parents du fiancé offrent une dot aux parents de la jeune femme. Cette question révèle des interprétations idéologiques faussées des relations hommes-femmes.

     

    La dot est considérée par certains comme une sorte de prix de la fiancée. On achèterait sa future femme. Sous-entendu : comme on achèterait du bétail. Cette dot serait une preuve de la domination masculine. Pourquoi ? Parce que qui commande paie, selon un commentasire lu sur le net : « Quant à qui commande, il suffit de remonter à qui fournit la dot pour déterminer les intérêts de qui sont pris d’abord en considération ». Si c’était le cas, en Inde la dot payée par la famille de la femme devrait lui donner le pouvoir.

    En Europe au Moyen-Âge la dot était gardée par la femme comme bien personnel en cas de veuvage ou de séparation. En Afrique la dot est un arrangement entre les familles et le couple n’en est pas récipiendaire. C’est la famille de la femme qui reçoit cette dot et qui décide si elle est suffisante pour autoriser le mariage. C’est donc cette famille qui commande. Pas de domination masculine, mais une « domination » des parents de la fiancée, si l’on veut voir de la domination partout dans la grande paranoïa moderne.

    Mais est-ce un « achat » ? La famille du fiancé paie-t-elle un « produit » en la personne de la fiancée ? La tradition est claire : la dot n’est pas un achat, c’est une alliance entre deux familles. Le mariage est pris très au sérieux dans la société africaine traditionnelle. Dans la perspective du long terme la dot scelle une alliance – qui va même au-delà de la famille et qui peut concerner tout un village.

    Il faut savoir que la femme est le pilier de la société traditionnelle africaine. Elle travaille sur les marchés. Elle éduque les enfants. Elle est maîtresse de la maison, des champs et du marché. Elle a été guerrière au temps de l’empire Mandingue et en d’autres régions d’Afrique et d’autres circonstances. Elle peut être reine. Voici ce que dit Fatouma Kane. Sénégalo – Malienne de naissance et Burkinabé par le mariage, Fatoumata Kane est mariée et mère de 3 enfants. Elle est économiste et écrivain :

    « La famille africaine est un lieu d‟inculcation de valeurs et ce sont les femmes qui transmettent les valeurs culturelles à leurs enfants, dès le jeune âge, au moyen d‟expressions telles que le chant, la danse, les contes etc… Malgré une éducation sexiste, les femmes grâce à leur insertion dominante dans l‟entité familiale, ont une prédisposition pour la vie associative (société secrète, association de danse, tontine etc.) qui les a souvent protégées en leur permettant d‟avoir une vie relativement autonome ».

    Les femmes ont donc une grande valeur en Afrique. Leur fertilité conditionne la prospérité et la survie de la famille, dans un environnement naturel dur où chaque repas se gagne en transpirant. Les contes africains rendent souvent hommage aux femmes, de même que la statuaire préhistorique. Elles participent aux palabres et disent tout ce qu’elles ont à dire, haussent le ton, s’imposent. Je l’ai vu dans plusieurs voyages en Afrique, dans le bush nigérian essentiellement, et c’est ce que des africaines m’ont raconté.

    Je parle de l’Afrique chrétienne, mais même dans l’Afrique musulmane les mères et aïeules ont une place très forte et écoutée. L’homme ne prend de décision qu’après qu’une discussion avec les femmes ait eu lieu, et si elles ne sont pas contentes de la décision elles le font savoir. Dans la réalité il est rare qu’un « chef de famille (statut juridique) » contrarie les femmes. On dit que l’homme a décidé, mais derrière c’est la famille et les femmes qui ont nourri la décision.

    La perception européenne des relations est aujourd’hui gravement contaminée par des thèses que le réel ne confirme pas. Les occidentaux vivent le monde comme dans un film d’animation écrit par un quelconque écrivain féministe de gare. La domination masculine est le fourre-tout d’une pensée automatique qui se déploie quand on est trop fatigué pour analyser les choses avec sérieux.

    De grâce, ne faisons pas de la femme africaine une pauvresse, ne la contaminons pas par des théories victimaires : Nous la priverions de sa force et de sa fierté.

    Source : « Agora Vox ».