Author: Don Kayembe

  • Les rebelles du M23, réfugiés en Ouganda, ne seront pas remis à la RDC

    Les rebelles du M23, réfugiés en Ouganda, ne seront pas remis à la RDC

    OUGANDA – Les combattants du M23, réfugiés en Ouganda après la débâcle de leur rébellion dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ne seront pas remis aux autorités de Kinshasa avant qu’un accord de paix ne fixe leur sort, a annoncé vendredi le gouvernement ougandais. “Ils ne sont pas prisonniers. Ce sont des soldats fuyant la guerre, donc nous les accueillons et les aidons, parce que c’est de notre responsabilité, comme nous l’avons fait pour des soldats de l’armée de RDC plus tôt dans l’année”, a également déclaré à l’AFP le colonel Paddy Ankunda, porte-parole du ministère ougandais de la Défense et de l’armée ougandaise. “Ils ne seront pas remis à la RDC. L’accord de paix (…) déterminera le sort des soldats du M23, en matière de réintégration et réinsertion. Donc nous attendrons jusque-là”, a-t-il ajouté.

    Ceux qui refuseraient, après un accord de paix, de rentrer en RDC, seront remis au Haut-Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) qui décidera s’ils peuvent prétendre au statut de réfugiés, a-t-il précisé.

    Comme la veille, M. Ankunda a de nouveau estimé à 1.500 le nombre de rebelle du M23 – soit le gros de ses effectifs combattants – ayant franchi la frontière entre la RDC et l’Ouganda ces derniers jours.
    Il a de nouveau assuré ne pas savoir si Sultani Makenga, le chef militaire de la rébellion, se trouvait entre les mains de l’armée ougandaise, comme l’avait affirmé la veille un haut responsable militaire ougandais sous le couvert de l’anonymat.

    Parmi les 1.500 rebelles en Ouganda, “il y a un mélange de soldats et d’officiers et certains de leurs commandants. Je ne peux pas confirmer à l’heure actuelle que Sultani Makenga est parmi eux. Cela a commencé comme une rumeur qui maintenant ne cesse d’enfler”, a-t-il déclaré.

    Les autorités ougandaises envisagent de réinstaller ailleurs les rebelles, actuellement cantonnés dans la zone de Mgahinga, dans le département de Kisoro, dans le coin sud-ouest de l’Ouganda, frontalier de la RDC et du Rwanda, a-t-il également indiqué.

    Défait par l’armée congolaise, appuyée par une brigade d’intervention de l’ONU, à l’issue d’une offensive d’une dizaine de jours, le M23, qui combattait les troupes de Kinshasa dans la province orientale minière du Nord-Kivu depuis avril 2012, a annoncé mardi “mettre un terme” à sa rébellion.

    Avec AFP

  • signature lundi d’un accord de paix entre Kinshasa et le M23

    signature lundi d’un accord de paix entre Kinshasa et le M23

    CONGO-pourparlers– Un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le M23, vaincu, devrait être signé lundi à Kampala, a annoncé vendredi l’Ouganda, qui assure la médiation, et qui a confirmé la présence sur son sol du chef des rebelles Sultani Makenga.

    Le M23 avait annoncé mardi “mettre un terme” à sa rébellion, après sa débâcle dans l’est de la RDC, vaincu par l’armée congolaise fortement épaulée par la Force de l’ONU.

    “Oui, Sultani Makenga est chez nous”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement ougandais, Ofwono Opondo, mais “nous ne pouvons pas dire aux médias où nous l’hébergeons”.

    Le sort de M. Makenga, comme celui de ses hommes, dont 1.500, soit le gros des troupes combattantes, sont réfugiés en Ouganda selon Kampala, devrait être réglé par un accord de paix, qui doit être signé lundi dans la capitale ougandaise, selon le porte-parole du gouvernement ougandais, médiateur lors des négociations de paix qui se sont déroulées depuis décembre 2012 à Kampala.

    “L’accord est prêt et nous attendons que tout le monde revienne lundi pour le signer”, a déclaré M. Opondo, précisant que des représentants de l’ONU et de l’Union africaine (UA) étaient attendus à la cérémonie de signature.

    “L’accord détaillera comment chaque cas sera traité”, a-t-il précisé au sujet des combattants du M23: “il y a ceux qui sont sous sanctions de l’ONU et américaines, ceux qui veulent être réintégrés dans l’armée et ceux qui veulent simplement rentrer chez eux”.

    M. Makenga figure sur la liste des sanctions de l’ONU et sur celle de Washington qui l’accuse d’être responsable de violations graves des droits de l’Homme et d’atrocités.

    Il a indiqué que l’Ouganda n’avait pas l’intention de remettre les rebelles réfugiés sur son territoire à une quelconque instance internationale ou de les garder prisonniers.

    le M23, qui combattait les troupes de Kinshasa dans la province orientale minière du Nord-Kivu depuis avril 2012, a été défait par l’armée congolaise, appuyée par une brigade d’intervention de l’ONU, à l’issue d’une offensive d’une dizaine de jours.

    Les quelque 1.500 combattants du M23 qui ont, selon Kampala, franchi la frontière avec la RDC ces derniers jours, sont actuellement cantonnés dans la zone de Mgahinga, dans le département de Kisoro, dans le coin sud-ouest de l’Ouganda, frontalier de la RDC et du Rwanda.

    Les autorités envisagent de les installer ailleurs, a indiqué vendredi à l’AFP le porte-parole du ministère de la Défense et de l’armée ougandaise, le colonel Paddy Ankunda.

    Avec AFP

  • Des combattants du M23 et leur chef entre les mains de l’armée ougandaise

    Des combattants du M23 et leur chef entre les mains de l’armée ougandaise

    Sultani Makenga
    Sultani Makenga

    – Le chef militaire du M23, Sultani Makenga, ainsi que 1.500 combattants, soit le gros de cette rébellion de République démocratique du Congo (RDC) défaite ces derniers jours, ont franchi la frontière et se trouvent entre les mains de l’armée ougandaise.

    Sultani Makenga “est avec nos forces, oui, il a franchi la frontière avec certains de ses hommes, il est avec nous”, a annoncé jeudi à l’AFP un haut responsable militaire ougandais sous couvert de l’anonymat, sans préciser la localisation du chef rebelle.

    Il a également refusé de clarifier si Sultani Makenga était ou non libre de ses mouvements et s’il avait formellement fait acte de reddition aux autorités ougandaises.

    De son côté, le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda, a indiqué qu’environ 1.500 rebelles du M23, soit l’essentiel de ses effectifs combattants, étaient entrés en Ouganda et s’étaient rendus à l’armée ougandaise, mais n’a pas confirmé la présence de Sultani Makenga parmi eux.

    “Quelque 1.500 combattants se sont rendus à l’armée ougandaise aujourd’hui, je ne suis pas au courant de la présence de Sultani Makenga parmi eux”, a-t-il simplement déclaré à l’AFP.

    Ils “sont cantonnés dans la zone de Mgahinga, dans le département de Kisoro”, dans le coin sud-ouest de l’Ouganda, frontalier de la RDC et du Rwanda, a-t-il ajouté.

    Un expert militaire a remis en doute la réalité du chiffre donné par l’armée ougandaise, estimant les forces de la rébellion à un millier d’hommes à la fin octobre. Selon lui, pourraient être inclus dans le chiffre de 1.500 des membres des familles de rebelles ou des combattants du M23 se trouvant déjà précédemment en Ouganda.

    Défait militairement ces derniers jours par l’armée de RDC appuyée par une brigade d’intervention de l’ONU, le M23, qui combattait les troupes de Kinshasa dans la province orientale minière du Nord-Kivu depuis avril 2012, a annoncé mardi “mettre un terme” à sa rébellion.

    Le M23 était formé d’anciens rebelles congolais, essentiellement tutsi, du Conseil national pour la défense du Peuple (CNDP), intégrés à l’armée de RDC après un accord signé le 23 mars 2009. Ils s’étaient mutinés il y a 18 mois, accusant Kinshasa de n’avoir pas respecté les termes de cet accord.

    Le colonel Sultani Makenga, chef du M23, à Bunagana, près de la frontière ougandaise, le 8 juillet 2012
    © AFP/Archives Michele Sibiloni

    Le chef de la mission de l’ONU en RDC, Martin Kobler, avait annoncé mercredi que les Nations unies allaient aider à renforcer le contrôle des frontières de l’est congolais pour empêcher armes et rebelles de passer dans les pays voisins, après la défaite du M23.

    Atrocités

    Atrocités

    Sultani Makenga, 39 ans, figure sur une liste des sanctions de l’ONU qui l’accuse d’être responsable de violations graves des droits de l’Homme et d’atrocités liées au M23 dans l’est de la RDC: meurtres, viols, enlèvements, recrutement d’enfants, enrôlements forcés…

    A l’apogée de sa force, le M23 avait conquis en novembre 2012 Goma, la capitale du Nord-Kivu, avant de s’en retirer contre l’ouverture de négociations sous médiation ougandaise à Kampala qui n’ont jamais réellement progressé.

    Mardi, Kinshasa avait affirmé que son armée contrôlait désormais l’intégralité du territoire qu’occupait le M23 depuis 18 mois et que les derniers combattants rebelles avaient fui vers le Rwanda.

    L’Ouganda, et surtout le Rwanda, tous deux frontaliers du Nord-Kivu, ont été largement accusés par l’ONU et d’autres sources de soutenir militairement le M23, ce que les deux pays ont toujours démenti. Des analystes attribuent pour partie l’effondrement du M23 à l’arrêt du soutien rwandais, sous pression notamment des Etats-Unis.

    Allié du Rwanda, Washington a pris ses distances avec Kigali depuis juillet 2012 en gelant sa modeste assistance militaire de 200.000 dollars et en prenant des sanctions dans le même domaine de la formation militaire pour 2014, afin de pousser le régime du président Paul Kagame à mettre un terme à son soutien au M23.

    Tutsi, issu de parents originaires de la province congolaise orientale du Masisi, Sultani Makenga est né selon l’ONU le 25 décembre 1973 dans le territoire de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, où il a grandi. Il a été de tous les conflits qui ont déchiré la région depuis une vingtaine d’années.

    Comme de nombreux Tutsi, il a fait ses armes au début des années 1990 au sein de la rébellion rwandaise du Front patriotique rwandais (FPR), formée en Ouganda, qui a conquis avec Paul Kagame à sa tête le pouvoir à Kigali en 1994.

    Il a combattu ensuite au sein de forces supplétives rwandaises lors des deux guerres du Congo (1996-1997, puis 1998-2003) avant de rejoindre le CNDP, puis d’intégrer l’armée congolaise en 2009.

    Avec AFP

  • La réforme de l’armée congolaise, la clef du succès

    La réforme de l’armée congolaise, la clef du succès

    général-Olenga.-Il y a un an l’armée congolaise avait été humiliée après la prise de Goma en novembre 2012 par quelques centaines de rebelles. Un an plus tard c’est un tout autre visage qu’a révélé l’armée congolaise, celui d’une armée qui emporte la bataille et ce en grande partie car elle est mieux organisée.

    Le réveil de l’armée congolaise est incarné par deux hommes. Il est marqué par le lieutenant-général François Olenga, chef d’Etat-major de l’armée de terre depuis décembre dernier, en charge de la logistique. Grâce à lui, les soldats ont reçu de la nourriture, de l’eau et des cartouches sur le front. Ce qui n’a pas toujours été le cas.

    Ensuite, l’armée congolaise doit son renouveau au général, Lucien Bahuma Ambama, formé en France et en Belgique, à partir de juin, date de sa nomination. Il simplifie la chaîne de commandement et y place des hommes de confiance. Résultat, la discipline au sein des unités s’est améliorée. Là aussi c’est une nouveauté.

    Premier résultat, fin juillet

    Les forces congolaises résistent aux attaques du M23 à Mutaho pendant quatre jours; sans aide de la Monusco. Par ailleurs, ces derniers mois, Américains, Belges, Chinois et Sud-Africains forment différents bataillons. Les 321ème et 322ème unités de réaction rapide par exemple ont été entraînées par des instructeurs belges.

    Enfin, il y a eu bien sûr le soutien de la mission des Nations unies au niveau du renseignement d’abord avec ses hélicoptères de reconnaissance. Mais aussi sur la ligne de front à deux  reprises la brigade d’intervention a tiré. Reste à confirmer cette première victoire. Il faut désormais sécuriser le territoire repris et la lutte contre les groupes armés ne fait que commencer.

    Le rôle de la Monusco dans la chute du M23

    La prise de Goma par le M23 fin novembre dernier, c’était l’humiliation. Peut-être celle de trop pour une mission très critiquée pour son inaction. La réponse de la communauté internationale, ce fut l’idée de créer une brigade d’intervention rapide au mandat renforcé, celui de combattre les groupes armés. C’est chose faite le 28 mars avec l’adoption de la résolution 2098. La FIB, puisque c’est son nom, n’entre en action que fin août. C’est la première fois, à Kibati, que le M23 doit faire face à l’artillerie onusienne.

    Alors que les pourparlers de paix piétinent à Kampala, selon plusieurs sources, Innocent Kaina, dit India Queen, l’un des commandants du M23 les plus redoutés, installe au dessus du camp de la Monusco de Kiwanja des pièces d’artillerie, pointées vers le détachement de casques bleus indiens. L’objectif : déstabiliser la Monusco et l’empêcher d’intervenir dans les combats à venir. Un véritable test. Mais en réponse, la nouvelle brigade montre ses muscles et envoie quelques quelques 500 hommes dans le zone.

    En ce qui concerne la dernier offensive, en plus de l’appui logistique traditionnel, la Monusco a apporté à l’armée congolaise des conseils tactiques, pas toujours suivis, reconnaissent des sources onusiennes, et un appui sans précédent en terme de renseignements. Lundi, officiellement pour protéger les civils, la brigade d’intervention envoie ses chars et surtout ses hélicoptères d’attaque contre le M23. Un soutien décisif.

    Dernier élément qui explique cette métamorphose, c’est la motivation des troupes et notamment les Tanzaniens qui trépignaient d’impatience d’en découdre avec une rébellion accusée d’être soutenue par le Rwanda. Or les relations sont particulièrement tendues entre les deux pays.

    Avec RFI

  • Photos- Cache d’armes découverte a CHANZU: plus de trois cents tonnes de munitions

    Photos- Cache d’armes découverte a CHANZU: plus de trois cents tonnes de munitions

    Cache d’armes découverte au quartier général de Makenga a CHANZU: plus de trois cents tonnes de caisses de munitions

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  • Point de presse de mardi 5 novembre 2013 du ministre des Médias, porte-parole du gouvernement

    Point de presse de mardi 5 novembre 2013 du ministre des Médias, porte-parole du gouvernement

    Mende-Mesdames et Messieurs,

    Les journées d’hier lundi 03 et d’aujourd’hui 04 novembre 2013 demeureront marquées d’une pierre blanche dans l’histoire récente de notre pays, la République Démocratique du Congo. En effet, c’est essentiellement au cours de la nuit qui vient de s’écouler que s’est dénoué, du moins militairement, le drame des millions de Congolaises et de Congolais pris au cou par une phalange criminelle et prédatrice à partir du territoire d’un pays voisin.

    Depuis la matinée d’hier, nos vaillantes Forces de défense et de sécurité (FARDC) avaient reçu l’ordre de faire taire coûte que coûte les canons à longue portée qui, au lendemain d’un engagement en trompe-l’œil du M.23, continuaient à décimer les populations civiles de Bunagana et des environs à partir du triangle Mbuzi – Chanzu – Runyonyi. Ces trois montagnes constituaient, rappelons-le, les derniers bastions réputées inexpugnables des résidus de la rébellion du M23.

    Après la bataille pour Mbuzi, nos troupes ont amorcé leurs progressions vers les deux autres réduits d’où provenaient les tirs aveugles et meurtriers.

    Dans le but d’économiser les vies humaines congolaises qui reste un leitmotiv dans la stratégie du Président de la République et Commandant Suprême des FARDC, une unité commando a saboté le dépôt du M.23 de Chanzu dans lequel s’entassaient un nombre très impressionnant d’armes et de munitions en provenance de l’étranger.

    La longue série d’explosions qui a suivi la réussite de cette opération a donné à croire en un assaut en règle des FARDC contre ce bastion, ce qui n’a pas été le cas. En réalité, à la suite de la destruction de leur poudrière, le général autoproclamé Rusandiza alias Sultani Makenga et ses têtes brûlées ont intériorisé leur défaite et commencé à mettre le feu à tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter dans leur fuite vers le Parc National qui jouxte la RDC, le Rwanda et l’Ouganda.

    Ce sont des lieux ouverts, vidés des extrémistes du M23 qui seront par la suite occupés par les FARDC qui ont sauvé plusieurs dizaines de compatriotes civils et militaires prisonniers des mutins. Une centaine de mutins du M23 ont été soit capturés, soit se sont rendus eux-mêmes aux troupes loyalistes.

    Mesdames, Messieurs,

    C’est une victoire militaire indéniable que les FARDC viennent de remporter sur les éléments du M23 et leurs mentors. Il ne viendrait à l’idée d’aucun citoyen congolais normalement constitué de bouder sa satisfaction devant cet exploit après tant d’années et d’épisodes d’humiliation qui ont failli briser la cohésion de la Nation.

    Les Congolais ont le droit de se réjouir à l’instar de nos sœurs qui ont décidé de battre le pavé aujourd’hui à Kinshasa pour féliciter le Chef de l’Etat et les FARDC. Nous nous réjouissons naturellement car le comportement de nos gars sur le théâtre des opérations militaires nous emplit d’une fierté légitime.

    Pour autant, la République Démocratique du Congo refuse de s’enivrer de ce succès militaire. Beaucoup reste encore à faire pour stabiliser de manière durable la situation dans cette partie du pays qui vient d’être totalement libérée du joug des forces négatives.

    Le Gouvernement entend plonger de manière sérieuse dans la revisitation des causes profondes des flambées récurrentes de violence qui ont continuellement miné l’Est de notre pays. Seule la poursuite des volets politique et diplomatique des efforts en vue de la résolution de cette crise peut permettre d’y parvenir.

    C’est la raison pour laquelle, en dépit de cette victoire militaire sans ambigüités, le Gouvernement de la RDC tient à parachever les contacts déjà entrepris dans ce sens aussi bien à Kampala avec les éléments de ce qui est devenu, à en croire le communiqué de Monsieur Bertrand Bisimwa, l’ex-groupe armé M23 qu’à l’intérieur du pays avec la mise en œuvre des recommandations des Concertations Nationales qui se sont tenues à Kinshasa à l’initiative du Président de la République.

    Comme on peut s’en apercevoir, beaucoup d’efforts ont été déjà consentis par notre pays. De tels efforts sont, du reste, reconnus et encouragés avec bonheur par nos partenaires de la communauté internationale. Le communiqué qui a sanctionné le dernier sommet conjoint de la SADC et de la CIRGL tenu hier à Pretoria (Afrique du Sud) en est une illustration.

    Pour votre édification, (retenez que) les chefs d’Etats et de gouvernements des deux organisations régionales réunis dans la capitale sud-africaine en présence de notre président Joseph Kabila ont félicité le FARDC et la Brigade d’Intervention de la Monusco « pour avoir repris de mains de maître les derniers bastions des forces négatives du M23 et avoir ainsi contribué à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire congolais ».

    Ils ont également exhorté les Etats Membres à « œuvrer pour le rapatriement des forces négatives dans leurs pays d’origine dans le cadre de la lettre et de l’esprit de l’Accord cadre d’Addis-Abeba ». Cela se concrétisera notamment à travers l’action vigoureuse que notre Gouvernement, qui ne sera plus gêné par la mutinerie du M23, va lancer incessamment contre les forces négatives rwandaises des FDLR, ougandaises de l’ADF-NALU et LRA et burundaises des FNL qui n’ont que trop longtemps écumé notre terroir, y semant la mort et la désolation tout en menaçant la sécurité de leurs pays d’origine.

    C’est dire que la victoire militaire d’hier sur le M23 n’a pas pour conséquence de mettre un terme aux efforts de normalisation de notre pays qui doivent, au contraire, se poursuivre.

    A cet égard, il y a lieu de se féliciter du fait que malgré les provocations de la phalange extrémiste du M23 qui a entrainé les derniers affrontements de la semaine dernière, une certaine harmonisation de vues soit intervenue à Kampala sur 11 clauses de ce qui sera la Déclaration de Kampala (nous préférons cette terminologie à celle d’accord, étant donné qu’on ne peut pas signer un accord avec quelque chose qui a cessé d’exister, car s’étant auto-dissous) devant conclure les pourparlers de Kampala entre le Gouvernement et le désormais ex mouvement armé M23.

    Nous espérons de tout cœur que cette Déclaration de Kampala sera signé dans les plus brefs délais pour donner une chance et plus de temps aux actions de désarmement des autres forces négatives qui conditionnent la réhabilitation du Nord et du Sud Kivu.

    Ainsi peut se comprendre notre insistance à voir les éléments du M.23 déclarer publiquement la fin de la rébellion qu’ils avaient lancé il y a de cela presque 20 mois. Conformément au chronogramme arrêté hier par les Etats de la SADC et de la CIRGL réunis en sommet à Pretoria (Afrique du Sud), ce n’est qu’après cette déclaration publique du M23, auquel on avait donné un délai de 48 heures pour ce faire, que le Gouvernement de la RDC prendra publiquement acte de la renonciation du M23 à la rébellion armée, le temps d’en vérifier la réalité sur terrain.

    Cinq jours après avoir ainsi pris acte du sérieux de l’engagement de l’ex-rébellion, les autorités gouvernementales congolaises apposeront en toute confiance leur signature aux côtés de celle des représentants du M.23 dans la Déclaration de Kampala.

    C’est dire que le communiqué signé par Bertrand Bisimwa et diffusé ce mardi 5 novembre 2013 est ce que nous pouvons appeler un pas dans la bonne direction. On y lit notamment que « La direction du Mouvement du 23 mars annonce à l’opinion nationale et internationale qu’elle a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création. »

    Le même communiqué enjoint aux Chefs militaires du M.23 de préparer les hommes de troupes de ce mouvement afin de les présenter au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale « dont les modalités sont à convenir avec le Gouvernement de la République Démocratique du Congo. » Si ce document est authentifié, il aura marqué une grande évolution conformément au schéma de sortie de crise qui a été convenu à Kampala et finalisé à Pretoria.

    Entretemps, sur le terrain, les FARDC vont poursuivre avec l’appui de la Brigade d’Intervention de l’ONU, conformément à la résolution 2.098 du Conseil de sécurité, la traque des autres forces négatives qui n’auront pas fait droit à l’ultimatum que leur a lancé le Président Joseph Kabila il y a quelques jours.

    C’est le lieu de répéter qu’il n’y a plus de place dans notre pays, pour quelque groupe armé irrégulier que ce soit, qu’il s’agisse des FDLR rwandais, des ADF-NALU et de la LRA ougandaises, des FNL burundais, ainsi que de tous les groupuscules Maï-maï congolais.

    Il n’est inutile de rappeler, s’agissant des FDLR, que leur nombre a été réduit à ce jour de plus de 80%, réduits grâce aux campagnes organisées par les FARDC seules. Il n’y a donc pas lieu de douter de la volonté ni de l’efficacité de la RDC contre cette force négative en provenance du Rwanda qui cause aujourd’hui bien plus de dommage aux populations congolaises qu’à leur pays d’origine.

    Le Congo tient aux relations de bon voisinage avec son voisin le Rwanda tout comme avec tous ses autres voisins. Il ne ménagera rien pour ce faire et espère qu’il en sera de même en retour.

    En même temps qu’il réitère ses félicitations à l’endroit des FARDC pour leur bravoure, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo tient à rendre hommage à toutes les couches de notre peuple qui n’ont jamais ménagé leur appui à nos forces de défense dans cette action de défense de la patrie.

    Je vous remercie.

    Lambert MENDE OMALANGA,
    Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté,
    Porte-parole du Gouvernement

  • Le Congo reste inquiet après la victoire sur le M23

    Le Congo reste inquiet après la victoire sur le M23

    fardc rumangabo-À la suite d’une offensive lancée le 25 octobre par les forces gouvernementales dans le Nord Kivu, le mouvement armé a déposé les armes mardi 5 novembre. Une défaite saluée par les autorités de Kinshasa et la population de Goma mais qui ne marque pas encore le rétablissent de l’ordre et de la sécurité dans le Nord Kivu. C’est officiel. Le Mouvement du 23 Mars (M23), le groupe armé né d’une mutinerie en avril 2012 (1) qui contrôlait une partie de la province du Nord Kivu en République démocratique du Congo (RDC) a déposé les armes mardi 5 novembre. La direction du mouvement « a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création », a annoncé Bertrand Bisimwa, le chef de sa branche politique. Tous les chefs militaires « sont priés de préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale dont les modalités sont à convenir avec le gouvernement. »

    Quelques heures plus tôt, les derniers soldats du M23 venaient d’être chassés par l’armée congolaise, soutenue par la brigade d’intervention de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation de la RDC (Monusco) des deux derniers bastions qu’ils tenaient encore. Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, s’est félicité de « la victoire totale de la RDC ».
    soulagement à Goma

    La nouvelle a vite circulé dans la principale ville du nord Kivu, Goma : « C’est le soulagement. La population vivait depuis des mois sous sa menace. Le premier effet s’est ressenti au marché : le prix des denrées alimentaires a baissé puisque le M23 n’est plus en mesure de taxer les véhicules qui les transportent. C’est une bonne nouvelle pour les familles », témoigne Taylor Toeka Kakala de la Caritas Goma.

    Lancée il y a une dizaine de jours, la reconquête de l’est du nord Kivu n’a pas traîné. En août, avec l’appui de la Monusco, l’armée avait déjà réussi à chasser le M23 du nord de Goma. « Cette victoire a plusieurs causes, analyse Cyril Musela, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et professeur à Goma. Après la prise de la ville l’année dernière par le M23, l’armée congolaise a été remodelée dans la région. Nouveau général, nouveaux cadres… les chefs compromis dans affaires douteuses ont été remplacés. Son état d’esprit a changé. À cela s’ajoutent la création de la brigade d’intervention de la Monusco et son engagement militaire auprès de l’armée congolaise. Son soutien a été capital ».
    le M23 a perdu ses soutiens étrangers

    Dans le même temps, les rebelles se sont affaiblis. « Les chefs du M23 se sont divisés. Et lorsque l’armée congolaise et la Monusco ont montré leur détermination, de nombreux combattants ont déserté, en particulier parmi les enfants-soldats », ajoute Cyril Musela.

    Enfin, le M23 a perdu ses soutiens étrangers. L’Ouganda et le Rwanda, accusés par les Nations unies de soutenir les rebelles, ont fait l’objet d’intenses pressions diplomatiques, « en premier lieu des États-Unis, qui ont toujours été des alliés proches du Rwanda », explique Cyril Musela. « Barack Obama a personnellement appelé le président Paul Kagamé au moment de l’offensive conjointe de l’armée et de l’ONU. Le président rwandais n’avait pas le choix. Mais a-t-il renoncé pour autant à jouer un rôle dans cette région ? Tout le monde en doute ». L’Ouganda et le Rwanda sont soupçonnés d’instrumentaliser des mouvements comme le M23 pour mettre la main sur des exploitations minières du nord Kivu, en particulier celles qui extraient le coltan (un minerai indispensable pour la production des téléphones et ordinateurs portables).
    Nous sommes loin de la paix

    « Si la population est soulagée, elle n’est pas pour autant euphorique, car nous craignons la constitution comme dans le passé d’un nouveau mouvement rebelle façonné par le Rwanda », lance Taylor Toeka Kakala. « Nous sommes loin de la paix. Vingt-six mouvements armés restent dans la région et les retombées économiques pour la population de l’exploitation des mines du Kivu sont loin d’être visibles », poursuit Cyril Musela.

    En attendant, Lambert Mende a assuré que l’armée congolaise allait désormais s’attaquer à autre mouvement armé, les FDLR. « Il y a urgence sur le plan humanitaire, s’alarme Taylor. Au 30 septembre, on comptabilisait 1 224 000 déplacés dans le nord Kivu, soit 500 000 de plus que l’année dernière à la même date : tous ont fui les exactions de ces milices. »

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    Les autres groupes armés de l’Est de la RDC

    Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) : Les FDLR sont constituées de rebelles hutus rwandais réfugiés en RDC après le génocide perpétré en 1994 au Rwanda. Fortes de 1 500 à 2 000 hommes, elles veulent renverser le régime de Paul Kagamé à Kigali. Leur commandement a été décimé mais le Rwanda accuse Kinshasa de les soutenir.

    Les milices Maï-Maï : elles regroupent une vingtaine de sous-groupes, dont la taille varie de quelques dizaines à environ 1 500 hommes. Elles ont été formées à l’origine pour contrer les interventions armées du Rwanda dans l’Est depuis 1994. L’armée de RDC a plusieurs fois été accusée de s’appuyer sur certaines d’entre elles pour combattre le M23.

    Les Forces démocratiques alliées (ADF) : initialement groupe armé d’opposition au président ougandais Yoweri Museveni, ce groupe, aujourd’hui uniquement composé de combattants musulmans, affronte épisodiquement depuis près d’une décennie l’armée congolaise au nord de Goma. Il compte de quelques centaines à 1 300 combattants.

    Le Front national de libération (FNL) : groupe rebelle burundais qui a repris les armes contre le régime de Bujumbura après des élections boycottées par l’opposition en 2010. Une partie utilise le Sud-Kivu comme base de repli et fait de temps en temps l’objet de campagnes de répression conjointes des armées congolaise et burundaise

    LAURENT LARCHER- Avec La Croix

  • Les raisons de la défaite du M23

    Les raisons de la défaite du M23

    rebelles-M23-menace-Goma-Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé mardi matin avoir remporté une “victoire totale” contre les rebelles du M23, qui occupaient l’est de la RDC depuis dix-huit mois. Les explications de Mehdi Belaïd, spécialiste de la région. Les Forces armées de la République démocratique du Congo sont parvenues en quelques jours à déloger le groupe rebelle M23 du territoire qu’il occupait dans le Nord-Kivu, à l’Est du pays. Le Mouvement du 23 Mars a annoncé ce mardi la fin de sa rébellion. Pour comprendre ce qui se joue dans l”Est du Congo, L’Express a interrogé Mehdi Belaïd, doctorant sur les problématiques de sécurité à l’Est du Congo à l’Université Paris 1. Comment expliquer le succès de l’armée congolaise face au M23 après dix-huit mois d’occupation de cette région par les forces rebelles? Plusieurs raisons l’expliquent. Il y a eu un effort de modernisation de l’armée congolaise. Elle a été aidée par l’Union européenne via l’EUSEC RD Congo, une mission de conseil et d’assistance en matière de sécurité. Cela a par exemple permis de nettoyer le fichier informatique des éléments fictifs de l’armée. Cette victoire de l’armée est une première. Par le passé, les forces rebelles étaient souvent mieux équipées et plus disciplinées que les militaires.

    En second lieu, la Monusco, la force d’intervention de l’ONU au Congo, a joué un rôle plus actif dans les affrontements, surtout après la création d’une Brigade d’intervention puis d’une force de réaction rapide, au printemps dernier. Auparavant, les casques bleus se cantonnaient à la défense de la population et au soutien logistique de l’armée congolaise.

    Le M23 a aussi été confronté au ras-le-bol de la population. Il avait pourtant été accueilli avec soulagement lorsqu’il avait pris le contrôle de la région de Goma à l’automne 2012 -un phénomène récurrent dans le pays: la population est soulagée de voir un groupe armé chasser le précédent. Lors de l’arrivée du M23, une bonne partie des éléments de l’armée régulière n’étaient pas mieux considérés que les rebelles par les habitants du Kivu.

    Par ailleurs, il faut noter que malgré les troubles à répétition dans la région, il n’y a pas de mouvement sécessionniste dans l’ex-Zaïre. Même les rebelles se réclament de la patrie congolaise. Le regain de nationalisme qui accompagne les combats actuels joue donc en faveur de l’Etat et par ricochet de l’armée régulière.

    Quel rôle joue le Rwanda dans le dénouement actuel?

    Kigali a subi de fortes pressions des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, puis de l’Allemagne et des Pays-Bas notamment, qui ont suspendu leur aide au Rwanda en 2012, afin qu’il cesse de soutenir le M23. Officiellement, le Rwanda était intervenu dans l’est du Congo pour y pourchasser les opposants hutus rwandais qui s’y étaient réfugiés. La proximité avec le M23 s’appuyait également sur le fait que le groupe rebelle prétendait défendre les communautés tutsies congolaises. Il y a eu parrallèlement ces dernières années une alternance de rapprochements entre Kigali et Kinshasa.

    L’emprise de Kigali sur l’est du Congo lui a permis de tirer profit de l’extraction des ressources minières dont regorge la région. Mais désormais, le Rwanda ne peut plus intervenir aussi directement chez son voisin.

    La déroute du M23 représente-elle enfin un espoir de paix dans cette région?

    C’est encore loin d’être garanti. Le M23 est l’arbre qui cache la forêt. L’est du Congo abrite entre 30 et 40 groupes armés de plus ou moins grande importance.

    Le gouvernement va bien sûr chercher à tirer profit de son succès militaire qui redore l’image de son armée. Cette victoire contre l’un des groupes les plus en vue pourrait se reproduire face à d’autres mouvements. Mais la stabilisation de cette région n’est pas une mince affaire. Il y a de nombreux chevauchements entre les différents groupes armés, tandis que des militaires de l’armée régulière sont impliqués dans les trafics locaux ou ont des accointances avec les hommes forts à la tête des milices. Il est encore trop tôt pour dire si ce succès représente un espoir de paix dans l’Est du Congo.
    La rébellion du M23 en huit dates

    Avril 2012: affrontements dans le Nord-Kivu entre l’armée et des soldats ayant appartenu, avant leur intégration, à la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

    Mai: création du M23, composé des mutins qui exigent de rester dans leur région du Kivu et de garder dans l’armée les grades qu’ils avaient du temps où ils étaient au CNDP.

    Novembre: les rebelles du M23 prennent Goma, capitale du Nord-Kivu. Un sommet régional exige le retrait des rebelles de la ville et demande à Kinshasa de “prendre en compte leurs revendications légitimes”. Kinshasa exige un retrait avant toute négociation.

    Décembre: les rebelles quittent Goma. Des pourparlers démarrent à Kampala (Ouganda).

    Mars 2013: une résolution de l’ONU renforce la Monusco en créant une brigade d’intervention chargée de “neutraliser les groupes armés”.

    Août: vaste offensive de l’armée. Les rebelles annoncent qu’ils se retirent de la ligne de front au nord de Goma.

    25 octobre: l’armée lance une nouvelle offensive dans le Nord-Kivu, parvenant en quelques jours à déloger le M23 de la quasi-totalité du territoire qu’il occupait.

    5 novembre: le M23 annonce “mettre un terme à sa rébellion” quelques heures après avoir été chassé des dernières positions qu’il occupait.

    Propos recueillis par Catherine Gouëset- Avec L’Express

  • Que fera Kabila de sa victoire ?

    Que fera Kabila de sa victoire ?

    fardc-Les carottes sont-elles totalement cuites pour le M23 ? En tout cas, pour le pouvoir de Joseph Kabila, il n’y a pas de doute, la rébellion a été défaite. Même s’il est encore tôt de signer son acte de décès du fait que le mouvement ne s’est pas encore avoué vaincu mais a simplement annoncé son intention de mettre fin à la rébellion, tout laisse penser que le M23 ne peut plus cracher le feu. La prise de ses derniers bastions par l’armée congolaise, soutenue par la brigade d’intervention de l’ONU et la fuite des rebelles vers des pays voisins dont le Rwanda et l’Ouganda, font penser que la messe est dite pour le M23. Sauf cataclysme, le M23 qui est aux abois depuis quelques jours, a bien perdu de sa superbe et ne peut donc plus inquiéter sérieusement ses adversaires.Toutes les conditions étaient réunies pour mettre en déroute le M23.En tout cas, matériellement, il ne peut plus résister face à la machine infernale de l’armée congolaise appuyée par la Monusco. Le parrain rwandais qui pouvait lui porter secours a préféré se tenir à carreau. C’est d’ailleurs le mieux que ce dernier pouvait faire car s’il agissait, il risquerait de s’attirer les foudres de plus d’un. On le sait, l’axe Kigali-Kampala qui a été longtemps considéré comme le bras invisible mais redoutable du M23, ne pouvait prendre le risque de soutenir ouvertement et visiblement un ennemi que combattent les Nations unions et des puissances africaines comme l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Le front formé par ces derniers dont la figure de proue n’est autre que Jacob Zuma et l’ONU ne pouvait tolérer une intervention rwandaise sur le sol congolais aux côtés des rebelles du M23. Il faut reconnaître que presque, pour ne pas dire toutes les conditions étaient réunies pour mettre en déroute le M23. En vérité, dès lors que la MONUSCO a reçu un mandat offensif, le sort du M23 était du même coup scellé. La victoire dont se félicite le gouvernement congolais était donc plus ou moins prévisible. La grande question que l’on se pose est de savoir ce que fera Kabila de sa victoire. Va-t-il simplement la vendanger ou saurait-il en faire un usage utile pour le Congo ? Il est certes bon de remporter une victoire face à des rebelles comme ceux du M23 dont le mode d’emploi était pillage, viol et tuerie. Mais le plus important c’est la gestion de cette victoire.

    Toute guerre finit autour d’une table de négociation, et il serait bon d’engager, sans délai, les pourparlers inter-congolais

    Et sur ce plan, peu d’éléments parlent en faveur de Kabila. Car jusque-là, il n’a pas réussi à asseoir une bonne gouvernance qui prenne en compte les préoccupations de son opposition ni de la société civile. En somme, celles du peuple congolais. En tout état de cause, si Kabila veut jouir pleinement de cette victoire, il lui faut d’abord amener le M23 à accepter sa défaite et à renoncer à la voie des armes pour conquérir le pouvoir d’Etat. Il faudrait ensuite, qu’il y ait des accords de paix, que le gouvernement revoie sa gouvernance politique, économique et sociale. La protection des frontières et la réorganisation de l’armée congolaise devraient être des priorités absolues du pouvoir en place. Comme une seule main ne peut ramasser la farine, la MONUSCO devrait, pour la quiétude des populations, rester pendant longtemps sur le sol congolais. Cela permettrait également de dissuader tous ceux qui voudraient agir contre les intérêts de la nation en se servant des armes. La paix qui se dessine dans l’Est de la RDC est encore très fragile, et pour la renforcer et la consolider, les organisations sous-régionales comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) devraient aussi prendre à bras-le-corps la question sécuritaire du Congo. Toute guerre finit autour d’une table de négociation dit-on, et il serait bon d’engager, sinon de reprendre sans délai, les pourparlers inter-congolais afin d’éviter que les rebelles ne se réarment auprès de leurs protecteurs et reviennent semer la désolation au sein de la population congolaise.

    Dabadi ZOUMBARA- Avec Le Pays