Les juges d’instruction du pôle « crimes contre l’humanité et crimes de guerre » du tribunal de Paris ont rejeté les demandes des parties civiles pour poursuivre l’enquête sur la responsabilité de la France lors des massacres qui ont eu lieu à Bisesero au Rwanda entre le 27 et le 30 juin 1994, pendant le génocide des Tutsi.
« Naufrage judiciaire », « déni de justice ». C’est dans ces termes que les associations des parties civiles qualifiaient la décision des juges d’instruction de terminer leurs investigations sur de possibles responsabilités de l’armée française lors du massacre de Bisesero sans avoir prononcé de mise en examen.
Dans une ordonnance rendue le 22 novembre, que Jeune Afrique a pu consulter, les trois magistrats du pôle « crimes contre l’humanité et crimes de guerre » du TGI de Paris ont annoncé le rejet de l’intégralité des demandes d’actes présentées fin octobre par les parties civiles pour relancer cette enquête entamée il y a 13 ans et clôt le 27 juillet dernier.
Pour Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, partie civile dans le dossier, l’instruction avait permis « de documenter suffisamment de preuve contre les militaires de l’opération Turquoise » pour justifier ces demandes. Celles-ci comprenaient notamment des demandes de confrontations, des auditions supplémentaires de militaires et de responsables politiques français ou encore le versement au dossier de nouvelles pièces, parmi lesquelles des vidéos et échanges entre militaires français au moment des faits.
« Il reste des investigations à faire »
Le 25 octobre dernier, le site français Mediapart avait publié une vidéo montrant la réaction visiblement passive de militaires français face à la traque des quelque 2 000 Tutsi présents dans les collines de Bisesero. « Les vidéos faisaient déjà partie du dossier, mais on pouvait toujours espérer qu’avec l’écho de la publication, les choses puissent avancer dans le bon sens », explique le président d’honneur de la FIDH.
Il n’en a rien été. Les juges d’instruction ont finalement conclu que les demandes formulées par les parties civiles n’apparaissaient « ni utiles à la manifestation de la vérité, ni raisonnables au regard de la durée de la procédure » ajoutant qu’elles « auraient pour conséquence de conférer à la durée de l’information judiciaire une durée déraisonnable ».
En 2005, six rescapés du massacre, l’association Survie, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH et LDH) et d’autres parties civiles ont accusé certains détachements de l’armée française déployés dans l’ouest du Rwanda d’avoir, entre le 27 juin et le 30 juin 1994, abandonné à une mort certaine plusieurs centaines de rescapés Tutsi, en vertu d’une alliance de longue date entre le pouvoir hutu de l’époque et le gouvernement français.
Ces rescapés à bout de force étaient poursuivis par des miliciens à la recherche des derniers survivants dans ces collines de l’ouest du Rwanda. « Il reste des investigations à faire », assure Patrick Baudouin. « Nous voulions notamment que la procédure entendent des témoins rwandais. Sans parler des militaires impliqués ».
« Loi de l’omerta »
Au cours de l’instruction, ouverte en 2005, au moins quatre hauts-gradés français – dont le chef de l’opération « militaro-humanitaire » Turquoise lancée le 22 juin, le général Jean-Claude Lafourcade – avaient été mis en cause et entendus par les juges sous le statut de témoin assisté. Les parties civiles ont, pendant plusieurs années, réclamé l’audition d’acteurs clés de l’époque, notamment du ministre de la Défense au moment des faits, François Léotard. Toutes ont été rejetées.
En 2017, les juges avaient également refusé d’entendre le général Raymond Germanos et son supérieur de l’époque, l’amiral Jacques Lanxade, l’ancien chef d’état-major des armées. Ce dernier a toujours contesté les accusations formulées contre l’armée. « Messieurs Rosier, de Villiers, non plus, ce n’es pas normal dans un tel dossier. Il est inconcevable que ce dossier soit clôt sans que ces hauts gradés, dont le chef d’état-major, n’aient été auditionnés », regrette Patrick Baudouin.
« Depuis le début, c’est la loi de l’omerta qui prévaut autour des militaires et des politiques français impliqués à l’époque », estime-t-il. Les parties civiles ont déjà annoncé leur intention de faire appel.
Depuis plusieurs semaines, les attaques attribuées à Boko Haram se multiplient dans le bassin du lac Tchad, notamment dans la zone frontalière entre le Niger et le Nigeria. Une recrudescence qui s’explique par la redistribution des rôles au sein du groupe jihadiste. Décryptage.
Aucune attaque revendiquée en juin et juillet, quatre en août, quatre en septembre, six en octobre et neuf en novembre. Ces quatre derniers mois, la recrudescence des activités de Boko Haram est indéniable. Celles-ci visent en particulier des bases militaires situées dans le nord de l’État nigérian de Borno, comme à Metele le 18 novembre (42 soldats tués selon Boko Haram) et à Kangarwa, quelques jours plus tard.
De nombreux assauts ont notamment entraîné la fuite des soldats présents dans lesdites bases, permettant le pillage du matériel militaire. Si l’armée nigériane est parvenue par la suite à réoccuper ses positions, en envoyant des renforts et en utilisant sa puissance aérienne, c’est bien Boko Haram qui dicte, depuis plusieurs semaines, le rythme du conflit dans la zone frontalière entre le Niger et le Nigeria, sur les rives du lac Tchad.
Jeudi 29 novembre, les présidents nigérien, Mahamadou Issoufou, nigérian, Muhammadu Buhari, et tchadien, Idriss Déby Itno, en ont discuté lors d’une rencontre à N’Djamena, la capitale du Tchad. Selon nos informations, le chef de l’État du Niger est en effet particulièrement agacé par les dérives de l’armée nigériane, qu’il estime en grande partie responsable du renforcement de Boko Haram ces derniers mois.
Rivalités internes
Mais que se cache-t-il derrière cette recrudescence soudaine des attaques ? Certes, la proximité de la présidentielle nigériane, qui doit se tenir en février 2019, pousse les jihadistes à affirmer leur présence, tandis que Buhari est gêné aux entournures par sa promesse, non tenue, d’en finir avec le mouvement terroriste. Toutefois, ce sont surtout des rivalités internes qui expliqueraient la radicalisation de Boko Haram.
Les jihadistes avaient auparavant tendance à négocier la libération des otages contre rançon
Depuis septembre, les jihadistes se sont notamment remis à exécuter certains de leurs otages, notamment un travailleur humanitaire mi-septembre, puis un autre mi-octobre. Ils avaient auparavant tendance, sous la direction du Camerounais Mamman Nur, bras droit d’Abou Moussab al-Barnawi, gouverneur de l’État islamique en Afrique de l’ouest (branche de Boko Haram), à négocier leur libération contre rançon durant les mois précédents.
L’exécution de Nur, un tournant
La mort de Mamman Nur, natif de Maroua tué en août par ses propres troupes, a-t-elle enclenché une radicalisation du mouvement ? Nur – considéré comme l’organisateur de l’attentat suicide qui a tué 21 personnes au siège des Nations unies à Abuja en août 2011 – était en tous cas considéré comme le véritable cerveau de la faction d’al-Barnawi, qui s’oppose à celle conduite par Abubakar Shekau autour de la forêt de Sambissa.
Mais ses troupes se seraient retournées contre lui. L’accusant de s’être enrichi en négociant avec le gouvernement nigérian des libérations d’otages, notamment des écolières de Dapchi, ses subordonnés l’avaient arrêté en avril, jugé pour trahison puis maintenu en résidence surveillée. Ils l’ont finalement exécuté en août, sur ordre de l’État islamique, selon un document sonore diffusé en haoussa.
La disparition de Nur pourrait avoir relancé la surenchère meurtrière entre l’aile Shekau à Sambissa et l’aile Barnawi dans le bassin du lac Tchad
« Nur a été perçu comme trop modéré et trop impliqué avec le gouvernement. Il est fort possible qu’un groupe de militants plus radicaux ait décidé de l’écarter et de prendre le contrôle de la faction d’al Barnawi », explique un spécialiste de Boko Haram, qui ajoute : « La disparition de Nur pourrait avoir relancé la surenchère meurtrière entre l’aile Shekau à Sambissa et l’aile Barnawi, pilotée par l’État islamique, dans le bassin du lac Tchad ».
Si Abou Moussab al-Barnawi reste le leader désigné de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, c’est désormais autour d’un certain Aboubacar Menok que se tournent les regards des services de sécurité de la région. Ce dernier, jusqu’ici chef militaire de la faction al-Barnawi et réputé plus radical, devrait profiter de la disparition de Nur pour prendre du galon.
En révélant sur une chaîne de télévision américaine que Kandia Camara n’appréciait pas le papier toilette ivoirien, sa fille Aïda l’a placée dans une posture délicate… Depuis, la ministre ivoirienne de l’Éducation nationale et sa fille sont la risée du web en Côte d’Ivoire. Chronique d’un bad buzz.
C’est ce qu’on appelle l’erreur du débutant. En racontant à des millions de téléspectateurs les petits cadeaux qu’elle fait à sa mère et à sa famille lors de ses séjours à Abidjan, Aïda Camara n’avait pas assez mesuré les conséquences de ses confidences.
Le 26 novembre, la fille de Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale et secrétaire générale du Rassemblement des républicains (RDR), participait à l’émission « The Wendy Williams Show » aux États-Unis. Le talk-show, présenté par Wendy Williams, est diffusé en live sur plusieurs chaînes américaines dont Fox, CW et MyNetworkTV aux États-Unis. Les téléspectateurs français peuvent quand même le voir sur BET France en version originale sous-titrée.
Aïda faisait partie des quatre invitées choisies ce jour-là pour « As Wendy », une rubrique qui permet à l’animatrice de répondre, sous forme de conseils, aux questions qui lui sont posées.
« Une valise de papier hygiénique »
« Comment dire non à ma famille ? », voilà la question posée à Aïda Camara ce jour-là. Assistante juridique dans un cabinet d’avocats à Philadelphie aux États-Unis, Aïda Camara reçoit comme de nombreux Africains de la diaspora des commandes de cadeaux. Le problème, selon elle, c’est qu’à force de vouloir faire plaisir à tout le monde, elle manque parfois de place pour ses propres affaires et notamment ses vêtements.
Vêtue de rouge et tout sourire, la fille de Kandia Camara explique son problème : « Chaque fois que je retourne en Côte d’Ivoire, je rapporte à ma famille des colis comme du papier toilette, du parfum, des bijoux ». Devant l’animatrice médusée, elle poursuit : « le pire, c’est ma mère. L’année dernière, j’ai dû lui ramener une valise de papier hygiénique. »
« Une façon indirecte d’atteindre la mère »
L’animatrice, qui n’en revient toujours pas, lui demande alors : « Ils veulent que vous apportiez du bon papier toilette d’Amérique ? ». Réponse d’Aïda : « Oui, mais j’ai besoin de place pour mes robes ». Face à ce cas bien particulier, le conseil de Wendy Williams le sera tout autant : « Dites-leur que les bagages ont été volés à l’aéroport. »
En Côte d’Ivoire, les réseaux sociaux se sont déjà emparés de l’affaire. Mais selon un proche de l’entourage de la ministre, joint par Jeune Afrique, « toute cette polémique est une façon indirecte d’atteindre la mère ». Depuis Abidjan, il poursuit : « Nous avons tous des parents à l’étranger. On leur demande, lors de leur séjour en Côte d’Ivoire, de nous ramener un petit souvenir. Est-ce un crime ? », se demande ce proche de la secrétaire général du parti d’Alassane Ouattara, le président ivoirien. Toujours selon notre interlocuteur, la fille du ministre « n’a pas voulu faire du buzz. Ce n’était vraiment pas son intention. »
Publié le 29-11-2018 Modifié le 29-11-2018 à 18:00
C’est une fuite sans précédent. Des milliers de pages de documents confidentiels des Nations unies relatifs à l’assassinat de deux experts mandatés par le Conseil de sécurité. Michael Sharp et Zaida Catalan avaient été chargés d’enquêter sur les violences en République démocratique du Congo. Les « Congo Files » documentent les pistes et options levées par les enquêteurs ainsi que les multiples entraves qu’ils ont rencontrées entre mars 2017 et septembre 2018. Leur exploitation a fait l’objet d’une collaboration entre plusieurs médias internationaux : RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise. De faux comptes Facebook ont compliqué pendant des mois les recherches des enquêteurs onusiens.
« L’enquête piétine », écrit non sans dépit l’un des policiers onusiens chargés de démêler les fils d’un crime inédit en République démocratique du Congo. Dans son rapport journalier du 1er mai 2017, cet enquêteur anonyme dresse un bilan sans concession de l’avancée des recherches de la « task force » dont il fait partie : « Nous avons peu de sources. Il n’y a pas de nouvelle information ». Six semaines après la mort de l’Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaida Catalan, la police des Nations unies (UNPOL) n’a toujours aucune idée du lieu où sont enterrés les quatre accompagnateurs des experts, si tant est qu’ils aient été tués. Elle ne connaîtra non plus jamais avec certitude l’identité du troisième motard qui les accompagnait.
Pendant quelques jours, les policiers onusiens s’interrogent sur la manière de relancer l’enquête. Ils décident de demander à l’auditorat militaire congolais d’introduire une requête auprès des compagnies de téléphonie mobile. Pour avancer, ils souhaitent obtenir les relevés téléphoniques des acteurs-clefs du drame, ils tablent sur sept numéros, victimes ou présumés assassins. Les enquêteurs ne cachent plus leur irritation quand le magistrat instructeur militaire leur répond « par trois fois » toujours attendre la « signature » de l’auditeur militaire supérieur de Kananga, capitale de la province tourmentée du Kasaï Central. Quand ledit auditeur est finalement interrogé, à la grande surprise d’UNPOL, il dit « ne pas être informé » d’une telle requête.
Au fil des semaines, des mois, à force de négociations et de ruse, les policiers de l’ONU ont collecté les fadettes de dizaines de protagonistes, des experts onusiens eux-mêmes, de leurs accompagnateurs, mais aussi de présumés miliciens, d’agents de renseignement, de militaires ayant tous un lien avec l’assassinat. Mais pour parvenir à faire une cartographie des communications, encore faut-il pouvoir identifier les milliers de numéros appelés. L’auditorat militaire et les compagnies de téléphonie mobile coopèrent peu. Les policiers onusiens se basent sur le renseignement humain. Ils ont aussi recours à l’application Truecaller de l’opérateur Airtel et à Facebook, ce réseau social si populaire au Congo, pour lequel il est fortement recommandé de s’inscrire avec son numéro de téléphone mobile. C’est l’un des plus grands annuaires du monde.
Des incohérences dans les identifications
Fin mai 2017, l’UNPOL commence à noter des incohérences dans l’identification de certains propriétaires de numéros sensibles, les auteurs de tous ces appels et SMS échangés avant, pendant et après le meurtre des experts, et derrière lesquels se cachent sans doute assassins et commanditaires. C’est le cas d’un numéro appelé au lendemain du drame, par la carte SIM de l’un des accompagnateurs congolais de Michael Sharp et Zaida Catalan, Betu Tshintela. Selon la police des Nations unies, le 13 mars, le numéro IMEI attaché à son numéro change deux fois, à 17h43 et 18h39. « Cela signifie que cette carte SIM a été insérée dans deux nouveaux portables », concluent les enquêteurs onusiens dans leur rapport journalier du 28 mai 2017.
Le 6 juin, les policiers onusiens croient être parvenus à identifier les deux numéros contactés par la puce de Betu Tshintela. Officiellement, le pseudo interprète et ancien agent de l’ANR est mort le 12 mars 2017 avec Michael Sharp et Zaida Catalan, le gouvernement congolais a affirmé avoir retrouvé son corps dès mars 2017 alors que l’ONU assure toujours le rechercher. Identifier ceux qui ont échangé avec le numéro de Betu Tshintela au lendemain du meurtre devait permettre pour les enquêteurs onusiens d’éclaircir son sort et son rôle, de trancher, une fois pour toutes, entre le statut de complice et celui de victime.
Selon l’opérateur Airtel, l’un des numéros est « enregistré au nom de Ntampu Crispin, résidant au numéro 13 de l’avenue Camp Kokolo, Quartier Jérusalem, commune Bandalugwa ». Facebook donne immédiatement aux policiers onusiens une identification quasi-similaire, Cris Tambwe, qui est un colonel de l’armée congolaise. L’autre numéro leur donne plus de fil à retordre. Il est enregistré sous le nom de Régine Bukumba, résidant dans le territoire de Kamonia qui se trouve dans la province voisine du Kasaï. En ce 6 juin 2017, les enquêteurs onusiens notent, sans plus de commentaire, que Facebook lie ce numéro au compte d’un dénommé Jean Kasonga qui se présente comme un maçon de Kananga. Mais ils ne s’attardent pas sur cette anomalie.
Ce jour-là, les policiers de l’ONU pestent plutôt contre de nouveaux « essais pour orienter les enquêtes ». Ces mots sont surlignés en rouge dans le rapport confidentiel daté du 6 juin 2017. Il faut dire qu’ils viennent de découvrir que le magistrat instructeur, le lieutenant-colonel Jean Blaise Bwamulundu Guzola, leur a transmis « à des fins d’analyse [et en guise] de numéros téléphoniques des personnes suspectes dans l’affaire d’assassinat des deux experts » ceux de figures politiques originaires de la région, tous députés : Claudel Lubaya, Clément Kanku, Martin Kabuga et Daniel Mbayi. Ces numéros, ce magistrat militaire jure les avoir trouvés dans le répertoire du téléphone de l’un des accusés. Mais l’UNPOL n’est pas dupe, trois sur quatre sont « des personnalités politiques de l’opposition ». La police de l’ONU n’a que faire de ces manœuvres, surexcitée de voir l’arborescence qui se cache derrière les premières fadettes réquisitionnées. L’UNPOL note que plusieurs des acteurs-clefs du drame sont en contact avec soit des officiers de l’armée, soit les directeurs provinciaux des services de renseignement.
L’étrange menuisier de Kananga
Si les policiers onusiens avaient pris le temps de s’attarder sur le compte « Jean Kasonga », ils auraient repéré plus d’une anomalie. Ce compte a été créé après le meurtre de Michael Sharp et Zaida Catalan. Le numéro appelé par Betu Tshintela a d’abord été lié à un premier compte Facebook ayant un prénom à consonance anglophone et un patronyme bien kasaien, « Johnsena Kasonga ». Mais ce premier compte est rapidement abandonné au profit d’un patronyme passe-partout dans le Grand Kasaï : « Jean Kasonga ».
Ce profil n’a aucune interaction, il ne poste presque rien à part des portraits de mauvaise qualité d’un jeune homme à la posture rigide et qui ne regarde jamais l’appareil. Son corps et son visage semblent incrustés sur une clôture en bambou, sa silhouette détourée par un mince halo noir. Plus insolite pour un jeune maçon de Kananga, capitale provinciale d’une des nouvelles provinces les plus défavorisées du pays, sa photo de profil est encadré des mentions « Tour de France » et « Mont Ventoux ». En quelques semaines, le pseudo maçon, passionné de tours cyclistes, s’est fait plus d’une centaine d’amis, les premiers sont pour l’essentiel des étrangers. Certains ont étudié à Alep en Syrie, d’autres dans le Rajasthan indien. Même les comptes aux consonances congolaises mais aux orthographes parfois fantaisistes comme « Thrésor Kabasele » peuvent avoir étudié à Sydney en Australie. Le propriétaire de ce compte, s’il existe, s’est pris en photo, toujours sans regarder l’appareil, devant la même clôture en bambou que son ami « Jean Kasonga ».
Parmi les contacts Facebook de l’étrange maçon de Kananga, « Vincent Thambwe » est sans doute le plus diplômé. A en croire son compte Facebook, il réalise l’exploit d’avoir étudié à Kinshasa, la capitale congolaise, à Kindu dans la province du Maniema, au Kenya, au Canada et même aux Philippines. Presque chaque année, il intègre un nouvel établissement. Autre particularité des amis de « Jean Kasonga », certains ont des milliers de contacts, d’autres semblent parfaitement maîtriser les paramètres de sécurité du réseau social. Ils sont capables de cacher leurs amis, leurs photos, leurs publications, comme s’ils étaient pointilleux sur le respect de leur vie privée.
Comme « Jean Kasonga », beaucoup de ses amis ayant des noms à consonance congolaise publient des photos d’une qualité médiocre. Ces clichés ont la particularité de ne permettre aucune comparaison sur les moteurs de recherches spécialisés dans l’image. Ces comptes aiment aussi agrémenter leurs photos de cadres aux couleurs flashy ou d’une date et d’un marquage horaire, toujours les mêmes. Comme si de Kinshasa à Goma, en passant par des villes comme « Bunya » ou « Kysangani » dont ils ne semblent pas connaître le nom, des centaines de Congolais s’étaient passés le mot pour utiliser la même application sur le même type de photo.
L’histoire pourrait s’arrêter là si « Jean Kasonga » était un cas unique. Des centaines de comptes ayant des caractéristiques similaires existent. A l’heure où les experts sont tués, le 12 mars 2017 à 16h53, un témoin oculaire devenu l’un des principaux accusés dans ce dossier, Jean Bosco Mukanda, envoie un SMS à un certain « Davido Ntumba », ami d’un « David Ntumba » qui a le même visage, les faux jumeaux ou triplés sont fréquents chez ce type de comptes. « Davido Ntumba » ne livre aucun détail biographique, mais son clone « David Ntumba » a étudié au lycée Kélé Kélé de Kananga et poursuivi ses études à l’Université nationale du Lesotho. Il travaillerait actuellement pour FNBB à Gaborone au Botswana. C’est une bien étrange personne à contacter après l’assassinat de deux experts mandatés par le Conseil de sécurité de l’ONU. M. Mukanda, lui, se présente comme un simple enseignant de la ville-paroisse de Bunkonde. Au fil des pages de l’enquête de la police des Nations unies versées dans les « Congo Files », il se révèle être un ancien chef de milice, tour à tour informateur et supplétif de l’armée congolaise.
Top UN officials withheld key information about the murder of the UN experts Zaida Catalán and Michael Sharp.
Leaked documents from the UN’s own investigation are implicating the Congolese government.
Dans les heures qui suivent le meurtre, le même Jean Bosco Mukanda, omniprésent dans ce dossier depuis la disparition des experts, appelle un numéro attribué par le réseau social à une « Jeannette Ntumba », un compte qui prétend travailler pour la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).
Betu Tshintela échange régulièrement avec un certain « André Kamba » qui se présente sur Facebook comme un ancien employé de l’Unicef, l’agence de protection de l’enfance de l’ONU. Les policiers onusiens s’intéressent à cet individu mais peinent à trouver des informations sur lui. Le lieutenant-colonel Guzola de l’auditorat assure aux enquêteurs onusiens avoir trouvé le numéro attribué à « André Kamba » dans le fameux répertoire téléphonique qui a également servi à incriminer les principaux opposants de la province. Le numéro que l’ONU cherche à identifier aurait été enregistré sous un nom très similaire, celui de « Kamba Yamarcelina ».
Le 3 juin 2017, comme pour enfoncer le clou, le magistrat militaire interroge Jean Bosco Mukanda devant les policiers de l’ONU. Il l’a fait arrêter la veille, « sur ordre de sa hiérarchie », sans véritablement expliquer pourquoi à l’UNPOL. Sous le contrôle du lieutenant-colonel, l’intriguant de Bunkonde confirme l’identité du jeune homme à partir de sa photo de profil Facebook. « André Kamba » serait chauffeur de taxi-moto dans le même village que M. Mukanda, il habiterait chez son frère. Mais la police des Nations unies ne parviendra jamais à en apprendre beaucoup plus sur lui.
Le jour du meurtre, plusieurs officiers de l’armée congolaise sont en contact avec des numéros associés à des profils Facebook aux identités douteuses. Derrière ces comptes se cachent parfois leurs compagnons d’armes, sans doute soucieux de conserver leur anonymat. Mais d’autres ont les mêmes caractéristiques que les « Jean Kasonga », « Davido Ntumba » et autres. Le colonel François Muhire, basé à Tshimbulu, une localité proche de la scène de crime, s’entretient à l’heure où les experts sont encore captifs avec un numéro attribué à « Umwari Denise Denise ». Ils auront six contacts téléphoniques qui cesseront juste après la mort de Michael Sharp et Zaida Catalan. C’est l’unique jour où ces deux numéros sont en contact. Jamais, dans les semaines qui ont suivi l’assassinat, le colonel François Muhire n’appellera « Umwari Denise Denise ».
L’information pourrait être anodine si cet officier, soupçonné d’être responsable à lui seul d’une vingtaine de fosses communes dans la région, n’avait pas été déjà épinglé par le groupe d’experts de l’ONU pour le massacre de Kitchanga en février 2013. Ses compagnons d’armes de l’ex-812e régiment des FARDC sont déployés tout au long de la route entre Kananga et Bunkonde. C’est sur cette route que les deux jeunes enquêteurs mandatés par le Conseil de sécurité sont assassinés en ce dimanche 12 mars 2017.
« Jean Kasonga » est l’arbre qui cache la forêt. Au-delà de ces profils douteux liés au meurtre des experts de l’ONU, ce sont des centaines, peut-être des milliers de faux comptes qui ont envahi ce réseau social en République démocratique du Congo, sans doute depuis 2015. Ils personnifient pour l’essentiel des étudiants, des employés ou d’anciens agents de l’ONU, Monusco, agences onusiennes, Radio Okapi. Ils résident dans toutes les grandes villes du Congo et s’immiscent parmi des communautés d’utilisateurs.
Car ces comptes n’ont pas que des faux amis. Des vrais hommes politiques, activistes ou même journalistes, sans doute désireux d’élargir leur audience, ont accepté les invitations de ces profils désincarnés. L’un de ces détracteurs du régime congolais confie même avoir essayé, en vain, d’entrer en contact avec « Jean Kasonga » dont il s’est découvert l’ami. Il dit accepter toutes les invitations, sans jamais vérifier. « C’est la seule manière de faire passer les informations », explique-t-il. Abasourdi par toutes les bizarreries de ce profil, il explique avoir tenté de lui écrire. « Jean Kasonga » ne lui a jamais répondu, il semble même ne jamais avoir lu ses messages.
De faux comptes pour surveiller les dissidents ?
En février 2016, le quotidien israélien Haaretz a publié une enquête sur ce qu’il appelle la « Facebook squad ». Il dénonçait l’utilisation par la police israélienne de faux comptes Facebook pour intimider ou traquer des activistes. Toujours selon Haaretz, ces faux comptes servent à enquêter aussi bien sur les réseaux pédophiles que les lanceurs d’alerte ou les activistes de groupes labellisés comme problématiques par Tel-Aviv. De l’autre côté de l’écran, cachés sous ces fausses identités, des policiers israéliens spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité ponctionnent les comptes de leurs « vrais » amis, ils accumulent les photos, les posts qu’ils jugent tendancieux. Cela leur permettrait de monter des dossiers pour justifier arrestations et condamnations de voix dissidentes.
Depuis le début de la contestation contre un troisième mandat de Joseph Kabila en janvier 2015, Kinshasa n’a jamais caché sa défiance envers les réseaux sociaux, coupés avant chaque grande mobilisation de l’opposition, dans la crainte du grand soir. Depuis, selon l’ONU, le nombre de violations des droits de l’homme à caractère politique a explosé. Tous les mois, à Kinshasa comme en province, des activistes sont arrêtés, détenus pour quelques heures ou quelques mois, parfois même avant d’avoir pu manifester, tous accusés de trouble à l’ordre public ou d’appel à la désobéissance civile. Les services de sécurité congolais utilisent-ils les réseaux sociaux pour identifier les mobilisateurs ? Interpellé sur l’existence de ces faux comptes, une source onusienne se dit surprise : « On sait qu’ils ont des contrats avec des sociétés israéliennes, mais les Congolais ne nous ont jamais dit qu’ils disposaient de ce type de technologie ».
Ces faux comptes, les spécialistes des questions de sécurité les appellent des avatars. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, la plupart des pays riches ou autoritaires auraient recours à ces systèmes de gestion de comptes fictifs sur les réseaux sociaux, profitant de la méconnaissance du public sur ces moyens de surveillance et de l’accès offert par ces profils à différentes communautés d’utilisateurs qui utilisent Facebook ou tout autre réseau social pour exprimer leur point de vue. « Si ces comptes ont un lien avec l’assassinat des experts, le jeu sera de déterminer quel Etat membre a vendu à la RDC ce système d’exploitation et ces avatars », conclut ce responsable onusien, sous couvert d’anonymat.
► Retrouvez le quatrième volet de cette enquête le 30 novembre 2018 à 17h TU sur RFI.fr
DROIT DE REPONSE
Cette enquête collective a nécessité presque deux ans d’investigations pour tenter de comprendre les conditions dans lesquelles les deux experts onusiens, Michael Sharp et Zaida Catalan ont été assassinés.
Le procès ouvert le 5 juin 2017 à Kananga est toujours en cours. Il a été suspendu 10 mois sur demande du secrétariat général de l’ONU. Le procureur canadien Robert Petit a été nommé pour soutenir l’enquête judiciaire congolaise.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, appelle les Nations unies à transmettre toutes leurs informations, y compris relatives à des agents de l’Etat, à la justice militaire congolaise. « C’est parce que nous savons que des membres du personnel de l’Etat sont capables de poser des actes attentatoires aux lois que nous avons institué la justice militaire », ajoute-t-il. Il dément en revanche toute responsabilité de l’Etat congolais : « La responsabilité pénale est individuelle ».
L’auditeur général de l’armée, Timothée Mukuntu, dit ne pas avoir eu connaissance du dossier d’enquête de la police des Nations Unies. Il dément toute entrave de la justice militaire, mais reconnaît « une certaine lenteur mais pas de volonté d’entraver quoique ce soit ».
La Tunisie a annoncé qu’elle souhaitait organiser prochainement une réunion à huis clos avec ses homologues maghrébins. Une énième tentative de réenclencher la coopération régionale et de réconcilier le Maroc et l’Algérie, renforçant l’optimisme du secrétaire général de l’UMA.
Cette réunion aura pour but, selon le ministre, la poursuite des efforts diplomatiques avec les dirigeants marocains et algériens, « en vue de tourner la page des divergences bilatérales arabes et régionales, y compris le différend maroco-algérien ». « Il s’agit d’un message qui m’a été adressé. La Tunisie s’est proposée depuis un an pour abriter cette réunion », confie à Jeune AfriqueTaïeb Baccouche, secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA).
Optimisme
Une annonce qui intervient seulement trois jours après la publication d’un communiqué du ministère mauritanien des Affaires étrangères et de la coopération, qui exprimait la volonté du pays « d’abriter une session extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA ».
La Mauritanie a exprimé sa volonté d’abriter une session extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA
Face à cet engouement, Taïeb Baccouche se montre optimiste : « Je pense que les choses vont se concrétiser bientôt », déclare-t-il.
Pas de médiation tunisienne à proprement parler
Si certains médias ont analysé l’interview du ministre comme une proposition de médiation dans le cadre d’une réconciliation algéro-marocaine, aucun projet concret n’a été annoncé. Les députés de la commission des droits, libertés et des relations extérieures de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) tunisienne, n’ont d’ailleurs pas été informés d’un projet de médiation. « Nous avons été très occupés avec le projet de loi de finances 2019. Le ministère des Affaires étrangères ne nous a pas contactés à ce sujet », affirme à Jeune Afrique Naoufel Jammali, membre de ladite instance.
Dans son traditionnel discours de la Marche verte, mardi 6 novembre, Mohammed VI avait proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation ». Et le souverain d’affirmer : « Nous réitérons notre engagement à œuvrer main dans la main avec nos frères en Algérie ».
Le ministère marocain indiquait également, dans le communiqué publié après la rencontre, qu’il n’avait « pas d’objection de principe quant à la tenue d’une réunion du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’UMA ». Tout en ajoutant qu’il doutait que « cette 35e réunion ministérielle puisse parvenir à des résultats tangibles, différents des 34 précédentes, en l’absence d’une bonne préparation et d’un dialogue direct responsable entre deux États membres de l’UMA ».
La 16e édition de la Coupe de la Confédération se déroule du 27 novembre 2018 au 26 mai 2019. Voici le calendrier et les résultats de la deuxième compétition interclubs de la CAF.
TOUR PRÉLIMINAIRE ALLER (27-28 novembre)
Nouakchott King’s (Mauritanie) – Stade d’Abidjan (Côte d’Ivoire) 1-2
Al Ahly Shandi (Soudan) – AS Nyuki (RD Congo) 1-0
Petro Atletico Luanda (Angola) – Orapa United FC (Botswana) 4-0
AS Coton Tchad N’Djamena (Tchad) – Gomido (Togo) 2-0
Hassania US Agadir (Maroc) – AS Garde nationale (Niger) 4-0
Génération foot (Sénégal) – Djoliba (Mali) 0-0
US Madinet Bel Abbes (Algérie) – LISCR (Liberia) 4-0
Rangers (Nigeria) – Defence FC (Ethiopie) 2-0
Salitas FC (Burkina Faso) – Wakriya AC (Guinée) 2-0
Mtibwa Sugar (Tanzanie) – Northern Dynamo (Seychelles) 4-0
DC Motema Pembe (RD Congo) – Les anges de Fatima (RCA) 4-1
Sewe San Pedro (Côte d’Ivoire) – Gambia Armed Forces (Gambie) 1-1
AO CMS (Gabon) – Silver Strikers (Malawi) 1-0
Kaizer Chiefs (Afrique du Sud) – Zimamoto (Zanzibar) 4-0
El Geco (Madagascar) – Deportivo Unidad (Guinée équatoriale) 3-1
Miracle de Bandran (Comores) – Al Ittihad (Libye) 0-8
New Stars de Douala (Cameroun) – Vital’O FC (Burundi) 0-0
Kariobangi Sharks (Kenya) – Arta Solar7 (Djibouti) 6-1
Asante Kotoko (Ghana) – Eding Sport (Cameroun) [disqualifié]
Free State Stars (Afrique du Sud) – Mukura (Rwanda) 0-0
Green Eagles (Zambie) – Young Buffaloes (eSwatini) 2-0
Nasr Athletic Hussein Dey (Algérie) – Diables noirs (Congo) 2-0
Green Buffaloes (Zambie) – Al Merreikh Juba (Soudan du Sud) 2-0
TOUR PRÉLIMINAIRE RETOUR (4-5 décembre)
Stade d’Abidjan (Côte d’Ivoire) – Nouakchott King’s (Mauritanie)
AS Nyuki (RD Congo) – Al Ahly Shandi (Soudan)
Orapa United FC (Botswana) – Petro Atletico Luanda (Angola)
Gomido (Togo) – AS Coton Tchad N’Djamena (Tchad)
AS Garde nationale (Niger) – Hassania US Agadir (Maroc)
Djoliba (Mali) – Génération foot (Sénégal)
LISCR (Liberia) – US Madinet Bel Abbes (Algérie)
Defence FC (Ethiopie) – Rangers (Nigeria)
Wakriya AC (Guinée) – Salitas FC (Burkina Faso)
Northern Dynamo (Seychelles) – Mtibwa Sugar (Tanzanie)
Les anges de Fatima (RCA) – DC Motema Pembe (RD Congo)
Gambia Armed Forces (Gambie) – Sewe San Pedro (Côte d’Ivoire)
Silver Strikers (Malawi) – AO CMS (Gabon)
Zimamoto (Zanzibar) – Kaizer Chiefs (Afrique du Sud)
Deportivo Unidad (Guinée équatoriale) – El Geco (Madagascar)
Al Ittihad (Libye) – Miracle de Bandran (Comores)
Vital’O FC (Burundi) – New Stars de Douala (Cameroun)
Arta Solar7 (Djibouti) – Kariobangi Sharks (Kenya) Eding Sport (Cameroun) [disqualifié] – Asante Kotoko (Ghana)
Mukura (Rwanda) – Free State Stars (Afrique du Sud)
Young Buffaloes (eSwatini) – Green Eagles (Zambie)
Diables noirs (Congo) – Nasr Athletic Hussein Dey (Algérie)
Al Merreikh Juba (Soudan du Sud) – Green Buffaloes (Zambie)
16e DE FINALE ALLER (14-16 décembre)
Etoile sportive du Sahel (Tunisie) – Nouakchott (Mauritanie) ou Stade d’Abidjan (Côte d’Ivoire)
Shandi (Soudan) ou Nyuki (RD Congo) – Petro Atletico (Angola) ou Orapa (Botswana)
Zamalek (Egypte) – Coton (Tchad) ou Gomido (Togo)
Hassania (Maroc) ou Garde nationale (Niger) – Génération foot (Sénégal) ou Djoliba (Mali)
Bel Abbes (Algérie) ou LISCR (Liberia) – Defence FC (Ethiopie) ou Rangers (Nigeria)
Al Masry (Egypte) – Salitas (Burkina Faso) ou Wakriya (Guinée)
KCCA (Ouganda) – Mtibwa Sugar (Tanzanie) ou Northern Dynamo (Seychelles)
Motema Pembe (RD Congo) ou Les anges (RCA) – San Pedro (Côte d’Ivoire) ou Armed Forces (Gambie)
Raja Casablanca (Maroc) ou un club de RDC – AO CMS (Gabon) – Silver Strikers (Malawi)
Kaizer Chiefs (Afrique du Sud) ou Zimamoto (Zanzibar) – El Geco (Madagascar) ou Deportivo Unidad (Guinée équatoriale)
Un club du Maroc – Miracle de Bandran (Comores) ou Al Ittihad (Libye)
Al Ahly Tripoli (Libye) – New Stars (Cameroun) ou Vital’O (Burundi)
Kariobangi (Kenya) ou Solar7 (Djibouti) – Asante Kotoko (Ghana)
Al Hilal Obeid (Soudan) – Free State Stars (Afrique du Sud) ou Mukura (Rwanda)
Green Eagles (Zambie) ou Young Buffaloes (eSwatini) – Hussein Dey (Algérie) ou Diables noirs (Congo)
Cercle sportif sfaxien (Tunisie) – Green Buffaloes (Zambie) ou Al Merreikh (Soudan du Sud)
16e DE FINALE RETOUR (21-23 décembre)
Nouakchott (Mauritanie) ou Stade d’Abidjan (Côte d’Ivoire) – Etoile sportive du Sahel (Tunisie)
Petro Atletico (Angola) ou Orapa (Botswana) – Shandi (Soudan) ou Nyuki (RD Congo)
Coton (Tchad) ou Gomido (Togo) – Zamalek (Egypte)
Génération foot (Sénégal) ou Djoliba (Mali) – Hassania (Maroc) ou Garde nationale (Niger)
Defence FC (Ethiopie) ou Rangers (Nigeria) – Bel Abbes (Algérie) ou LISCR (Liberia)
Salitas (Burkina Faso) ou Wakriya (Guinée) – Al Masry (Egypte)
Mtibwa Sugar (Tanzanie) ou Northern Dynamo (Seychelles) – KCCA (Ouganda)
San Pedro (Côte d’Ivoire) ou Armed Forces (Gambie) – Motema Pembe (RD Congo) ou Les anges (RCA)
AO CMS (Gabon) ou Silver Strikers (Malawi) – Raja Casablanca (Maroc) ou un club de RDC
El Geco (Madagascar) ou Deportivo Unidad (Guinée équatoriale) – Kaizer Chiefs (Afrique du Sud) ou Zimamoto (Zanzibar)
Miracle de Bandran (Comores) ou Al Ittihad (Libye) – Un club du Maroc
New Stars (Cameroun) ou Vital’O (Burundi) – Al Ahly Tripoli (Libye)
Solar7 (Djibouti) ou Kariobangi Sharks (Kenya) – Asante Kotoko (Ghana)
Free State Stars (Afrique du Sud) ou Mukura (Rwanda) – Al Hilal Obeid (Soudan)
Hussein Dey (Algérie) ou Diables noirs (Congo) – Green Eagles (Zambie) ou Young Buffaloes (eSwatini)
Green Buffaloes (Zambie) ou Al Merreikh (Soudan du Sud) – Cercle sportif sfaxien (Tunisie)
COUPE DE LA CONFÉDÉRATION 2018-2019 : MODE D’EMPLOI
Quarante-six équipes disputent le tour préliminaire. Les 23 rescapés rejoindront 9 clubs qualifiés d’office en 16e de finale. A l’issue de ces 16e, les vainqueurs affronteront 16 formations récemment éliminées en Ligue des champions. Les équipes qualifiées à l’issue de ce tour de cadrage disputeront une phase de groupes en février-mars 2019.
COUPE DE LA CONFÉDÉRATION 2018-2019 : CALENDRIER
Tirage au sort du Tour de cadrage : 28 décembre 2018 Tour de cadrage aller : 11 au 13 janvier Tour de cadrage retour : 18 au 20 janvier Tirage au sort de la phase de groupes : 21 janvier Journée 1 – Phase de groupes : 1-3 février Journée 2 – Phase de groupes : 12-13 février Journée 3 – Phase de groupes : 24 février Journée 4 – Phase de groupes : 3 mars Journée 5 – Phase de groupes : 8-10 mars Journée 6 – Phase de groupes : 15-17 mars Tirage au sort des quarts de finale : 23 mars Quarts de finale aller : 5-7 avril Quarts de finale retour : 12-14 avril Demi-finale aller : 26-28 avril Demi-finale retour : 3-5 mai Finale aller : 19 mai Finale retour : 24-26 mai
L’Union européenne ne doit pas lever les sanctions qui pèsent sur Emmanuel Ramazani Shadary, candidat à la présidentielle du 23 décembre et dauphin de Joesph Kabila. C’est l’appel que lance un collectif d’organisations congolaises affiliées à la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).
Depuis le terme officiel du mandat présidentiel de Kabila, il y a deux ans, ces hauts responsables ont été les principaux piliers de l’appareil sécuritaire congolais qui a organisé la répression de l’opposition tout en attisant les tensions dans plusieurs régions du pays. C’est pourquoi nous appelons l’Union européenne à ne pas lever ces sanctions.
Pour beaucoup, le candidat désigné par le Front commun pour le Congo (FCC) pour mener la campagne de la présidentielle n’est qu’un pion entre les mains de l’actuel président Joseph Kabila.
Shadary est, de longue date, un cadre du PPRD, le parti au pouvoir. Peu connu du grand public, il pourrait permettre à Joseph Kabila de conserver dans l’ombre les rênes du pouvoir, en bénéficiant en outre de l’appui du parti présidentiel et des divisions de l’opposition. Pour le plus grand bénéfice de son clan.
Le passif en question
John Bompengo/AP/SIPA
Shadary fut également à la manœuvre lors de la répression meurtrière des marches pacifistes de janvier 2018 à Kinshasa
Selon l’Église catholique congolaise, au moins 3 000 personnes sont mortes depuis 2016 au Kasaï, la plupart tuées par des forces de sécurité. La place qu’occupait Shadary dans la chaîne de commandement et ses menaces contre l’opposition ou les populations, en font l’un des potentiels responsables de ces crimes.
Fidèle parmi les fidèles du président Kabila, ce « dauphin » nageant dans les eaux troubles du pouvoir depuis si longtemps, ne doit pas pouvoir espérer gagner une quelconque tranquillité grâce à l’élection qui se profile. Ainsi, il nous est inconcevable qu’il puisse accéder au plus haut poste de l’État sans avoir répondu de ses actes, ou qu’il puisse être blanchi par l’Union européenne à travers une levée de ses sanctions. Leur reconduction doit être décidée au plus tard le 10 décembre prochain, soit moins de deux semaines avant le scrutin.
Quatorze autres personnalités dans le collimateur européen
Ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité.
Et il n’est pas le seul dans ce cas. Parmi la quinzaine de fidèles du régime visés figure l’intransigeant ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, connu pour ses messages de haine et les restrictions qu’il impose aux médias et journalistes indépendants.
On peut également citer Alex Kande Mupompa, gouverneur du Kasaï oriental, épinglé pour sa responsabilité dans les massacres commis dans sa province (exécutions sommaires, répression de manifestations).
Ou encore Kalev Mutondo, directeur de l’Agence nationale de renseignements (ANR), véritable police politique à la solde du régime de Kabila, menant à la fois des activités de surveillance et de répression de l’opposition et de défenseur.es des droits humains.
Lorsque ces sanctions furent adoptées, la RDC se caractérisait par sa violence extrême et la tentative d’étouffement de sa société civile. Presque deux ans après, ce contexte n’a malheureusement guère évolué. Les médias sont toujours muselés, des défenseurs des droits humains sont emprisonnés et les manifestations interdites. L’impunité règne en maître. Le scrutin s’annonce des plus tendus.
Un message de l’UE à Kabila
Beaucoup des responsables politiques et militaires touchés par les sanctions ont été directement promus ces derniers mois par Joseph Kabila. Leur sort est désormais inextricablement lié à celui de leur mentor, et au résultat du scrutin du 23 décembre.
En décidant de maintenir les sanctions contre ces individus haut-placés dans l’appareil répressif et sécuritaire congolais, l’Union européenne et ses États membres enverraient deux messages clairs aux caciques du régime.
Le premier est qu’elle sera extrêmement vigilante sur la manière dont seront organisées les élections de décembre, et donc la manière dont seront gérés les rassemblements et manifestations.
Le second est qu’elle continuera de sanctionner les responsables de crimes gravitant dans l’entourage du président Kabila, y compris lorsque celui-ci aura (officiellement) quitté ses fonctions.
Une tribune cosignée par
Paul Nsapu, président de la Ligue des Électeurs et Secrétaire Général adjoint de la FIDH
Me Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO / FIDH
Soutenue et inspirée par plusieurs mentors, la Tunisienne de 31 ans, co-fondatrice de Seabex, est parvenue à refuser le destin que d’autres avaient tracé pour elle.
« Financial Inclusion Award » à Berlin, « start-up pour une Afrique durable » à l’European African Business Forum, « Prix Orange de l’Entrepreneur Social 2018 » : les récompenses pleuvent pour Amira Cheniour. À la tête de Seabex, une plateforme de smart-agriculture créée en 2015 avec son acolyte Taher Mestiri, l’ingénieure de 31 ans récolte les fruits des efforts fournis par ses équipes depuis trois ans. « Nous sommes reconnaissants de leur implication depuis la première ligne de code », confie la lauréate modeste.
50 prototypes avortés, des problèmes de financement et des talents qui quittent le navire pour tenter leur chance en Europe : les obstacles ont été nombreux. « À plusieurs moments nous avons voulu baisser les bras mais la passion l’emportait à chaque fois », explique celle qui jongle aisément entre le français et l’anglais. Si la jeune femme rougit aujourd’hui devant ces distinctions, elle ne cache pas non plus ses ambitions. Son objectif : faire ses preuves sur le terrain et conquérir de nouveaux continents.
Leader
Originaire de Mahrès, petite ville au sud de Sfax, Amira cultive depuis l’enfance ce tempérament de leader. « Déjà à la crèche je menais les troupes », s’amuse-t-elle. Une personnalité qu’elle tient aussi de son père, entrepreneur dans la maçonnerie. « Il a toujours été un exemple mais je n’aurais jamais imaginé suivre ses pas dans l’entrepreneuriat. »
Le confort matériel n’était pas ma priorité. »
Alors que son grand-père la pousse à devenir médecin après son bac, elle se dirige vers des études d’ingénieure en informatique. En 2006, l’étudiante monte à Tunis pour intégrer l’Insat, établissement public rattaché à l’Université de Carthage. Puis fait ses armes sur les bancs de l’école Esprit, une formation privée de trois ans qu’elle finance au départ grâce à des petits boulots. « Mon père m’a ensuite aidée. J’ai été chanceuse à ce niveau-là », reconnaît la PDG.
Le choix de la passion
Fraîchement diplômée en 2012, Amira est confrontée aux difficultés du marché du travail. « On me reprochait constamment mon manque d’expérience », se désole-t-elle. Direction les centres d’appel de Teleperformance qu’elle quitte après seulement trois mois pour s’établir comme chef de projet dans une start-up de social TV. Là encore, la jeune diplômée ne se sent pas à sa place. D’autres propositions s’offrent à elle avec de nombreux avantages financiers mais cela ne l’intéresse pas. « Je voulais une carrière mais surtout un métier qui me passionne. Le confort matériel n’était pas ma priorité », explique la Tunisienne.
Quand on sort du schéma habituel, à savoir travail, mari, enfants, c’est un peu choquant. Mais petit à petit ça devient une fierté ».
Son entourage ne comprend pas cette recherche d’insécurité. « Je viens d’un milieu où les choses classiques sont plus acceptées que les choses originales. Quand on sort du schéma habituel, à savoir travail, mari, enfants, c’est un peu choquant. Mais petit à petit ça devient une fierté », se réjouit aujourd’hui cette acharnée. Les habitants de son village l’inondent désormais de messages d’encouragements.
Femme de pouvoir
Si Amira a pu souffrir de ce carcan conservateur, la jeune femme affirme en revanche ne pas avoir fait l’objet de discriminations dans son milieu professionnel. « Depuis des années, la femme tunisienne est valorisée. Elle occupe des postes de pouvoir que ce soit au parlement ou dans les grandes entreprises. À l’université, dans les filières en IT, 60 % des apprentis sont des étudiantes.»
Pendant ces années où elle se cherche, l’ingénieure croise la route de la responsable de la direction information de Citibank en Tunisie, « une femme de caractère respectée et intelligente ». Son aura l’inspire. Tout comme celle d’un homme : Taher Mestiri, fondateur de la start-up I.T. Grapes, spécialisée dans le développement de solutions web, mobiles et embarquées. Fréquentant le même milieu associatif, elle noue avec lui une vraie amitié qui la conduira à rejoindre sa société en 2013.
En quête de solutions
À ses côtés, elle se lance en 2015 dans l’aventure Seabex : un système de surveillance connecté qui vise à mieux gérer les ressources hydriques des agriculteurs. L’idée de ce projet novateur a germé à la suite d’une rencontre fortuite avec un vieux paysan. Il avait perdu 60 % de sa récolte à cause des coupures d’eau, récurrentes en Tunisie pendant les périodes de sécheresse. Un problème bien connu aussi du père d’Amira, qui cultive par passion des oliviers et des pommiers. Sur les réseaux sociaux, des vidéos témoignent également de ce désastre.
On se moque souvent de nous quand on dit ça, mais on rêve d’aller sur Mars ».
Les quatres co-fondateurs décident alors de faire rimer agriculture et technologie. Ils recrutent huit personnes et puisent dans leurs ressources financières personnelles pour monter leur start-up. Depuis, quatre agriculteurs tunisiens, dont les parcelles font entre 6 et 35 hectares, utilisent leur outil. « D’un faible coût, notre solution s’adresse aussi bien aux grands producteurs qu’aux petits sur lesquels il faut investir», précise la chef d’entreprise qui espère inspirer le gouvernement.
Aujourd’hui intégrée dans l’accélérateur dubaïote Womena, Seabex intéresse les investisseurs étrangers. Des discussions s’amorcent. La start-up compte atteindre 2 000 clients d’ici trois ans. « On se moque souvent de nous quand on dit ça, mais on rêve d’aller sur Mars ». Amira n’a donc pas fini de repousser ses limites.
Le Sénégal a remplacé la Tunisie en tant qu’équipe nationale africaine la mieux classée au classement de la FIFA pour ce mois de Novembre 2018.
Les Lions de la Teranga sont passés de la deuxième place du classement à la première suite à leur victoire en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 en Guinée équatoriale au début du mois.
La Tunisie s’est inclinée à l’extérieur face à l’Egypte dans la même compétition, et a également été battue à domicile par le Maroc dans un match amical.
La Mauritanie, qui s’est qualifiée pour la Coupe des Nations pour la première fois de son histoire, figurait parmi les équipes africaines à remonter dans le classement.
La Mauritanie a grappillé trois places au classement mondial mais se situent encore en dehors du top 20 des pays africains.
Le Maroc, qui a grimpé de sept places, a réalisé la plus forte progression du top 50 après ses victoires contre la Tunisie et le Cameroun.
Seuls cinq pays africains – le Sénégal, la Tunisie, le Maroc, le Nigeria et la République démocratique du Congo – figuraient parmi les 50 premiers pays dans le classement mondial.
L’Ouganda, le Mozambique, le Soudan, le Libéria, les Comores, les Comores et la Gambie figurent parmi les autres équipes africaines qui ont amélioré leur classement.
Depuis le mois de janvier, la Commission de l’Union africaine (UA) refuse de reconnaître la réélection de Francine Muyumba à la tête de l’Union panafricaine de la jeunesse (UPJ). Un scrutin qui aurait été, selon l’UA, entaché d’irrégularités. Ce que la Congolaise et son comité réfutent.
Ce mois de novembre, l’Afrique célèbre, comme tous les ans, la Journée africaine de la jeunesse. C’est l’occasion pour moi, en tant que présidente de l’Union panafricaine de la jeunesse (UPJ), de me féliciter du travail abattu ces quatre dernières années. Avec le comité exécutif de l’UPJ, nous avons en effet réussi à faire entendre la voix de la jeunesse africaine et nous continuons de le faire jusqu’au terme de notre actuel mandat, d’ici deux ans. Suivant des objectifs clairs, nous avons entre autres obtenu de l’Union africaine (UA) la création du Fonds africain de la jeunesse à l’issue du sommet des chefs d’État et de gouvernement de juillet 2018.
Mais en réalité, l’UPJ existe depuis 1962. Elle a été créée par les pères fondateurs, notamment Kwame Nkrumah, Sékou Touré et autres. Elle s’appelait alors « mouvement panafricain de la jeunesse » et s’était assignée la mission de continuer la lutte pour le bien-être des Africains, particulièrement des jeunes Africains. Comme tous les autres mouvements de lutte pour l’indépendance sur le continent, notre structure a contribué ainsi à la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), rebaptisée depuis UA. Mais c’est seulement en janvier 2009, lors du sommet des chefs d’État à Addis Abeba, que les dirigeants africains ont pris la décision d’octroyer à l’UPJ le statut d’organe continental de coordination des organisations des jeunes et celui de l’agence focale de l’UA en matière de la jeunesse.
Malentendus avec l’Union africaine
Aujourd’hui, au sein de l’UPJ, nous sommes préoccupés par la situation de la jeunesse africaine sur l’ensemble du continent. Des jeunes y vivent dans la misère, avec l’un des taux de chômage les plus élevés du monde. Cette situation pousse certains d’entre eux à partir. Peu importe s’il faut passer par des voies illégales. C’est pourquoi, lors du sommet Afrique-Europe sur la jeunesse, en octobre 2017, nous invitions déjà les dirigeants de deux continents à investir dans l’entrepreneuriat des jeunes du continent. Cette plaidoirie était suivie quelques mois plus tard par l’initiative du président français, Emmanuel Macron, d’initier trois projets relatifs à l’épanouissement de la jeunesse africaine. Coût total : 11 milliards de dollars américains, dont 50 millions ont été attribués à la jeunesse tunisienne.
Mais le financement de nos actions demeure l’un de nos défis majeurs au sein de l’UPJ. Pour continuer à remplir sa mission, notre structure en appelle à plus de soutien des États dans le cadre de l’appui financier de l’UA dont elle ne bénéficie plus depuis six ans. Aujourd’hui, les 13 membres de son comité exécutif – deux par région du continent et deux représentants de la diaspora – sont tous pris en charge par leurs États respectifs. En ce qui me concerne, sans appui du gouvernement de mon pays la RDC, il m’aurait été impossible de faire efficacement mon travail et de porter haut la voix de la jeunesse africaine.
L’UA a été induite en erreur par certaines personnes qui voulaient intégrer l’institution par tous les moyens
Autres couacs : les malentendus entre l’UPJ et la Commission de l’UA. Ceux-ci remontent à notre cinquième congrès de décembre 2017, à l’issue duquel j’ai été réélue au poste de présidente de notre structure. Mais la Commission de l’UA s’est refusée dès le mois de janvier à reconnaître le nouveau comité exécutif de l’UPJ. De fait, elle a été induite en erreur par certaines personnes qui voulaient intégrer l’institution par tous les moyens.
Fin octobre, à Alger, des ministres en charge de la jeunesse de différents États membres de l’UA ont demandé à la Commission de mettre fin à cette incompréhension et je m’en réjouis, parce que je n’ai pas de problèmes particuliers avec la Commission de l’UA. Nous appartenons tous à la même famille : nous ne manquerons donc pas de trouver des voies et moyens pour revoir la collaboration entre la Commission et l’UPJ et renforcer ainsi l’organisation continentale. D’ailleurs, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission, vient de nommer un envoyé de l’UA pour la jeunesse. C’est une bonne nouvelle car c’est l’une des recommandations de l’UPJ et des ministres en charge de la jeunesse du continent depuis 2016.
L’UPJ, organe consultatif des gouvernements africains
De son côté, l’UPJ réaffirme son soutien à la réforme de l’UA telle que pilotée par Paul Kagame, président du Rwanda. Elle salue les efforts déployés dans ce sens par Moussa Faki Mahamat et espère obtenir une direction en charge de la jeunesse au sein de la Commission, comme c’est déjà le cas pour les questions liées au genre. L’UPJ s’apprête également à de grandes réformes institutionnelles, conformément au rapport de la première réunion de son comité exécutif. Des changements pourraient bientôt intervenir pour lui permettre notamment de faire face aux insuffisances juridiques des textes légaux de l’institution et de se conformer aux exigences de la réforme de l’UA.
Dans cette perspective, au cours de l’année 2019, plusieurs jeunes compétents du continent seront nommés pour plus d’inclusivité au sein de l’UPJ, mais aussi pour couvrir les actions de celle-ci sur l’ensemble du continent. Regroupant tous les conseils nationaux de la jeunesse des États membres de l’UA et reconnu comme organe consultatif des gouvernements africains en matière de jeunesse, conformément à la Charte africaine de la jeunesse, l’UPJ continuera ainsi à plaider en faveur de plus de participation des jeunes dans la gouvernance sur le continent.