Author: Don Kayembe

  • Photos- Cache d’armes découverte a CHANZU: plus de trois cents tonnes de munitions

    Photos- Cache d’armes découverte a CHANZU: plus de trois cents tonnes de munitions

    Cache d’armes découverte au quartier général de Makenga a CHANZU: plus de trois cents tonnes de caisses de munitions

    chanzu 1

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 9

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 2

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 3

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 4

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 5

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 10

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 5

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 7

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 8

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 11

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu12

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 13

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    chanzu 14

     

  • Point de presse de mardi 5 novembre 2013 du ministre des Médias, porte-parole du gouvernement

    Point de presse de mardi 5 novembre 2013 du ministre des Médias, porte-parole du gouvernement

    Mende-Mesdames et Messieurs,

    Les journées d’hier lundi 03 et d’aujourd’hui 04 novembre 2013 demeureront marquées d’une pierre blanche dans l’histoire récente de notre pays, la République Démocratique du Congo. En effet, c’est essentiellement au cours de la nuit qui vient de s’écouler que s’est dénoué, du moins militairement, le drame des millions de Congolaises et de Congolais pris au cou par une phalange criminelle et prédatrice à partir du territoire d’un pays voisin.

    Depuis la matinée d’hier, nos vaillantes Forces de défense et de sécurité (FARDC) avaient reçu l’ordre de faire taire coûte que coûte les canons à longue portée qui, au lendemain d’un engagement en trompe-l’œil du M.23, continuaient à décimer les populations civiles de Bunagana et des environs à partir du triangle Mbuzi – Chanzu – Runyonyi. Ces trois montagnes constituaient, rappelons-le, les derniers bastions réputées inexpugnables des résidus de la rébellion du M23.

    Après la bataille pour Mbuzi, nos troupes ont amorcé leurs progressions vers les deux autres réduits d’où provenaient les tirs aveugles et meurtriers.

    Dans le but d’économiser les vies humaines congolaises qui reste un leitmotiv dans la stratégie du Président de la République et Commandant Suprême des FARDC, une unité commando a saboté le dépôt du M.23 de Chanzu dans lequel s’entassaient un nombre très impressionnant d’armes et de munitions en provenance de l’étranger.

    La longue série d’explosions qui a suivi la réussite de cette opération a donné à croire en un assaut en règle des FARDC contre ce bastion, ce qui n’a pas été le cas. En réalité, à la suite de la destruction de leur poudrière, le général autoproclamé Rusandiza alias Sultani Makenga et ses têtes brûlées ont intériorisé leur défaite et commencé à mettre le feu à tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter dans leur fuite vers le Parc National qui jouxte la RDC, le Rwanda et l’Ouganda.

    Ce sont des lieux ouverts, vidés des extrémistes du M23 qui seront par la suite occupés par les FARDC qui ont sauvé plusieurs dizaines de compatriotes civils et militaires prisonniers des mutins. Une centaine de mutins du M23 ont été soit capturés, soit se sont rendus eux-mêmes aux troupes loyalistes.

    Mesdames, Messieurs,

    C’est une victoire militaire indéniable que les FARDC viennent de remporter sur les éléments du M23 et leurs mentors. Il ne viendrait à l’idée d’aucun citoyen congolais normalement constitué de bouder sa satisfaction devant cet exploit après tant d’années et d’épisodes d’humiliation qui ont failli briser la cohésion de la Nation.

    Les Congolais ont le droit de se réjouir à l’instar de nos sœurs qui ont décidé de battre le pavé aujourd’hui à Kinshasa pour féliciter le Chef de l’Etat et les FARDC. Nous nous réjouissons naturellement car le comportement de nos gars sur le théâtre des opérations militaires nous emplit d’une fierté légitime.

    Pour autant, la République Démocratique du Congo refuse de s’enivrer de ce succès militaire. Beaucoup reste encore à faire pour stabiliser de manière durable la situation dans cette partie du pays qui vient d’être totalement libérée du joug des forces négatives.

    Le Gouvernement entend plonger de manière sérieuse dans la revisitation des causes profondes des flambées récurrentes de violence qui ont continuellement miné l’Est de notre pays. Seule la poursuite des volets politique et diplomatique des efforts en vue de la résolution de cette crise peut permettre d’y parvenir.

    C’est la raison pour laquelle, en dépit de cette victoire militaire sans ambigüités, le Gouvernement de la RDC tient à parachever les contacts déjà entrepris dans ce sens aussi bien à Kampala avec les éléments de ce qui est devenu, à en croire le communiqué de Monsieur Bertrand Bisimwa, l’ex-groupe armé M23 qu’à l’intérieur du pays avec la mise en œuvre des recommandations des Concertations Nationales qui se sont tenues à Kinshasa à l’initiative du Président de la République.

    Comme on peut s’en apercevoir, beaucoup d’efforts ont été déjà consentis par notre pays. De tels efforts sont, du reste, reconnus et encouragés avec bonheur par nos partenaires de la communauté internationale. Le communiqué qui a sanctionné le dernier sommet conjoint de la SADC et de la CIRGL tenu hier à Pretoria (Afrique du Sud) en est une illustration.

    Pour votre édification, (retenez que) les chefs d’Etats et de gouvernements des deux organisations régionales réunis dans la capitale sud-africaine en présence de notre président Joseph Kabila ont félicité le FARDC et la Brigade d’Intervention de la Monusco « pour avoir repris de mains de maître les derniers bastions des forces négatives du M23 et avoir ainsi contribué à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire congolais ».

    Ils ont également exhorté les Etats Membres à « œuvrer pour le rapatriement des forces négatives dans leurs pays d’origine dans le cadre de la lettre et de l’esprit de l’Accord cadre d’Addis-Abeba ». Cela se concrétisera notamment à travers l’action vigoureuse que notre Gouvernement, qui ne sera plus gêné par la mutinerie du M23, va lancer incessamment contre les forces négatives rwandaises des FDLR, ougandaises de l’ADF-NALU et LRA et burundaises des FNL qui n’ont que trop longtemps écumé notre terroir, y semant la mort et la désolation tout en menaçant la sécurité de leurs pays d’origine.

    C’est dire que la victoire militaire d’hier sur le M23 n’a pas pour conséquence de mettre un terme aux efforts de normalisation de notre pays qui doivent, au contraire, se poursuivre.

    A cet égard, il y a lieu de se féliciter du fait que malgré les provocations de la phalange extrémiste du M23 qui a entrainé les derniers affrontements de la semaine dernière, une certaine harmonisation de vues soit intervenue à Kampala sur 11 clauses de ce qui sera la Déclaration de Kampala (nous préférons cette terminologie à celle d’accord, étant donné qu’on ne peut pas signer un accord avec quelque chose qui a cessé d’exister, car s’étant auto-dissous) devant conclure les pourparlers de Kampala entre le Gouvernement et le désormais ex mouvement armé M23.

    Nous espérons de tout cœur que cette Déclaration de Kampala sera signé dans les plus brefs délais pour donner une chance et plus de temps aux actions de désarmement des autres forces négatives qui conditionnent la réhabilitation du Nord et du Sud Kivu.

    Ainsi peut se comprendre notre insistance à voir les éléments du M.23 déclarer publiquement la fin de la rébellion qu’ils avaient lancé il y a de cela presque 20 mois. Conformément au chronogramme arrêté hier par les Etats de la SADC et de la CIRGL réunis en sommet à Pretoria (Afrique du Sud), ce n’est qu’après cette déclaration publique du M23, auquel on avait donné un délai de 48 heures pour ce faire, que le Gouvernement de la RDC prendra publiquement acte de la renonciation du M23 à la rébellion armée, le temps d’en vérifier la réalité sur terrain.

    Cinq jours après avoir ainsi pris acte du sérieux de l’engagement de l’ex-rébellion, les autorités gouvernementales congolaises apposeront en toute confiance leur signature aux côtés de celle des représentants du M.23 dans la Déclaration de Kampala.

    C’est dire que le communiqué signé par Bertrand Bisimwa et diffusé ce mardi 5 novembre 2013 est ce que nous pouvons appeler un pas dans la bonne direction. On y lit notamment que « La direction du Mouvement du 23 mars annonce à l’opinion nationale et internationale qu’elle a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création. »

    Le même communiqué enjoint aux Chefs militaires du M.23 de préparer les hommes de troupes de ce mouvement afin de les présenter au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale « dont les modalités sont à convenir avec le Gouvernement de la République Démocratique du Congo. » Si ce document est authentifié, il aura marqué une grande évolution conformément au schéma de sortie de crise qui a été convenu à Kampala et finalisé à Pretoria.

    Entretemps, sur le terrain, les FARDC vont poursuivre avec l’appui de la Brigade d’Intervention de l’ONU, conformément à la résolution 2.098 du Conseil de sécurité, la traque des autres forces négatives qui n’auront pas fait droit à l’ultimatum que leur a lancé le Président Joseph Kabila il y a quelques jours.

    C’est le lieu de répéter qu’il n’y a plus de place dans notre pays, pour quelque groupe armé irrégulier que ce soit, qu’il s’agisse des FDLR rwandais, des ADF-NALU et de la LRA ougandaises, des FNL burundais, ainsi que de tous les groupuscules Maï-maï congolais.

    Il n’est inutile de rappeler, s’agissant des FDLR, que leur nombre a été réduit à ce jour de plus de 80%, réduits grâce aux campagnes organisées par les FARDC seules. Il n’y a donc pas lieu de douter de la volonté ni de l’efficacité de la RDC contre cette force négative en provenance du Rwanda qui cause aujourd’hui bien plus de dommage aux populations congolaises qu’à leur pays d’origine.

    Le Congo tient aux relations de bon voisinage avec son voisin le Rwanda tout comme avec tous ses autres voisins. Il ne ménagera rien pour ce faire et espère qu’il en sera de même en retour.

    En même temps qu’il réitère ses félicitations à l’endroit des FARDC pour leur bravoure, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo tient à rendre hommage à toutes les couches de notre peuple qui n’ont jamais ménagé leur appui à nos forces de défense dans cette action de défense de la patrie.

    Je vous remercie.

    Lambert MENDE OMALANGA,
    Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté,
    Porte-parole du Gouvernement

  • Le Congo reste inquiet après la victoire sur le M23

    Le Congo reste inquiet après la victoire sur le M23

    fardc rumangabo-À la suite d’une offensive lancée le 25 octobre par les forces gouvernementales dans le Nord Kivu, le mouvement armé a déposé les armes mardi 5 novembre. Une défaite saluée par les autorités de Kinshasa et la population de Goma mais qui ne marque pas encore le rétablissent de l’ordre et de la sécurité dans le Nord Kivu. C’est officiel. Le Mouvement du 23 Mars (M23), le groupe armé né d’une mutinerie en avril 2012 (1) qui contrôlait une partie de la province du Nord Kivu en République démocratique du Congo (RDC) a déposé les armes mardi 5 novembre. La direction du mouvement « a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création », a annoncé Bertrand Bisimwa, le chef de sa branche politique. Tous les chefs militaires « sont priés de préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale dont les modalités sont à convenir avec le gouvernement. »

    Quelques heures plus tôt, les derniers soldats du M23 venaient d’être chassés par l’armée congolaise, soutenue par la brigade d’intervention de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation de la RDC (Monusco) des deux derniers bastions qu’ils tenaient encore. Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, s’est félicité de « la victoire totale de la RDC ».
    soulagement à Goma

    La nouvelle a vite circulé dans la principale ville du nord Kivu, Goma : « C’est le soulagement. La population vivait depuis des mois sous sa menace. Le premier effet s’est ressenti au marché : le prix des denrées alimentaires a baissé puisque le M23 n’est plus en mesure de taxer les véhicules qui les transportent. C’est une bonne nouvelle pour les familles », témoigne Taylor Toeka Kakala de la Caritas Goma.

    Lancée il y a une dizaine de jours, la reconquête de l’est du nord Kivu n’a pas traîné. En août, avec l’appui de la Monusco, l’armée avait déjà réussi à chasser le M23 du nord de Goma. « Cette victoire a plusieurs causes, analyse Cyril Musela, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et professeur à Goma. Après la prise de la ville l’année dernière par le M23, l’armée congolaise a été remodelée dans la région. Nouveau général, nouveaux cadres… les chefs compromis dans affaires douteuses ont été remplacés. Son état d’esprit a changé. À cela s’ajoutent la création de la brigade d’intervention de la Monusco et son engagement militaire auprès de l’armée congolaise. Son soutien a été capital ».
    le M23 a perdu ses soutiens étrangers

    Dans le même temps, les rebelles se sont affaiblis. « Les chefs du M23 se sont divisés. Et lorsque l’armée congolaise et la Monusco ont montré leur détermination, de nombreux combattants ont déserté, en particulier parmi les enfants-soldats », ajoute Cyril Musela.

    Enfin, le M23 a perdu ses soutiens étrangers. L’Ouganda et le Rwanda, accusés par les Nations unies de soutenir les rebelles, ont fait l’objet d’intenses pressions diplomatiques, « en premier lieu des États-Unis, qui ont toujours été des alliés proches du Rwanda », explique Cyril Musela. « Barack Obama a personnellement appelé le président Paul Kagamé au moment de l’offensive conjointe de l’armée et de l’ONU. Le président rwandais n’avait pas le choix. Mais a-t-il renoncé pour autant à jouer un rôle dans cette région ? Tout le monde en doute ». L’Ouganda et le Rwanda sont soupçonnés d’instrumentaliser des mouvements comme le M23 pour mettre la main sur des exploitations minières du nord Kivu, en particulier celles qui extraient le coltan (un minerai indispensable pour la production des téléphones et ordinateurs portables).
    Nous sommes loin de la paix

    « Si la population est soulagée, elle n’est pas pour autant euphorique, car nous craignons la constitution comme dans le passé d’un nouveau mouvement rebelle façonné par le Rwanda », lance Taylor Toeka Kakala. « Nous sommes loin de la paix. Vingt-six mouvements armés restent dans la région et les retombées économiques pour la population de l’exploitation des mines du Kivu sont loin d’être visibles », poursuit Cyril Musela.

    En attendant, Lambert Mende a assuré que l’armée congolaise allait désormais s’attaquer à autre mouvement armé, les FDLR. « Il y a urgence sur le plan humanitaire, s’alarme Taylor. Au 30 septembre, on comptabilisait 1 224 000 déplacés dans le nord Kivu, soit 500 000 de plus que l’année dernière à la même date : tous ont fui les exactions de ces milices. »

    ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
    Les autres groupes armés de l’Est de la RDC

    Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) : Les FDLR sont constituées de rebelles hutus rwandais réfugiés en RDC après le génocide perpétré en 1994 au Rwanda. Fortes de 1 500 à 2 000 hommes, elles veulent renverser le régime de Paul Kagamé à Kigali. Leur commandement a été décimé mais le Rwanda accuse Kinshasa de les soutenir.

    Les milices Maï-Maï : elles regroupent une vingtaine de sous-groupes, dont la taille varie de quelques dizaines à environ 1 500 hommes. Elles ont été formées à l’origine pour contrer les interventions armées du Rwanda dans l’Est depuis 1994. L’armée de RDC a plusieurs fois été accusée de s’appuyer sur certaines d’entre elles pour combattre le M23.

    Les Forces démocratiques alliées (ADF) : initialement groupe armé d’opposition au président ougandais Yoweri Museveni, ce groupe, aujourd’hui uniquement composé de combattants musulmans, affronte épisodiquement depuis près d’une décennie l’armée congolaise au nord de Goma. Il compte de quelques centaines à 1 300 combattants.

    Le Front national de libération (FNL) : groupe rebelle burundais qui a repris les armes contre le régime de Bujumbura après des élections boycottées par l’opposition en 2010. Une partie utilise le Sud-Kivu comme base de repli et fait de temps en temps l’objet de campagnes de répression conjointes des armées congolaise et burundaise

    LAURENT LARCHER- Avec La Croix

  • Les raisons de la défaite du M23

    Les raisons de la défaite du M23

    rebelles-M23-menace-Goma-Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé mardi matin avoir remporté une “victoire totale” contre les rebelles du M23, qui occupaient l’est de la RDC depuis dix-huit mois. Les explications de Mehdi Belaïd, spécialiste de la région. Les Forces armées de la République démocratique du Congo sont parvenues en quelques jours à déloger le groupe rebelle M23 du territoire qu’il occupait dans le Nord-Kivu, à l’Est du pays. Le Mouvement du 23 Mars a annoncé ce mardi la fin de sa rébellion. Pour comprendre ce qui se joue dans l”Est du Congo, L’Express a interrogé Mehdi Belaïd, doctorant sur les problématiques de sécurité à l’Est du Congo à l’Université Paris 1. Comment expliquer le succès de l’armée congolaise face au M23 après dix-huit mois d’occupation de cette région par les forces rebelles? Plusieurs raisons l’expliquent. Il y a eu un effort de modernisation de l’armée congolaise. Elle a été aidée par l’Union européenne via l’EUSEC RD Congo, une mission de conseil et d’assistance en matière de sécurité. Cela a par exemple permis de nettoyer le fichier informatique des éléments fictifs de l’armée. Cette victoire de l’armée est une première. Par le passé, les forces rebelles étaient souvent mieux équipées et plus disciplinées que les militaires.

    En second lieu, la Monusco, la force d’intervention de l’ONU au Congo, a joué un rôle plus actif dans les affrontements, surtout après la création d’une Brigade d’intervention puis d’une force de réaction rapide, au printemps dernier. Auparavant, les casques bleus se cantonnaient à la défense de la population et au soutien logistique de l’armée congolaise.

    Le M23 a aussi été confronté au ras-le-bol de la population. Il avait pourtant été accueilli avec soulagement lorsqu’il avait pris le contrôle de la région de Goma à l’automne 2012 -un phénomène récurrent dans le pays: la population est soulagée de voir un groupe armé chasser le précédent. Lors de l’arrivée du M23, une bonne partie des éléments de l’armée régulière n’étaient pas mieux considérés que les rebelles par les habitants du Kivu.

    Par ailleurs, il faut noter que malgré les troubles à répétition dans la région, il n’y a pas de mouvement sécessionniste dans l’ex-Zaïre. Même les rebelles se réclament de la patrie congolaise. Le regain de nationalisme qui accompagne les combats actuels joue donc en faveur de l’Etat et par ricochet de l’armée régulière.

    Quel rôle joue le Rwanda dans le dénouement actuel?

    Kigali a subi de fortes pressions des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, puis de l’Allemagne et des Pays-Bas notamment, qui ont suspendu leur aide au Rwanda en 2012, afin qu’il cesse de soutenir le M23. Officiellement, le Rwanda était intervenu dans l’est du Congo pour y pourchasser les opposants hutus rwandais qui s’y étaient réfugiés. La proximité avec le M23 s’appuyait également sur le fait que le groupe rebelle prétendait défendre les communautés tutsies congolaises. Il y a eu parrallèlement ces dernières années une alternance de rapprochements entre Kigali et Kinshasa.

    L’emprise de Kigali sur l’est du Congo lui a permis de tirer profit de l’extraction des ressources minières dont regorge la région. Mais désormais, le Rwanda ne peut plus intervenir aussi directement chez son voisin.

    La déroute du M23 représente-elle enfin un espoir de paix dans cette région?

    C’est encore loin d’être garanti. Le M23 est l’arbre qui cache la forêt. L’est du Congo abrite entre 30 et 40 groupes armés de plus ou moins grande importance.

    Le gouvernement va bien sûr chercher à tirer profit de son succès militaire qui redore l’image de son armée. Cette victoire contre l’un des groupes les plus en vue pourrait se reproduire face à d’autres mouvements. Mais la stabilisation de cette région n’est pas une mince affaire. Il y a de nombreux chevauchements entre les différents groupes armés, tandis que des militaires de l’armée régulière sont impliqués dans les trafics locaux ou ont des accointances avec les hommes forts à la tête des milices. Il est encore trop tôt pour dire si ce succès représente un espoir de paix dans l’Est du Congo.
    La rébellion du M23 en huit dates

    Avril 2012: affrontements dans le Nord-Kivu entre l’armée et des soldats ayant appartenu, avant leur intégration, à la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

    Mai: création du M23, composé des mutins qui exigent de rester dans leur région du Kivu et de garder dans l’armée les grades qu’ils avaient du temps où ils étaient au CNDP.

    Novembre: les rebelles du M23 prennent Goma, capitale du Nord-Kivu. Un sommet régional exige le retrait des rebelles de la ville et demande à Kinshasa de “prendre en compte leurs revendications légitimes”. Kinshasa exige un retrait avant toute négociation.

    Décembre: les rebelles quittent Goma. Des pourparlers démarrent à Kampala (Ouganda).

    Mars 2013: une résolution de l’ONU renforce la Monusco en créant une brigade d’intervention chargée de “neutraliser les groupes armés”.

    Août: vaste offensive de l’armée. Les rebelles annoncent qu’ils se retirent de la ligne de front au nord de Goma.

    25 octobre: l’armée lance une nouvelle offensive dans le Nord-Kivu, parvenant en quelques jours à déloger le M23 de la quasi-totalité du territoire qu’il occupait.

    5 novembre: le M23 annonce “mettre un terme à sa rébellion” quelques heures après avoir été chassé des dernières positions qu’il occupait.

    Propos recueillis par Catherine Gouëset- Avec L’Express

  • Que fera Kabila de sa victoire ?

    Que fera Kabila de sa victoire ?

    fardc-Les carottes sont-elles totalement cuites pour le M23 ? En tout cas, pour le pouvoir de Joseph Kabila, il n’y a pas de doute, la rébellion a été défaite. Même s’il est encore tôt de signer son acte de décès du fait que le mouvement ne s’est pas encore avoué vaincu mais a simplement annoncé son intention de mettre fin à la rébellion, tout laisse penser que le M23 ne peut plus cracher le feu. La prise de ses derniers bastions par l’armée congolaise, soutenue par la brigade d’intervention de l’ONU et la fuite des rebelles vers des pays voisins dont le Rwanda et l’Ouganda, font penser que la messe est dite pour le M23. Sauf cataclysme, le M23 qui est aux abois depuis quelques jours, a bien perdu de sa superbe et ne peut donc plus inquiéter sérieusement ses adversaires.Toutes les conditions étaient réunies pour mettre en déroute le M23.En tout cas, matériellement, il ne peut plus résister face à la machine infernale de l’armée congolaise appuyée par la Monusco. Le parrain rwandais qui pouvait lui porter secours a préféré se tenir à carreau. C’est d’ailleurs le mieux que ce dernier pouvait faire car s’il agissait, il risquerait de s’attirer les foudres de plus d’un. On le sait, l’axe Kigali-Kampala qui a été longtemps considéré comme le bras invisible mais redoutable du M23, ne pouvait prendre le risque de soutenir ouvertement et visiblement un ennemi que combattent les Nations unions et des puissances africaines comme l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Le front formé par ces derniers dont la figure de proue n’est autre que Jacob Zuma et l’ONU ne pouvait tolérer une intervention rwandaise sur le sol congolais aux côtés des rebelles du M23. Il faut reconnaître que presque, pour ne pas dire toutes les conditions étaient réunies pour mettre en déroute le M23. En vérité, dès lors que la MONUSCO a reçu un mandat offensif, le sort du M23 était du même coup scellé. La victoire dont se félicite le gouvernement congolais était donc plus ou moins prévisible. La grande question que l’on se pose est de savoir ce que fera Kabila de sa victoire. Va-t-il simplement la vendanger ou saurait-il en faire un usage utile pour le Congo ? Il est certes bon de remporter une victoire face à des rebelles comme ceux du M23 dont le mode d’emploi était pillage, viol et tuerie. Mais le plus important c’est la gestion de cette victoire.

    Toute guerre finit autour d’une table de négociation, et il serait bon d’engager, sans délai, les pourparlers inter-congolais

    Et sur ce plan, peu d’éléments parlent en faveur de Kabila. Car jusque-là, il n’a pas réussi à asseoir une bonne gouvernance qui prenne en compte les préoccupations de son opposition ni de la société civile. En somme, celles du peuple congolais. En tout état de cause, si Kabila veut jouir pleinement de cette victoire, il lui faut d’abord amener le M23 à accepter sa défaite et à renoncer à la voie des armes pour conquérir le pouvoir d’Etat. Il faudrait ensuite, qu’il y ait des accords de paix, que le gouvernement revoie sa gouvernance politique, économique et sociale. La protection des frontières et la réorganisation de l’armée congolaise devraient être des priorités absolues du pouvoir en place. Comme une seule main ne peut ramasser la farine, la MONUSCO devrait, pour la quiétude des populations, rester pendant longtemps sur le sol congolais. Cela permettrait également de dissuader tous ceux qui voudraient agir contre les intérêts de la nation en se servant des armes. La paix qui se dessine dans l’Est de la RDC est encore très fragile, et pour la renforcer et la consolider, les organisations sous-régionales comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) devraient aussi prendre à bras-le-corps la question sécuritaire du Congo. Toute guerre finit autour d’une table de négociation dit-on, et il serait bon d’engager, sinon de reprendre sans délai, les pourparlers inter-congolais afin d’éviter que les rebelles ne se réarment auprès de leurs protecteurs et reviennent semer la désolation au sein de la population congolaise.

    Dabadi ZOUMBARA- Avec Le Pays

  • FDLR:l’armée annonce une offensive imminente contre les rebelles rwandais FDLR

    FDLR:l’armée annonce une offensive imminente contre les rebelles rwandais FDLR

    Mamadou– Kinshasa a annoncé mardi qu’après sa victoire sur les rebelles du M23, l’armée allait lancer “incessamment” une offensive contre les rebelles hutus rwandais FDLR présents dans l’Est de la République démocratique du Congo.

    “Il n’y a plus de place dans notre pays pour quelque groupe irrégulier que ce soit”, a déclaré le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, ajoutant: “Le M23 était en tête de liste, ils ont été remplacés par les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). On va s’occuper de les désarmer.”

    La victoire obtenue mardi contre les rebelles du M23 “n’a pas pour conséquence de mettre un terme aux efforts de normalisation de notre pays”, et “cela se conrétisera par l’offensive que va lancer incessamment” l’armée contre les différentes milices qui pullulent dans la moitié est du pays, a ajouté M.Mende.

    Après les FDLR, “ce sera les ADF-NALU et la LRA (rebelles ougandais,ndlr) puis les FNL” burundais et ensuite les différentes milices congolaises, a ajouté le ministre. 

    Arrivées sur le territoire congolais en 1994, les FDLR regroupent des extrémistes hutus dont un certain nombre ont participé au génocide rwandais. Le gouvernement congolais a depuis lors été régulièrement accusé de les instrumentaliser et les soutenir dans sa lutte contre certains groupes rebelles soutenus par le Rwanda et l’Ouganda.

    Les FDLR, les Forces démocratiques alliées (ADF NALU), l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) les Forces nationales de libération (FNL) et une myriade de groupes armés congolais règnent en maître, parfois depuis des années, sur des portions du territoire national où l’Etat s’est montré jusque-là incapable d’asseoir son autorité.

    Le président congolais Joseph Kabila avait enjoint le 30 octobre tous les groupes armés présents sur le territoire à rendre les armes volontairement sous peine de s’exposer “à une opération de désarmement forcé aussi vigoureuse que celle en cours” contre le M23. 

    Avec AFP

  • Les rebelles du M23 annoncent leur abandon de la lutte armée

    Les rebelles du M23 annoncent leur abandon de la lutte armée

    Mamadou-Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé, mardi 5 novembre au matin, avoir obtenu une “victoire totale” sur la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans le Nord-Kivu, région isolée de l’est du pays où la rébellion était née en avril 2012.

    Ses dernières poches de résistance, situées dans les localités de Chanzu et de Runyonyi, ont été enlevées par les Forces armées de RDC (FARDC), a annoncé le ministère de la communication. “Ils ont brûlé 42 véhicules et leurs dépôts de munitions ; ils se sont dispersés dans tous les sens, chacun pour soi et Dieu pour tous. Les combats ont duré toute la nuit”, a précisé un officier des FARDC.

    La direction du M23, née de la mutinerie d’anciens rebelles – essentiellement tutsis et s’appuyant sur les populations rwandophones locales – qui avaient été réintégrés dans l’armée trois ans plus tôt, a annoncé dans la matinée qu’elle abandonnait la lutte armée dès ce jour. Elle affirme vouloir poursuivre, “par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création”. Le commandant des FARDC pour le Nord-Kivu, le général Lucien Bahuma, se montrait cependant prudent, refusant de confirmer pour l’heure le départ des dernières troupes rebelles.

    Selon le gouverneur régional, Julien Paluku, le chef militaire des rebelles Sultani Makenga aurait fui vers le Rwanda. L’ONU a accusé de nombreuses fois ce pays, ainsi que l’Ouganda voisin, de soutenir la rébellion. Kigali et Kampala ont toujours démenti. Le Rwanda et l’Ouganda ont fait l’objet d’intenses pressions diplomatiques, notamment américaines, pour que leur soutien cesse. La chute du M23 pourrait signifier que ses parrains l’ont finalement lâché.

    VICTOIRE HISTORIQUE
    La fin du M23 marque la première victoire de l’armée congolaise contre une rébellion importante depuis la fin de la sécession du Katanga, en 1963. A l’époque, l’intervention de troupes étrangères avait été décisive pour ramener dans le giron congolais cette riche province du sud-est du pays qui s’était séparée en 1960, au moment ou l’ancien Congo belge devenait indépendant.

    Depuis, le Nord-Kivu, région riche en minerais, notamment en cassitérite (dont on tire l’étain) et en coltan, a été le foyer de multiples rébellions. C’est de là qu’était parti, en 1996, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Lauret-Désiré Kabila (père de l’actuel président, Joseph Kabila), qui, avec l’aide du Rwanda voisin, allait renverser l’année suivante la dictature de Mobutu Sese Seko.

    Le Nord-Kivu a ensuite été l’épicentre de la grande guerre africaine de 1998 à 2003, impliquant une dizaines de pays sur tout le territoire congolais. Depuis lors, plusieurs groupes rebelles n’ont cessé d’agiter l’Est. Essentiellement composés de Tutsis congolais, ces mouvements se sont constitués en rempart contre les ex-génocidaires hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) présents dans la région depuis 1994.

    Ces dernières années, l’armée gouvernementale était surtout réputée dans la région pour son indiscipline, ses pillages contre les populations et son inefficacité. Elle s’était en partie restructurée après la prise, en novembre 2012 par les rebelles du M23, de Goma, la capitale régionale.

    BOMBARDEMENTS DES CASQUES BLEUS

    Depuis la prise, la semaine dernière, de Bunagana, leur fief et dernière place forte, à 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, les rebelles s’étaient retirés sur trois collines des environs, dans les montagnes aux confins du Rwanda et de l’Ouganda, à près de 2 000 m d’altitude : Mbuzi, Runyonyi et Chanzu, d’où leur mouvement avait été lancé en avril 2012. Ils y comptaient entre 200 et 300 hommes samedi, selon les estimations.

    Lire (édition abonné) : Les rebelles congolais du M23 reculent devant l’offensive de l’armée

    Mbuzi est tombée lundi à la mi-journée, et, dans l’après-midi, des éléments de la brigade d’intervention de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) se sont joints aux forces gouvernementales pour frapper les positions rebelles, après la mort de six civils tués par des chutes d’obus sur Bunagana. Deux hélicoptères sud-africains sont alors intervenus pour “tirer sur le centre de commandement identifié du M23″, informe une source au sein de la Monusco.

    La Monusco,– la plus importante mission de l’ONU dans le monde, est présente dans la région depuis 1999 et elle– était jusque récemment, aux yeux de nombreux Congolais, synonyme d’inaction. Cette nouvelle brigade d’intervention en son sein, forte de 3 000 hommes, a été créée au printemps.

    Chargés de combattre la quarantaine de groupes armés présents dans l’est de la RDC, ces casques bleus sud-africains, malawites et tanzaniens se sont servi de leurs armes. A la fin d’août, leurs hélicoptères d’attaque et leur artillerie avaient infligé de lourdes pertes aux rebelles du M23. Cependant, dans l’offensive lancée il y a dix jours, la Monusco assurait un soutien logistique au forces congolaises depuis le 25 octobre, jusqu’aux bombardements de lundi.

    DIFFICILES POURPARLERS DE PAIX

    Depuis décembre, rebelles et gouvernement avaient engagé des pourparlers à Kampala, sous l’égide de l’Ouganda. Mais ces discussions bloquaient depuis plusieurs semaines, essentiellement sur la question de l’amnistie dont pourraient bénéficier les rebelles. La RDC et les Nations unies refusent que celle-ci profitent aux responsables du M23 accusés de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves des droits de l’homme.

    Lire : Dans l’est du Congo, les viols comme armes de guerre

    L’annonce du M23 répond à une exigence formulée quelques heures plus tôt par les dirigeants africains de la région réunis à Pretoria, en Afrique du Sud. A l’issue de ce sommet commencé lundi soir, les dirigeants des pays de de la région des Grands Lacs et de l’Afrique australe ont déclaré qu’un accord de paix pourrait être signé dans l’est de la RDC “à condition que le M23 effectue une déclaration publique par laquelle il renonce à la rébellion, à la suite de quoi le gouvernement effectuerait une déclaration publique d’acceptation”.

    A la fin d’octobre, lors d’un discours annonçant à mots couverts l’offensive qui s’achève, le président congolais, Joseph Kabila, avait refusé toute idée d’amnistie pour ceux qu’il considère comme “des récidivistes impénitents “.

    Avec Le Monde

  • Déroute du M23 : la main invisible de Londres et Washington

    Déroute du M23 : la main invisible de Londres et Washington

    UK, USA-La facilité avec laquelle les Forces armées de la RDC ont défait les rebelles du M23 a suscité des interrogations dans certains milieux. Avec un peu de recul, l’on sait maintenant ce qui s’est réellement passé sur le front de l’Est. La déroute du M23 est le fait d’une forte pression diplomatique exercée particulièrement sur le Rwanda, principal soutien du M23. Et la pression a été telle que les chefs de la diplomatie américaine et britannique ont personnellement intimé l’ordre au président rwandais, Paul Kagame, de ne pas venir en renfort au M23. C’est la preuve qu’une nouvelle dynamique s’installe désormais dans la région des Grands Lacs. En moins d’une semaine, les Forces armées de la RDC, appuyées par les éléments de la Brigade spéciale d’intervention des Nations unies, ont délogé les rebelles du M23 des positions stratégiques qu’ils occupaient dans les territoires passés sous leur contrôle depuis plus d’une année. Et la déroute du M23 s’est déroulée à la vitesse éclair que, dans les milieux spécialisés, certains se sont interrogés sur les causes réelles de cette débâcle. Pour un mouvement rebelle qui a résisté pendant longtemps à plusieurs assauts des FARDC, il y avait de quoi se poser des questions.

    Aujourd’hui, la vérité commence timidement à éclore. L’on sait, à quelques exceptions près, ce qui s’est réellement passé il y a une semaine sur le front militaire de l’Est. Et l’on sait aussi pourquoi le Rwanda qui se préparait ouvertement à la guerre entassant des matériels à la frontière de la RDC, n’est pas intervenu dans la dernière offensive menée par les FARDC et la Brigade spéciale des Nations unies.

    En réalité, un ordre est venu directement des Etats-Unis et de Grande-Bretagne intimant l’ordre au président rwandais, Paul Kagame, de se mettre en dehors de ce conflit. Ce qui explique le silence de Kigali et son inaction face à la déroute du M23.

    La nouvelle dynamique

    Ces révélations sont du journal britannique, Daily Telegraph. Selon ce tabloïd, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, et son homologue britannique, William Hague, ont eu Kagame au téléphone séparément dans la journée du vendredi 25 octobre 2013, lui intimant l’ordre de ne pas mettre ses troupes en mouvement pour venir en renfort au M23. D’après le journal, William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, a été le premier à appeler Paul Kagame, suivi dans la journée par John Kerry, secrétaire d’Etat américain.

    Ce n’est donc pas pour rien que le Rwanda est resté passif dans la nouvelle offensive menée contre les rebelles. De tout temps, des actions antérieures lancées contre les positions du M23 se sont butées à une forte présence des militaires de l’armée rwandaise dans les rangs du M23. Cette fois-ci, il n’en a pas été le cas. La raison est bien simple : la main invisible de Londres et Washington a agi. Ce qui, évidemment, ne dénature pas la bravoure des FARDC qui se sont courageusement battues pour récupérer les territoires occupés par le M23.

    Les révélations de Daily Telegraph traduisent seulement un fait. En effet, la donne a complètement changé. La politique menée particulièrement par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis a connu une mue, donnant moins de marges de manœuvre au président rwandais, Paul Kagame. Ainsi, nous l’avons repris dans une précédente édition, Barack Obama, président des Etats-Unis, a pesé de tout son poids dans ce basculement.

    Mais, pourquoi avoir entendu trop longtemps pour changer de politique dans la région des Grands Lacs ? Fallait-il autant de morts, soit plus de six millions, pour que Londres et Washington se ravisent ? Autant de questions qui n’en finissent pas de tarauder les esprits. Mais, le plus important est que Londres et Washington ont fini par comprendre les vrais enjeux de la région.

    En obligeant Kagame à se mettre en dehors de l’offensive menée contre le M23, ces deux capitales ont lancé un message que Paul Kagame devait saisir à juste titre. Il y va non seulement de sa survie en tant que dirigeant de la région, mais surtout de son régime qui traverse manifestement une zone de très fortes turbulences.
    Les FARDC ratissent large

    Sur le front de l’Est, les nouvelles sont plutôt rassurantes. Plusieurs sources confirment que l’armée congolaise a pris hier lundi la colline de Mbuzi, l’une des dernières positions où se sont retranchés les rebelles du M23.

    Pris en tenaille, le M23 a décrété dimanche un cessez-le-feu unilatéral qui, malheureusement, n’a pas eu d’effet sur l’avancée des FARDC. Dans un communiqué diffusé lundi (lire encadré), le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a exigé que le M23 fasse «une annonce claire, nette et sans ambiguïté de la fin la rébellion armée».

    De leur côté, face à la «nouvelle explosion de violence entre le M23 et l’Etat congolais», les envoyés spéciaux de la communauté internationale pour la région des Grands Lacs, chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), Martin Kobler, de Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs, et de ses homologues de l’Union africaine, Boubacar Diarra, de l’Union européenne, Koen Vervaeke et du gouvernement américain, Russel Feingold, ont réitéré leur appel à l’apaisement, alors que s’ouvrait hier lundi à Pretoria, rapporte l’AFP, un sommet régional africain consacré à la situation en RDC.

    Dans tous les cas, la main invisible des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans le retournement de la situation est un message en direction des dirigeants de la région des Grands Lacs. Car, après avoir longtemps soutenu l’entreprise de guerre dans la région, Londres et Washington ont décidé finalement de recadrer leur politique étrangère dans la région. La population qui continue de payer le plus lourd tribut attend maintenant les juger par les actes pour se convaincre de leur sincérité.

    Le Potentiel